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-La pilule abortive contre le cancer du sein ? News 15-12-06
-Un Fonds amiante opérationnel en 2007 News 14-12-06
-Consommation excessive de sucre et risque de cancer du pancréas News 13-12-06
-CT-scan et risque de cancer News 06-12-06
-Ménopause : les traitements à base de dérivés du soja sont ils efficaces et sans danger ? News 05-12-06
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-Cancer et greffe de trachée News 28-10-06
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Solvay : des maladies professionnelles liées à une exposition au mercure ?
News 19-12-06
Les chiffres sont inquiétants : au moins 21 ouvriers de Solvay -Jemeppe ayant travaillé dans les salles d'électrolyse à mercure sont décédés des suites d'un cancer. D'autres, pour la plupart retraités, souffrent de déchaussements dentaires ou d'atteintes rénales graves. L'entreprise reconnaît que certains ouvriers ont pu être exposés au mercure, mais assure qu'une procédure existait pour veiller à leur santé, notamment en les écartant de leur poste de travail lorsque des dosages urinaires montraient des taux trop élevés.
Sources : L'Echo, 09-12-06 ; Vers l'Avenir, 08-12-06 ; Le Soir, 09-12-06 ; La Libre Belgique, 09-12-06 & 11-12-06 ; La Dernière Heure, 09-12-06 ; La Gazette, 09-12-06 ; le Soir magazine, 13-12-06 ; Télé Moustique, 13-12-06.
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Selon les chiffres collectés par d'anciens ouvriers eux-mêmes, et étayés par le syndicat socialiste, 21 cas de cancers (sur une septantaine de travailleurs) ont été enregistrés ces dernières années chez d'anciens travailleurs de Solvay ayant fait toute leur carrière dans les salles d'électrolyse. Mais ces chiffres sont contestés par l'entreprise qui évoque le passage de 450 personnes par ces cellules à mercure depuis le début des années 60. Ces unités ont été fermées en 1992 et 2001 et remplacées par une autre technologie.
Que sait-on aujourd'hui de la toxicité du mercure ? Celle-ci est connue depuis longtemps : le mercure est un neurotoxique qui s'attaque au système nerveux central. Les premiers symptômes se manifestent par des problèmes de mémoire, des tremblements, des difficultés d'élocution, une salivation excessive, des douleurs abdominales, des vomissements, de l'urémie (accumulation d'urée liée à une insuffisance de la fonction rénale). A long terme ou à des doses élevées, cela peut aller jusqu'à la démence et la mort. La toxicité du mercure n'est donc plus à prouver mais il n'est pas considéré comme un cancérigène.
Alors comment expliquer les cancers découverts chez certains anciens ouvriers de l'usine Solvay ? Il ne faut pas trop vite conclure à un rapport de cause à effet. Par exemple, les informations diffusées dans la presse ne précisent pas le ou les types de cancers constatés chez ces anciens travailleurs exposés au mercure. Rappelons au passage qu'en Belgique, une personne sur 3 aura un cancer au cours de sa vie? Il pourrait être utile de ré-ouvrir tous les dossiers médicaux concernés, de tenter de retracer les expositions aux substances toxiques de ces patients en fonction des types de cancers constatés. Si une fréquence anormale pour un type particulier de cancer ressortait de cette analyse, des recherches ultérieures seraient alors nécessaires.
Tous les ouvriers travaillant actuellement sur le site de Jemeppe et qui ont été, au cours de leur parcours professionnel, en contact avec le mercure sont par ailleurs soumis à des examens complémentaire organisés par la médecine du travail. Selon Solvay, aucune anomalie n'a été constatée à ce jour. Enfin, un numéro gratuit destiné aux anciens travailleurs de l'électrolyse du site Solvay de Jemeppe a été ouvert afin de répondre rapidement à leurs éventuelles questions. Il s'agit du 0800 840 31.
La pilule abortive contre le cancer du sein ?
News 15-12-06
Les résultats d'une étude menée sur des animaux prédisposés à développer un cancer du sein indiquent que l'administration de RU-486 (mifépristone, également connu sous le nom de « pilule abortive ») pourrait empêcher le développement de ce cancer.
Sources : Financial Times, 01-12-06 ; De Morgen, 07-12-06
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Le RU-486 ou mifépristone est un médicament développé au début des années 1980 et baptisé « pilule abortive ». Il est utilisé dans le cadre d'une contraception d'urgence a posteriori (jusqu'à 120 heures après un rapport potentiellement fécondant) ou encore pour provoquer un avortement en cas de mort du fœtus in utero.
Son action est basée sur son activité anti-progestérone qui entraîne un ramollissement du col, une augmentation de la contractilité du muscle utérin et favorise ainsi le décollement et l'expulsion de l'embryon.
Mais depuis quelques années, cette molécule est étudiée dans d'autres indications comme le traitement médical des grossesses extra-utérines ou encore dans celui de certaines tumeurs, telles celles du sein notamment.
C'est dans ce contexte qu'une étude a été menée par le Professeur Eva Lee (Université de Californie, USA) chez des souris porteuses d'un gène de prédisposition au cancer mammaire (BRCA1). Après 8 à 12 mois, les animaux non traités par RU-486 avaient développé une tumeur, contrairement à ceux qui avaient reçu ce médicament anti-progestérone.
Ces résultats ouvrent la voie à de nouvelles recherches centrées sur le rôle de la progestérone dans le cadre du développement de certains cancers du sein. Rappelons toutefois que moins de 5 % des cas de cancers du sein sont liés à une anomalie de ce gène BRCA1. Il n'est donc pas question d'envisager un traitement de ce type pour la grande majorité des cancers du sein.
Par ailleurs, l'auteur même de l'étude souligne le fait que le RU-486 n'est pas dénué d'effets secondaires à long terme. Les résultats de ses travaux pourraient plutôt être envisagés dans la perspective du développement d'autres « anti-progestérone » plus spécifiques.
Un Fonds amiante opérationnel en 2007
News 14-12-06
Réclamé de longue date par les représentants des victimes de l'amiante et de leurs proches, un Fonds d'indemnisation devrait être créé en janvier 2007. Ce Fonds sera alimenté par le gouvernement fédéral à concurrence de 10 millions d'euros par an pendant au moins 10 ans.
Source : Le Soir, 06-12-06
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Si le Fonds des Maladies Professionnelles indemnise partiellement les travailleurs directement victimes de l'amiante, il ne prend pas en compte les autres victimes, en nombre croissant, notamment parmi les riverains des entreprises qui ont produit l'amiante. Depuis plusieurs années déjà, les associations de victimes, comme l'Abeva par exemple, réclament une indemnisation complète des dommages infligés par l'amiante aux victimes professionnelles et non professionnelles.
Les choses semblent enfin bouger dans ce domaine.
La société Eternit, un acteur central dans l'histoire de l'amiante en Belgique, a établi depuis 2000 un système d'indemnisation complémentaire pour ses travailleurs malades et leurs cohabitants. Aujourd'hui, elle en étend le bénéfice aux riverains proches de son usine de Kapelle.
Le Parlement, de son côté, mène depuis deux ans des travaux en commission à ce sujet. Une proposition de loi, à l'initiative de la députée Ecolo Muriel Gerkens, a été déposée le 6 juillet dernier. Sensibilisé cet été à cette problématique, le Premier ministre Guy Verhofstadt a fait de cette question une priorité gouvernementale en intégrant le principe de la création de ce Fonds à la loi-programme liée au budget 2007.
Oui mais ? la création du Fonds irrite aujourd'hui de nombreux parlementaires car le projet actuellement débattu en Commission des Affaires sociales offrirait moins de garanties aux victimes que le texte initial. Certains voient dans le texte gouvernemental une tentative de protéger les industriels de toute poursuite ou mise en cause ultérieure en échange d'une participation (non encore définie) dans le cofinancement de ce Fonds. Le projet de loi prévoit en effet que les victimes indemnisées par le futur Fonds amiante devront renoncer à tout recours en justice contre les « amianteurs ». Cela aboutit à une immunité totale non seulement vis-à-vis des travailleurs victimes de l'amiante, mais également vis-à-vis des personnes qui ont vécu dans une habitation contaminée par l'amiante (les victimes dites « environnementales »).
En outre, l'enveloppe fermée de 10 millions d'euros prévue par le Fonds risque de s'avérer largement insuffisante au regard des victimes de l'amiante. En 20 ans, le Fonds des Maladies Professionnelles est intervenu pour quelques 2600 personnes victimes de l'amiante. Mais on prévoit pas moins de 10 000 décès dus à l'amiante d'ici à 2020, affirme l'Abeva. Cette dernière reconnaît dans le projet de loi des avancées en faveur de certaines catégories de victimes de l'amiante. Mais elle pointe aussi de sérieuses lacunes. En effet, le texte actuel ne prend pas en compte les personnes atteintes de plaques pleurales ou de cancer du poumon, qui est pourtant le type de cancer le plus fréquent après exposition à l'amiante.
Affaire à suivre donc !
Consommation excessive de sucre et risque de cancer du pancréas
News 13-12-06
Selon une étude réalisée en Suède et publiée dans la revue scientifique « American Journal of Clinical Nutrition », une consommation excessive d'aliments et de boissons sucrées augmenterait le risque de développer un cancer du pancréas. Les auteurs pointent du doigt les sodas, les compotes de fruits et le sucre dans le café.
Source : Le Journal du Médecin, 01-12-06 ; Am J Clin Nutr 2006 :84(5) : 1171-1176
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Le pancréas est l'organe qui fabrique notamment l'insuline, une hormone qui permet de réguler le taux de sucre dans le sang. Si le pancréas n'est pas ou plus apte à remplir ce rôle, le taux de sucre dans le sang augmente (hyperglycémie). A long terme, cette situation conduit au diabète, mais peut-être également au cancer du pancréas.
Les causes du cancer du pancréas ne sont pas encore clairement identifiées mais les taux sanguins de sucre et d'insuline retiennent l'attention des chercheurs depuis de nombreuses années.
Pour confirmer ou infirmer cette hypothèse, des chercheurs suédois ont mené, entre 1997 et 2005, une enquête alimentaire auprès de quelques 80 000 personnes âgées de 45 à 83 ans et en bonne santé (exempts de cancer et de diabète). D'après le registre des cancers, 131 d'entre elles ont développé un cancer du pancréas au cours de la période examinée (soit 7,2 années).
Les chercheurs sont parvenus à montrer que le risque de développer un cancer du pancréas serait notamment lié à la quantité de sucre apportée par l'alimentation. Les personnes consommant chaque jour au moins deux sodas ou boissons sucrées avaient ainsi un risque près de deux fois supérieur à celles qui n'en buvaient jamais. De même, les individus qui sucrent certains aliments ou boissons (les yaourts ou le café, par exemple) ont un risque accru de 70 % de développer la maladie par rapport à ceux qui n'ajoutent jamais de sucre à ces produits.
Bien que le risque de développer un cancer du pancréas soit relativement faible, mieux connaître ses facteurs de risque est important. D'autant plus qu'il s'agit d'une maladie au pronostic sévère faute de possibilités de dépistage efficaces et pour laquelle les traitements s'avèrent jusqu'à présent peu efficaces.
CT-scan et risque de cancer
News 06-12-06
Un CT-scan peut, en raison des rayons ionisants utilisés, impliquer un risque légèrement accru de cancer. Selon une étude américaine, 50% seulement des radiologues et 10% à peine des médecins des services d'urgences aux États-Unis le savent. La situation est heureusement très différente en Belgique.
