-Risque de cancer infantile à proximité de centrales nucléaires ? News 14-12-07
-GSM & cancer : une nouvelle étude relance le débat News 11-12-07
-Le travail de nuit classé comme cancérogène probable News 08-12-07
-Cancer du poumon : sa carte génomique ouvre de nouvelles perspectives ! News 14-11-07
-Amélioration des traitements anti-angiogenèse en vue ! News 13-11-07
-Un Livre Blanc contre le Cancer News 27-10-07
--Cancers de la prostate et HIFU News 01-10-07
-La pilule n’augmenterait pas le risque global de cancer News 15-09-07
-Le Fonds amiante est opérationnel News 04-09-07
-Cliniques du sein: quoi de neuf ? News 03-09-07
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-Cancer du rectum et radiothérapie News 09-08-07
-Une avancée dans le traitement du mélanome en Belgique News 08-08-07
-Lien confirmé entre alcool et cancers du gros intestin News 06-08-07
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Risque de cancer infantile à proximité de centrales nucléaires ?
News 14-12-07
Une étude réalisée par l'Office fédéral de protection contre les radiations en Allemagne révèle que les enfants de moins de cinq ans, résidant à proximité immédiate d'une centrale nucléaire, courent un risque statistiquement plus élevé de souffrir d'un cancer et tout particulièrement de leucémie.
Cependant, le ministre allemand de l'Environnement précise que dans l'état actuel des connaissances scientifiques, cette hausse ne peut s'expliquer par l'exposition aux radiations émises par un réacteur nucléaire, celles-ci étant inférieures à la radioactivité naturelle.
Sources : Gazet van Antwerpen, 10-12-07 ; Vers l'Avenir, 10-12-07 ; Metro, 10-12-07
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Cette étude présente les résultats d'une recherche effectuée aux environs de 16 centrales nucléaires allemandes, auprès de quelque 6000 enfants au cours de la période 1980-2003. Les chercheurs de l'Université de Mayence ont comparé le nombre de cancers recensés dans les zones proches des centrales avec le nombre d'enfants sains vivant dans ces mêmes zones, et avec la fréquence des cancers infantiles au niveau national. La distance entre le lieu d'habitation et la centrale nucléaire la plus proche a été déterminée pour tous avec une grande précision.
Les chercheurs ont montré que dans un périmètre de 5 km autour de ces centrales, 37 enfants avaient développé une leucémie. Le nombre de cas de leucémies dans un groupe comparable d'enfants vivant loin d'une centrale nucléaire était de seulement 17.
Ces chiffres doivent toutefois être analysés avec prudence au vu du faible nombre de cas observés (ce qui complique l'interprétation statistique du phénomène) et en raison de l'absence d'informations quant aux autres facteurs de risque possibles (l'enquête ne mentionnait pas de données relatives au mode de vie)
Par ailleurs, les auteurs de l'étude rappellent qu'en Allemagne la dose d'irradiation annuelle par l'air d'une personne habitant à cinq kilomètres d'une centrale nucléaire se situe entre 0,0000019 et 0,00032 mSv (millisievert), ce qui est beaucoup moins que la valeur limite admise de 0,3mSv par an. Cette exposition serait également largement inférieure à l'exposition moyenne aux radiations naturelles évaluée à1,4 mSv environ par an. Cette exposition naturelle est due notamment à certaines roches de la croûte terrestre (qui produisent un gaz radioactif : le radon) ainsi qu'aux radiations provenant de l'espace. Enfin, à l'irradiation naturelle peut encore venir s'ajouter une dose d'irradiation moyenne de 1,2 mSv issue de sources artificielles (via l'imagerie médicale : radiographie, scanner, etc.).
La dose d'irradiation à proximité d'une centrale nucléaire est donc très faible (sauf accident nucléaire bien sûr !). Des contrôles rigoureux doivent être maintenus à cet égard et des recherches plus poussées s'avèreront certainement nécessaires pour mieux comprendre l'origine de cet excès de cancers constatés chez l'enfant.
GSM & cancer : une nouvelle étude relance le débat
News 11-12-07
Une nouvelle étude publiée dans l'American Journal of Epidemiology de ce mois de décembre relance le débat quant à la nocivité éventuelle des GSM. En effet, des chercheurs israéliens ont montré que le risque de développement d'un cancer des glandes salivaires serait de 50 % plus élevé auprès des utilisateurs fréquents de GSM.
Source : American Journal of Epidemiology, 06-12-07
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
L'équipe du Docteur Sadetski du Centre Médical Tel Hashomer de Tel Aviv (Israël) s'est penchée sur 402 tumeurs bénignes des glandes salivaires et 58 tumeurs malignes diagnostiquées chez des adultes israéliens de plus de 18 ans entre 2000 et 2003. Interrogés sur leurs habitudes téléphoniques, ils ont vu leurs résultats comparés à ceux de personnes en bonne santé (1266 individus).
Les auteurs de l'étude ont ainsi relevé une association entre l'utilisation des téléphones cellulaires et le développement de tumeurs des glandes salivaires. Plus l'usage du téléphone est prolongé, plus le risque paraît important. Ce risque serait augmenté de 50 % chez les personnes utilisant leur GSM plus de 22 heures par mois. Autre point mis en évidence : l'exposition semble plus dangereuse en milieu rural (où les appareils fonctionnent à pleine puissance pour se connecter au réseau) qu'en milieu urbain.
Le hic c'est que d'autres études, tout aussi sérieuses, montrent qu'il n'y a aucun risque de développement de cancer lors de l'utilisation du GSM ! C'est notamment le cas de l'étude suédoise publiée l'année dernière et menée auprès de 420 000 utilisateurs de GSM, y compris 52 000 qui les utilisaient depuis plus de 10 ans et certains autres depuis plus de 20 ans !
Comment s'y retrouver et surtout quel comportement adopter face à ces résultats contradictoires ? Les études épidémiologiques, cellulaires et animales se succèdent ? mais aucune conclusion définitive n'est établie à ce jour.
N'étant pas en mesure de trancher dans ce difficile débat, il nous semble toutefois que la prudence et le bon sens restent de mise !!! Apprenons à utiliser le GSM de manière correcte : conversations courtes, pas d'appel dans un véhicule en mouvement (la puissance émise par le GSM pour trouver l'antenne relais la plus proche étant alors très importante), éviter de mettre le téléphone près de l'oreille au moment où l'on compose un numéro et éviter l'utilisation du GSM chez les enfants.
Le travail de nuit classé comme cancérogène probable
News 08-12-07
Le travail de nuit, qui concernerait 20% des travailleurs des pays développés (Europe, Etats-Unis), vient d'être classé comme « probablement cancérogène » par le Centre international de recherche sur le cancer (IARC/CIRC), la branche « cancer » de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
Sources : Belga, 30-11-07 ; Het Laatste Nieuws, 01-12-07;Gazet van Antwerpen, 01-12-07; Het Nieuwsblad, 01-12-07; Het Belang van Limburg, 01-12-07;Le Soir, 01-12-07 ; De Standaard, 01-12-07; L'Echo, 04-12-0.
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
L'agence spécialisée de l'OMS pour le cancer, basée à Lyon, vient de publier les résultats d'une évaluation des études axées sur le lien entre travail de nuit et cancer dans la revue britannique « The Lancet Oncology ».
Cette analyse indique qu'à long terme le travail de nuit posté, c'est-à-dire avec des alternances irrégulières de périodes de travail jour-nuit, perturbe l'horloge biologique interne. Cette perturbation se traduit par une interruption ou une importante diminution d'une hormone, la mélatonine, laquelle est normalement produite la nuit en l'absence de lumière. Cette suppression de la mélatonine favoriserait le développement des tumeurs et l'altération du rythme veille-sommeil, ce qui pourrait déréguler des gènes impliqués dans le développement des tumeurs.
Une augmentation du risque de cancer du sein a notamment été constatée chez des infirmières de nuit et des hôtesses de l'air. Bien que modeste, cette augmentation semble réelle et corrobore des études réalisées il y a plusieurs années sur des animaux de laboratoire. Cependant, des biais d'interprétation ne peuvent être totalement écartés, comme par exemple l'influence des rayons cosmiques chez le personnel navigant de l'aviation ce (l'exposition au rayonnement naturel produit par le soleil et les étoiles augmente en effet avec l'altitude). De même, une augmentation de risque pourrait également être liée à une meilleure surveillance de la santé chez ces groupes de travailleurs. Une attention particulière devrait également être portée sur l'analyse de l'indice de masse corporelle chez les femmes, lequel semble également favoriser le risque de cancers.
Il n'est donc pas évident d'établir un lien direct entre le travail de nuit et le risque de cancer car celui-ci peut être influencé par bien d'autres facteurs. Des études complémentaires seront donc nécessaires pour examiner ce risque potentiel dans d'autres professions (les chauffeurs de taxis par exemple) et pour d'autres cancers.
Cancer du poumon : sa carte génomique ouvre de nouvelles perspectives !
News 14-11-07
Des chercheurs américains viennent de décrypter la carte génomique du cancer du poumon. Ils ont ainsi pu identifier une cinquantaine d'anomalies génétiques après avoir analysé l'ADN de plus de 500 tumeurs pulmonaires. Ce travail ouvre la voie à l'élaboration de nouvelles stratégies pour le diagnostic et le traitement de cette maladie particulièrement fréquente.
Sources : Belga, 04-11-07 ; Le Soir, 05-11-07 ; La Dernière Heure, 06-11-07.
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Comme la plupart des cancers, les tumeurs pulmonaires se développent suite à des changements qui surviennent au sein même du génome (ADN) des cellules. Mais ces changements et leurs conséquences biologiques restent encore largement inconnus.
Dans ce contexte, les chercheurs du Broad Institute, dépendant de l'université d'Harvard et du Massachusetts Institute of Technology (Etats-Unis), ont analysé l'ADN de 528 tumeurs du poumon. Ils y ont mis en évidence un certain nombre d'anomalies qui étaient responsables de duplications ou, au contraire, de délétions (disparitions) de certaines parties du génome dans les cellules cancéreuses pulmonaires. Ils ont notamment identifié une altération d'un gène bien spécifique (NKX2-1) retrouvé dans 30 % des cancers du poumon (adénocarcinomes pulmonaires).
Ces analyses aboutissent à une image sans précédent du génome du cancer du poumon, selon les dires d'un des auteurs de l'étude. Ces découvertes devraient ouvrir la voie à l'élaboration de nouvelles stratégies diagnostiques et thérapeutiques mieux ciblées. En effet, l'identification d'altérations génétiques spécifiques au cancer du poumon pourrait conduire à la mise au point d'un diagnostic précoce, voire même d'un diagnostic prédictif permettant de mieux cibler les patients devant recevoir tel ou tel traitement. A plus long terme, la compréhension des mécanismes biologiques mis en jeu par l?altération de ces gènes pourrait aboutir à l'élaboration de nouveaux traitements plus ciblés.
Rappelons que les cancers du poumon constituent la première cause de mortalité par cancer dans le monde, avec plus d'un million de décès par an. En Belgique, près de 6 000 nouveaux cas de cancers du poumon sont enregistrés chaque année.
Amélioration des traitements anti-angiogenèse en vue !
News 13-11-07
Des chercheurs de la Katholieke Universiteit Leuven viennent de publier les résultats de leurs derniers travaux en matière de traitement anti-angiogenèse. En utilisant des anticorps anti-PIGF (facteur de croissance impliqué dans le développement de vaisseaux sanguins), ils sont parvenus à freiner la croissance de tumeurs chez des souris de laboratoire sans endommager les cellules saines et sans effets secondaires. Face à ces résultats encourageants, les firmes de biotechnologie Thrombogenics et BioInvent vont lancer la première phase des essais cliniques à la fin de cette année.
Sources : Aarstenkrant, 06-11-07; Le Soir, 03-11-07; De Tijd, 03-11-07; L'Echo, 03-11-07; De Standaard, 03-11-07; Het Laatste Nieuws, 02-11-07; De Morgen, 02-11-07; La Dernière Heure, 02-11-07; Het Nieuwsblad 02-11-07; Vers l'Avenir, 02-11-07; Het Belang van Limburg, 02-11-07; Belga, 01-11-07.
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
Depuis plusieurs années, diverses équipes de recherche travaillent à la mise au point d'une nouvelle génération de médicaments : les inhibiteurs de l'angiogenèse (également appelées médicaments anti-angiogenèse).
Rappelons que l'angiogenèse est le processus de formation de nouveaux vaisseaux sanguins nécessaires notamment à la croissance et à la prolifération des tumeurs cancéreuses. Les médicaments anti-angiogenèse visent à inhiber la croissance des tumeurs tout en permettant une plus grande efficacité de la chimiothérapie. En effet, si ces nouveaux médicaments freinent le développement des vaisseaux sanguins tumoraux, ils assurent aussi une réorganisation des vaisseaux existant à l'intérieur des tumeurs, permettant dès lors aux chimiothérapies d'agir plus efficacement.
Dans ce domaine, l'équipe du Professeur Carmeliet de la KULeuven fut l'une de celle qui obtint les premiers résultats cliniques avec l'utilisation d'anticorps anti-VEGF chez des patients atteints de cancer colorectal. On sait aujourd'hui que ces derniers, bien qu'efficaces, ne sont toutefois pas dénués d'effets secondaires (ils provoquent notamment d'importantes éruptions cutanées de type acné). Aussi, les études se sont poursuivies pour tester l'efficacité d'anticorps dirigés contre d'autres médiateurs de l'angiogenèse, tels les anti-PIGF. Chez l'animal, ceux-ci présentent une excellente efficacité anti-tumorale tout en étant dénués d'effets secondaires notables. Un autre avantage a également été mis en évidence. En effet, ces nouveaux anticorps semblent agir uniquement sur les vaisseaux sanguins tumoraux et non sur le fœtus en développement. Ce qui laisserait présager une utilisation potentielle chez les femmes enceintes et chez les jeunes enfants atteints de cancers.
Les premiers essais cliniques axés sur l'utilisation des anticorps anti-PIGF, combinés aux chimiothérapies classiques, devraient débuter dès la fin de cette année. Inutile de préciser que les premiers résultats de ces essais sont attendus avec impatience !
Un Livre Blanc contre le Cancer
News 27-10-07
Nos experts belges ont décidé de soutenir un « livre blanc » dressant l'état des lieux de la prise en charge des cancers en Belgique. Ce livre Blanc formule des recommandations pour une gestion mieux structurée et une vision à long terme de la cancérologie dans notre pays, en insistant particulièrement sur le financement de la recherche et la prévention du cancer.
Sources : Bronnen: Belga, 05-10-07 ; Vers l'Avenir, 06-10-07; Hey Nieuwsblad, 06-10-07 ; De Morgen, 06-10-07 ; Le Soir, 06-10-07 & 08-10-07 ; L'Echo, 06-10-07; La Libre Belgique, 06-10-07 ; Le Journal du Médecin, 09-10-07 ; Artsenkrant 12-10-07
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
La Fondation salue l'initiative d'attirer l'attention sur le fait que la Belgique a besoin d'un plan structuré et d'une vision à long terme pour garantir le maintien de la qualité des soins en oncologie.
En effet, l'oncologie se situe aujourd'hui dans une situation historique unique qui se caractérise par une augmentation de l'incidence (nombre de nouveaux cas par an), une croissance des taux de survie (avec une évolution de la maladie vers la chronicité), un vieillissement de la population et une explosion de l'innovation sur le plan technique et thérapeutique.
