Guide des compléments alimentaires

Vous suivez un traitement contre le cancer et vous cherchez des informations concrètes sur les compléments alimentaires (vitamines, plantes, herbes…) ? Ce guide vous fournira des informations sur les 20 compléments les plus fréquemment utilisés ainsi que sur les précautions, avantages et inconvénients liés à leur usage.

Avant d’avoir recours à des compléments alimentaires, nous vous conseillons vivement de lire attentivement les informations essentielles liées à leur utilisation. Nous vous proposons également en téléchargement un tableau récapitulatif des compléments alimentaires illustrant leur double statut ami/ennemi.

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Vitamine E

La vitamine E est une vitamine végétale liposoluble. La forme de vitamine E la plus active est l’alpha-tocophérol ; elle joue un rôle important en tant qu’antioxydant, c’est-à-dire comme substance agissant contre l’oxydation. Celle-ci conduit à la formation de radicaux libres (substances chimiques agressives) dans notre organisme, lesquels sont nuisibles et peuvent, par exemple, contribuer au développement de cancers. On trouve la vitamine E principalement dans les huiles végétales, les noix, les œufs, le foie, les produits à base de céréales complètes et les légumes-feuilles.

Les compléments de vitamines E en contiennent souvent des doses importantes. Ils ont de ce fait des propriétés différentes de la vitamine E présente naturellement dans l'alimentation, d’où la nécessité d’une attention particulière.

Situations liées aux traitements du cancer

La vitamine E est l’un des compléments les plus utilisés en cas de cancer. Cette vitamine semble renforcer l’effet de la radiothérapie et de la chimiothérapie (1). En ce qui concerne spécifiquement la radiothérapie, elle peut être utile en préparation au traitement afin d’éviter une carence augmentant le risque d’effets secondaires. La vitamine E peut aussi réduire la formation de fibrose durant une radiothérapie (2). Toute carence en vitamine E est particulièrement déconseillée durant une chimiothérapie (3,4).

Un apport supplémentaire en vitamine E peut diminuer les bouffées de chaleur causées par une hormonothérapie, surtout à base de tamoxifène (Nolvadex®, Tamizam®, Tamoplex®, Tamoxifen®) (3,4).

Un apport supplémentaire en vitamine E peut potentiellement réduire/prévenir la neuropathie périphérique (douleurs nerveuses) lors d’un traitement à base de cisplatine ou de paclitaxel. Cependant, pour obtenir cet effet, des doses élevées sont nécessaires, ce qui n’est pas sans danger. Toute prise doit donc être faite en accord – et avec le suivi – du médecin traitant (12).

Pour les cancers de la tête et du cou, un apport supplémentaire en vitamine E peut réduire certains effets secondaires liés à la radiothérapie tels que l’inflammation des muqueuses buccales ou les atteintes osseuses (3,5).

En cas de leucémie (aiguë), et pour divers autres types de cancers, des études ont montré que la vitamine E réduisait la toxicité pour les nerfs et les inflammations buccales (mucites) dues à la chimiothérapie, surtout lors de l’utilisation de cisplatine (1,4,5,6).

Effets négatifs possibles sur les traitements du cancer

Les compléments de vitamine E contenant des doses supérieures aux apports journaliers recommandés peuvent avoir un effet néfaste et toxique quand ils sont pris durant un traitement contre le cancer (3).

A cause de son effet antioxydant, la vitamine E pourrait réduire l’action de certains traitements classiques basés sur un effet oxydant. C’est le cas de la radiothérapie, des cyclophosphamides, de la dacarbazine, des analogues du platine, des anthracyclines et de certains antibiotiques antitumoraux tels que la bléomycine et la mitomycine (2,5,7,8). 

Les fumeurs doivent éviter les compléments de vitamine E. En effet, l’alimentation fournit les quantités nécessaires, et la prise de compléments peut entraîner un effet opposé qui augmente le risque de cancer. Au lieu d’avoir un effet antioxydant, un surdosage provoque un effet inverse, appelé pro-oxydant (2).