Source : De Huisarts 2006 ; 804 : 30
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
Lors d'un CT-scan, on utilise une dose relativement élevée de rayons ionisants (de 10 à 20 mSv), ce qui peut en effet augmenter le risque de cancer si l'irradiation porte sur la poitrine ou le ventre. Il n'en va pas de même lors d'une IRM (imagerie par résonance magnétique nucléaire), qui ne fait pas appel à des rayons, mais à des champs magnétiques.
On estime qu'une exposition unique à 10 mSV pourrait provoquer un cancer chez 1 patient sur 1 000. Ce risque semble peu élevé lorsqu'on sait que chaque individu a déjà 1 « chance » sur 3 de développer un cancer au cours de sa vie. Les rayons du CT-scan peuvent toutefois avancer l'apparition de ce cancer. Dans notre pays, tous les radiologues sont au courant du risque de cancer accru dû à un CTscan, car ils sont tenus de suivre un cours d'hygiène des radiations.
Comme pour tout examen médical et tout traitement, il convient d'en peser les avantages et les inconvénients. On tentera, autant que faire se peut, de remplacer le CT-scan par une IRM, une échographie ou un examen clinique, mais ce n'est pas toujours possible. Le médecin choisira en toute connaissance de cause le type d'examen le plus indiqué pour un patient donné. Il faudra de toute façon veiller à minimiser au maximum la dose d'irradiation, surtout dans le cas de Ct-scan répétés.
Ménopause : les traitements à base de dérivés du soja sont ils efficaces et sans danger ?
News 05-12-06
Des produits à base d'isoflavones ou phyto-œstrogènes de soja sont parfois proposés dans la prise en charge des troubles de la ménopause chez des femmes qui ne peuvent pas (ou ne souhaitent pas) prendre de traitement de substitution hormonale (THS). Mais l'innocuité et l'efficacité de ces traitements est-elle démontrée ?
Source : La Libre Belgique, 29-11-06
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
Jusque dans les années 90, les préparations hormonales constituaient pour bien des femmes, le traitement de choix pour atténuer les troubles liés à la ménopause (bouffées de chaleur, céphalées, troubles du sommeil, irritabilité, etc.). Par ailleurs, on partait de l'idée que l'hormonothérapie pouvait diminuer le risque d'ostéoporose et de maladies cardiovasculaires. Mais depuis 2002, l'utilisation quasi systématique de ces traitements a été remise en question suite à une vaste étude réalisée aux Etats-Unis (WHI ou Women's Health Initiative) qui montrait que le traitement hormonal substitutif avait également des inconvénients, notamment une faible augmentation du risque de cancer du sein.
Dès lors, de nombreuses femmes se sont progressivement tournées vers des traitements dits plus naturels car à base de phyto-œstrogènes. Ces dernières sont des substances apparentées aux œstrogènes et comprenant les isoflavones (daidzéine, génistéine), les coumestanes et les lignanes. On les trouve dans diverses plantes dont le soja, qui en contient le plus dans le règne végétal. Les deux molécules censées être les plus actives sont la génistéine et la daidzéine.
Le hic c'est que les différents produits actuellement sur le marché ne contiennent pas tous la même concentration d'isoflavones et que des données scientifiques manquent quant à l'action précise de ces phyto-œstrogènes et au sujet de leurs éventuels effets, notamment sur l'utérus et le sein.
C'est pourquoi, Arkopharma, une firme commercialisant l'un de ces produits, a souhaité mené une étude supervisée par l'Institut Bordet et l'université de Mons auprès de quelques 300 femmes suivies pendant un an. Bien que le recul soit faible, il semble que ce « médicament » ne présente aucun danger pour l'utérus mais les données sur le sein ne sont pas encore connues. Quant à l'efficacité du traitement sur les symptômes de la ménopause, elle semble variable d'une femme à l'autre. Celles qui présentaient des bouffées de chaleur légères ou moyennes ont noté une amélioration significative. Par contre, face aux bouffées de chaleur sévères et très incommodantes, les phyto-œstrogènes se sont révélés insuffisants.
Dés lors, les auteurs concluent que les phyto-œstrogènes d'Arkopharma constituent une alternative thérapeutique intéressante et qu'ils peuvent être proposés pour traiter les bouffées de chaleur de la ménopause en première intention, en cas de refus ou de contre-indication pour un traitement hormonal substitutif classique. Les résultats ne sont toutefois pas extrapolables à l'ensemble des isoflavones mises sur le marché, en raison de la composition spécifique de chaque produit.
Par ailleurs, il est également établi que certains changements dans le mode de vie (comme par exemple, la pratique régulière d'une activité physique) permettent eux aussi d'atténuer les troubles liés à la ménopause.
En conclusion, il est essentiel d'informer chaque femme concernée par cette problématique, afin de lui donner la possibilité de décider, en toute connaissance de cause et en étroite concertation avec son médecin, si elle souhaite avoir recours à une hormonothérapie ou à une phytothérapie.
L'aspirine pour lutter contre le cancer ?
News 04-11-06
Une équipe de chercheurs britanniques (Newcastle University Medical School) vient de découvrir une nouvelle vertu de l'aspirine ! En effet, selon leurs résultats, l'aspirine serait capable de freiner les apports sanguins vers les tumeurs (phénomène connu sous le nom d'anti-angiogenèse). Et sans vaisseaux sanguins pour les nourrir, les tumeurs ne peuvent guère se développer.
Source : Le Généraliste, 19-10-06
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Mise au point en 1897 par un chimiste allemand, l'aspirine (ou acide acétylsalicylique) a su conquérir le cœur des rhumatologues ? grâce à ses effets anti-inflammatoires et anti-douleurs ? et celui des cardiologues. D'ailleurs, en cas de facteurs de risque cardio-vasculaire cumulés (tabagisme, diabète, hypercholestérolémie, sédentarité, surpoids, stress, etc.), ils prescrivent volontiers de l'aspirine à dose pédiatrique (environ 250 mg) pour prévenir jusqu'à 30 % des infarctus et des accidents vasculaires.
Depuis quelques années, l'aspirine attire également l'attention des cancérologues. Des chercheurs australiens ont en effet montré que la prise régulière et à long terme d'anti-inflammatoires comme l'aspirine diminuerait les risques de survenue d'un cancer de la peau et protègerait même contre les taches pigmentaires dues au soleil. L'acide acétylsalicylique perturberait la fabrication d'une enzyme, la cyclo-oxygénase, impliquée dans le développement de certains cancers. D'autres études épidémiologiques semblent suggérer que l'aspirine pourrait éventuellement être utilisée dans la prévention du cancer colorectal, voire du cancer du sein et du poumon.
Aujourd'hui, les résultats obtenus par le Dr Helen Arthur et ses collègues de la Newcastle University Medical School semblent indiquer que l'aspirine pourrait agir de plusieurs manières contre la formation des tumeurs, dont l'une est de restreindre les apports sanguins nécessaires au développement tumoral. Rappelons que les tumeurs libèrent des facteurs de croissance qui stimulent la prolifération des vaisseaux sanguins jusque dans la tumeur. Or l'application de faibles doses d'aspirine tend à inhiber l'action de ces facteurs de croissance.
Prudence cependant face à la publication de ces données ! Ces résultats ont été obtenus uniquement en laboratoire et des études ultérieures doivent encore être menées pour valider ces premiers tests. Rappelons également que l'utilisation chronique d'aspirine n'a pas que des bons côtés (irritation de la muqueuse digestive, risques d'hémorragies, etc.). Il faudra donc peser soigneusement le pour et le contre !
Cancer et greffe de trachée
News 28-10-06
Une équipe de chirurgiens français (CHRU de Lille) a annoncé le 19 octobre dernier la réussite des premières greffes de trachée sur des patients atteints de certains types de cancers jusque là inopérables. Ces greffes ont été réalisées en remplaçant l'organe malade par un segment d'aorte prélevé sur une personne en état de coma dépassé.
Sources : Belga, 10-10-06 ; Het Laatste Nieuws, 21-10-06
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Des patients (heureusement assez rares) atteints d'un cancer atteignant l'entièreté de la trachée ne pouvaient bénéficier, jusqu'il y a peu, que de traitements palliatifs. L'espoir vient de leur être rendu grâce à une technique révolutionnaire de greffe de trachée mise au point par une équipe de chirurgiens français.
Depuis mars 2005, ceux-ci ont réalisé l'opération avec succès auprès de 3 hommes et une femme âgés de 20 à 46 ans. L'intervention consistait à retirer la quasi-totalité de la trachée et à la remplacer par un segment d'aorte de longueur égale, prélevé sur donneur d'organe en état de coma dépassé. Les chirurgiens insèrent ensuite à l'intérieur de l'aorte un tube de silicone pour éviter que l'aorte ne s'écrase à chaque respiration. Le muscle pectoral du patient est utilisé pour entourer la nouvelle « trachée » de manière à la protéger et à permettre l'irrigation. Au cours des mois qui suivent l'intervention l'aorte se transforme peu à peu en trachée. Deux ans plus tard, le tube de silicone initialement implanté peut être retiré.
Cette technique ne s'adresse toutefois qu'à un petit nombre de patients et n'est pas dénuée de complications post-opératoires (risque de pneumonie sévère, par exemple). Il n'empêche qu'il s'agit là d'une réelle prouesse chirurgicale pouvant redonner l'espoir à quelques patients.
PP2A : une nouvelle cible pour le traitement de certains cancers ?
News 22-10-06
Une équipe de chercheurs de l'Université Catholique de Louvain (KU Leuven) vient de décrypter le mode de fonctionnement d'une famille de protéines connues sous le nom de PP2A. Cette découverte pourrait ouvrir la voie vers de nouvelles recherches pharmaceutiques pour développer des médicaments agissant sur cette protéine et freinant la multiplication de cellules cancéreuses.
Sources : Belga, 12-10-06 ; De Morgen, 13-10-06 ; Het Belang van Limburg, 13-10-06; La libre Belgique, 13-10-06; Het Nieuwsblad, 13-10-06; Het Volk, 13-10-06.
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
L'équipe de chercheurs dirigée par le Professeur Jozeph Goris (Département de Biologie cellulaire et Moléculaire, KU Leuven) a décrypté un processus à l'origine du développement de certains cancers du sein, du poumon et du gros intestin.
En effet, les chercheurs ont montré que lorsqu'une protéine, dénommée PP2A, n'était plus produite dans des cellules mammaires, pulmonaires et intestinales, cela engendrait une prolifération cellulaire anarchique aboutissant à un processus cancéreux. Cette protéine semble jouer un rôle important dans la communication entre cellules. Lorsqu'elle n'est plus produite, la communication est interrompue et les cellules se mettent à se multiplier sans aucun contrôle.
L'objectif des chercheurs est aujourd'hui de mettre au point des médicaments permettant à PP2A de continuer à fonctionner de manière à freiner, voire stopper, la prolifération des cellules cancéreuses. Affaire à suivre donc !
La chimiothérapie provoquerait des changements au niveau du cerveau
News 14-10-06
Une étude médicale menée par l'université de Californie indique que la chimiothérapie induirait un changement de métabolisme et de flux sanguin dans le cerveau pendant au moins 10 ans. C'est ce qui pourrait expliquer certains troubles de la concentration dont souffrent de nombreuses personnes ayant été traitées pour un cancer.