Les cosignataires du « livres blanc » concluent, comme beaucoup avant eux, qu'une augmentation des budgets consacrés au cancer s'impose, de même que la mise en place de mesures concrètes dans les 5 à 10 ans.
Il y a longtemps que la Fondation contre le Cancer milite en faveur d'un plan cancer en Belgique. Comme représentants des intérêts des patients, à la fois en ce qui concerne l'accès à des traitements multidisciplinaires performants, mais aussi la qualité de vie pendant et après la maladie, sans oublier la prévention ni la recherche scientifique, la Fondation tient tout particulièrement à ce qu'aucun aspect de la problématique « cancer » ne soit passé sous silence.
Or, à cet égard, la Fondation souhaite attirer l'attention sur ce qu'elle perçoit comme deux défauts importants du « Livre Blanc ».
D'une part, cet ouvrage reflète la seule opinion d'internistes, oncologues médicaux ou hématologues, à l'exclusion de toute autre spécialité, alors même que l'abord de la problématique du cancer requiert aujourd'hui une expertise multidisciplinaire. A titre d'exemple, aucun spécialiste de santé publique ou de prévention, aucun chirurgien ou radiothérapeute etc. ne figure parmi les cosignataires.
En revanche, les retards à l'enregistrement des nouveaux médicaments, regrettables en soi, et les conditions restrictives de leur remboursement sont longuement abordés et illustrent le danger de manque d'objectivité lié au fait qu'il s'agit d'une initiative de l'industrie pharmaceutique. La Fondation contre le Cancer collabore souvent avec les laboratoires pharmaceutiques et apprécie leur rôle dans la lutte contre le cancer. Toutefois, rien que la suspicion de manque d'objectivité suffit à mettre en doute certains propos et recommandations présentés dans le Livre Blanc.
La Fondation demande dès lors que toute discussion ultérieure relative à la mise en oeuvre d'un plan cancer belge s'organise autour d'une large consultation de tous les acteurs spécialisés. La sélection impartiale des interlocuteurs appropriés devrait être opérée par des structures universitaires indépendantes et des sociétés savantes pertinentes.
Enfin, ce processus ne peut se concevoir sans que le monde associatif concerné, telle la Fondation contre le Cancer, porte-parole naturel des malades et de leur famille, soit également consulté.
Cancers de la prostate et HIFU
News 01-10-07
Un traitement utilisant des ultrasons ciblés et de haute intensité (HIFU ou High Intensity Focused Ultrasound) semble donner de bons résultats contre certaines formes de cancers de la prostate. C'est la conclusion du docteur C. D'hondt, urologue (ZNA Middelheim-Antwerpen), qui a utilisé cette méthode pour traiter plus de 500 patients.
Sources: Artsenkrant, 18-09-07 ; Gazet van Antwerpen, 19-09-07; Het Belang van Limburg, 19-09-07
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
Le traitement par HIFU consiste à élever la température (de 85° à 95° C) du tissu prostatique au moyen d'une sonde introduite dans le rectum, de telle sorte que les cellules cancéreuses soient détruites.
Cette technique est peu invasive et relativement peu coûteuse. Dans un cas sur trois à peu près, les fonctions et la puissance sexuelles sont sauvegardées. Une incontinence urinaire ne se manifeste que très rarement (moins de 2% des cas).
Mais tous les hommes souffrant d'un cancer de la prostate ne peuvent cependant pas bénéficier de ce traitement. En effet, le cancer ne peut pas être trop étendu (ni atteinte des ganglions lymphatiques, ni métastases).
Un autre avantage de cette approche est que le traitement peut être répété en cas de récidive locale, et que, toujours en cas de récidive locale, il offre une seconde chance aux patients après une première intervention locale, comme une ablation chirurgicale de la prostate ou une radiothérapie externe ou interne.
Cette méthode est donc promise à un bel avenir et mérite sa place dans l'arsenal des moyens utilisés contre les cancers de la prostate, à côté d'autres méthodes telles la chirurgie, la radiothérapie (externe ou brachythérapie) et l'hormonothérapie. Il convient d'évaluer chaque patient individuellement afin de pouvoir décider du choix de la méthode qui sera la plus indiquée pour lui.
La pilule n'augmenterait pas le risque global de cancer
News 15-09-07
La pilule contraceptive ne serait pas associée à un risque global de cancer et pourrait même entraîner une réduction du risque allant de 3 à 12 % pour les femmes ayant pris la pilule par rapport à celles ne l'ayant jamais avalée, selon une étude publiée par des chercheurs de l'Université d'Aberdeen (Royaume Uni) dans la revue scientifique, le British Medical Journal (BMJ).
Sources : Belga, 12-09-07 ; De Standaard, 13-09-07 ; Le Soir, 13-09-07 ; De Morgen, 13-09-07 ; Het Nieuwsblad, 13-09-07 ; Vers l'Avenir, 13-09-07
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
On savait que les contraceptifs oraux étaient associés à un risque accru de certains cancers et à une réduction du risque pour d'autres, mais il manquait un bilan global. C'est ce qu'a voulu réaliser une équipe de chercheurs de l'Université d'Aberdeen au Royaume Uni.
L'étude a été entamée en 1968 auprès de 46 000 femmes britanniques alors âgées de 29 ans en moyenne, dont environ 23 000 ont pris des contraceptifs oraux pendant moins de quatre ans en moyenne, alors que l'autre groupe de femmes n'en a jamais pris. Les résultats obtenus indiquent que les bénéfices (en terme de cas de cancers) associés à la contraception orale dépassent les risques. La réduction de risque est significative notamment pour les cancers du côlon et du rectum, de l'endomètre (corps de l'utérus) et des ovaires. Pour ces deux derniers types de cancers, le bénéfice se maintiendrait plusieurs années après l'arrêt de la pilule.
Notons cependant que le constat n'est pas le même pour les femmes ayant utilisé des contraceptifs oraux pendant plus de huit ans (soit approximativement un quart des utilisatrices de la pilule contraceptive dans cette étude). Chez elles, le risque de cancer est légèrement accru, notamment pour les cancers du col de l'utérus, du système nerveux central et de l'hypophyse. Une réduction significative du risque est cependant mise en évidence face au cancer de l'ovaire.
Dès lors, même si les résultats globaux de cette étude s'avèrent rassurants pour les femmes qui ont utilisés la pilule pendant moins de 8 ans, la situation semble plus complexe pour les utilisatrices à plus long terme. Rappelons également que les pilules contraceptives qui contiennent des œstrogènes (hormones féminines) peuvent augmenter le risque de formation de caillots sanguins. C'est notamment le cas chez les femmes qui fument ou qui souffrent d'hypertension artérielle, raison pour laquelle leur médecin leur conseillera bien souvent un autre mode de contraception.
Par ailleurs, au cours de cette étude, les chercheurs ont pris en compte l'âge, le tabagisme, le nombre d'enfants et le niveau social des participantes. Toutefois, il apparaît clairement que la composition des pilules contraceptives a été largement modifiée ces 15 dernières années, ce qui pourrait avoir un impact différent sur le risque de cancer.
La pilule contraceptive a déjà fait couler beaucoup d'encre dans les revues scientifiques et médicales, depuis son introduction au début des années 1960. Mais de nouvelles études devront encore être menées pour évaluer notamment le risque de cancer associé aux pilules mises sur le marché au cours de la dernière décennie par exemple. Le débat est encore loin d'être clos !
Le Fonds amiante est opérationnel
News 04-09-07
Depuis le 1er avril 2007, les victimes de mésothéliome (un cancer typiquement lié à l'amiante) ou d'asbestose (une affection chronique des poumons comparables à la silicose des mineurs) peuvent introduire une demande d'intervention spéciale du Fonds amiante. Le nouveau Fonds amiante (AFA) a pour vocation d'indemniser toutes les victimes de l'amiante, aussi bien professionnelles que non professionnelles.
Ce fonds est alimenté par le pouvoir fédéral et par une cotisation patronale spéciale. Il n'est pas à charge de la sécurité sociale et est géré par le Fonds des maladies professionnelles.
Sources : Ondernemers Leuven, 01-08-07
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Depuis le 1er avril 2007, il est désormais possible d'obtenir une réparation si l'on a contracté une maladie en raison d'une exposition à l'amiante (voir news du 13-03-07). Il faut toutefois remplir quelques conditions précises. Ainsi, l'AFA peut uniquement verser des indemnités aux victimes de mésothéliome ou d'asbestose (ou épaississements pleuraux bilatéraux diffus). Ces deux maladies graves peuvent uniquement être contractées suite à une exposition à l'amiante. En cas de décès de la victime, l'AFA versera une indemnité aux éventuels ayants droit.
L'AFA a été créée au sein du Fonds des maladies professionnelles. En effet, les agents de cette institution disposent déjà de l'expérience et des connaissances nécessaires pour la bonne réalisation de cette nouvelle mission et l'application correcte de la législation. Depuis la fin du mois de juin dernier, une enveloppe d'environ 8 millions d'euros lui a été attribuée afin de remplir leur mission. Ces moyens financiers seront prélevés en 2007 au produit de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). Il est cependant prévu que d'autres sources assurent son financement. Outre la part du fédéral, que le Conseil des Ministres a décidé d'attribuer annuellement au Fonds amiante et qui s'élève à 10 millions d'euros, une cotisation à charge de certaines catégories d'employeurs, et redevable depuis le 1er avril 2007, lui sera consacrée. Par ailleurs, la gestion financière globale dans le statut social des travailleurs indépendants participera également à son financement. Pour cette année, cette participation s'élèvera à 750 000 euros.
Les victimes qui seront indemnisées par ce Fonds bénéficieront d'une rente mensuelle. Celle-ci sera forfaitaire pour les personnes atteintes de mésothéliome, et liée à un pourcentage d'incapacité physique pour celles qui souffrent d'asbestose. Les ayants droit d'une victime décédée percevront pour leur part d'un capital dont le montant variera en fonction de divers critères.
Si vous souhaitez des informations complémentaires relatives au Fonds amiante, nous vous invitons à consulter le site : www.fmp-fbz.fgov.be, rubrique « Fonds amiante AFA Belgique ».
Cliniques du sein: quoi de neuf ?
News 03-09-07
Le Centre Fédéral d'Expertise des soins de santé (KCE) vient de publier les résultats d'une étude axée sur la prise en charge multidisciplinaire du cancer du sein. Leurs recommandations confortent la décision de créer des cliniques du sein dans les hôpitaux. Celles-ci devront répondre à des normes strictes d'agrément pour être considérées comme centres de références. Selon ces critères, seule une trentaine d'hôpitaux respecteraient actuellement les nouvelles conditions légales.
Sources : Belga, 13-08-07 ; Le Soir, 14-08-07 ; La Libre Belgique, 14-08-07 ; Het Laatste Nieuws, 14-08-07 ; Vers l'Avenir, 14-08-07 ; La Dernière Heure, 14-08-07 ; De Morgen, 14-08-07 ; Le Journal du Médecin, 17-08-07 ; Métro 24-08-07
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
L'arrêté royal du 20 juillet dernier précise le cadre des nouvelles normes d'agrément des cliniques du sein en fixant un seuil d'activité obligatoire : traiter au moins 100 nouveaux cas de cancer du sein par an pendant les deux premières années, puis 150 par an dès le troisième exercice. Il impose également un encadrement médical : au moins deux spécialistes en chirurgie ou en gynécologie obstétrique qui doivent effectuer, annuellement, au moins 50 interventions de chirurgie du cancer du sein ; au moins deux spécialistes en radiodiagnostic effectuant minimum 1000 lectures ou relectures de mammographie par an ; au moins un spécialiste en anatomopathologie ; au minimum un spécialiste en chirurgie plastique, ainsi qu'au moins un psychologue à mi-temps attaché à la clinique en vue de veiller efficacement au soutien psychologique des patientes.
L'objectif de ces nouvelles normes est d'assurer une prise en charge multidisciplinaire du cancer du sein. L'organisation de ces cliniques du sein, multidisciplinaires et intégrées, nécessitera cependant la fusion des petits centres actuels. En effet, le coût des équipements, du personnel spécialisé et des nouveaux traitements nécessitera des regroupements si l'on veut rester à la pointe du progrès. Au terme de ces fusions, le pays devrait compter entre 40 et 50 cliniques du sein.
Rappelons que le cancer du sein est de loin le cancer le plus fréquent chez les femmes (9000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année dans notre pays). Environ une femme sur neuf risque d'être confrontée à cette maladie au cours de sa vie.
La recherche et la mise au point de nouveaux traitements avancent à grands pas. Aussi, pour assurer une information actualisée aux médecins concernés, le Collège d'oncologie du SPF Santé publique et le Centre d'expertise des soins de santé (KCE) ont rédigé à leur intention des recommandations nationales pour la prise en charge optimale du cancer du sein. Ce guideline, qui synthétise l'état actuel des connaissances et qui est soutenu par un large panel de spécialistes du cancer du sein, traite successivement du dépistage, du diagnostic, du traitement et du suivi du cancer du sein. Ce guide peut être consulté sur le site du KCE : http://www.kce.fgov.be/ (rubrique publications).
Mortalité infantile liée à la pollution environnementale
News 30-08-07
Selon un rapport de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), publié la semaine dernière, près de 4 millions d'enfants de moins de cinq ans meurent chaque année en raison de dangers liés à l'environnement tels la pollution de l'air, de l'eau ou l'exposition à des substances chimiques. Les principales maladies incriminées comprennent les intoxications, l'asthme, les infections des voies respiratoires, les troubles neurologiques et l'affaiblissement des défenses immunitaires. A plus long terme ces pathologies peuvent aboutir au développement de cancers et de maladies cardio-vasculaires.
L'Afrique est le continent le plus touché par les maladies liées à l'environnement, suivie de certaines régions du Sud-Est Asiatique. Mais l'Europe n'est pas épargnée pour autant.
Source: De Morgen, 30-07-08
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
L'impact de la pollution environnementale sur la santé des enfants est connu depuis plusieurs années déjà mais, jusqu'à présent, cette influence n'avait pas été chiffrée. C'est chose faite depuis le rapport que l'OMS a publié à la fin de ce mois de juillet.
Selon ce rapport, les enfants de moins de cinq ans représentent 10 % de la population mondiale. D'après les données récoltées, environ 30 % des affections et des décès d'enfants dus aux maladies peuvent être attribués à des risques environnementaux. Cet impact sur leur santé s'explique par le fait qu'en raison de leur faible poids corporel, ils sont plus rapidement exposés à des concentrations importantes de substances nocives et que leur organisme est moins résistant aux agressions extérieures que celui de l'adulte. Les conséquences varient aussi en fonction de leur stade de développement. Les poumons, par exemple, ne sont pas complètement développés à la naissance, ni même à l'âge de 5 ans. Certains polluants aériens peuvent donc altérer le processus de maturation, induire des troubles respiratoires aigus dans l'enfance, qui peuvent évoluer ultérieurement vers des maladies respiratoires chroniques.
Les polluants de l'air et de l'eau, les pesticides dans la nourriture, le plomb dans le sol et bien d'autres menaces environnementales qui perturbent le métabolisme délicat de l'enfant en croissance peuvent entraîner des maladies sérieuses, ou les aggraver et induire des troubles du développement. Il apparaît aussi que l'accroissement du risque de différentes pathologies observées chez l'adulte, comme certains cancers et les maladies cardiovasculaires, résulte en partie de l'exposition à divers produits chimiques au cours de l'enfance.