Effets secondaires généraux

Des doses supérieures aux apports journaliers recommandés peuvent provoquer des nausées et vomissements, des maux d’estomac et de la diarrhée (9).

Interactions avec d’autres médicaments et compléments alimentaires

Il n’y a pas d’interactions tant que les apports journaliers recommandés sont respectés. A forte dose, la vitamine E peut interagir avec certains médicaments utilisés pour réguler la pression sanguine et la coagulation, et sa consommation est donc à éviter (3,5).

Pour les mêmes raisons, la prudence est de mise lors d’une consommation simultanée avec d’autres compléments alimentaires ayant un effet anticoagulant (ail/quercétine, chardon-Marie, curcuma, extrait de pépins de raisins/resvératrol, gingembre, ginkgo, ginseng, graines de lin, omega-3 ou acides gras de poisson EPA/DHA, quercétine). Informez toujours votre médecin de ce type de combinaison.

La vitamine E peut faire augmenter le risque d’hémorragie durant et après une opération chirurgicale. Arrêtez d’en consommer 2 semaines avant l’intervention.
 

Dosage pour les adultes

La prise de vitamine E est à envisager avec prudence quand elle est combinée à certains traitements. C’est le cas de la radiothérapie, des analogues du platine, des anthracyclines et de certains antibiotiques antitumoraux tels que la bléomycine et la mitomycine. Si vous suivez l’un de ces traitements, évitez toute consommation de vitamine E le(s) jour(s) du traitement ainsi que les deux jours qui le précédent et le suivent (2,5,7,8).

Il est préférable de respecter les apports journaliers recommandés (AJR), soit environ 20 IU (International Units) ou 15 mg. Le maximum à ne pas dépasser correspond à 400 IU/268 mg par jour. Une prise supérieure présente des effets toxiques et peut augmenter le risque de décès (4,5).

Une étude récente a montré que la consommation, pendant plusieurs années, de fortes doses de vitamine E (400 IU / jour) augmentait significativement la mortalité chez les patients traités par radiothérapie dans le cadre d’un cancer de la tête et du cou. La prudence est donc de mise (11).

Références

  1. Vogel J. et al. Handboek voeding bij kanker, Utrecht: de Tijdstroom, 2012.
  2. Vandebroek A. Voedingssupplementen. Symposium niet-conventionele kankerbehandelingen, Stichting tegen Kanker, 2011.
  3. Morey, B. et al. A review of evidence-based practice in nutrition related complementary therapies: improving the knowledge of dietitians.  Cancer Forum,  Vol 35 Issue 2, 2011.
  4. www.mskcc.org
  5. www.cam-cancer.org
  6. Del Fabbro B. et al. Nutrition and the Cancer Patient.  Oxford University Press, 2010.
  7. Bauvet F. Utilisation des médecines complémentaires et alternatives, en particulier les suppléments alimentaires et les phytothérapies, par les patients en cours de traitement oncologique. Symposium traitements non-conventionnels, Fondation contre le Cancer, 2011.
  8. Antikankerfonds. Supplementen tijdens kankertherapie. 2011.
  9. Bloch A. et al. Eating well, Staying well During and After Cancer. American Cancer Society, 2004.
  10. http://ods.od.nih.gov
  11. Bairati I. et al. Antioxidant vitamins supplementation and mortality: a randomized trial in head and neck cancer patients. Int J Cancer. 119: 2221-2224, 2006.
  12. Brami C. et al. Natural Products and Complementary Therapies for Chemotherapy-Induced Peripheral Neuropathy: A Systematic Review. Crit Rev Oncol Hematol. 2016 Feb; 98: 325–334.

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Cette application a été réalisée par la Fondation contre le Cancer. Elle a été développée sous la supervision du docteur An Vandebroek, oncologue médicale à la ZNA Antwerpen, et du docteur Fanny Bauvet, oncologue médicale à l’Hôpital Sainte-Anne Saint-Remi de Bruxelles. Le contenu des différentes fiches a également été validé par le Fonds Anticancer.

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