Sources : Belga, 06-10-06 ; Vers l'Avenir, 07-10-06 ; Métro 09-10-06
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Les chercheurs de l'équipe médicale de l'université de Californie (Etats-Unis) ont soumis un groupe de femmes à un scanner du cerveau (tomographie) pendant qu'elles étaient soumises à des exercices de concentration mentale et de mémoire. Cinq à dix ans auparavant, ces femmes avaient subit une intervention chirurgicale pour enlever une tumeur du sein, suivie d'une chimiothérapie.
Les résultats obtenus indiquent des altérations du métabolisme dans une zone précise du cerveau : le cortex frontal. Ces modifications expliqueraient, selon le Dr Daniel Silverman, pourquoi les patients traités par chimiothérapie auraient souvent des difficultés à se concentrer après la fin des traitements.
Notons cependant que cette étude n'a été menée que sur un petit groupe de patientes (21 femmes et un groupe « témoin » équivalent). On ne dispose pas non plus d'examens cérébraux réalisés chez ces patientes avant l'administration de la chimiothérapie. Ces données devront donc être confirmées par des études menées à plus large échelle. Si ces résultats se confirment, il faudra tenter de comprendre les mécanismes mis en jeu. Car jusqu'à présent, on pensait que la barrière hémato-méningée (une membrane physiologique protégeant le cerveau contre les microbes mais aussi contre certaines substances chimique présentes dans le sang) empêchait de nombreux médicaments utilisés en chimiothérapie d'atteindre le tissu cérébral.
S'il est avéré, il faudra tenter de diminuer cet effet secondaire tout en maintenant une efficacité maximale des chimiothérapies.
Vaccin contre le cancer du col de l'utérus : bientôt disponible !
News 03-10-06
Un vaccin contre le cancer du col de l'utérus vient de recevoir une autorisation européenne de mise sur le marché. En Belgique, ce vaccin devrait être disponible dès la fin de cette année ou au début 2007 au plus tard.
Sources : La Libre Belgique, 23-09-06 ; La Dernière Heure, 23-09-06 ; La Meuse, 26-09-06 ; The Wall Street Journal Europe, 25-09-06 ; Het Laatste Nieuws, 25-09-06
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Le groupe pharmaceutique Sanofi-Pasteur-MSD vient d'obtenir l'autorisation de mise sur le marché en Europe de son vaccin Gardasil ®. Son concurrent, le Cervarix®, produit par GSK devrait le suivre dans les tous prochains mois.
Le vaccin Gardasil®, fabriqué par manipulation génétique, empêche le développement du cancer du col de l'utérus en bloquant 4 types de virus transmissibles sexuellement (HPV 6,11,16 et 18), responsables de la majorité des maladies génitales associées aux papillomavirus humains.
Lors des essais cliniques, qui ont porté sur plus de 25 000 femmes sexuellement actives, le vaccin a permis d'obtenir une prévention optimale des cas de cancers du col de l'utérus, des lésions précancéreuses du col, de la vulve et du vagin ainsi que des verrues génitales dues aux papillomavirus de types 6, 11, 16 et 18.
L'autorisation de mise sur le marché étant acquise, le groupe pharmaceutique va à présent introduire une demande de fixation de prix auprès des autorités belges.Ce prix reste encore à déterminer mais si on se réfère à ce qui est pratiqué aux Etats-Unis (où le vaccin est déjà disponible), la vaccination (trois doses) devrait coûter approximativement 300 €. Il faudra alors introduire une demande de remboursement auprès de l'INAMI pour le rendre réellement accessible.
Idéalement, le vaccin devrait être administré aux préadolescentes, avant qu'elles n'entrent en contact, par voie sexuelle, avec le virus qui cause la maladie. Les premières vaccinations concerneront donc les fillettes de 10-12 ans. Le vaccin sera également proposé aux jeunes femmes qui ont une vie sexuelle active et plurielle et qui sont dès lors plus à risque de rencontrer le virus HPV.
Le vaccin sera administré en trois fois, avec rappel à deux et six mois. Il présente une efficacité à 100 % pendant au moins 5 ans. Des études encore en cours devraient déterminer si un autre rappel sera encore nécessaire au-delà de cette période. Un autre essai est également en cours auprès de femmes âgées de 25 à 45 ans pour voir si ce vaccin pourrait également être efficace face à des lésions précancéreuses déjà présentes.
Venin de scorpion dans le traitement de certaines tumeurs cérébrales ?
News 27-09-06
Les premiers résultats d'une étude basée sur l'utilisation de petites protéines présentes dans le venin de scorpion montrent des résultats encourageants dans le traitement d'une tumeur cérébrale particulièrement agressive : le gliome.
Source : Le Généraliste, 07-09-06
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Le gliome est un cancer agressif du cerveau. En effet, même après l'ablation chirurgicale de la tumeur, il arrive fréquemment que des cellules cancéreuses persistent et continuent à proliférer ce qui rend les récidives particulièrement fréquentes.
Des chercheurs américains ont synthétisé un morceau de protéine que l'on trouve dans le venin de scorpion et l'ont fixé à de l'iode radioactif. L'idée est née de la découverte que certaines protéines du venin de scorpion sont capables de se fixer spécifiquement sur les cellules cérébrales cancéreuses et de traverser la barrière hémato-méningée (particularité anatomique des vaisseaux sanguins qui irriguent le cerveau, destinée à empêcher la plupart des substances chimiques présentes dans le sang d'atteindre le cerveau).
Sous la direction du neurochirurgien, Adam Mamelak, les chercheurs américains ont mené un premier essai clinique auprès de 18 patients adultes atteints d'une récidive de gliome après chirurgie. Ce traitement semble relativement bien toléré par les patients et seuls quelques effets secondaires mineurs ont été constatés durant les 22 jours suivant l'administration du traitement. Deux des 18 patients ont présenté une longue survie (environ trois ans après le traitement). Six autres ont survécu sensiblement plus longtemps que les malades non traités par cette substance.
Il s'agit là bien entendu de résultats tout à fait préliminaires. Mais ils se sont avérés suffisamment encourageants pour entamer la seconde phase de l'essai en proposant le traitement expérimental à une cinquantaine de patients supplémentaires. L'objectif de cette deuxième étape de l'étude consistera à définir la dose optimale nécessaire. Les résultats devraient être connus l'année prochaine. S'ils s'avèrent positifs, certains chercheurs envisagent déjà de tester cette substance dans d'autres cancers en association avec différentes chimiothérapies.
Naissance d'un bébé après un traitement pour cancer du col de l'utérus
News 27-09-06
À l'hôpital universitaire d'Anvers (UZA), une femme de 29 ans a donné naissance à un bébé en parfaite santé après avoir subi, en 2005, une intervention chirurgicale consistant en une ablation partielle de l'utérus. Il s'agit d'une grande première en Flandre.
Sources : Artsenkrant 19/09/06; Het Nieuwsblad 13/9/06 ; Het Belang van Limburg 13/9/06 ; Het Volk 13/9/06 ; De Morgen 13/9/06 ; Gazet van Antwerpen 13/9/06; Het Laatste Nieuws 13/9/06.
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
L'intervention réalisée sur cette patiente est une ?trachélectomie radicale? : elle consiste à préserver une partie de l'utérus de façon à ce qu'une grossesse reste possible. Cette intervention consiste à enlever uniquement la partie supérieure du vagin et le col de l'utérus, de même que les tissus et les glandes lymphatiques avoisinants. Le corps de l'utérus est ensuite rattaché au vagin.
Six mois après l'intervention, la jeune patiente était enceinte. Elle a donné naissance à un enfant en parfaite santé, par césarienne. Cette grossesse comportait cependant un risque plus élevé d'infections et de naissance prématurée. Détail attachant : la mère a appelé son nouveau-né Wiebren, en signe de reconnaissance envers le professeur Wiebren Tjalma qui a réalisé l'intervention.
L'hôpital de Leuven a, pour sa part, recours à une autre technique : un traitement par chimiothérapie précède l'opération, afin de réduire la tumeur cancéreuse. La technique chirurgicale mise en œuvre préserve le col de l'utérus afin qu'une grossesse naturelle soit toujours possible ultérieurement, tout comme un accouchement par voie naturelle (vaginal).
Identification de 200 gènes liés au cancer !
News 20-09-06
Les scientifiques commencent à dresser la carte génétique des différents types de cancers et c'est une équipe de l'Université John Hopkins (Etats-Unis) qui vient d'annoncer le premier grand succès dans ce domaine. En effet, en examinant plus de 13 000 gènes dans des tumeurs du sein et du gros intestin, ils ont découvert 189 gènes altérés qui semblent jouer un rôle important dans ces deux types de cancers.
Sources : Métro, 11-09-06 ; The Wall Street Journal Europe, 11-09-06
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
La première phase du projet « Génome humain » a duré 13 ans, soit de 1990 à 2003. Pour rappel, ce vaste projet scientifique consistait à cartographier et à séquencer l'entièreté du génome humain, soit 3,1 milliards de bases d'ADN, ces unités biochimiques qui composent notre patrimoine génétique. L'objectif était d'identifier tous les gènes présents dans le génome dans l'espoir de déceler et de soigner les maladies génétiques, de comprendre les prédispositions génétiques mais aussi une multitude de phénomènes biologiques.
C'est le projet le plus ambitieux de l'histoire de la biologie. Mais depuis 2003, la seconde phase de cette vaste étude a débuté : déterminer le rôle des gènes et leurs interrelations, trouver les protéines qu'ils synthétisent, leurs propres rôles et leurs propres interrelations.
Et c'est une équipe de l'université américaine John Hopkins qui vient de publier les premiers résultats dans le domaine de la cancérologie. Ces chercheurs ont découvert près de 200 gènes mutants dans les tumeurs du sein et colorectales, dont beaucoup n'avaient jamais été soupçonnés de jouer un rôle dans la formation des cancers. Ce nombre a surpris les scientifiques qui s'attendaient à en trouver beaucoup moins. Il leur reste à présent à comprendre l'action de ces gènes modifiés et surtout à parvenir à les cibler.
On sait déjà qu'il faut une série de dysfonctionnements génétiques pour déclencher un cancer. A l'avenir, en fonction du type de gènes défectueux identifiés, les chercheurs tenteront de déterminer si une tumeur peut devenir agressive et si un traitement particulier est susceptible d'être efficace.
En conclusion, les résultats de ce type d'étude offriront une meilleure compréhension des mécanismes moléculaires impliqués dans le développement de certains cancers ? et l'espoir de nouvelles voies thérapeutiques.
Y a-t-il un lien entre thrombose veineuse et cancer ?
News 20-09-06
La réponse est oui ? c'est du moins ce qu'ont annoncé diverses équipes de recherche lors du dernier congrès de l'«International Society on Thrombosis and Haemostasis ». Ce lien était en fait soupçonné depuis de nombreuses années déjà et de nouvelles recherches sont venues confirmer cette hypothèse. Les mécanismes mis enjeu semblent de mieux en mieux identifiés.
Source : Le Journal du Médecin, 01-09-06
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
La thrombose veineuse est la formation d'un caillot dans les vaisseaux sanguins. Ce caillot peut avoir des conséquences néfastes car il peut bloquer l'apport sanguin aux organes vitaux. Il peut également se détacher en partie et provoquer un blocage en aval, le long du vaisseau sanguin (embolie), notamment dans les poumons (embolie pulmonaire).