Les données publiées révèlent de profondes inégalités géographiques et sociales mais montrent aussi que, dans tous les pays, la réduction des risques liés à l'environnement permettrait d'améliorer la santé des citoyens.
Dans son Programme, l'Union européenne accorde d'ailleurs une place importante à la question de l'impact de l'environnement sur la santé des enfants. Les niveaux de risque les plus faibles sont constatés dans les pays du Nord et de l'Ouest, tandis que des niveaux élevés sont signalés pour certains pays d'Europe orientale. « Les variations significatives de la charge de morbidité d'un pays à l'autre démontrent la nature potentiellement évitable de beaucoup de ces menaces. Cela nous donne de l'espoir et un défi pour l'avenir », déclare le Dr Marc Danzon, directeur régional de l'OMS pour l'Europe.
Cette étude a été entreprise par un groupe consultatif réunissant 24 experts scientifiques de 18 pays qui ont apporté leurs connaissances, leur expertise, leurs conseils et qui ont veillé à l'exactitude scientifique et à l'objectivité des données. Pour de plus amples informations à propos de cette étude, vous pouvez contacter Madame Nada Osseiran via l'adresse e-mail suivante:
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Cancer du rectum et radiothérapie
News 09-08-07
L'hôpital universitaire de la VUB utilise la tomothérapie, dernière génération en date des appareils de radiothérapie, pour traiter le cancer du rectum. Cette technologie permet d'accroître l'efficacité du traitement tout en diminuant ses effets secondaires.
L'équipe du Professeur Mark De Ridder mène actuellement à l'UZ Brussel une étude clinique dans laquelle la radiothérapie est dirigée avec une grande précision vers la tumeur. Lors des séances d'irradiation, l'appareil tourne autour du patient. Au cours de chaque rotation, l'intensité du rayonnement varie continuellement de manière à ce que les tissus sains environnants soient épargnés au maximum.
L'étude est soutenue financièrement par la Fondation contre le Cancer et le Fonds scientifique W. Gepts de l'UZ Brussel.
Sources : Belga, 06-08-07 ; De Morgen, 07-08-07 ; Het Nieuwsblad, 07-08-07.
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Le traitement d'un cancer du rectum à un stade avancé nécessite souvent la combinaison d'une chimiothérapie et d'une radiothérapie avant qu'une chirurgie ne puisse être envisagée. Cette approche permet d'assurer le contrôle local tout en diminuant le risque de récidives. Or, la radiothérapie préopératoire engendre de sérieux effets secondaires chez 25 à 30 % des patients (diarrhées, brûlures de l'anus, phénomènes inflammatoires). Aussi, une nouvelle technologie a-t-elle été développée afin d'accroître l'efficacité de la radiothérapie préopératoire tout en diminuant ses effets secondaires : il s'agit de la tomothérapie.
La tomothérapie combine une radiothérapie à intensité modulé (IMRT) et une localisation tumorale très précise grâce à une fonction d'imagerie intégrée. L'appareil se présente comme un scanner : le patient est allongé sur une table mobile qui passe dans une ouverture en forme d'anneau animé d'un mouvement circulaire continu. L'anneau émet un éventail de faisceaux de rayons très minces en forme de pinceau pendant la rotation. Comme la table et l'anneau bougent en même temps, on obtient une progression hélicoïdale autour du patient. En coordonnant l'intensité des fins faisceaux de rayons avec la vitesse de rotation de l'anneau et la vitesse de déplacement de la table, il est possible de concentrer l'irradiation au niveau de la tumeur, tout en délivrant une dose minimale aux tissus sains.
L'étude clinique menée par l'équipe du Dr De Ridder a débuté en janvier 2006 et prévoit le traitement de 100 patients avant décembre 2008. Les premiers résultats sont encourageants et la plupart des patients ne développent pas d'effets secondaires significatifs (seul 1 patient sur les 47 premiers a souffert de diarrhée).
Notons que cette technologie n'est pas réservée uniquement aux tumeurs de l'intestin. Le système permet aussi d'irradier des tumeurs crâniennes et extra-crâniennes avec une précision millimétrique et même d'administrer le traitement en parfaite synchronisation avec la respiration dans le cas des tumeurs du poumon par exemple. Enfin, l'utilisation de la tomothérapie s'avère particulièrement intéressante pour traiter les tumeurs de forme complexe ou situées au voisinage immédiat d'organes extrêmement radiosensibles.
Une avancée dans le traitement du mélanome en Belgique
News 08-08-07
Des chercheurs belges (Vrije Universiteit Brussel) ont rendu publics les résultats de leurs recherches contre le mélanome, un cancer particulièrement agressif de la peau. Ils ont mis au point un vaccin basé sur l'utilisation de cellules « dendritiques » (des cellules de notre système immunitaire), modifiées en laboratoire et ré-injectées en combinaison avec d'autres médicaments. Une cinquantaine de patients ont reçu ce traitement. Un quart d'entre eux montrent des signes évidents de régression de la maladie!
Sources : Belga, 30-07-07; De Morgen, 31-07-07; Het Laatste Nieuws, 31-07-07; La Libre Belgique, 31-07-08; Le Soir, 31-07-07; Gazet Van Antwerpen, 31-07-07; Vers l'Avenir, 31-07-08
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
Grâce aux avancées de l'immunologie et de la biologie moléculaire, l'immunothérapie anticancéreuse, notamment dans le domaine du mélanome, a connu, ces dernières années, un développement important.
En Belgique, ce sujet est étudié sous différents angles par plusieurs équipes (Prof. Berneman, Prof. Coulie, Prof. Leclercq, Prof. Moser, Prof. Neyns, Prof. Thielemans, Prof. Van den Eynde, Prof Van der Bruggen, etc.) qui bénéficient d'un soutien financier de la Fondation contre le Cancer.
L'immunothérapie anticancéreuse consiste à renforcer la capacité naturelle du système immunitaire à lutter contre les tumeurs. Notre organisme possède un système de défense qui lui permet de lutter contre l'invasion d'organismes étrangers, comme les virus, les bactéries, les parasites, etc. Il dispose pour cela des macrophages, polynucléaires, cellules tueuses, lymphocytes T ou B, appelés plus communément « globules blancs ». Le problème avec les cellules cancéreuses, c'est qu'elles ne sont pas des envahisseurs étrangers introduits dans notre organisme. A l'origine, il s'agit de cellules normales, qui se cancérisent petit à petit au fil de modifications successives. De ce fait, elles sont peu ou pas identifiées par notre système de défense immunitaire. C'est pourquoi, les chercheurs se sont penchés sur différentes approches qui permettraient de
« doper » notre système de défense afin qu'il puisse détruire ces cellules cancéreuses.
Une des pistes utilisées consiste à prélever des « cellules présentatrices d'antigènes » chez le malade. Ces cellules, appelées aussi « cellules dendritiques », jouent un rôle déterminant pour mobiliser les autres cellules immunitaires contre une « cible » particulière. Le système immunitaire est alors fortement stimulé et le processus de destruction des cellules porteuses de cette « cible », en l'occurrence les cellules cancéreuses, s'enclenche.
Grâce aux progrès réalisés dans ce domaine, des résultats encourageants ont été obtenus à la VUB auprès de patients atteints d'un mélanome à un stade avancé. La première phase de cet essai clinique n'incluait qu'une cinquantaine de personnes. Au vu des résultats encourageants obtenus (et présentés lors du récent congrès de l'American Society for Clinical Oncology), l'étude va désormais pouvoir être menée à plus large échelle.
Lien confirmé entre alcool et cancers du gros intestin
News 06-08-07
Plus on boit d'alcool, plus le risque de développer un cancer du gros intestin augmente. Deux verres d'alcool par jour augmenteraient déjà le risque de 10%, trois ou quatre consommations provoqueraient une hausse de 25%. C'est une des conclusions de l'EPIC, l'European Prospective Investigation into Cancer and Nutrition. Cette étude analyse la relation entre l'alimentation et l'apparition de cancers auprès de plus d'un demi million d'Européens, issus de 10 pays différents.
Sources : Belga, 31-07-07 ; La Dernière Heure, 01-08-07 ; Vers l'Avenir, 01-08-07.
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
Dans ses recommandations, la Fondation se base toujours sur des directives valables tant sur le plan national qu'international. D'après ces données, la consommation de moins de 3 verres d'alcool par jour pour les hommes (jusque 65 ans), et de moins de deux verres pour les femmes et les hommes de plus de 65 ans, ne nuirait pas à la santé, à quelques exceptions près. Le risque de développer un cancer du gros intestin augmenterait effectivement pour ceux qui dépassent ces quantités.
Mais faut-il pour autant remettre en question les recommandations relatives à une consommation raisonnable? Pas pour l'instant. Aussi étrange que cela puisse paraître, les résultats de l'étude mentionnée ici semblent s'expliquer par une nouvelle tendance. D'une part, la production de vins et de bières à haut taux d'alcool augmente sans cesse. En d'autres termes, un vin et une bière « classique » contiendront souvent moins d'alcool que les alternatives à la mode.
D'autre part, il semble que les verres utilisés dans le secteur HORECA deviennent de plus en plus grands. Il n'est pas rare, en effet, qu'un seul verre de vin contienne le tiers d'une bouteille, alors que les recommandations se basent sur un volume d'un sixième seulement?
Si l'on tient compte de cette donnée, il n'y a pas lieu d'adapter les directives. N'oublions pas, cependant, que l'alcool est toujours plus néfaste pour les fumeurs.
Le pamplemousse augmente-t-il le risque de cancers du sein ?
News 01-08-07
Une étude américaine, effectuée auprès de quelques 50 000 femmes ménopausées, s'est penchée sur la relation entre la consommation de pamplemousses et le développement de cancers du sein. Les résultats obtenus révèlent une augmentation de 30% du nombre de cancers du sein, liée à la consommation quotidienne d'un quart au moins de pamplemousse.
On sait que le pamplemousse agit sur une molécule particulière présente dans notre organisme. Cette molécule porte le nom de cytrochrome P450 3A4 et intervient comme enzyme dans le métabolisme des œstrogènes (hormones féminines). Or, on sait que ces hormones peuvent jouer un rôle dans le développement de certains cancers du sein. Les chercheurs soupçonnent dès lors que la consommation de pamplemousses augmenterait le risque par cette voie.
Source: British Journal of Cancer (2007) 97, 440-445
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
Lorsqu'on analyse ces résultats, il est important de réaliser qu'il s'agit de la toute première étude qui met une telle relation en évidence. Il va de soi que d'autres études seront nécessaires pour confirmer, ou infirmer, cette hypothèse.
Toutefois, ce n'est pas la première fois que le pamplemousse est mis en cause. On a déjà pu démontrer que ce fruit exerce une influence sur l'effet de certains médicaments contre l'hypertension, par exemple. Le pamplemousse ne peut donc pas être consommé simultanément avec la prise de tels médicaments. Votre médecin pourra vous donner plus d'informations à ce propos. Il n'est pas encore établi si cet effet est causé par la même molécule que celle que l'on évoque dans le cas du cancer du sein.
Tant que des études complémentaires n'auront pas confirmé ces résultats, il n'y a pas lieu de supprimer systématiquement le pamplemousse de son alimentation. Les personnes qui désirent bénéficier des bienfaits des légumes et des fruits, y compris le pamplemousse, sans pour autant en subir d'éventuels effets néfastes, peuvent suivre le programme dit « 5 par jour ». Celui-ci consiste à consommer de 2 à 3 portions de fruits (1 portion = le volume d'une pomme) et 300 gr de légumes (par exemple, 100 gr de crudités et 200 gr de légumes préparés). L'idéal est de varier régulièrement les fruits et légumes que l'on consomme. Il suffit pour cela de suivre le rythme des saisons.
Greffe d'ovaire : une première belge !
News 17-07-07
Une patiente belge, devenue stérile à la suite d'une chimiothérapie et d'une radiothérapie, peut de nouveau être enceinte après avoir bénéficié d'une greffe de tissu ovarien prélevé chez sa sœur, génétiquement différente. Cette première mondiale a été réalisée par le Professeur Jacques Donnez, chef du service de gynécologie et d'andrologie aux Cliniques universitaires Saint-Luc à Bruxelles.
Sources : Het Laatste Nieuws, 11-07-07; Het Belang van Limburg; 11-07-07
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Il y a à peine 4 ans, le Professeur Donnez et son équipe réalisaient déjà un véritable exploit médical aux Cliniques universitaires Saint-Luc en permettant à une jeune femme guérie d'un lymphome mais rendue stérile par le traitement de donner néanmoins naissance à une petite fille. Pour cela, un prélèvement de son propre tissu ovarien avait été réalisé avant le début des traitements. Conservé par congélation, ce tissu lui avait été greffé après guérison du lymphome, ce qui a permis de restaurer pleinement sa fertilité.
Ce premier succès avait redonné espoir à de nombreuses jeunes femmes. Rappelons en effet, que certains traitements anti-tumoraux, qu'il s'agisse de chimiothérapie ou de radiothérapie, peuvent endommager les ovaires et induire une ménopause précoce.
La technique mise au point par l'équipe du Professeur Donnez présentait cependant certaines limitations. En effet, elle suppose le prélèvement de tissu ovarien chez la malade, avant le début des traitements. Ce qui n'a pas été fait chez bon nombre de patientes.
Les choses pourraient évoluer favorablement pour ces jeunes femmes grâce à un nouvel exploit réalisé au sein de la même équipe médicale.
En 1990, une patiente âgée de 20 ans est ménopausée suite à un traitement combinant chimio et radiothérapie pour lutter contre une leucémie. La malade reçoit alors une greffe de moelle osseuse de sa sœur. La compatibilité entre elles (bien qu'il ne s'agisse pas d'une sœur jumelle) assure sa guérison. Quelques années plus tard, la jeune femme souhaite fonder une famille ? et réalise que ce n'est plus possible en raison de sa ménopause précoce ! Mais elle entend parler du succès d'une greffe de tissu ovarien effectuée entre deux sœurs jumelles aux Etats-Unis. Elle se rend alors aux Cliniques universitaires Sain-Luc pour y rencontrer le Professeur Donnez. En février 2006, celui-ci réalise une greffe de tissu ovarien provenant de la sœur de la patiente. Six mois après la transplantation, le tissu greffé a repris une fonction ovarienne normale. La jeune femme pourrait dès à présent être enceinte et mener une grossesse à terme. Les prochains mois nous diront si cet espoir s'est confirmé !
Nous le lui souhaitons de tout cœur.
Radiothérapie à l'UZ Gent : attendons le résultat de l'enquête !
News 05-07-07
L'hôpital universitaire de Gand (UZ Gent) a constaté des problèmes avec un appareil de radiothérapie entre décembre 2005 et septembre 2006, moment auquel une anomalie de localisation des rayons a été suspectée. L'utilisation de l'appareillage a été immédiatement arrêtée et l'Agence fédérale de Contrôle nucléaire (AFNC) a été avertie.
Dix-sept patients souffrant d'une tumeur au cerveau ont été traités par cet appareil défectueux. L'enquête doit à présent déterminer si le décès de 9 d'entre eux est imputable à une irradiation inadéquate ou plutôt à la progression de la maladie. Des inspections seront également réalisées dans les autres hôpitaux universitaires qui utilisent cette même technologie.
Sources : De Morgen, 05-07-07 ; Het Laatste Nieuws, 05-07-07 ; Gazet Van Antwerpen, 05-07-07 ; Metro, 04-07-07 ; La Capitale, 04-07-07 ; Het Belang Van Limburg, 03-07-07 ; Het Nieuwsblad, 04-07-07 ; Belga, 03-07-07 ; La Dernière Heure, 03-07-07 ; Le Vif, 03-07-07 ; Le Soir, 04-07-07
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Entre décembre 2005 et septembre 2006, dix-sept patients ont été traités à l'UZ Gent par l'appareil en question. Ce dernier permet une irradiation stéréotactique, ce qui signifie que plusieurs faisceaux d'irradiation convergent vers la zone à irradier pour y cumuler leurs effets. Cela suppose un ciblage d'une extrême précision. Le calcul de la zone à irradier et des doses d'irradiation est assisté par ordinateur. C'est au niveau de ce logiciel informatique qu'un problème « technique » serait survenu. Reste à savoir aujourd'hui si le décès de 9 de ces patients est attribuable ou non au dysfonctionnement de cet appareillage.
Actuellement, l'AFNC mène une enquête mais les premiers éléments dont ils disposent semblent indiquer que le problème rencontré à Gand serait un cas isolé. Des contrôles sont actuellement en cours dans d'autres hôpitaux universitaires mais aucun dysfonctionnement n'a été à ce jour mis en évidence.
Ceci étant, la radiothérapie est et reste l'un des piliers incontournables du traitement d'une large variété de cancers. Ne perdons pas de vue le nombre de vies sauvées grâce à cette approche thérapeutique. Nous aborderons d'ailleurs cette thématique dans le prochain numéro de notre magazine trimestriel CancerInfo (septembre 2007).
Les patients ayant été traités par radiothérapie à l'UZ Gent durant la période incriminée et qui se posent des questions peuvent bien entendu contacter leur radiothérapeute. Si nécessaire, il leur est également possible de s'adresser à Madame Mieke De Volder auprès de l'Ombudsdienst de l'UZ Gent, du lundi au vendredi entre 8 et 17 heures (sauf le mardi après-midi) au 09 240 52 34.
Amélioration dans le traitement des cancers « tête et cou » grâce au Cetuximab
News 28-06-07
Les résultats d'une recherche européenne menée sous la direction d'un chercheur belge, le professeur Jan Vermorken, ont été présentés lors du congrès de la Société américaine d'oncologie à Chicago (ASCO 2007). L'étude menée auprès de 442 patients indique que l'association du Cetuximab à une chimiothérapie standard améliore de façon significative la survie des malades atteints de cancers avancés « tête et cou » et présentant une récidive de la maladie ou des métastases. « C'est la première fois en 25 ans que la survie de ces malades peut être améliorée de façon aussi spectaculaire », a souligné le professeur Vermorken.
Sources : Belga 19-06-07 ; Le Soir, 20-06-07
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Le Cetuximab n'est pas un nouveau médicament et il a déjà montré son efficacité dans le traitement des cancers colorectaux. Le Cetuximab (ou Erbitux) est un anticorps capable de se fixer sur des récepteurs (EGFR) présents en grande quantité à la surface de certaines cellules cancéreuses. Cette liaison réduit ou stabilise la multiplication des cellules malignes en empêchant, notamment, la formation des vaisseaux sanguins irrigant la tumeur.
Des études plus récentes ont également indiqué qu'outre son efficacité dans le traitement des cancers du gros intestin, le médicament semble également exercer une action dans d'autres cancers, particulièrement en combinaison avec de la radiothérapie. C'est notamment le cas chez des patients atteints d'un cancer du larynx à un stade avancé.
Les travaux présentés par le professeur Vermorken et son équipe concernent plus précisément des patients ayant développé un cancer de la tête ou du cou mais qui présentent aujourd'hui une rechute ou des métastases. Les chercheurs ont montré que l'association du Cetuximab à une chimiothérapie standard (à base de platine) augmente la survie globale de façon significative chez ces patients. Les taux de réponse dépassent les 70 % et le taux de contrôle tumoral atteint les 88 %. Par ailleurs, le « profil de toxicité » reste acceptable : jusqu'à présent seules des irruptions cutanées ont été notées.
Si ces résultats encourageants se confirment, les médecins pourraient également proposer le traitement dans un contexte palliatif car il améliore également la qualité de vie des patients.
Cancer du sein : un test génétique pour prévenir les rechutes
News 27-06-07
Un test génétique, récemment approuvé aux Etats-Unis et en Europe, permet de prédire parmi les patientes atteintes d'un cancer du sein à un stade précoce lesquelles sont les plus susceptibles de développer ultérieurement une récidive. Ce test permettrait également d'identifier les femmes à faible risque de récidive, chez qui une chimiothérapie adjuvante ne serait alors pas nécessaire.
Source : www.agendia.com
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Actuellement, de nombreuses femmes atteintes d'un cancer du sein à un stade précoce reçoivent une chimiothérapie adjuvante (après la chirurgie) pour réduire le risque de récidive de leur tumeur. L'idéal serait d'identifier avec un maximum de précision celles qui ont un risque important de récidive (environ 20 à 30 % des cas). On pourrait alors limiter l'usage de la chimiothérapie à leur cas et éviter ce traitement aux autres femmes. Un test génétique devrait à l'avenir faciliter leur identification.
Ce test, dénommé MammaPrint®, est commercialisé par Agendia, une société de génomique implantée à Amsterdam aux Pays-Bas et travaillant en étroite collaboration avec le réseau de recherche translationnelle TRANSBIG. Il permet, grâce à l'étude du degré d'activité de nombreux gènes présents dans un échantillon de tumeur, de préciser les risques de récidive d'un petit cancer du sein, sans envahissement ganglionnaire.
MammaPrint® n'est pas le seul test capable d'analyser la signature génétique d'une tumeur, mais c'est le premier à avoir reçu l'aval des autorités de Santé aux Etats-Unis et en Europe. En Belgique, ce test n'est encore disponible que dans le cadre d'études cliniques. Si les résultats de ces dernières s'avèrent concluants, l'utilisation du MammaPrint permettra certainement une précision accrue dans l'établissement des facteurs pronostics, sans aller toutefois jusqu'à offrir une certitude absolue. En effet, si le MammaPrint® classe une femme dans une catégorie à faible risque, toute récidive n'est pas absolument exclue pour autant. Le test devra donc être utilisé avec beaucoup de discernement par les médecins. Par ailleurs, il faudra encore en obtenir le remboursement par la mutuelle. A l'heure actuelle ce genre de test ne coûte pas de moins de 3000 dollars aux USA !
Intérêt du ganglion sentinelle dans le cancer de la prostate
News 16-06-07
Lors du XIIIè symposium de la Belgian Society of Nuclear Medicine, l'équipe du Professeur Peltier (Institut Bordet, Bruxelles) a présenté les résultats d'une étude montrant l'intérêt d'analyser le ganglion sentinelle en cours d'intervention chirurgicale chez des patients atteints d'un cancer de la prostate. Tout comme dans le cas du cancer du sein, cette approche permettrait de limiter l'intervention chirurgicale, et par conséquent un certain nombre d'effets secondaires, chez les patients ne présentant pas d'envahissement ganglionnaire par les cellules cancéreuses.
Source: Le Journal du Médecin, 05-06-07
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Le ganglion sentinelle est le premier relais ganglionnaire situé dans la zone de drainage lymphatique d'une tumeur. Si ce premier ganglion n'est pas envahi par des cellules cancéreuses provenant de la tumeur, cela signifie que les autres ganglions présents dans cette zone très probablement indemnes. Il n'est alors pas nécessaire de les enlever.
C'est en substance ce que propose l'équipe du Professeur Peltier à l'Institut Bordet.
Malgré les progrès thérapeutiques réalisés, les cancers de la prostate causent une mortalité non négligeable. L'une des raisons pourrait être due à la difficulté d'évaluer correctement l'étendue de la maladie au niveau des ganglions lymphatiques. D'où l'idée d'utiliser une technique qui a déjà fait ses preuves notamment dans le cancer du sein : l'analyse du ganglion sentinelle au cours de l'intervention chirurgicale.
En pratique, on injecte au patient un marqueur spécifique dans la zone de drainage lymphatique de la prostate, la veille de l'intervention. Le lendemain, au cours de l'opération chirurgicale, une sonde permet d'identifier les ganglions marqués drainant la prostate. Le premier de la chaîne ganglionnaire (le ganglion sentinelle) est enlevé et analysé immédiatement. Si les résultats de cette analyse sont négatifs, les autres ganglions sont épargnés. Dans le cas contraire, le chirurgien procède à l'ablation plus étendue de ces ganglions.
Les premiers résultats obtenus montrent une réduction importante de la morbidité (complications et séquelles causées par le geste chirurgical): 1% dans le cas de l'ablation du seul ganglion sentinelle contre 12% en cas d'ablation plus étendue des autres ganglions. Les résultats en termes de mortalité et de guérison nécessitent toutefois un peu plus de recul.
Outre un geste chirurgical plus limité, cette technique permet également d'obtenir des renseignements plus précis sur le stade d'évolution de la maladie. Ces informations permettent alors d'adapter le traitement à la situation de chaque patient.
Cette étude devra encore inclure un plus grand nombre de malades et être évaluée à plus long terme avant d'être validée. Mais si ces résultats préliminaires se confirment, l'approche pourrait à l'avenir être proposée comme standard chirurgical dans le traitement du cancer de la prostate.
ASCO 2007 : du neuf dans le traitement des cancers du sein !
News 09-06-07
Au cours du congrès de la société américaine d'oncologie clinique de ce mois de juin (ASCO 2007), les résultats de deux essais cliniques ont été présentés dans le cadre du traitement du cancer du sein. L'un était centré sur l'Herceptin qui, administré avec de la chimiothérapie classique avant la chirurgie, double le taux de réponse complète par rapport à la chimiothérapie seule. L'autre essai portait sur l'efficacité d'un nouveau traitement ciblé, le Tykerb, qui est destiné aux femmes atteintes d'un cancer du sein à un stade avancé (métastases cérébrales) et ne répondant pas à l'Herceptin.
Source : Het Laatste Nieuws, 05-06-07
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Ces deux traitements visent une forme particulièrement agressive de cancer du sein, celle qui surexprime le récepteur HER2, ce qui représente près de 25 % de l'ensemble des cancers du sein.
L'Herceptin a nettement amélioré la prise en charge de ces cancers agressifs du sein depuis la fin des années 1990. A cette époque, l'ajout de l'Herceptin à la chimiothérapie standard permet à des patientes atteintes d'un cancer du sein à un stade avancé (métastases) de gagner plusieurs mois de vie. En 2005, les chercheurs découvrent que lorsque l'Herceptin est administré après une chimiothérapie standard chez des patientes atteintes d'un cancer du sein HER2 + mais cette fois à un stade précoce, on diminue de moitié le risque de récidive. Aujourd'hui, d'autres équipes de recherches viennent de montrer que si ce traitement est appliqué en même temps que la chimiothérapie, avant une chirurgie pour cancer du sein, le taux de réponse complète (disparition complète de la tumeur, vérifiée par analyse microscopique des tissus enlevés lors de l'opération) est doublé par rapport à l'utilisation de chimiothérapie seule. Les résultats de cette étude sont prometteurs. Cette réponse accrue au traitement permet non seulement une chirurgie conservatrice du sein chez de plus nombreuses femmes mais pourrait aussi se traduire à terme par une amélioration de leur survie.
Quant auTykerb, c'est un médicament expérimental (essai clinique de phase II) visant à traiter les femmes porteuses d'un cancer du sein HER2 + à un stade avancé, présentant des métastases cérébrales et ne répondant plus à l'Herceptin. Les résultats préliminaires s'avèrent particulièrement intéressants puisqu'ils indiquent une réduction du volume des métastases cérébrales et un ralentissement de la progression de la maladie chez 20 % des patientes, lorsqu'il est combiné à une chimiothérapie standard paclitaxel/Taxol ou capécitabine/Xeloda.
Ces différentes approches thérapeutiques (encore au stade expérimental pour certaines d'entre elles) constituent un pas de plus vers des traitements « sur mesure » chez les patientes atteintes d'un cancer du sein.
Nexavar : également efficace contre le cancer du foie !
News 08-06-07
Au cours d'un important congrès américain (ASCO 2007) qui réunissait à Chicago quelque 30 000 médecins et chercheurs en ce début juin, le groupe pharmaceutique Bayer a présenté les résultats d'une étude portant sur l'efficacité du Nexavar dans le traitement du cancer du foie. Celle-ci a montré que le Nexavar a permis un allongement de la survie chez les patients souffrant de carcinome hépatocellulaire (cancer primitif du foie).
Sources: Belga, 04-06-07 ; Le Soir, 05-06-07
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
Le Nexavar (sorafénib) est un médicament récemment développé par la firme pharmaceutique Bayer et qui a déjà fait ses preuves dans le traitement du cancer du rein à un stade avancé. Depuis lors, il fait l'objet de différentes études cliniques pour évaluer son efficacité face à d'autres types de cancer.
Ce nouveau médicament est un traitement ciblé qui attaque les cellules cancéreuses sur deux fronts. D'une part, il agit en stimulant spécifiquement le « suicide » des cellules cancéreuses (phénomène connu sous le nom d'apoptose) et, d'autre part, il freine le développement des vaisseaux sanguins alimentant la tumeur.
Les résultats de l'essai clinique qui ont été présentés dernièrement au congrès de l'ASCO portent sur 602 patients atteints d'un cancer du foie non traité précédemment. La moitié d'entre eux a reçu du Nexavar pendant 6 mois, tandis que l'autre moitié recevait un placebo. Chez les patients traités par le nouveau médicament, la durée médiane de survie après le diagnostic s'est vue allongée de 44%. La progression de la maladie a également été beaucoup plus lente chez eux, par rapport au groupe contrôle. Par ailleurs, aucune différence notable n'a été constatée au niveau des effets secondaires entre les deux groupes de patients. Ces effets étaient essentiellement de la diarrhée et des réactions cutanées au niveau de la peau des pieds et des mains.
Au vu de ces résultats, l'essai clinique a été écourté de manière à faire bénéficier également les patients du groupe contrôle de ce nouveau médicament.
Lorsque l'on sait qu'au niveau mondial, le cancer du foie est la troisième cause de mortalité par cancer, après le cancer du poumon et du côlon, il s'agit là d'une avancée thérapeutique porteuse d'espoir.
Bientôt un Plan Cancer en Belgique ?
News 01-06-07
A l'instar de ce qui s'est mis en place en France depuis 2003, la Belgique souhaiterait-elle également instaurer un plan national de lutte contre le cancer ? C'est en tous cas ce que prétendent Elio Di Rupo, président du Parti socialiste, et Rudy Demotte, ministre des Affaires sociales et de la Santé publique à quelques encablures des élections législatives !
Ce plan s'articulerait autour de 6 axes : la prévention, le dépistage, les traitements, l'accompagnement psychologique des patients, la formation des médecins et la recherche.