Le lien entre thrombose et cancer est aujourd'hui bien établi : de 10 à 15 % des patients atteints de cancer risquent effectivement de développer une thrombose au cours de leur maladie. Pourquoi ? Les chercheurs expliquent aujourd'hui ce phénomène par différents mécanismes. La chimiothérapie, l'hormonothérapie, la radiothérapie et les traitements anti-coagulants peuvent, dans une certaine mesure, modifier la coagulabilité du sang. D'autres mécanismes feraient intervenir des substances émises par la tumeur elle-même. Ces substances interfèreraient avec les composants de la paroi interne des vaisseaux sanguins (les cellules endothéliales) ainsi qu'avec les plaquettes (ces fameux éléments sanguins qui assurent le processus de coagulation).
L'identification de ces divers mécanismes devrait aboutir, à moyen terme, à la mise au point de différents traitements permettant d'éviter l'apparition de thrombose chez les patients atteints de cancer. L'objectif de ces recherches étant d'accroître la qualité de vie des patients ainsi que leur survie.
Mélanome : nouvel espoir de la thérapie génique
News 08-09-06
Des chercheurs américains de l'Institut National du Cancer annoncent avoir sauvé deux hommes atteints d'un mélanome très avancé (cancer agressif de la peau) en manipulant génétiquement leurs propres globules blancs pour qu'ils s'attaquent à la tumeur. Leurs travaux, publiés dans la prestigieuse revue « Science », sont considérés comme une avancée importante dans le traitement des cancers métastasés en phase terminale.
Sources : De Morgen, 02-09-06 ; The Wall Street Journal Europe, 01-09-06 ; Het Nieuwsblad, 02-09-06 ; Het Volk, 02-09-06 ; Het Laatste Nieuws, 04-09-06
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
L'étude a été menée par Steven Rosenberg. Ce dernier avait déjà montré en 2002 que certains lymphocytes T (une variété de globules blancs) capables d'attaquer les tumeurs cancéreuses mais présents en très faible quantité pouvaient être prélevés chez les patients, cultivés et amplifiés en laboratoire puis réinjectés à ces mêmes personnes. Cette première étude avait montré que la moitié des patients ainsi traités présentaient une réduction d'au moins 50 % du volume de leur tumeur au bout de quelques mois. Un seul patient avait même présenté une régression tumorale de 95 %.
Dès lors, le Professeur Rosenberg avait eu l'idée d'étudier de près les lymphocytes T de ce patient qui avait si bien répondu au premier traitement. Lui et son équipe ont ainsi pu isoler un composant particulier de ces globules blancs : les récepteurs des cellules T. Ensuite, ils ont à nouveau prélevé les lymphocytes T normaux (ceux qui ne reconnaissent pas les cellules cancéreuses) chez 17 patients atteints de mélanome en phase terminale. Ils ont manipulé génétiquement ces lymphocytes en leur injectant le fameux récepteur aux cellules T, ont fait poussé ces cellules en laboratoire puis les ont réinjectées aux 17 patients. Chez 15 d'entre eux, ils ont pu noter une faible multiplication des cellules génétiquement modifiées pendant quelques mois. Mais chez 2 autres patients, les cellules modifiées ont poussé en grande quantité pendant plus d'un an, tandis que les tumeurs « fondaient » littéralement. Chez l'un de ces deux patients, les médecins ont noté une disparition totale des métastases pulmonaires. Chez l'autre, les métastases hépatiques ont été réduites de 95 %, ce qui a permis leur élimination chirurgicale. Aujourd'hui ces deux personnes sont en bonne santé, ne souffrent d'aucun effet secondaire de leur traitement et ne présentent plus aucune trace de cancer depuis un an et demi.
Bien sûr, cette nouvelle technique est très expérimentale, réclamant des années de recherches complémentaire. En effet, ce type d'étude doit maintenant être menée sur un plus grand nombre de malades et y inclure un groupe de patients témoins. On ignore également, combien de temps une telle réponse anti-tumorale pourra être maintenue, mais il est clair qu'on est probablement face à une belle avancée de la thérapie génique dans le traitement des cancers. Il est également envisagé d'associer cette nouvelle technique à d'autres traitements capables de stimuler le système immunitaire de l'organisme afin d'en accroître encore l'efficacité.
Y a-t-il un lien entre un taux trop élevé de cholestérol et le cancer de la prostate ?
News 06-09-06
Des chercheurs italiens (Mario Negri Institute for Pharmacological Research à Milan) viennent de mettre en évidence un lien entre un taux élevé de cholestérol et le risque de développer un cancer de la prostate. Ils ont abouti à cette conclusion après avoir mené une étude pendant 9 ans auprès de 2700 hommes : 1294 patients âgés de moins de 75 ans et atteints d'un cancer de la prostate et 1451 hommes du même âge mais ne présentant aucune tumeur. Les résultats obtenus indiquent que la moitié des hommes atteints d'un cancer prostatique présentaient un taux élevé de cholestérol comparativement au groupe contrôle. Chez les patients de plus de 65 ans, la cholestérolémie était même trop élevée chez 8 hommes sur 10.
Sources : The Medical Post, mai 2006 ; Goed Gevoel, 01-08-06
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Un tel lien a déjà été suggéré par des études menées en laboratoire. En effet, l'année dernière, l'équipe du Dr Michael Freeman (Hôpital de Boston) a montré que des taux élevés de cholestérol accéléraient la croissance des tumeurs de la prostate chez la souris (Journal of Clinical Investigation, 17 mars 2005). Lorsque des médicaments pour faire baisser le cholestérol (simvastatine) furent administrés à ces animaux, les tumeurs arrêtèrent de proliférer. Ces travaux avaient dès lors aboutit à l'idée selon laquelle les médicaments qui abaissent le taux de cholestérol pourraient éventuellement être utiles dans la prévention du cancer de la prostate ou comme thérapie adjuvante.
Ces résultats doivent bien sûr encore être confirmés par des études ultérieures mais il s'agit là d'une piste de recherche particulièrement intéressante.
Ne perdons pas de vue que le cancer de la prostate est la forme la plus fréquente de tumeur maligne chez l'homme. Un certain nombre de facteurs de risque ont déjà été identifiés. Le premier d'entre eux est l'âge : plus on vit vieux, plus on risque d'en être atteint. Par ailleurs, les hommes dont le père, le frère et/ou un oncle présente(nt) un cancer de la prostate courent un risque accru. A ces différents facteurs de risque on devra peut-être bientôt ajouter un taux trop élevé de cholestérol sanguin. Affaire à suivre donc !
Un traitement hormonal pour conserver un teint hâlé ?
News 28-07-06
Des chercheurs australiens mettent actuellement au point un traitement hormonal qui permettrait de bronzer sans s'exposer au soleil. Il s'agirait d'injections d'une hormone favorisant la production de mélanine, un pigment qui colore la peau. Selon les premiers résultats obtenus auprès de 80 volontaires, une cure de 30 injections étalées sur 90 jours aboutirait à une augmentation de la quantité de mélanine de 41 %.
Sources : Belga, 23-07-06 ; Het Laatste Nieuws, 24-07-06, Het Volk, 24-07-06
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Face à ce type d'annonce, nous recommandons la plus extrême prudence si ce genre de substance devait arriver prochainement sur le marché cosmétique.
D'une part, nous n'avons pas eu accès au texte complet de la publication dont les résultats ci-dessus ont été publiés dans la presse. Il nous est dès lors difficile d'analyser objectivement le sérieux de cette étude. Toujours est-il que les chercheurs annoncent d'emblée que le procédé n'est pas encore totalement au point. En effet, les injections sont relativement contraignantes (30 injections dans le ventre sur une période de 3 mois). De plus, certains volontaires se sont plaints de divers malaises.
Certaines personnes imaginent déjà que ce traitement hormonal détrônera sous peu les fameux bancs solaires. Ceux-ci sont effectivement reconnus pour être nocifs pour la santé (cancers cutanés et vieillissement prématuré de la peau). Mais ne sommes nous pas en train de remplacer un mal par un autre ? En effet, il n'est pas exclu que l'administration d'hormones, telle qu'imaginée par les chercheurs australiens, ait elle aussi des effets indésirables plus ou moins graves à moyen ou long terme.
Des recherches scientifiquement validées seront nécessaires avant de conclure à une éventuelle innocuité de ce traitement hormonal.
S'en passer reviendrait à jouer aux apprentis sorciers !
Les teintures capillaires à nouveau sous la loupe !
News 26-07-06
La Commission européenne vient d'interdire 22 substances entrant dans la composition de teintures capillaires, sur base d'avis scientifiques selon lesquels elles pourraient provoquer le cancer de la vessie.
Cette décision s'inscrit dans le cadre d'une stratégie mise en place au niveau européen au début des années 2000 pour lutter contre les dangers potentiels liés à la coloration des cheveux.
Sources : Belga, 20-07-06 ; Vers l'Avenir, 22-07-06 ; De Morgen, 22-07-06
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
La stratégie de la Commission européenne visant à garantit la sécurité des produits de teintures capillaires prévoit d'interdire toutes celles pour lesquelles l'industrie n'a soumis aucun dossier de sécurité, ainsi que les teintures à propos desquelles le Comité scientifique des produits de consommation (CSPC) a émis un avis négatif.
L'année dernière, la Commission a invité les producteurs à fournir des dossiers de sécurité sur les substances entrant dans la composition des teintures capillaires. Ces dossiers, établis à partir de données scientifiques, doivent démontrer l'innocuité pour les consommateurs. Actuellement, le Comité examine les quelques 115 dossiers qui lui ont été soumis et les premiers résultats devraient être connus vers octobre 2006. Les 22 substances qui sont interdites dès à présent correspondent en fait à des produits pour lesquels les industriels n'ont communiqué aucun dossier de sécurité.
Notons que les résultats d'une analyse globale des études épidémiologiques existantes (JAMA, 25 mai 2005) indiquent que, depuis 1980, les teintures ne seraient plus cancérigènes. C'est effectivement à partir de cette époque que l'industrie cosmétique a éliminé les ingrédients les plus fortement cancérigènes comme le 2,4-diaminotoluène et le 2,4-diaminoanisole.
Néanmoins, certains chercheurs recommandent encore la prudence dans ce domaine, particulièrement pour les professionnels de la coiffure qui sont fortement et fréquemment exposés aux teintures capillaires.
Certains antidépresseurs réduiraient le risque de cancer colorectal
News 15-07-06
Des études menées sur l'animal suggèrent que les antidépresseurs de la famille des inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) sont capables de retarder la croissance des tumeurs colorectales. A l'inverse, les antidépresseurs tricycliques en augmenteraient le risque.
Une équipe de chercheurs canadiens de l'Université Mac Gill a souhaité confirmer ces données avec une étude rétrospective conduite auprès de 10 000 patients atteints d'un cancer colorectal diagnostiqué entre 1981 et 2000, et qui avaient été traités ? avant le diagnostic ? soit par ISRS, soit par antidépresseurs tricycliques.
Les données obtenues montrent effectivement une diminution du risque chez les patients qui ont pris des doses élevées d'ISRS dans les 5 années qui ont précédé le diagnostic. Ils n'on trouvé par contre aucune relation avec les antidépresseurs tricycliques.