Sources : Belga, 11-05-07 ; De Morgen, 12-05-07 ; Vers l'Avenir, 12-05-07 ; la Dernière Heure, 11-05-07 ; Het Belang Van Limburg, 12-05-07 ; L'Echo, 12-05-07.
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
En mars 2003, le Président Chirac a lancé le plan Cancer 2003-2007, doté d'un budget d'un demi milliard d'euros répartis sur 5 ans. Ce plan a bénéficié d'un élan politique et de moyens financiers sans précédent en France. Aujourd'hui, malgré des nuances, le bilan est jugé plutôt positif.
Un plan similaire est-il envisageable dans notre pays? A priori oui ? mais moyennant quelques modifications de taille sur le plan des compétences. En effet, dans notre pays, les compétences relatives aux thèmes prioritaires du Plan Cancer sont réparties sur plusieurs niveaux de pouvoir. Pour faire fonctionner un Plan Cancer, des collaborations entre le fédéral, les communautés et les régions seront donc indispensables. A moins que les pouvoirs publics ne décident de refédéraliser ces matières.
Mais revenons-en aux thèmes principaux de ce Plan Cancer. Quelles en seraient les priorités ?
-La prévention, avec deux actions prioritaires : la vaccination systématique des jeunes filles contre le cancer du col de l'utérus et le remboursement intégral de la reconstruction mammaire pour les femmes qui doivent subir une ablation à titre préventif.
-Le dépistage, avec une attention toute particulière à l'obtention d'une meilleure participation des femmes dans le cadre des campagnes de Mammotest et l'encouragement du dépistage du cancer du col de l'utérus.
-L'amélioration de la disponibilité et du remboursement de traitements anticancéreux.
-L'accompagnement psychologique des patients et des proches. Ce type de mesure est déjà mis en œuvre dans bon nombre d'hôpitaux mais devrait encore être étendu.
-La formation continue des médecins dans le domaine de l'oncologie.
-L'accroissement du soutien de la recherche en cancérologie et le développement de partenariat public & privé.
La Fondation contre le Cancer est, bien entendu preneuse d'un tel projet mais est également consciente qu'il devra impérativement être discuté avec l'ensemble des acteurs concernés dès le début de la prochaine législature. Affaire à suivre donc !
Découverte de 4 nouveaux gènes impliqués dans le cancer du sein
News 30-05-07
Les célèbres revues scientifiques Nature et Nature Genetics viennent de publier les travaux de trois équipes de recherche qui ont identifié quatre nouveaux gènes dont les altérations sont impliquées dans le développement d'un certain nombre de cancers du sein. Quel sera l'impact de cette découverte ?
Source : Belga, 28-05-07; De Standaard, 29-05-07; De Tijd, 29-05-07; Het Nieuwsblad, 29-05-07; la Dernière Heure, 29-05-07; Het Laatste Nieuws, 29-05-07, Metro, 29-05-07; Het Belang van Limburg, 29-05-07; De Morgen, 29-05-07.
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Ce travail est le résultat d'une vaste étude menée par des chercheurs britanniques, américains et australiens. Selon certains experts, il s'agirait à cet égard de la découverte la plus importante depuis celle faite en 1993 et 1995, des gènes BRCA1 et BRCA2, impliqués dans les formes familiales de cancers du sein et de l'ovaire.
Rappelons toutefois que les facteurs génétiques actuellement identifiés n'interviennent que dans une petite minorité des cancers du sein (5 à 10 %).
Les altérations des gènes BRCA1 et BRCA2 sont relativement rares parmi la population mais les femmes qui en sont porteuses courent un risque important de développer la maladie. Sur 100 femmes atteintes d'une mutation BRCA1 ou BRCA2, 50 à 85 développeront un cancer au cours de leur vie. En revanche, les altérations découvertes au sein des quatre nouveaux gènes (FGFR2, TNRC9, MAP3K1 et LSP1) sont largement répandues dans la population mais les femmes qui les portent sont à faible risque de développer la maladie. Plus précisément, les quatre gènes découverts sont directement impliqués chez 4 % des femmes chez lesquelles un cancer du sein a été diagnostiqué.
Cette découverte aboutira-t-elle à une amélioration rapide du dépistage et du diagnostic des cancers du sein ? A court terme, c'est peu probable car il faudrait analyser de multiples combinaisons génétiques. Et les chercheurs ont encore 450 autres gènes candidats à analyser ?
Mais cette découverte permettra de mieux comprendre les mécanismes biologiques qui conduisent au développement du cancer du sein. Par ailleurs, la technologie mise au point dans cette étude (qui est une réelle prouesse technologique) devrait pouvoir être utilisée dans l'identification de gènes impliqués dans d'autres types de cancers. Des travaux similaires ont d'ores et déjà débuté pour identifier des gènes impliqués dans le développement du cancer de la prostate.
Un vaccin contre le cancer de la prostate est actuellement testé en Belgique
News 09-02-07
L'hôpital anversois de Middelheim teste actuellement un vaccin dirigé contre le cancer de la prostate. Il s'agit d'un vaccin thérapeutique, visant à détruire les cellules cancéreuses prostatiques chez des patients déjà porteurs de la maladie. Dans un premier temps, ce vaccin est administré à des malades atteints d'un cancer avancé de la prostate et qui ne réagissent plus aux traitements hormonaux habituels. Les résultats de ce premier essai mené en Belgique devraient être connus avant la fin de cette année.
Sources : Belga, 02-02-07; De Tijd, 03-02-07; Gazet van Antwerpen, 05-02-07, De Morgen, 03-02-07
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Plusieurs équipes de recherche travaillent actuellement à l'élaboration de tels vaccins et les premiers essais cliniques, en cours notamment aux Etats-Unis, semblent encourageants.
Le vaccin testé à Anvers est un vaccin thérapeutique, ce qui signifie qu'il n'est pas conçu pour éviter la maladie (comme c'est le cas des vaccins couramment utilisés contre les maladies infectieuses). L'objectif est ici de stimuler les défenses immunitaires des patients contre leurs propres cellules cancéreuses. Pour cela, on utilise des cellules prélevées chez le patient, modifiées en laboratoire, puis réinjectées au malade. Les cellules ainsi modifiées sont capables de reconnaître les cellules cancéreuses et de stimuler le système de défense immunitaire qui devient alors capable de les détruire.
Jusqu'à présent, ce vaccin semble bien toléré, sans effets secondaires importants.
Reste à en évaluer l'efficacité.
Les conclusions de cet essai clinique devraient être connues dans quelques mois. Si celles-ci s'avèrent positives, le traitement pourrait alors être proposé à des patients présentant un cancer de la prostate à un stade moins avancé, dans le cadre d'une nouvelle recherche clinique.
C'est en procédant ainsi, étape par étape, que la meilleure stratégie de traitement peut être déterminée.
Informer les victimes du distilbène
News 14-05-07
Le distilbène (ou DES) est un médicament qui a été prescrit chez certaines femmes enceintes vers la fin des années 1950 et jusqu'au début des années 1970 pour prévenir le risque de fausse couche. Par la suite, on s'est alors rendu compte que le DES occasionnait des malformations chez les fœtus et que pour les filles exposées à cette substance pendant la grossesse, il engendrait un risque accru de stérilité et de cancer une fois arrivées à l'âge adulte.
Une soirée d'information, destinée aux victimes du distilbène mais aussi aux médecins, sera organisée à Gent le 24 mai prochain (Informations :
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). Divers experts y aborderont les problématiques liées au cancer et aux problèmes de fertilité.
Source : Artsenkrant, 04-05-07
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Dans notre pays, le DES a été essentiellement prescrit en gynécologie de 1969 à 1975. Il ne l'est plus depuis 1976. Les personnes concernées par ce problème sont donc les enfants nés entre 1970 et 1977 et dont les mères se sont vues prescrire du DES au cours de leur grossesse.
Après de nombreuses années de silence, il est aujourd'hui clairement établi que l'exposition in utero au distilbène peut provoquer des atteintes de l'appareil génital féminin. Les malformations qui en résultent ont des conséquences dramatiques sur la reproduction. Les femmes ne peuvent généralement pas mener leur grossesse à terme ou ont des bébés prématurés. Les risques de cancer du vagin et du col de l'utérus sont également plus importants. Notons cependant que certaines femmes exposées in utero ne présenteront jamais de problème lié à leur exposition au DES.
Pour les hommes, cette exposition in utero peut entraîner l'apparition de kystes au niveau de l'épididyme (longs canaux assurant le stockage des spermatozoïdes nouvellement formés), des anomalies des testicules et de la position du méat urinaire. Toutefois, il semble que l'exposition au DES n'entraîne pas chez la gent masculine de risque de stérilité ou de cancer.
Pour les femmes, les diverses anomalies constatées ont conduit à préconiser un suivi médical sur le plan gynécologique, que ce soit en matière de dépistage du cancer du col ou lors d'une grossesse.
En l'absence de malformations génitales, aucun traitement particulier ne sera entrepris.
En cas de stérilité, diverses solutions seront envisagées. En effet, certaines malformations pourront bénéficier de la chirurgie. Par ailleurs, des techniques d'assistance médicale à la procréation (PMA) pourront parfois être proposées : insémination intra-utérine du sperme du conjoint en cas d'anomalies de la glaire cervicale, fécondation in vitro en cas d'obstruction des trompes, etc.
L'objectif de la réunion organisée à Gent sera d'informer les personnes concernées pour, notamment, organiser la prévention et établir le diagnostic précoce d'éventuelles complications.
Hépatite C et risque de lymphome
News 12-05-07
Les patients infectés par le virus de l'hépatite C présenteraient un risque accru de développer un lymphome (cancer du système lymphatique), selon les résultats d'une étude américaine publiée ce mois-ci dans la revue scientifique Journal of the American Medical Association (JAMA).
Source : De Standaard, 10-05-07
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Les chercheurs américains qui ont mené cette étude ont analysé les dossiers médicaux de plus de 700 000 personnes ayant été traitées dans des hôpitaux pour anciens combattants aux Etats-Unis entre 1996 et 2004. La plupart étaient des hommes (97 %), en majorité de race blanche et la moyenne d'âge était de 52 ans.
De tous ces patients, 146 934 présentaient une infection par le virus de l'hépatite C (VHC) tandis que 572 293 n'étaient pas infectés. Les auteurs de l'étude ont constaté une fréquence accrue de lymphome chez les personnes infectées au cours d'un suivi de plus de 5 ans.
« Comme les causes des lymphomes restent encore largement inconnues, établir les facteurs contribuant à leur développement constitue une première étape pour trouver les moyens d'en réduire l'incidence et la mortalité » souligne le Dr John Niederhuber, directeur de l'Institut National américain du Cancer (NCI).
En 2005 déjà, des chercheurs suédois avaient établi un lien entre le virus de l'hépatite C et le risque de développer un lymphome non-hodgkinien et un myélome multiple. Les auteurs de cette étude avaient estimé que la majorité des patients porteurs du VHC et ayant développé un lymphome non hodgkinien ou un myélome multiple avaient été infectés depuis plus de 15 ans, ce qui allait dans le sens d'une augmentation de risque de cancer avec l'allongement de la durée de l'infection (Hepatology, 41 :3, 2005)
Quant à l'hépatite C, on sait que le virus responsable de la maladie se transmet par des contacts directs avec des fluides de personnes infectées. Les principales causes de transmission sont notamment les relations sexuelles non protégées et le partage de seringue chez les drogués. Notons également que l'hépatite C évolue vers la chronicité dans 80% des cas. Par ailleurs, le virus de l'hépatite C peut provoquer une cirrhose et, à plus long terme, un cancer du foie.
Les différentes études mentionnées ici s'avèrent intéressantes à plus d'un titre. En effet, les résultats obtenus ouvrent une nouvelle voie dans la compréhension des mécanismes qui aboutissent au déclenchement d'un processus cancéreux. Et qui dit « décryptage » de tels mécanismes, ouvre la possibilité de nouvelles pistes de traitement. Par ailleurs, ces données nous montrent, une fois de plus, l'intérêt de dépister et de soigner au plus vite les personnes infectées par le VHC.
Un nouveau médicament contre le cancer du rein
News 07-05-07
Divers médias ont annoncé la commercialisation d'un médicament innovant, le Nexavar ®, dans le traitement du cancer du rein avancé. Ce médicament est remboursé, dans certaines indications, depuis le 1er avril 2007.
Sources : Belga : 06-04-07 ; Vers l'Avenir, 07-04-07 ; La Dernière Heure, 07-04-07
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Peu médiatisé, le cancer du rein atteint environ 1200 patients chaque année en Belgique. Il se manifeste en moyenne vers 60 ans et est plus fréquent chez l'homme que chez la femme.
Le principal traitement de ce cancer consiste en l'ablation chirurgicale du rein touché (néphrectomie), qui est efficace si la tumeur est excisée dans son intégralité. Toutefois, dans de nombreux cas, le cancer du rein est découvert à un stade où la dissémination des cellules cancéreuses s'étend déjà à d'autres organes (métastases). Dans ce cas et jusqu'il y a peu, les seuls traitements envisageables étaient basés sur l'immunothérapie (interféron alpha ou interleukine 2) qui avait une activité modeste et une toxicité non négligeable.
Le mode d'action du nouveau traitement contre le cancer du rein, dont la Commission européenne a autorisé la mise sur le marché, est fondé sur le contrôle de l'angiogenèse. Pour rappel, l'angiogenèse est la prolifération de nouveaux vaisseaux sanguins dont un cancer a besoin pour se développer. Le traitement consiste à bloquer cette formation de nouveaux vaisseaux sanguins capables d'alimenter la tumeur et réduit, de ce fait, la progression tumorale.
Proposé chez les patients atteints d'un cancer du rein à un stade avancé, il double la durée de survie sans progression de la maladie. Autre avantage, le Nexavar ® se prend par voie orale en ambulatoire et est généralement bien toléré (alors que l'immunothérapie nécessitait une hospitalisation). Ceci permet à un grand nombre de patients de poursuivre leurs diverses activités plus normalement.
Il s'agit donc d'un progrès non négligeable pour ces malades.
Les nanoparticules dans la lutte contre le cancer du poumon
News 24-04-07
Les chercheurs du Centre Anderson (Université du Texas) viennent de présenter les résultats de leurs travaux. Ceux-ci visent à améliorer le traitement du cancer du poumon par l'utilisation de la nanotechnologie. Chez quelques patients atteints d'un cancer du poumon, ils ont injecté des nanoparticules contenant un « médicament » génétique qui est allé se loger directement dans les cellules cancéreuses et y ont activé leur autodestruction.
Un premier résultat encourageant pour une technique qui n'avait pas encore été testée, jusqu'ici, chez des patients atteints de ce type de tumeur.
Source : Le Soir, 18-04-07
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
La nanotechnologie, ou l'art de produire et de manipuler des objets de la taille d'une molécule ou d'un atome, est en plein essor depuis quelques années. Ces nouvelles technologies touchent des domaines aussi variés que l'aérospatiale, l'informatique ou la santé.
Dans le domaine de l'oncologie, l'objectif est de mettre au point des structures capables de détecter et de détruire les cellules cancéreuses. Différentes approches sont en cours d'évaluation, dont certaines s'avèrent déjà très prometteuses. Citons, par exemple, les travaux axés sur des nanoparticules magnétiques susceptibles, une fois injectées au malade, de renforcer la précision des examens d'imagerie par résonance magnétique (IRM). D'autres équipes tentent de produire des particules à base d'or capables de se fixer sur des tumeurs et, sous l'action d'une lumière proche de l'infrarouge, d'être chauffées jusqu'à détruire les cellules malignes.
Enfin, la dernière approche investiguée par les chercheurs du Centre Anderson fait intervenir de petites particules (des nanoparticules de cholestérol). Celles-ci sont capables de progresser jusqu'aux tumeurs malignes pour y délivrer des médicaments génétiques pouvant induire l'auto-destruction des cellules cancéreuses (processus appelé apoptose ou suicide cellulaire).
Les tout premiers travaux ont été menés sur des souris en laboratoire. Les chercheurs leur ont inoculé deux gènes anti-cancéreux (p53 et FUS1), véhiculés par des nanoparticules, et ont ainsi obtenu une diminution de 75% du nombre des cellules cancéreuses et de 85% du volume des tumeurs chez ces souris.
Au vu de ces résultats encourageants et de la faible toxicité du traitement chez l'animal, les cancérologues du Centre Anderson ont démarré un essai pré-clinique utilisant ces nanoparticules chargés des deux gènes anti-cancéreux auprès de patients souffrant d'un cancer du poumon à un stade avancé.
Leurs résultats préliminaires, présentés lors du récent congrès de l'Association américaine pour la recherche contre le cancer, indiquent que le traitement n'a généré que peu d'effets secondaires chez les patients (fièvre) et qu'il a permis de ralentir la progression de la maladie de plusieurs mois.
Si ces résultats se confirment, l'usage de ces nanoparticules pourrait peut-être être combiné à d'autres traitements classiques (chimiothérapie, par exemple) pour en accroître encore l'efficacité.
Découverte belge dans le traitement de certaines leucémies
News 21-04-07
Des chercheurs de l'Institut flamand pour la biotechnologie (Vlaams Instituut voor Biotechnologie, VIB), lié à la KULeuven, ont fait une découverte concernant une forme de leucémie touchant surtout de très jeunes enfants : la leucémie aiguë lymphoblastique à lymphocytes T (T-ALL). Ils ont constaté que chez un certain nombre de patients, un gène bien précis (MYB) jouait un rôle crucial dans la division et la multiplication des cellules cancéreuses. Cette découverte ouvre la voie au développement de nouveaux traitements pour cette forme de leucémie.
Sources : Belga, 12-04-07 ; De Morgen, 16-04-07 ; Het Laatste Nieuws, 16-04-07; Gazet van Antwerpen, 16-04-07; La Libre Belgique, 16-04-07
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Chez les patients atteints de leucémie lymphoblastique aiguë à lymphocytes T, une forme particulière de globules blancs (les lymphocytes T immatures) se multiplient très rapidement et ne se développent pas correctement. Ces lymphocytes ne sont plus capables de jouer correctement leur rôle de défense contre les microbes, ce qui entraîne d'ailleurs un important risque d'infection.
Les traitements actuels permettent de guérir plus de la moitié des enfants atteints de ce type de leucémie. Mais les chercheurs continuent à investiguer d'autres pistes pour améliorer encore les chances de guérison. C'est notamment le cas de l'équipe des Professeurs Jan Cools et Idoya Lahortiga de la KU Leuven qui, en collaboration étroite avec leurs collègues de Gand et de Rotterdam, viennent de découvrir qu'un gène (MYB) est présent surexpimé chez 10 % des patients atteints de T-ALL. Ils sont dès lors persuadés que la suppression de l'activité de ce gène (en combinaison avec d'autres traitements) pourrait améliorer le pronostic de cette forme de cancer. Des résultats encourageants ont déjà été obtenus en laboratoire sur des lignées cellulaires (cultures de cellules).
Notons cependant que ces recherches n'en sont qu'à leurs débuts et qu'il faudra probablement attendre plusieurs années avant qu'elles n'aboutissent à des traitements disponibles à grande échelle.
En savoir plus
„X Institut flamand pour la biotechnologie (Vlaamse Instituut voor biotechnologie ? VIB) : http://www.vib.be
„X Revue ?Nature Genetics? : http://www.nature.com/naturegenetics
Deux fois plus de cancers d'ici 2030 !
News 11-04-07
Le Dr Peter Boyle, directeur de l'Agence internationale pour la recherche sur le cancer (IARC) a déclaré que le nombre de cas de cancers va plus que doubler entre 2000 et 2030, principalement dans les pays pauvres.
Sources : Le Soir, 05-04-07 ; Metro, 05-04-07
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Selon le Dr Boyle, cette forte augmentation du nombre des cas de cancers s'explique notamment par la croissance démographique, l'accroissement de l'espérance de vie et le transfert des facteurs de risque tels que le tabagisme du monde développé vers les pays en voie de développement, cumulés avec les risques déjà existants dans les pays pauvres.
D'ici 2030, la population mondiale augmentera de 6,5 milliards à 8 milliards d'individus. Donc même si le risque était constant, on devrait s'attendre à une augmentation du nombre de cas de cancer.
Mais ce sont également les mauvaises habitudes de vie telles la consommation de tabac et d'alcool qui feront augmenter considérablement les chiffres du cancer. Boyle souligne par exemple le fait qu'en Europe centrale, la consommation d'alcool a augmenté de manière explosive depuis le début des années 80 ? et les cancers de la bouche, du larynx et de l'œsophage ont suivi ! En Afrique, c'est le sarcome de Kaposi qui devient la forme de cancer la plus fréquente. Il s'agit d'un type de cancer se développant surtout chez les patients atteints de SIDA. Au niveau mondial, il y a aujourd'hui plus de décès dus aux cancers que de morts causées par la malaria, le SIDA et la tuberculose réunis.
L'IARC souligne le besoin urgent d'action en matière de lutte contre le cancer : « Il est urgent et vital de mettre en œuvre des mesures fortes et efficaces contre le cancer, notamment en Europe centrale et de l'Est, pour juguler l'épidémie de tabagisme et de développer des programmes de dépistage les plus larges possibles pour les cancers du sein, du col utérin et du côlon rectum ». « L'alimentation et l'exercice physique », poursuit-il, « sont tout aussi importants pour aider les populations à réduire des niveaux d'obésité qui montent en flèche en Europe et aux Etats-Unis, et le risque de cancers particulièrement meurtriers, comme le cancer colorectal, et de maladies cardiovasculaires entre autres ».
Les recommandations de l'IARC rejoignent totalement les objectifs de la Fondation contre le Cancer. Raison de plus pour poursuivre nos actions dans ce domaine ? et demander l'appui des autorités politiques en la matière !
Les femmes présentant un taux de glycémie élevé courent-elles plus de risques de développer un cancer?
News 02-04-07
Une étude suédoise, menée pendant 13 ans auprès de 64 500 hommes et femmes âgés de 40 à 60 ans, indique que les femmes présentant un taux de glycémie élevé voient leur risque de développer un cancer (surtout du pancréas, de la peau et de l'utérus) augmenter de 26% par rapport à celles dont le taux de glycémie est bas. Par contre, chez les hommes, un taux de glycémie élevé se traduit par une incidence moindre de cancers de la prostate.
Source : De Morgen, 29-03-07
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
Notons tout d'abord qu'il s'agit ici d'une étude statistique et que, dans ce domaine, lorsqu'on observe une relation entre deux phénomènes, il ne s'agit pas nécessairement d'une relation de cause à effet. De plus, ces résultats devront être confirmés par d'autres études effectuées dans d'autres pays.
Le fait que l'étude suédoise montre que les hommes qui ont un taux de glycémie élevé présentent moins de cancers de la prostate ne peut certainement pas faire croire qu'un taux élevé de sucre dans le sang constitue un moyen de prévention contre ce type de cancers. En effet, il ne faut pas perdre de vue qu'un taux de glycémie élevé (et le diabète qui peut en résulter) présente de nombreux effets négatifs, parfois même mortels, notamment sur le système cardio-vasculaire, les fonctions rénales, les blessures aux pieds, etc.
Si le lien entre un taux de glycémie élevé et l'apparition de cancers est confirmé chez la femme, nous ne pouvons y voir qu'un effet néfaste supplémentaire qui doit nous inciter encore davantage à adopter un mode de vie sain (alimentation équilibrée, activité physique suffisante, etc.) afin d'éviter le plus possible le cancer aussi bien que le diabète.
Un Fonds pour toutes les victimes de l'amiante
News 13-03-07
Les victimes du cancer typiquement lié à l'amiante, le mésothéliome, ainsi que les victimes d'asbestose bénéficieront à partir du 1er avril 2007 d'une intervention spéciale du Fonds Amiante. Le Conseil des ministres vient en effet d'approuver l'arrêté d'exécution constituant ce Fonds.
Jusqu'à présent, seules les victimes d'une maladie professionnelle étaient indemnisées. Désormais, les travailleurs indépendants ainsi que les victimes « collatérales » et « environnementales » pourront également obtenir une indemnisation.
Sources : Belga, 01-03-07 ; De Morgen, 02-03-07 ; Het Belang van Limburg, 02-03-07 ; Métro, 02-03-07 ; La Dernière Heure, 02-03-07 ; Vers l'Avenir, 02-03-07
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Jusqu'à présent, seuls les travailleurs salariés exposés à l'amiante étaient susceptibles de bénéficier d'une intervention du Fonds des Maladies Professionnelles en cas de mésothéliome, de cancer du poumon, d'asbestose ou d'affections bénignes de la plèvre. A partir du 1er avril, toutes les personnes atteintes de mésothéliome ou d'asbestose bénéficieront désormais d'une indemnité pour les dommages professionnels ou environnementaux découlant d'une exposition à l'amiante.
Ce Fonds sera alimenté par le pouvoir fédéral et par une cotisation patronale spéciale. Il sera géré par le Fonds des Maladies Professionnelles.
Les victimes de mésothéliome auront droit à une rente mensuelle de 1500 euros. Lors du décès, l'épouse ou l'époux aura droit à un capital de 30 000 euros. En ce qui concerne les enfants encore à charge, ceux-ci recevront un montant de 25 000 euros par enfant. Un ex-partenaire qui bénéficierait d'une pension alimentaire à charge de la personne décédée aura droit à 15 000 euros
Les victimes d'asbestose bénéficieront d'une indemnité mensuelle de 15 € par point d'invalidité. Lors du décès, l'épouse ou l'époux aura droit à un capital de 15 000 €. En ce qui concerne les enfants encore à charge, ceux-ci recevront un montant de 12 500 € par enfant. Un ex-partenaire qui bénéficiait d'une pension alimentaire à charge de la personne décédée aura droit à 7 500 €.
Les personnes bénéficiant déjà d'une indemnisation du Fonds des Maladies Professionnelles pour asbestose verront le montant de la rente mensuelle diminué de moitié.
Il s'agit d'un pas important dans la bonne direction, mais qui ne résout pas toutes les difficultés.
Première lacune majeure, ce fonds est destiné uniquement aux personnes atteintes de mésothéliome et d'asbestose. Les malades ayant développé un cancer du poumon suite à une exposition à l'amiante (ils sont nettement plus nombreux que ceux atteints de mésothéliome) ainsi que les personnes atteintes de plaques pleurales ne sont pas concernés !
Par ailleurs, les victimes professionnelles salariées bénéficiaient déjà d'une indemnisation par le Fonds des Maladies Professionnelles. Accorder un supplément aux seuls salariés atteints de mésothéliome ou d'asbestose crée une discrimination par rapport aux autres victimes de l'amiante, travailleurs indépendants ou victimes environnementales.
Quoi qu'il en soit, la Fondation apprécie l'initiative. Ces allocations répondent a un réel besoin, surtout lorsque l'on sait que le nombre de mésothéliomes devrait continuer à augmenter en Belgique jusque vers 2016-2020. Cette tendance s'explique par un long délai entre l'exposition aux fibres d'amiante et le développement de la maladie (parfois de 20 à 30 ans).
Ce Fonds ne rendra pas la santé aux victimes de l'amiante mais leur permettra d'avoir un accès à des soins de qualité tout en leur assurant le maintien d'un certain niveau de vie.
Hormones et ménopause
News 12-03-07
On s'en souvient, la prise d'hormones féminines après la ménopause a fait couler beaucoup d'encre ces dernières années.
Il n'y a pas si longtemps, on en prescrivait quasi systématiquement.
Puis, la médiatisation du risque accru de cancer du sein, associé à ce traitement, a tant effrayé les femmes que la plupart y ont renoncé.
Aujourd'hui, après analyse plus sereine des avantages et inconvénients du traitement hormonal substitutif (c'est-à-dire en remplacement des hormones naturellement produites par les ovaires), une position beaucoup plus nuancée est adoptée par les médecins.
Source : La Libre Belgique, 07-03-07
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
Aucun acte ou traitement médical n'est dépourvu d'inconvénients potentiels, mais ces derniers doivent être estimés à leur juste valeur.
L'exemple du traitement hormonal substitutif pourrait servir de modèle du genre.
Après un excès d'enthousiasme, qui ne voyait que les bénéfices du traitement, on est passé à un excès de méfiance causé par l'hyper médiatisation de ses effets indésirables.
Une analyse soigneuse de la situation, compte tenu des dernières études sur le sujet, a permis à la Société belge de la ménopause de proposer une ligne de conduite tout en nuance.
Elle insiste notamment sur l'importance pour les médecins d'informer soigneusement les femmes des avantages et inconvénients potentiels d'une prise d'hormones à partir de la ménopause. Quant au risque accru de cancer du sein, associé à ce traitement hormonal, la Société belge de la ménopause rappelle qu'il est très limité. L'obésité, la consommation d'alcool ou la sédentarité augmentent au moins autant ce risque qu'un traitement hormonal substitutif. Et force est de constater que l'obésité, l'alcool et la sédentarité ne font pas paniquer nombre de nos contemporains, femmes ou hommes?
La Fondation contre le Cancer conseille aux femmes qui arrivent à la ménopause de discuter le pour et le contre d'une prise d'hormones avec leur médecin. La décision de prescrire ou non ces hormones doit être prise au cas par cas. Il y a de bonnes raisons de suivre ce traitement, essentiellement à cause de symptômes climatériques importants (bouffées de chaleur intenses, insomnies, irritabilité?). La qualité de vie de la femme peut en être considérablement améliorée. Celles qui prennent des hormones devront se soumettre à un dépistage régulier du cancer du sein, ce qui est de toute façon vivement conseillé à toutes les femmes à partir de 50 ans.
Un vaccin contre une forme agressive de leucémie testé à Anvers
News 24-5-07
Une équipe de chercheurs anversois (Centrum voor Regeneratieve Geneeskunde en Celtherapie) teste actuellement un vaccin chez des patients atteints d'une forme agressive de leucémie et traités jusqu'ici par chimiothérapie. L'objectif de la vaccination est d'éviter que ces patients ne présentent une rechute de la maladie, phénomène fréquent dans ce contexte.
Huit patients se sont vus administrés ce vaccin à l'hôpital universitaire d'Anvers. Les premiers résultats s'avèrent encourageants car les bénéficiaires se portent bien et ne semblent pas souffrir d'effets secondaires.
Sources : Gazet Van Antwerpen, 19-05-07 ; Het Belang Van Limburg, 19-05-07 ; Vers l'Avenir, 21-05-07
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Cet essai de vaccination est basé sur l'utilisation de cellules dendritiques. Il s'agit d'une catégorie particulière de globules blancs. Ces derniers sont prélevés chez le patient, modifiés en laboratoire de manière à ce qu'ils puissent ensuite reconnaître et détruire les cellules cancéreuses, puis ré-injectés au malade.