Sources : Lancet Oncology, 2006, 7 : 301-308 ; e-santé.be : 28-06-06
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Selon l'étude canadienne précitée, les antidépresseurs de la famille des sérotoninergiques (Prozac®, Floxyfral®, Deroxat®, Zoloft®, par exemple) retarderaient la croissance des tumeurs du côlon. Il s'agirait même d'une diminution importante puisque le risque de développer un cancer colorectal serait réduit de 30 % parmi les patients qui auraient suivis un tel traitement antidépresseur. De plus, la réduction de risque serait proportionnelle à la durée du traitement et à la dose prise.
Il s'agit donc d'un effet secondaire très positif de cette famille d'antidépresseurs.
Ces médicaments sont connus pour stimuler l'action d'un neuromédiateur : la sérotonine. Or, si davantage de sérotonine dans le cerveau nous rend d'humeur plus joyeuse, cette molécule a des récepteurs dans d'autres parties du corps, en particulier dans le côlon. A ce niveau, il a été démontré chez l'animal que les antidépresseurs sérotinergiques freinaient la croissance des tumeurs du côlon. L'équipe de chercheurs canadiens vient de montrer qu'il en était de même chez l'homme. Les mécanismes biologiques responsables de cet effet doivent toutefois encore être décryptés.
Les chercheurs ne vont pas jusqu'à recommander la prise de ces médicaments pour prévenir le cancer colorectal. Ils insistent également sur la nécessité de réaliser de nouvelles études afin de prendre en compte d'autres facteurs de risque tels que les prédispositions héréditaires, l'alimentation, le mode de vie et les autres maladies éventuellement associées.
Herceptin : remboursement dans certaines conditions
News 08-07-06
Dans une news du 23 mars 2006, nous avions abordé la problématique du remboursement de certains médicaments onéreux. Le 26 juin dernier, le comité d'assurance de l'INAMI a approuvé la proposition de rembourser le médicament Herceptin dans certains centres de traitement du cancer du sein.
Sources : Belga, 23-06-06 & 29-06-06 ; De Standaard, 27-06-06 ; La Dernière Heure, 27-06-06 ; La Libre, 24-06-06 ; Vers l'Avenir, 24-06-06 ; Le Journal du Médecin, 16-06-06 ; Le Généraliste, 15-06-06 ; Artsenkrant, 16-06-06.
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Rappelons que l'Herceptin est un médicament récemment mis au point. Jusqu'il y a peu, il était prescrit uniquement dans certaines formes métastasées de cancers du sein. De récentes études scientifiques ont démontré que ce médicament, donné à un stade plus précoce de la maladie, réduisait également le risque de récidive chez les femmes souffrant d'un cancer du sein « HER-2 positif ». Ce type de cancer concerne environ 14 % des patientes atteintes d'une tumeur du sein dans notre pays.
Mais ce médicament est particulièrement onéreux : un traitement annuel coûte environ 37 000 € par patiente. C'est pourquoi l'INAMI a très attentivement évalué les avantages de l'Herceptin avant d'en autoriser le remboursement dans cette nouvelle indication. Ce remboursement sera possible uniquement si le médicament est prescrit dans certains centres de traitement. Le médicament sera donc accessible aux patientes traitées dans des hôpitaux qui pratiquent au moins 100 interventions chirurgicales par an suite à un premier diagnostic de cancer du sein. Cette décision, appuyée par le Ministre de la Santé, Rudy Demotte, se justifie certainement par la volonté de créer en Belgique des centres d'excellence dans les traitements des cancers du sein, également connus sous la dénomination de « Cliniques du sein ».
Une grossesse n'est pas incompatible avec une chimiothérapie
News 29-05-06
Selon les résultats menés par la Katholieke Universiteit Leuven (et publiés dans la revue scientifique « Journal of Clinical Oncology »), les femmes soignées par chimiothérapie au cours de leur grossesse donneraient naissance à des enfants en bonne santé.
Sources : Belga, 22-05-06 ; Het Laatste Nieuws, 23-05-06 ; Het Belang van Limburg, 23-05-06 ; Gazet van Antwerpen, 23-05-06 ; De Standaard, 23-05-06 ; Le Soir, 23-05-06; Het Volk, 23-05-06
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
Les chercheurs de la KULeuven ont réalisé cette étude sur un petit nombre de patients : 10 enfants, âgés en moyenne de 5 ans et dont les mères avaient été traitées par chimiothérapie au cours de leur grossesse. Il s'est avéré que 9 des dix enfants suivis étaient en parfaite santé.
Environ une femme enceinte sur 1000 à 1500 est confrontée au diagnostic de cancer au cours de sa grossesse. Il s'agit le plus souvent de cancers du sein, du col de l'utérus, des ovaires, de leucémie ou de lymphome de Hodgkin. Cette situation se solde souvent par une décision d'interruption de grossesse ou d'un accouchement prématuré.
Les résultats publiés par l'équipe de chercheurs belges s'avèrent bien sûr encourageants. Mais ils doivent être interprétés avec précaution vu, d'une part, le petit nombre de patients inclus jusqu'ici et, d'autre part, la courte période de suivi. La KULeuven poursuivra cette étude sur un plus grand nombre de patients et analysera les effets potentiels de la chimiothérapie à plus long terme.
D'ici là, au vu de la toxicité de la plupart des traitements chimiothérapeutiques vis-à-vis du fœtus, on évitera, dans la mesure du possible, ce type de traitement au cours de la grossesse. La toxicité des médicaments utilisés en chimiothérapie s'explique par le fait que leur efficacité est maximum au niveau des cellules en cours de division, c'est-à-dire les cellules cancéreuses ? mais aussi celles du fœtus qui est en plein développement.
Quoiqu'il en soit, le cas de chaque patiente confrontée à ce type de situation sera évalué individuellement par une équipe pluridisciplinaire (oncologue, gynécologue, etc.).
Remboursement d'un nouveau traitement pour les tumeurs cérébrales
News 20-05-06
Depuis le 1er mai 2006, un médicament qui a démontré son efficacité dans le traitement de certaines tumeurs du cerveau sera dorénavant remboursé. Il s'agit du témozolomide, une molécule intervenant dans le traitement du glioblastome, une des formes les plus agressives de tumeurs cérébrales.
Sources : La Semaine médicale, 04-05-06 ; Le Généraliste, 04-05-06
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Le glioblastome est une forme courante et agressive de tumeur cérébrale maligne. Il survient plus fréquemment chez l'homme et l'âge moyen de diagnostic se situe entre 50 et 60 ans. En Europe, quelque 10 000 cas de glioblastome sont diagnostiqués chaque année.
Récemment, les résultats d'une étude menée par l'EORTC (European Organization for Research and Treatment of Cancer) et le National Cancer Institute of Canada ont établi l'efficacité d'un nouveau médicament, le témozolomide (résultats publiés dans la revue scientifique « The New England Journal of Medicine »).
Cette étude regroupait 573 patients traités dans 85 centres et 15 pays. Leur âge moyen était de 56 ans et 84 % des patients avaient subi une intervention chirurgicale. Les malades étaient répartis aléatoirement en deux groupes. Le premier groupe a suivi un traitement axé sur la radiothérapie et le second a reçu la même radiothérapie combinée à l'administration du témozolomide. Dans ce dernier groupe, 26 % des patients étaient encore en vie après 2 ans contre 10 % de ceux soignés uniquement par radiothérapie.
De tels résultats sont considérés comme une avancée importante en neuro-oncologie et ont été le facteur déterminant pour accélérer le remboursement du témozolomide dans le traitement du glioblastome.
Le témozolomide a non seulement fait progresser l'espérance de vie et la survie moyenne des patients, mais il a aussi amélioré considérablement leur qualité de vie. La seule ombre au tableau est que les patients sont inégaux face au traitement. En effet, il existe une enzyme, le MGMT, capable de réparer les dégâts causés aux cellules cancéreuses par le médicament. Et cette enzyme est davantage présente chez certains patients que chez d'autres.
Mais les neuro-oncologues restent optimistes et insistent sur les effets positifs de ce nouveau traitement.
Génome humain : le dernier chromosome enfin décrypté
News 20-05-06
Le chromosome 1, le plus long chez l'homme et dont des altérations seraient liées à plus de 350 maladies différentes, est le dernier à avoir été décrypté dans le cadre du séquençage du génome humain.
Source : Belga, 17-05-06
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
Chacune de nos cellules comporte 22 paires de chromosomes identiques, ainsi qu'une 23ème paire également identique chez la femme (XX) mais différente chez l'homme (XY). En 1990, un gigantesque projet a été lancé par un consortium international : il s'agissait de décrypter l'ensemble du génome humain. Ce décryptage a été officiellement achevé en 2003. Mais il restait à affiner l'analyse chromosome par chromosome, une tâche à présent accomplie.
Quelle est l'utilité d'un tel travail ?
Pour répondre à cette question, reprenons l'exemple du décryptage de ce dernier chromosome. Ce travail a mobilisé une équipe de 150 chercheurs britanniques et américains pendant dix ans. Il faut savoir que ce chromosome 1 est le plus long : il contient près de deux fois plus de gènes que la moyenne des autres chromosomes et représente à lui seul 8 % du code génétique de l'homme. Il est constitué de 3141 gènes et 991 pseudogènes, des segments qui ressemblent aux gènes mais qui comportent des modifications génétiques les empêchant de fonctionner comme des gènes.
Ce décryptage a permis d'établir que plus de 350 maladies, parmi lesquelles certains cancers et la maladie d'Alzheimer ou de Parkinson, seraient associées à des altérations de la séquence de ce chromosome, c'est-à-dire de l'enchaînement des molécules de base qui le composent. Les chercheurs ont également pu montrer que certaines mutations parfois présentes sur ce chromosome pourraient jouer un rôle protecteur contre la malaria (une affection parasitaire transmise par des moustiques).
Ce type de recherche permet donc d'identifier les gènes impliqués dans un certain nombre de maladies. Malgré l'ampleur du travail déjà accompli, il ne s'agit là que de la première étape d'un défi de la biologie moderne : identifier la fonction précise de tous ces gènes et comprendre les réseaux d'interactions moléculaires qui aboutissent au déclenchement de diverses maladies ou, au contraire, à certains mécanismes protecteurs.
A terme, cet immense travail devrait aboutir à l'élaboration de tests génétiques (détection de maladies héréditaires), de tests de dépistage (de certains cancers notamment) sur base de « profils » d'expression de certains gènes (signature génétique) mais également d'identification de gènes cibles pour de nouveaux médicaments.
L'aspartame non cancérigène pour l'homme
News 20-05-06
L'aspartame, cet édulcorant artificiel utilisé dans de nombreux produits alimentaires et boissons, ne présenterait aucun risque cancérigène pour les humains. Ce sont les conclusions d'une vaste étude menée par l'EFSA (autorité européenne de sécurité alimentaire) et présentées le 5 mai dernier.
Sources : Belga, 05-05-06 ; La Dernière Heure, 06-05-06 ; Vers l'Avenir, 06-05-06 ; De Tijd, 06-05-06 ; De Standaard, 06-05-06 ; Gazet van Antwerpen, 06-05-06 ; Het Laatste Nieuws, 06-05-06 ; De Morgen, 08-05-06.