Les 8 patients inclus dans l'essai ont tous été traités avec succès par chimiothérapie. Bien que leur maladie ait apparemment complètement disparu, ils présentaient un risque important de rechute en raison de la nature particulière agressive de leur leucémie (leucémie myéloïde aiguë). Pour éviter cet écueil, des cellules dendritiques modifiées leur ont été administrées.
Ce type de vaccination est à l'étude dans bon nombre de laboratoires de par le monde. Des résultats encourageants ont déjà été obtenus dans d'autres formes de cancers mélanome, myélome, lymphome, cancer du poumon à petites cellules, etc.) même s'il s'agit toujours à ce stade d'essais expérimentaux.
L'approche testée par l'équipe anversoise est originale à plus d'un titre. Après avoir récolté des cellules dendritiques par une simple prise de sang effectuée chez les patients, ils modifient ces cellules en leur injectant de petits fragments de matériel génétique (ARN). Par le biais de cette manipulation, les cellules sont dès lors porteuses d'une nouvelle information génétique qui va leur permettre de stimuler le système de défense immunitaire des patients chez qui elles seront ré-injectées.
Les personnes traitées de cette manière semblent bien répondre au traitement et ne présentent actuellement aucun effet secondaire. Il faudra toutefois encore suivre ces patients pendant de longs mois pour en évaluer l'efficacité et envisager éventuellement de proposer cette forme de vaccination à un plus grand nombre de malades.
Mais l'approche a déjà séduit d'autres chercheurs de l'Institut de Médecine Tropicale à Anvers et de la VUB (Vrije Universiteit Brussel) qui voudraient la tester chez des patients atteints de SIDA. Ces personnes souffrent d'une déficience de leur système de défense immunitaire. En injectant du matériel génétique propre au virus HIV dans les cellules dendritiques, les chercheurs espèrent également obtenir une stimulation analogue du système immunitaire chez ces patients.
Une étude inédite mettant en évidence l'amélioration des taux de survie
News 10-03-07
Une vaste étude menée en France sur plus de 200 000 patients révèle qu'une personne sur deux atteinte de cancer est toujours en vie 5 ans après son diagnostic. Bien qu'encourageants, ces chiffres indiquent toutefois d'importantes disparités d'espérance de vie selon le sexe, l'âge et le type de cancer.
Sources : Le Journal du Médecin, 06-03-07 : Het Belang Van Limburg, 02-03-07
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Cette vaste étude a été menée auprès d'une population de 205.000 personnes souffrant d'une maladie cancéreuse et suivie par le Réseau français des Registres du Cancer (FRANCIM). Plus de 40 cancers différents ont été étudiés. L'enquête a porté sur tous les cas diagnostiqué entre 1989 et 1997, avec une mise à jour du statut vital au 1er janvier 2002 afin d'observer la survie à 5 ans. Le décès d'une personne atteinte d'un cancer étant parfois dû à d'autres causes que la maladie, le calcul de la survie prend en compte une correction qui donne au final un taux de survie dite « relative ».
Ces résultats montrent les progrès accomplis dans le traitement des cancers, même s'il subsiste d'importantes différences d'un cas à l'autre. La survie à 5 ans est plus élevée chez les femmes (63 %) que chez les hommes (44 %) et diminue avec l'âge au moment du diagnostic (70 % pour les 15-45 ans ; 58 % pour les 45-55 ans ; 50 % pour les 55-64 ans et les 65-74 ans ; 39,4 % pour les plus de 75 ans). Les moins bons résultats obtenus chez l'homme s'expliquent en partie par le fait qu'ils présentent des cancers plus graves et plus difficiles à traiter. Il n'en reste pas moins que sur 35 localisations communes aux deux sexes, 28 se caractérisent par une survie plus élevée chez la femme.
L'étude montre aussi d'importantes disparités en fonction du type de cancer. Ainsi pour les 4 types de tumeurs malignes les plus fréquents (60% de l'ensemble des cancers), la survie relative à 5 ans est de 85 % pour le cancer du sein, 80 % pour le cancer de la prostate, 56 % pour le cancer colorectal et seulement 14 % pour le cancer du poumon.
Loin de faire du triomphalisme, le Professeur Henri Pujol (Président de la Ligue française contre le Cancer) insiste sur le fait que ces chiffres montrent aussi l'étendue du chemin qui reste à parcourir !
Cancer du poumon : la radiothérapie parfois préférable à l'intervention chirurgicale
News 07-03-07
Selon une étude européenne, coordonnée par le professeur Jan van Meerbeeck (UZ Gent), la radiothérapie donne de meilleurs résultats qu'une intervention chirurgicale chez 15 à 20 % des patients souffrant d'un cancer du poumon.
Sources : Belga 06-03-07; De Morgen 07-03-07; Het Laatste Nieuws 07-03-07
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
Il s'agit d'une étude menée auprès de 582 patients atteints d'un cancer du poumon, qui étaient suivis depuis 1994 dans une série de pays européens, et chez lesquels le cancer du poumon avait métastasé dans les glandes lymphatiques de la cage thoracique. Ce type de situation se retrouve dans 15 à 20 % des patients souffrant de cancers pulmonaires.
Dans un premiers temps, tous ces patients ont bénéficié d'une chimiothérapie. Ensuite, 167 d'entre eux ont été opérés, tandis que 165 autres étaient soumis à une radiothérapie. Une évaluation a montré que les chances de survie étaient semblables dans les deux groupes : après 5 ans, 16 % des opérés étaient encore en vie et ce taux était de 14 % dans l'autre groupe. Cette différence n'est pas significative sur le plan statistique. Or, l'avantage de la radiothérapie est qu'elle s'accompagne de moins d'effets secondaires. Aussi donnera-t-on, en principe, une préférence à ce type de thérapie, pour ce groupe spécifique de patients. Bien entendu une décision sera prise au cas par cas et en accord avec le patient.
Notre Fondation soutient financièrement différents projets de recherche en Belgique. Parmi ceux-ci, notons celui du professeur Jan van Meerbeeck (portant sur les biomarqueurs liés aux tumeurs malignes de la plèvre).
Risque accru de cancer du sein lié à une densité mammaire plus élevée
News 05-03-07
Une étude canadienne laisse supposer qu'une densité élevée des tissus de la glande mammaire constituerait un facteur de risque de cancer du sein. Cela s'expliquerait par la présence accrue de cellules épithéliales, combinée à une présence moindre de tissus adipeux.
Source : Le Généraliste, 22-02-07
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
Plus de 40 études ont déjà mis en évidence un lien entre la densité élevée du sein et le risque de cancer. On ignorait cependant si cela était dû au fait qu'une densité plus élevée du sein constitue une entrave a une interprétation correcte de la mammographie (phénomène de « masque ») ou, si les facteurs qui favorisent cette densité sont les mêmes que ceux qui stimulent la croissance de la tumeur (hormones, facteurs de croissance).
Cette étude canadienne a porté sur 465 000 femmes (dont 1 112 souffrant d'un cancer du sein). Chez les femmes ayant développé un cancer du sein ultérieurement, une première mammographie, effectuée avant l'apparition de la maladie, avait révélé que la densité du sein était de 5,8% supérieure à celle des femmes n'ayant pas eu ce type de cancer. Il faut toutefois garder à l'esprit que la densité du sein diminue avec l'âge. Une densité plus élevée pourrait être un risque de cancer en soi.
Aussi cette étude plaide-t-elle pour une évaluation systématique de la densité du sein lors de chaque mammographie. Pour le suivi des femmes présentant une densité extrêmement élevée, une mammographie digitale, une échographie ou une RMN (résonance magnétique nucléaire) seraient plus indiquées qu'une mammographie classique, les résultats de ces méthodes étant moins influencés par la densité du sein.
Sélection d'embryons dans les cas de cancers du sein héréditaires
News 03-03-07
Des chercheurs britanniques et américains viennent de mettre au point un test permettant de sélectionner des embryons non porteurs des gènes mutés impliqués dans le développement de cancers du sein héréditaires. Une manière de stopper la transmission de ces gènes mais qui risque de soulever bien des questions éthiques.
Source : Het Laatste Nieuws, 26-02-07
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
Environ 5 % des cancers du sein se développent dans un contexte de prédisposition héréditaire. Plusieurs gènes prédisposant ont été identifiés, les plus importants étant les gènes BRCA1, BRCA 2, BRCA 3 et p53. Chacune de nos cellules comporte deux copies de chaque gène, provenant l'une de la mère et l'autre du père. Si l'une des deux copies de ces gènes prédisposant est anormale, le risque de cancer du sein augmente fortement. Cette prédisposition risque alors, une fois sur deux, d'être transmise à la descendance. Dans les familles où une telle prédisposition génétique est suspectée, un test génétique peut être proposé. Une simple prise de sang doit être envoyée dans un laboratoire de génétique pour analyse spécialisée. En cas de résultat positif, différentes dispositions peuvent être proposées : stratégie de dépistage adaptée ou, parfois, intervention de chirurgie préventive (ablation bilatérale des seins, suivie d'une chirurgie reconstructrice, par exemple).
Ce type d'approche ne permet toutefois pas d'empêcher le risque de transmission du gène défectueux à la descendance. C'est pourquoi des chercheurs britanniques et américains ont développé récemment une technique de diagnostic prénatal et une méthode de sélection des embryons. Pour ce faire, il faut passer par une fécondation in vitro (avec les spermatozoïdes du père et les ovules de la mère), suivie de la sélection des embryons non porteurs d'un gène de prédisposition au cancer du sein, puis d'une ré-implantation dans l'utérus de la mère. Cette approche permet à des couples de concevoir des enfants sans risquer de transmettre la prédisposition au cancer du sein.
Cependant, ce « diagnostic pré-implantatoire » soulève également des questions éthiques. En effet, les individus porteurs de l'anomalie génétique peuvent très bien ? malgré leur risque augmenté - ne jamais développer de cancer du sein. A l'inverse, parmi les femmes indemnes de prédisposition génétique, une sur dix environ sera malgré tout atteinte par un cancer du sein. Il n'y a donc de certitude absolue dans aucune de ces deux situations. Enfin, reste la question de la destruction ou de l'utilisation éventuelle pour la recherche des embryons porteurs de l'altération génétique?
Du benzène dans les limonades ?
News 04-03-07
Une étude menée en 2006 par l'agence anglaise pour la sécurité de la chaîne alimentaire révèle que certaines boissons rafraîchissantes présentent un taux de benzène trop élevé. Plusieurs marques en contiendraient de 2 à 6 fois plus que la limite maximale autorisée par l'Organisation Mondiale de la Santé. Après une étude du marché, Test-Achats a heureusement pu conclure que seule une minorité de ces boissons était concernée en Belgique.
Source : Test-Achats, 01-03-07
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
Des études scientifiques ont déjà fait apparaître un lien entre des doses élevées de benzène et certains types de cancer. Mais ce rapport de cause à effet concerne essentiellement des catégories professionnelles exposées de manière intensive au benzène.
Dans l'industrie alimentaire, l'acide benzoïque et les sels qui en sont dérivés sont utilisés comme additifs (agents conservateurs). Tout comme pour n'importe quel autre additif, le taux de benzène est soumis à une limite maximale, mais il s'avère que celle-ci n'est pas respectée dans certaines boissons. La proportion d'acide benzoïque dans le produit fini est notamment influencée par la quantité de sucre présente. Plus celle-ci est élevée, plus la concentration en benzène sera faible. Elle sera donc la plus élevée dans les boissons ?light', qui ne contiennent que peu ou pas de sucre.
Doit-on s'inquiéter de la teneur excessive en benzène trouvée dans certaines boissons ? Pas vraiment, étant donné que seules 3 des 18 boissons testées pour la Belgique avaient une teneur en benzène trop élevée. De plus, la quantité de benzène que nous inhalons quotidiennement à cause de la pollution atmosphérique est de loin supérieure à celle présente dans les boissons incriminées. Enfin, le benzène peut être remplacé par d'autres agents conservateurs non cancérigènes. Les producteurs chez qui des quantités dépassant les limitées autorisées avaient été constatées se sontdéjà engagés à apporter les changements nécessaires. Ceci dit, loin de nous l'idée d'encourager la consommation de telles boissons, car il existe des choix nettement plus sains. Mais il n'y a en tout cas aucune raison de paniquer pour les amateurs qui ne peuvent s'en passer.
Cancer du côlon : des cellules souches en cause ?
News 15-02-07
Deux équipes indépendantes, l'une canadienne et l'autre italienne, ont découvert récemment que des cellules souches pourraient être responsables du développement du cancer du côlon. Ces découvertes pourraient modifier profondément notre compréhension des mécanismes de la cancérisation et offrir un nouvel espoir de traitement dans certaines formes de la maladie.
Source : Le Journal du Médecin, 26-01-07
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Jusqu'ici, on pensait que toutes les cellules constituant une tumeur cancéreuse se comportaient plus ou moins de la même façon. Mais depuis peu, un nouveau concept a émergé : celui des cellules souches cancéreuses. De quoi s'agit-il ?
Il semblerait qu'au sein des tumeurs, une petite population de cellules indifférenciées (les fameuses cellules souches cancéreuses) soit responsable du déclenchement et de la croissance de la tumeur. Le rôle de ces cellules particulières est soupçonné depuis plusieurs années, mais c'est la première fois que des chercheurs parviennent à démontrer leur présence dans des tumeurs du côlon (d'autres équipes les avaient déjà mises en évidence dans certaines leucémies).
Les cellules souches pourraient expliquer pourquoi certaines tumeurs résistent aux traitements (chimiothérapie et radiothérapie) ainsi que les rechutes observées chez certains patients. En effet, les cellules souches normales sont mieux armées que les autres cellules pour réparer leur ADN et résister aux agressions. Ceci leur permet de persister dans l'organisme et de régénérer les tissus. Mais ces mêmes propriétés aideraient les cellules souches cancéreuses à résister aux chimio- et radiothérapies. De plus, les cellules souches cancéreuses sont peu différentiées, ce qui les rend difficilement repérables par notre système de défense immunitaire.
Le défi consiste maintenant à trouver comment cibler et détruire les cellules souches cancéreuses. L'un des principaux chercheurs ayant participé à cette découverte compare les tumeurs aux mauvaises herbes. « On peut couper et couper encore les feuilles d'une mauvaise herbe, celle-ci repoussera sans cesse. Mais si on coupe ses racines maîtresses, les feuilles vont se faner d'elles-mêmes ».
Cette découverte est importante à plus d'un titre. Tout d'abord, parce qu'elle concerne le deuxième cancer le plus fréquent dans les pays industrialisés (cancer colorectal). Ensuite, parce qu'elle ouvre de nouvelles pistes de recherche. Reste aux chercheurs à mettre au point de nouvelles molécules capables d'éliminer sélectivement ces cellules souches cancéreuses sans atteindre les cellules normales de l'organisme.
Progression du cancer à travers toute l'Europe
News 10-02-07
Une étude récemment publiée par le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC) indique que le cancer continue sa progression en Europe avec quelque 3,2 millions de nouveaux cas diagnostiqués dans 39 pays en 2006, soit 300 000 de plus qu'en 2004, et 1,7 millions de décès l'an dernier. Le cancer du poumon reste le plus meurtrier et le cancer du sein est celui qui est le plus fréquemment diagnostiqué.