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
L'aspartame est un édulcorant artificiel utilisé dans de nombreux produits allégés (light), mais également dans des produits pharmaceutiques (notamment des sirops et antibiotiques pour enfants).
Régulièrement, cet édulcorant est mis au banc des accusés et est l'objet de nombreuses controverses. Pas plus tard que l'année dernière, la Fondation européenne d'oncologie et de sciences environnementales (établie à Bologne, Italie) présentait de nouveaux résultats au public. Ceux-ci indiquaient que l'aspartame devait être considéré comme cancérigène puisqu'il provoquait l'apparition de leucémies et de lymphomes chez des rats exposés à de fortes doses de cette substance tout au long de leur vie.
Face à l'inquiétude que cette publication avait suscitée auprès du grand public, l'autorité européenne de sécurité des aliments a décidé de rassembler un panel d'experts afin d'étudier de plus près ces conclusions.
Après plusieurs mois de travail en concertation avec d'autres autorités sanitaires internationales, le panel a écarté tout risque pour l'homme. En effet, il semblerait que les lymphomes et leucémies (constatés uniquement chez les rats femelles) ne seraient pas imputables au traitement par l'aspartame mais plutôt à l'existence d'une maladie inflammatoire chronique présente chez tous les animaux (contrôles et traités). De plus, il n'y avait pas de relation dose-effet dans cette étude. Enfin, le diagnostic des tumeurs semblait peu clair dans bon nombre de cas.
Sur base de ces conclusions, l'EFSA estime qu'il n'y a pas lieu de revoir la dose journalière maximale recommandée, à savoir 40 mg d'aspartame par kilo de masse corporelle.
Néanmoins, si de nouvelles études étaient réalisées à l'avenir, l'EFSA s'est engagée à examiner leurs résultats en priorité.
La chimiothérapie moins efficace en présence de nicotine?
News 08-05-06
FiSelon une étude américaine présentée lors du récent congrès de l'Association américaine du Cancer, les patients atteints d'un cancer du poumon et qui continuent à fumer, voire utilisent des substituts nicotiniques dans le cadre de leur sevrage tabagique, pourraient bien rendre leur chimiothérapie moins efficace.
Source : Le Généraliste, 27-04-06
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
La nicotine n'est pas cancérogène en soi, mais, selon une étude récente, elle semblerait diminuer l'efficacité de certains médicaments anticancéreux utilisés notamment dans le traitement des cancers du poumon non à petites cellules (les cancers pulmonaires les plus fréquents).
C'est ce qu'a montré une équipe de chercheurs de l'Université de Floride sur des cultures de cellules cancéreuses pulmonaires. Lorsque ces cellules sont exposées à des traitements de chimiothérapie (gemcitabine, cisplatine, taxol), elles déclenchent leur propre mort (apoptose ou suicide cellulaire). Par contre, si ces mêmes cellules malignes sont exposées simultanément à ces mêmes médicaments plus de la nicotine, on observe que la mort cellulaire ne se produit pas. Cela semble donc indiquer que la nicotine diminue fortement l'efficacité des produits utilisés au cours de la chimiothérapie.
Bien sûr, il s'agit là de résultats expérimentaux obtenus sur des cellules en culture et non pas chez des êtres humains. Ils confirment cependant les études cliniques qui montrent une survie plus courte chez les patients qui continuent de fumer, par rapport à ceux qui arrêtent.
D'ores et déjà, les cancérologues estiment devoir informer leurs patients du fait que les traitements risquent d'être moins efficaces s'ils continuent à fumer.
Quoi qu'il en soit, il ne faut pas perdre de vue qu'entre le fait de fumer ou de prendre des substituts nicotiniques pour un patient sous chimiothérapie, le risque de diminution de la survie est certainement moindre avec les substituts.
Prothèses mammaires : pas de risque de cancers
News 22-04-06
Il y a dix ans, les prothèses mammaires ont été accusées de favoriser le développement de certaines maladies, dont les cancers du sein. Une nouvelle étude danoise, menée auprès de 2 753 femmes ayant reçu un implant mammaire entre 1973 et 1995, n'a pas montré d'augmentation du risque de cancer du sein par rapport à une population témoin.
Sources : Belga, 19-04-06 ; De Morgen, 20-04-06 ; Het Laatste Nieuws, 20-04-06 ; De Standaard, 20-04-06 ; Het Belang Van Limburg, 20-04-06
Commentaires de la Fondation Belge contre le Cancer
Les prothèses mammaires sont utilisées depuis une trentaine d'années dans le cadre d'interventions esthétiques ou réparatrices, notamment après un cancer du sein. Un grand nombre de ces prothèses contiennent du gel de silicone. Il y a une dizaine d'années, ce dernier a été accusé de causer différents troubles (maladies auto-immunes telle que la polyarthrite rhumatoïde, par exemple) mais aussi d'augmenter le risque de cancer du sein.
Depuis lors, diverses études ont été conduites pour analyser de manière rigoureuse ce type de risque. La plus récente d'entre elles a été menée par des chercheurs danois qui ont suivi plus de 2.700 femmes chez qui une prothèse mammaire a été implantée entre 1973 et 1995. Avec un recul de 30 ans, cette étude bénéficie du plus long suivi jamais réalisé sur le sujet.
Les résultats ne montrent aucun risque supplémentaire de cancer du sein chez les porteuses de prothèses mammaires. Aucune autre augmentation du risque de cancer n'a été décelé chez ces femmes, en dehors de cancers de la peau (non mélanomes) qui pourraient être liés à des expositions solaires plus importantes et n'ont donc aucun rapport direct avec leur prothèse.
Notons cependant que certaines autres complications peuvent survenir après la pose d'un implant mammaire. La principale d'entre elle est ce que l'on appelle le « contracture capsulaire ». Il s'agit d'une réaction normale de l'organisme qui forme une sorte de cicatrice autour de tout corps étranger afin de l'isoler du reste du corps. Mais dans certains cas, cette coque fibreuse peut s'épaissir, devenir douloureuse, déformer la prothèse et nécessiter une nouvelle intervention.
Une autre complication, relativement rare, consiste en la rupture de la prothèse suite à un choc violent. Si le gel de silicone se répand hors de la membrane qui entoure l'implant, cela peut provoquer une réaction de l'organisme nécessitant le remplacement chirurgical de la prothèse.
Enfin, une prothèse mammaire a une durée de vie limitée. Tôt ou tard, il faudra la remplacer sans qu'il soit possible de prévoir individuellement dans quels délais.
Tchernobyl : un bilan largement controversé 20 ans après !
News 18-04-06
Le 26 avril 1986, l'un des réacteurs de la centrale de Tchernobyl, située à environ 130 km au nord de Kiev a explosé. Pendant 10 jours, le combustible nucléaire a rejeté dans l'atmosphère des millions de particules radioactives.
Près de 20 ans plus tard, l'Organisation des Nations Unies (ONU) publie un rapport qui revoit à la baisse le bilan des victimes de Tchernobyl : moins de 50 morts directs à la fin de juin 2005 et jusqu'à 4 000 personnes pouvant décéder à l'avenir des suites d'une exposition aux substances radioactives libérées lors de cette catastrophe. Mais ce rapport onusien est critiqué et controversé par plusieurs ONG qui estiment que ces chiffres sont largement sous-estimés.
Source : Belga, 11-04-06
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Dans les mois qui ont suivi l'accident, plusieurs centaines de milliers d'ouvriers (600 000 environ, dénommés les « liquidateurs ») sont venus d'Ukraine, de Biélorussie et de Russie pour procéder à des nettoyages du terrain environnant. Leur protection individuelle contre les rayonnements était très faible voire nulle.
Or, vingt ans plus tard, le rapport de l'ONU indique que la catastrophe aurait fait une cinquantaine de victimes directes au total : 47 « liquidateurs » seraient morts des suites de l'exposition aux radiations et 9 enfants seulement seraient morts de cancers de la thyroïde.
D'autres organisations telles Greenpeace et l'IPPNW (International Physicians for the Prevention of Nucleare Warfare) avancent de tous autres chiffres : plus de 10 000 personnes seraient atteintes d'un cancer de la thyroïde et 50 000 cas supplémentaires seraient attendus à l'avenir (contre 4000 cancers prévus par l'ONU !). Plusieurs centaines de milliers de membres des équipes d'intervention sur le site seraient de nos jours malades des suites de leur irradiation, plusieurs dizaines de milliers en seraient morts, poursuit l'IPPNW.
Comment expliquer de telles discordances dans les chiffres avancés ?
Nous n'avons pas la réponse à cette question.
C'est un peu comme lors d'une manifestation, si l'on compare le nombre des participants recensés par la police ou par les organisateurs.
La réalité est souvent entre ces deux extrêmes?
Toujours est-il qu'il valait mieux ne pas se trouver à proximité de Tchernobyl pendant ou après la catastrophe d'avril 1986.
En ce qui concerne notre pays, les retombées radioactives y ont été faibles et, à notre connaissance, aucune conséquence mesurable pour la santé de nos concitoyens n'a pu être établie.
Un virus responsable du cancer de la prostate ?
News 24-03-06
Des chercheurs de l'Université de Californie et de la Cleveland Clinic (USA) ont découvert qu'un virus spécifique était fréquemment retrouvé chez des patients atteints d'un cancer de la prostate. Cela signifie-t-il que ce virus joue un rôle dans le développement des cancers de la prostate ?
Source : Le Journal du Médecin, 07-03-06 ; Scientific American, 23-02-06
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Le virus en question, nommé XMRV, est étroitement apparenté au virus de la leucémie de la souris. Il a été retrouvé chez des patients atteints d'un cancer de la prostate mais qui présentaient une prédisposition génétique à cette maladie.
Plus précisément, ce virus a été identifié dans la prostate d'hommes porteurs de deux copies défectueuses d'un gène qui aide le système immunitaire à se défendre contre les virus. En d'autres termes, cela signifie que le virus XMRV pourrait profiter de cette défectuosité génétique pour provoquer une inflammation chronique de la prostate et, éventuellement, entraîner l'apparition du cancer. Mais rien n'est moins sûr. Des recherches doivent donc être poursuivies dans ce domaine afin de mieux comprendre la relation de cause à effet éventuelle entre la présence du virus et le développement de la maladie.
Ce que l'on sait déjà, c'est que ce virus n'est pas impliqué dans la majorité des cancers de la prostate puisqu'on ne le retrouve pas chez les personnes ne présentant pas cette déficience génétique.
Cependant, il est intéressant de suivre de près ces recherches afin de savoir si ce virus se transmet sexuellement par exemple, et comprendre comment il pourrait jouer un rôle dans le développement de certaines tumeurs prostatiques.
Pour rappel, plusieurs virus sont déjà connus pour être associés à certains types de cancers, comme le virus de l'hépatite B pour le cancer du foie, certains papillomavirus pour le cancer du col de l'utérus ou l'EBV pour certains lymphomes. Mais c'est la première fois qu'un virus est retrouvé dans des cancers de la prostate.
Obtention du remboursement de certains médicaments onéreux
News 23-03-06
Récemment, les médias ont fait part du problème relatif au remboursement de deux médicaments anti-cancéreux : l'Herceptine et le Cetuximab. Pourquoi ces traitements ne sont-ils pas pris en charge par l'INAMI alors que dans d'autres pays européens ils sont remboursés ?
Sources : Belga, 20-03-06 ; La Libre Belgique, 16-03-06 ; Vers l'Avenir 17-03-06 ; La Meuse, 17-03-06 ; La Dernière Heure, 21-03-06
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Deux « affaires » ont effectivement défrayé la chronique ces dernières semaines. La première concernait une demande de remboursement anticipé pour un médicament toujours au stade d'essai clinique. Mais ce médicament y a montré de tels effets positifs qu'il semble difficile d'attendre avant d'en faire bénéficier un plus grand nombre de malades. Il s'agit de l'Herceptine, déjà utilisé dans certaines formes de cancer du sein au stade métastatique. Ce qui est nouveau, c'est que ce médicament, donné dès le début de la maladie, peut également améliorer l'efficacité du traitement. Dans cette indication, il permet de diminuer de moitié le risque de récidive. Le ministre Demotte et l'INAMI viennent d'ailleurs d'accepter de le rembourser, malgré son coût fort élevé (environ 36 000 € pour un an). Une procédure exceptionnelle sera mise en place à partir de juillet prochain car le médicament n'est pas encore enregistré pour cette indication spécifique au niveau européen.
Le second médicament qui a fait parler de lui est le Cetuximab, un traitement qui peut être proposé aux patients atteints de certaines formes de cancer du côlon ? du moins s'ils peuvent payer la facture qui s'élève à 1000 € par semaine ! Suite à la remise d'une pétition de 40 000 signatures en faveur du remboursement de ce produit, le Ministre de la Santé a annoncé l'avis positif rendu par la Commission de Remboursement des Médicaments. La procédure administrative doit maintenant être suivie et on pourrait s'attendre à une confirmation de remboursement vers le mois de juillet prochain.
Mais pourquoi cette procédure est-elle si longue ?
Pour qu'un médicament soit admis au remboursement, il faut que la firme pharmaceutique qui en détient l'enregistrement introduise une demande. Celle-ci est alors soumise à l'INAMI pour analyse scientifique, puis à la Commission de remboursement des médicaments (CRM) où sont représentés tous les acteurs de santé. La commission émet un avis sur base du bénéfice clinique et du rapport coût-efficacité du traitement. La firme peut ensuite répondre à cet avis.
Il s'agit donc d'une procédure relativement longue, qui prend au moins six mois ? Lors de son premier passage devant cette commission, le Cetuximab s'est vu refuser le remboursement à cause de son rapport coût-bénéfice-efficacité jugé défavorable par les 2/3 des votants. Aujourd'hui, une seconde demande est en cours d'examen, avec une autre analyse des coûts engendrés par le traitement.
Par ailleurs, il est difficile de comparer la situation de la Belgique à d'autres pays européens car leur approche du financement des soins de santé est parfois fort différente.
Enfin, il ne faut pas perdre de vue que tous les médicaments, même ceux qui sont très efficaces, peuvent également avoir des effets secondaires. Un accès trop rapide à de nouveaux traitements augmente le risque de conséquences indésirables, voire néfastes pour le patient.
Une procédure trop rapide se ferait au détriment de l'évaluation correcte du rapport bénéfice risque.
Inégalité dans le traitement des cancers du sein ?
News 27-02-06
Selon une étude de la Mutualité chrétienne (MC), le traitement du cancer du sein chez les patientes âgées serait entamé moins rapidement pour les formes les plus graves et serait également moins intensif. L'étude en question a été menée auprès de 20.493 femmes ayant été traitées pour un cancer du sein entre 1998 et 2003.
Sources : De Standaard, 20/02/06; Le Soir 20/02/06; Het Nieuwsblad 20/02/06; De Morgen 20/02/06; Het Volk 20/02/06.
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
Selon les normes du National Institute for Health and Clinical Excellence, le traitement doit débuter dans le mois suivant le diagnostic de cancer du sein. En Belgique, ces normes sont respectées dans 93 % des cas. Mais l'étude de la MC révèle que parmi les patientes atteintes des formes les plus graves de ce cancer (métastases généralisées), un tiers d'entre elles doivent patienter plus d'un mois avant d'entamer leur traitement. Parmi les femmes présentant un risque accru de métastases (ganglions lymphatiques ou tissus musculaires déjà atteints), 10 à 12 % d'entre elles doivent patienter plus d'un mois avant de débuter le traitement. Un tel retard peut avoir des conséquences non seulement physiques (métastases, en l'occurrence), mais aussi psychologiques. Comme les formes les plus graves de ce cancer touchent surtout des femmes plus âgées (plus de 70 ans), on est parfois moins diligent à poser un diagnostic et à commencer un traitement. On constate par exemple que le recours à la chimiothérapie est moins fréquent à un âge plus avancé.
Pour pouvoir garantir un diagnostic et un traitement optimaux, il est indispensable d'agréer, dans notre pays, des ?cliniques du sein' satisfaisant à des critères de qualité stricts. Une proposition de loi en ce sens a d'ailleurs été déposée, notamment grâce aux efforts de notre Fondation et de l'association Europa Donna Belgium. Une brochure a en outre été publiée sous le titre ?Cliniques du sein : une absolue nécessité ?. Elle peut être commandée auprès de la Fondation en cliquant ici.
Bilan 2005 : quels progrès en cancérologie ?
News 11-02-06
Les cancers ne sont malheureusement pas en régression dans nos pays, mais certains progrès bien réels ont été réalisés et des avancées plus marquantes encore semblent à portée de main.
Source : Medi-Sphere 261, 26-01-06
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
En ce début 2006, L'American Cancer Society établit une sorte de bilan en matière de progrès réalisés en cancérologie.
Alors que le taux de décès par maladies cardiovasculaires a diminué de façon spectaculaire au cours de ces 50 dernières années aux Etats-Unis, la mortalité globale par cancer n'a pas connu une évolution aussi favorable.
Mais les Américains insistent sur les résultats encourageants obtenus par exemple dans le traitement des leucémies et des lymphomes grâce à des traitements plus ciblés (Gleevec®, Rituxan®, Velcade®).
D'autres progrès ont également été enregistrés notamment dans le développement de l'imagerie médicale. Dans ce domaine, les appareillages les plus performants peuvent actuellement repérer de minuscules tumeurs de seulement 4à 5 mm !
Les vaccins suscitent aussi bien des espoirs. Certains sont préventifs comme celui récemment testé avec succès aux Etats-Unis contre le virus HPV impliqué dans le développement de la plupart des cancers du col de l'utérus.
D'autres sont curatifs. Il s'agit dans ce cas de récolter les cellules cancéreuses du malade, puis de les manipuler afin de stimuler ensuite le système immunitaire du malade. Testé sur quelques centaines de patients, ce type de vaccin, encore aux premiers stades de développement, a démontré une activité contre des cancers aussi variés que ceux de la prostate, du rein ou de la peau (mélanome)
Bref, autant de raisons de garder espoir en matière de lutte contre le cancer et de continuer à soutenir financièrement la recherche cancérologique.
A ce propos, la Fondation lancera ce printemps une ambitieuse campagne d'appels à candidatures en recherche fondamentale et clinique.
De plus amples informations à ce sujet vous parviendront très bientôt par l'intermédiaire de ce site. Ce ne sont pas moins de 11 500 000 € qui seront ainsi mis à la disposition des chercheurs travaillant dans différentes institutions universitaires du pays !
Découverte : des cellules tueuses contre le cancer
News 04-02-06
Des chercheurs français (Institut Gustave-Roussy, Paris) ont découvert chez la souris un nouveau type de cellule immunitaire, les cellules tueuses, qui s'attaquent directement aux tissus cancéreux.
Les chercheurs de l'équipe du Professeur Laurence Zitvogel avancent l'hypothèse qu'un même type de cellules tueuses puisse également exister chez l'homme avec, à la clé, la possibilité de développer de nouvelles armes contre le cancer
Source : Belga, 31-01-06
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Un grand nombre de cellules différentes collaborent au sein du système immunitaire qui défend le corps contre les attaques extérieures (microbes, virus?) et intérieures (cellules cancéreuses). Le nouveau type de cellules immunitaires découvert par les chercheurs français appartient au groupe des cellules dendritiques. Ces dernières sont connues depuis un quart de siècle. Elles sont appelées dendritiques car elles ont des prolongements externes très fins. Situées dans la rate, le foie, le thymus, les ganglions ou la moelle osseuse, ces cellules ont pour mission d'apprendre aux lymphocytes T (un type de globules blancs producteurs d'anticorps) à défendre l'organisme contre les virus, bactéries et d'autres parasites, mais aussi contre des cellules tumorales.
Les cellules récemment découvertes, qui sont deux fois plus petites que la plupart des autres cellules dendritiques, sont appelées IKDC (pour Interferon producing Killer Dendritic Cell). Elles migrent préférentiellement vers les sites tumoraux et sont capables d'y sécréter de l'interféron gamma et de détruire ainsi directement les cellules cancéreuses. De plus, l'interféron gamma empêche la formation de nouveaux vaisseaux sanguins destinés à nourrir la tumeur ce qui provoque sa régression, puis sa destruction. Enfin, cette substance active d'autres cellules du système de défense immunitaire et aide certaines d'entre elles à reconnaître puis à détruire les cellules cancéreuses.
Plus intéressant encore, ces cellules IKDC, lorsqu'elles sont « dopées » par certains médicaments (Glivec ou Interleukine 2, par exemple) présentent une activité tumorale accrue.
Ces résultats suscitent bien entendu un vif enthousiasme au sein de la communauté scientifique. Mais attention, il faut garder à l'esprit que ces recherches n'ont été menées jusqu'à présent que sur des souris.
Il va de soi que si on pouvait mettre de telles cellules en évidence chez l'homme, cela ouvrirait de nouveaux espoirs en cancérologie (mais également dans d'autres domaines médicaux). Il ne faut donc pas mettre la charrue avant les bœufs ? et attendre les résultats des investigations qui seront menées chez l'homme.
IBt se lance dans le traitement du cancer du sein
News 04-02-06
Spécialisé jusqu'à présent dans la production d'implants radioactifs utilisés pour traiter certains cancers de la prostate, IBt (International Brachytherapy) souhaite développer d'autres applications, notamment dans le domaine des cancers du sein.
En travaillant de concert avec le département de radiothérapie-oncologie du centre hospitalier universitaire de Liège, IBt démarrera au printemps prochain une nouvelle étude multicentrique. Celle-ci portera sur l'utilisation d'une nouvelle forme d'implants radioactifs appliqués dans le traitement du cancer du sein.
Sources : l'Echo, 02-02-06 ; De Tijd, 02-02-06
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
IBt (International Brachytherapy) est une société « start-up » belge spécialisée dans la production et la commercialisation d'implants radioactifs utilisés en brachythérapie. La brachythérapie (encore appelée « curiethérapie ») est une technique qui consiste à placer des implants contenant une substance radioactive (radio-isotopes) au sein même de la tumeur ou à son contact direct. Le rayonnement émis par ces implants détruit les cellules cancéreuses dans leur voisinage immédiat. Une dose élevée de rayonnement peut ainsi être concentrée dans la tumeur avec une bonne tolérance au niveau des tissus sains.
Jusqu'il y a peu, les implants produits par IBt se limitaient au traitement de certains cancers de la prostate et utilisait des implants à base de titane.
Récemment, IBt a mis au point une nouvelle génération d'implants présentant une meilleure biocompatibilité et un coût de production largement inférieur à celui des implants en titane.
Le CHU de Liège, en collaboration avec d'autres centres médicaux européens et canadiens, souhaite tester cette nouvelle application dans le cadre du traitement de cancers du sein.
Un certain nombre de patientes atteintes d'un cancer du sein doivent suivre une radiothérapie après la tumorectomie (chirurgie limitée qui enlève la tumeur sans enlever tout le sein). Différentes alternatives existent pour délivrer la dose optimale de rayonnements mais les effets secondaires sont fréquents. Dans ce contexte, l'utilisation d'implants radioactifs pourrait apporter de considérables avantages. Le traitement pourrait se faire en une seule intervention en hôpital de jour, ce qui remplacerait plusieurs semaines de séances journalières de radiothérapie « classique ». D'autre part, la dose des implants sera délivrée plus localement, ce qui devrait aboutir à une meilleure protection des tissus sains environnants et à une diminution de la toxicité cardiaque.
Les résultats de cette étude seront donc attendus avec impatience car outre le fait qu'ils devraient améliorer le traitement radiothérapeutique, ils offriront également une meilleure qualité de vie aux patientes.
Anti-angiogenèse : une percée dans le traitement des cancers du gros intestin
News 28-01-06
Les résultats d'une recherche sur le blocage de la formation de nouveaux vaisseaux sanguins ? résultats qui permettent un allongement important de l'espérance de vie chez les patients atteints d'un cancer incurable du gros intestin ? étaient expliqués le 21 janvier dernier, dans le cadre d'un séminaire de l'UCL consacré à l'oncologie. Ces progrès sont le fruit du travail innovateur de deux professeurs belges de la KULeuven Peter Carmeliet et Eric Van Cutsem, qui ont montré comment une nouvelle génération de médicaments, en l'occurrence les inhibiteurs de l'angiogenèse, ralentit l'évolution du cancer de l'intestin et peuvent prolonger la survie des malades.
Sources : Communiqué de presse du 21-01-06 ; Top Santé, février 2006
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
L'angiogenèse est le processus de formation de nouveaux vaisseaux sanguins nécessaires notamment à la croissance et à la prolifération des tumeurs cancéreuses. Il y a plus de vingt ans déjà, certains chercheurs ontdécouvert que les cellules tumorales secrètent des substances qui se fixent sur les cellules de la paroi des vaisseaux sanguins, stimulent leur prolifération et favorisent ainsi la création de nouveaux vaisseaux. Tout se passe comme si un dialogue s'établissait entre la tumeur et son environnement pour qu'elle puisse recevoir les éléments nutritifs indispensables à sa croissance.
Depuis cette découverte, plusieurs équipes se sont lancées dans la mise au point de produits anti-angiogéniques. C'est notamment le cas des professeurs Peter Carmeliet de l'Institut interuniversitaire de biotechnologie et Eric Van Cutsem de l'Hôpital universitaire Gasthuisberg de Leuven. Leurs travaux se focalisent sur le processus d'angiogenèse et son blocage par le biais d'un nouveau médicament : l'Avastin.
Celui-ci agit sur le facteur de croissance de la paroi des vaisseaux sanguins (VEGF), un médiateur essentiel de l'angiogenèse. Bloquer l'angiogenèse empêche la tumeur de croître et de s'étendre à d'autres parties de l'organisme. Ce traitement associé à la chimiothérapie montre qu'il est désormais possible d'augmenter sensiblement l'espérance de vie des patients atteints d'un cancer du gros intestin à un stade avancé.
Etant donné que le mécanisme d'action de l' Avastin pourrait s'avérer intéressant dans le traitement d'autres tumeurs malignes, les chercheurs étudient actuellement ses effets potentiels face aux cancers du poumon, du sein, du pancréas et à certaines formes de cancers du rein notamment.
Seule ombre au tableau : le prix du traitement ! Ce médicament anti-angiogenèse est disponible depuis peu sur le marché belge mais, à la différence de la plupart des autres pays européens, l'Avastin n'est pas remboursé par notre sécurité sociale. Or, le prix d'un traitement s'élève à 2 500 € par mois. Ce prix s'explique par les nombreuses années de recherche qui ont été nécessaires pour aboutir à la mise au point de ce médicament. Mais sans remboursement, le traitement est hélas hors de portée pour la plupart des patients !
Campine : un risque accru de cancers du poumon ?
News 23-01-06
Selon une étude universitaire dont les résultats sont publiés dans la revue scientifique «The Lancet Oncology», les habitants des communes d'Overpelt, de Lommel (Limbourg) et de Balen (Anvers) courent 4 fois plus de risque que la moyenne de développer un cancer du poumon parce qu'ils résident dans une zone fortement polluée par du cadmium. En cause : les activités du groupe Umicore, anciennement « Union Minière ».
Sources : Belga, 16-01-06 ; La Libre Belgique, 16-01-06 ; Vers l'Avenir, 17-01-06 ;La Meuse,17-01-06 ; Het Volk, 17-01-06 ; Het Belang van Limburg, 14-01-06, 16-01-06 & 17-01-06 ; Het Laatste Nieuws, 16-01-06 ; Gazet van Antwerpen, 14-01-06 ; De Tijd, 16-01-06; De Morgen, 16-01-06, etc.
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Cette étude a été menée conjointement par la KULeuven, l'UCL et l'Université d'Hasselt. Les auteurs expliquent avoir mesuré la concentration urinaire de cadmium chez des personnes résidant à proximité de trois fonderies de métaux non ferreux et chez des personnes où l'exposition environnementale au cadmium était au contraire faible. L'incidence des cancers chez ces personnes a ensuite été suivie pendant 15 à 20 ans. A l'issue de ce suivi, les auteurs ont recensé 50 cas de cancers mortels (dont 18 cancers pulmonaires) et 20 cas de cancers non mortel (dont un cancer du poumon).
Le lien entre l'exposition au cadmium et le risque de cancer est connu depuis un demi siècle. Or, Umicore (ex-Union Minière) a fait jusqu'il y a peu un usage intensif du cadmium, un métal lourd utilisé dans l'industrie du zinc.
Ce n'est cependant qu'en 2002 qu'Umicore arrête sa production en Belgique ? et signe un accord avec la région flamande pour l'assainissement de ses sites. Mais est-ce suffisant ? Probablement pas car ce sont au total 250 km2 qui sont pollués. Et lorsqu'on sait qu'il faudrait enlever la terre polluée autour de ces sites sur une profondeur de 30 à 50 cm, on imagine que la dépollution ne sera pas terminée d'ici quelques mois.
Toujours est-il que la publication de l'étude mentionnée ci-dessus a poussé les autorités flamandes à prendre des mesures pour accélérer les procédures d'assainissement et débloquer les fonds nécessaires à sa réalisation.
D'ici là, il est conseillé aux personnes vivant à proximité des sites pollués de ne pas manger les produits de leur potager (ou du moins de laver les légumes), d'aérer au maximum les logements, d'éviter le nettoyage de leur maison à l'aspirateur mais de privilégier le nettoyage à l'eau ! Faute de mieux?
Les gauchères plus exposées au risque de cancer du sein ?
News 09-01-06
Selon les résultats d'une étude menée par le Centre Médical d'Utrecht et publiés dans le British Medical Journal, les gauchères auraient 40 % de risque supplémentaire que les droitières d'être atteintes d'un cancer du sein.
Sources : Belga, 02-01-06 ; Metro, 03-01-06 ; La Dernière Heure, 03-01-06 ; La Meuse, 03-01-06 ; Het Laatste Nieuws, 03-01-06 ; La Libre Belgique, 03-01-06 ; Vers l'Avenir, 03-01-06 ; Het Volk, 03-01-06
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Comme divers épidémiologistes avaient remarqué que les gauchères développaient plus souvent un cancer du sein que les droitières, des chercheurs de l'Université d'Utrecht (Pays-Bas) ont demandé à un grand nombre de patientes qui avaient été traitées pour un cancer du sein si elles étaient gauchères ou droitières. Ils ont ainsi étudié les cas de plus de 12 000 femmes nées entre 1932 et 1941 et ont montré que le cancer du sein serait 2,41 fois plus fréquent chez les gauchères que chez les droitières. Ce résultat tient compte des autres facteurs de risque connus pour ce type de cancer tels que le poids, le tabac, la prédisposition génétique ou le statut socioprofessionnel, par exemple.
Ces résultats laissent de nombreux experts sceptiques. Le Professeur Hans Wildiers de la KULeuven explique notamment que cela ne signifie pas qu'il y ait un lien de cause à effet entre le fait d'être gauchère et le développement d'un cancer du sein. L'explication n'est pas encore connue mais il n'est pas exclu que l'exposition à certaines hormones (oestrogènes notamment) avant la naissance puisse jouer un rôle dans le risque de développement de la maladie mais aussi dans le fait d'être gauchère. D'autres études s'avèrent toutefois nécessaires pour tester cette hypothèse.
Cette information ne modifie en aucun cas nos conseils en matière de dépistage du cancer du sein. Nous rappelons en effet que toutes les femmes âgées de 50 à 69 ans devraient se soumettre tous les deux ans au dépistage mammographique (mammotest). Pour en savoir plus à ce sujet, vous pouvez consulter notre rubrique « Infos médicales » / « Comprendre la maladie et les traitements » / « Dépistage et diagnostic précoce » ou appeler gratuitement et de manière anonyme le CancerPhone au 0800 15 801.
Angiogenèse : des recherches en plein essor
News 06-01-06
Les travaux de Peter Carmeliet, chercheur en Biologie moléculaire à la KULeuven autorisent une percée déterminante dans le domaine du système vasculaire. Le magazine scientifique Nature parle à ce propos d'une « recherche scientifique qui va modifier le visage des médicaments ».
Sources : Le Soir, 16-12-05 ; De Morgen, 16-12-05
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Les recherches axées sur l'angiogenèse, c'est-à-dire la formation de nouveaux vaisseaux sanguins, ne sont pas neuves. De nombreux chercheurs y travaillent depuis la fin des années 1970. Leurs travaux ont notamment abouti à la mise au point de nouveaux médicaments en cancérologie. Le principe d'action de ces derniers consiste à entraver le développement des vaisseaux sanguins qui alimentent une tumeur cancéreuse en oxygène et en nutriments par exemple.
Aujourd'hui, d'autres applications peuvent être envisagées, parfois même avec une stratégie opposée. Dans le cas de cardiopathies ischémiques (infarctus, par exemple), les problèmes surviennent lorsque les tissus des organes atteints sont privés d'oxygène. Le but serait alors de stimuler l'angiogenèse c'est-à-dire provoquer la formation de nouveaux vaisseaux sanguins autour du vaisseau endommagé, obstrué par un caillot sanguin.
Un autre champ d'application concernerait la sclérose latérale amyotrophique, une maladie dégénérative des nerfs. Les découvertes issues des travaux du Dr Carmeliet révèlent que les vaisseaux sanguins, à l'instar des nerfs, trouvent leurs chemin jusqu'à des organes cibles grâce à des signaux similaires.
Mais ne mettons pas la charrue avant les bœufs. Ces découvertes ouvrent certainement de nouveaux horizons dans le traitement de diverses maladies mais ces résultats devront préalablement être validés par des études cliniques rigoureuses et menées à large échelle. Si celles-ci s'avèrent concluantes, il faudra encore attendre quelques années avant de voir apparaître de nouveaux médicaments sur le marché pharmaceutique.