Sources : Belga, 06-02-07 ; Metro, 07-02-07 ; De Morgen, 07-02-07 ; De Standaard, 08-02-07 ; Le Soir, 07-02-07 ; Het Laatste Nieuws, 07-02-07 ; L'Echo, 07-02-07 ; De Tijd, 07-02-07.
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Globalement, ces chiffres indiquent une augmentation de 10 % du nombre de nouveaux cas de cancer diagnostiqués par rapport en 2004. Comment les interpréter ?
Plusieurs facteurs entrent en ligne de compte. Le premier concerne le vieillissement de la population européenne. Face à de nombreux cancers, le facteur de risque N°1 est l'âge ! Or, la longévité des européens s'est considérablement accrue au cours du 20ème siècle. Autre élément à prendre en considération : un meilleur enregistrement des cas de cancers dans de nombreux pays (Registres des Cancers) ainsi qu'un dépistage précoce plus fréquent.
Le rapport du CIRC indique que le cancer du poumon reste le plus meurtrier (334 000 décès, soit 19,7 % du total), suivi par le cancer colo-rectal (207 000), le cancer du sein (131 900) et celui du de l'estomac (118 200). Ces estimations montrent clairement à quels problèmes il convient de s'attaquer en priorité.
La grande majorité des cancers du poumon est due à la consommation de tabac et la réduction de cette consommation est une priorité en Europe, non seulement chez l'homme mais aussi chez la femme.
Quant au cancer du sein, il reste un enjeu de santé publique en Europe. Le dépistage systématique de la population par mammographie permettrait de réduire sensiblement la mortalité par cancer du sein, pour autant que 70 % des femmes concernées participent à ce dépistage. De nombreux progrès sont encore à faire dans ce domaine pour convaincre la population féminine.
Le cancer colorectal est le 3ème cancer chez l'homme et le second chez la femme. Il est globalement la seconde cause de mortalité par cancer en Europe. La mise en place d'un dépistage généralisé devrait aboutir à une diminution notable de cette mortalité si 50 % de la population concernée s'y soumettait.
Face aux chiffres quelque peu alarmants publiés par le CIRC, quelles seraient les actions à entreprendre pour enrayer le phénomène ?
Impossible d'interdire aux individus de vieillir !
Mais les pouvoirs publics peuvent agir efficacement, notamment par une réduction drastique de la consommation de tabac, en encourageant les femmes à faire leur mammotest et en mettant en place un dépistage du cancer du colon, mesures qui devraient permettre de diminuer de façon significative la mortalité par cancer en Europe.
Au niveau individuel, la modification de certains modes de vie devrait également permettre d'éviter bon nombre de cancers : ne pas fumer, limiter son exposition aux rayons ultraviolets, consommer quotidiennement des fruits et des légumes, pratiquer régulièrement des activités physiques, éviter l'embonpoint, etc.
En conclusion, chacun a sa part de responsabilité si l'on veut inverser la tendance.
Cancer du sein : une nouvelle combinaison de médicaments bientôt à l'étude ?
News 08-02-07
Un traitement combinant un médicament anticancéreux et une substance neutralisant une hormone a très nettement réduit le cancer mammaire chez la souris, le supprimant même entièrement dans certains cas, selon une étude américaine publiée à la fin du mois de janvier dernier.
Sources : Belga : 30-01-07 ; Proc. Natl. Acad. SCI USA, 29-01-07
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
L'équipe du Professeur Andrew Schally (Université de Miami, USA) a développé une substance appelée JMR-132, qui neutralise l'action de l'hormone de croissance GNRH. Cette dernière semble jouer un rôle important dans la croissance de certaines tumeurs cancéreuses, notamment celles du sein.
Après 3 semaines de traitement, la nouvelle molécule testée réduit le volume tumoral de 63 % chez les souris atteintes de cancer mammaire. Si on leur administre du Docetaxel (un anticancéreux utilisé classiquement en chimiothérapie) dans les mêmes conditions, on obtient une réduction de 74 % du volume tumoral. Mais si on combine le JMR-132 au Docetaxel, la réduction du volume de la tumeur atteint 97 % et, dans certains cas, la tumeur est même totalement éradiquée.
Cette combinaison, qui n'a pas eu d'effets toxiques ou provoqué d'effets secondaires graves chez l'animal, pourrait potentiellement constituer un progrès dans le traitement du cancer du sein chez la femme. Reste à vérifier si ce qui fonctionne chez la souris est aussi efficace dans le genre humain? Des essais cliniques utilisant cette nouvelle combinaison thérapeutique devraient démarrer sous peu.
Importance de l'alimentation en cas de cancer
News 04-02-07
Lors du 28e Congrès annuel de l'European Society for Clinical Nutrition and Metabolism (ESPEN), deux études intéressantes ont été présentées. Des équipes de chercheurs mexicains et slovènes ont présenté les résultats d'études relatives à l'importance de l'alimentation en cas de cancer.
L'équipe mexicaine a démontré l'importance d'une approche alimentaire complémentaire en cas de cancer des ovaires. Le type de tumeur ? bénigne ou maligne ? et le fait que la patiente soit ou non sous-alimentée au moment du diagnostic déterminent l'approche choisie.
Les chercheurs slovènes ont souligné l'importance de la détection de la sous-alimentation chez tous les patients cancéreux et, dès lors la nécessité d'un encadrement alimentaire professionnel, étant donné que la seule sensibilisation des patients à la sous-alimentation s'est avérée insuffisante.
Source : Le Généraliste, 18-01-07
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
La Fondation se réjouit de l'intérêt croissant des chercheurs pour l'alimentation en cas de cancer. Leurs travaux démontrent en effet l'importance d'un programme alimentaire adéquat en guise de thérapie de soutien. Celui-ci aurait une influence positive sur la morbidité (risque de maladie) et sur la mortalité (risque de décès) en cas d'intervention chirurgicale, de radiothérapie et de chimiothérapie, ainsi que sur la manière dont la tumeur réagit au traitement.
Il apparaît en outre que les patients souffrant de malnutrition sont plus sensibles à la toxicité du traitement (qui peut notamment aggraver les nausées) et présentent une moindre résistance aux infections. Les recherches indiquent également que la durée d'hospitalisation (et donc les frais qui y sont liés) peut être considérablement réduite chez les patients correctement alimentés.
Enfin ? et ce point n'est pas des moindres ? on constate une influence positive sur le bien-être et l'état physiologique du patient, ce qui permet de maintenir ou d'améliorer sa qualité de vie. L'importance de l'alimentation en cas de cancer est donc loin d'être négligeable !
Pour en savoir plus, nous vous suggérons de visiter notre site la rubrique « L'alimentation en cas de cancer ».
Cancer du sein : un nouveau médicament ciblé à l'étude
News 25-01-07
Le médicament connu sous le nom d'Herceptin a déjà fait couler beaucoup d'encre l'année dernière. Et pour cause ! Sa mise au point a permis des progrès dans le traitement de certains cancers du sein. Les cellules de ces cancers particuliers présentent à leur surface de nombreux récepteurs appelés HER2 ou neu. C'est le cas dans environ un cancer du sein sur cinq. L'Herceptin peut se lier à ce récepteur et empêcher dès lors la prolifération de ces cellules cancéreuses.
Toutefois, certaines patientes qui reçoivent de l'Herceptin finissent par de ne plus répondre au traitement. Il fallait dès lors trouver un autre médicament capable de bloquer à nouveau ces récepteurs, mais par une voie différente. C'est probablement chose faite grâce au lapatinib, une nouvelle molécule actuellement en cours d'expérimentation clinique.
Source : Le Généraliste, 18-01-07
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
De nouvelles molécules prometteuses, potentiellement actives lorsque l'Herceptin a épuisé son action, sont effectivement en cours de développement. L'une d'entre elles, appelée lapatinib ou Tykerb, vient de montrer une réelle efficacité.
L'efficacité de cette molécule repose sur son mode d'action particulier.
Pour bien le comprendre, rappelons qu'un récepteur comme HER2, situé au niveau de la membrane cellulaire, possède deux parties, l'une située à l'extérieur de la cellule et l'autre à l'intérieur. Alors que l'Herceptin bloque le récepteur HER2 en se fixant à sa partie extra-cellulaire, le lapatinib neutralise le domaine intracellulaire du récepteur. Cette liaison empêche la prolifération cellulaire mais aussi divers processus intervenant dans la progression et l'invasion tumorales ainsi que la formation de métastases.
Dans l'étude en cours, les résultats préliminaires montrent que lorsque le lapatinib est associé à la capécitabine (une chimiothérapie), l'intervalle de temps sans progression de la maladie double chez les patientes ainsi traitées. Il semble donc que le lapatinib puisse prendre utilement le relais lorsque l'Herceptin n'arrive plus à maîtriser la maladie.
Les résultats de cet essai clinique ont été présentés lors du congrès annuel de l'ASCO (American Society of Clinical Oncology) à Atlanta en juin dernier. La prochaine étape consistera à proposer le médicament à un plus grand nombre de patientes avant d'entamer son éventuelle commercialisation.
Les chercheurs envisagent déjà de nouvelles combinaisons de ces molécules avec d'autres médicaments pour obtenir des rémissions encore plus nombreuses et de plus longue durée, voire même des guérisons définitives.
Les extraits de gui ne constituent pas un traitement contre le cancer !
News 24-01-07
Selon le journal médical Le Généraliste, pas moins de 145 000 sites web présentent les injections à base d'extraits de gui comme des traitements alternatifs contre le cancer ! Heureusement, l'immense majorité des médecins, y compris ceux qui s'intéressent aux médecines dites alternatives, recommandent le gui en tant que décoration de Noël ? et non comme traitement anticancéreux !
Sources : Le Généraliste, 11-01-07 ; British Medical Journal, 2006, 333 :1293-1294
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Les médecines dites parallèles, alternatives ou douces peuvent poser de sérieux problèmes en cancérologie. Si l'on peut parfaitement comprendre qu'un malade soit parfois tenté d'y faire appel, il n'est pas inutile de rappeler certains faits
- Tout d'abord, les très nombreuses pratiques dites alternatives ont comme point commun de ne pas avoir fait la preuve scientifique de leur efficacité, contrairement aux traitements dits classiques.
- Certains traitements « alternatifs » peuvent perturber le fonctionnement des traitements classiques.
- Des médecines « alternatives » ou « douces » ne sont pas toujours dépourvues d'inconvénients voire même de risques pour la santé.
C'est pourquoi de tels traitements ne doivent jamais être entrepris à l'insu du cancérologue traitant ni sans lui avoir préalablement demandé son avis.
L'exemple pris par le journal « Le Généraliste » illustre bien le « business » qui s'est développé dans ce domaine, comme en attestent les informations publiées sur de nombreux sites internet, relatives aux prétendues vertus des extraits de gui, cet arbuste parasite qui pousse sur certains arbres.
Durant l'Antiquité, le gui avait déjà une solide réputation de remède universel auprès des Grecs et des Celtes. Plus tard, la phytothérapie traditionnelle a conservé l'usage de la plante pour traiter l'hypertension artérielle et pour prévenir l'athérosclérose dans diverses régions d'Europe occidentale. En médecine traditionnelle chinoise, le gui est encore utilisé pour soulager les douleurs arthritiques.
Au début du vingtième siècle, certains scientifiques émirent l'hypothèse que la plante pouvait être utile dans le traitement du cancer. Depuis, diverses études cliniques ont été menées pour vérifier l'usage thérapeutique de l'administration sous-cutanée ou intramusculaire de diverses préparations à base de gui.
Bien que des résultats intéressants aient pu être obtenus en laboratoire, aucune de ces études n'a été scientifiquement validée à ce jour chez l'homme. Au contraire, une étude récente publiée dans la très sérieuse revue British Medical Journal en décembre 2006, indique que l'injection sous-cutanée d'extrait de gui ne s'avère pas bénéfique dans le traitement du cancer et qu'elle pourrait même favoriser la prolifération de certains cancers.
En conclusion, nous vous invitons à la plus extrême prudence. Outre le risque que ce type de traitement présente pour la santé, il laisse souvent le champ libre à des personnes peu scrupuleuses qui seront tentées d'exploiter financièrement le désarroi et la détresse des patients !
Des poules transgéniques capables de produire des médicaments anticancéreux
News 19-01-07
Des chercheurs britanniques du Roslin Institute (Ecosse) ont réussi à élever des poules génétiquement modifiées dont les œufs contiennent des protéines nécessaires à la fabrication de médicaments anticancéreux.
Sources : Vers l'Avenir, 16-01-07, Gazet Van Antwerpen, 16-01-07
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Les généticiens du Roslin Institute ont conçu deux lignées de poules génétiquement modifiées, capables de produire un antiviral, l'interféron humain b-1a, et un anticancéreux, l'anticorps monoclonal miR24, utilisé dans le traitement de mélanomes malins (un cancer particulièrement agressif de la peau).
Ces chercheurs ne sont pas les premiers à avoir tenté l'expérience, mais c'est la première fois qu'ils obtiennent des résultats reproductibles et stables et, qui plus est, un rendement suffisant pour permettre la fabrication du médicament.
En pratique, les chercheurs utilisent un virus pour introduire un gène dans le patrimoine génétique de la poule, gène chargé de produire dans le blanc d'œuf, des protéines d'intérêt thérapeutique. Celles-ci sont ensuite extraites et purifiées. La technique permet d'obtenir une quarantaine de microgrammes de médicament extrait par millilitre de blanc d'œuf, ce qui devient réellement compétitif et intéressant par rapport aux autres techniques de production utilisant des bactéries par exemple.
Il reste maintenant à l'équipe de chercheurs à tester les médicaments ainsi obtenus ? ce qui devrait encore prendre une dizaine d'années. Patience donc ! Mais si les tests s'avèrent positifs, on bénéficiera alors d'une technologie capable de produire massivement et à bas prix des médicaments utilisables dans le traitement du cancer.
Traitement des cancers : bilan des progrès récents
News 13-02-07
Plusieurs centaines d'experts, principalement européens, nord américains et asiatiques, se sont réunis à Paris pour dresser le bilan des progrès récents dans le traitement des cancers. Cette réunion, à l'image des autres grands congrès internationaux, montre combien l'information circule intensément dans la grande « famille » de la cancérologie mondiale. De tels échanges sont indispensables pour offrir rapidement aux patients le meilleur accès possible aux innovations thérapeutiques.
Source : 18ème congrès international sur le traitement des cancers, Paris, du 6 au 9 février 2007.
La Belgique à l'honneur
Les médecins belges étaient particulièrement bien représentés parmi les orateurs de ce congrès. Ainsi, lors de la session présidentielle, véritable temps fort de ces journées, deux des cinq présentations étaient assurées par des personnalités belges de renom international, à savoir les Professeurs Martine Piccart et Eric Van Cutsem.
La baronne Piccart est par ailleurs membre du conseil d'administration de notre Fondation et le Professeur Van Cutsem fait partie de notre conseil scientifique clinique.
Ajoutons que le Professeur David Khayat, éminent cancérologue français et Président du congrès de Paris, préside également notre Conseil scientifique clinique.
La Fondation contre le Cancer est donc particulièrement bien conseillée?
Un programme des plus complets
Impossible de résumer en quelques lignes le contenu de ces journées.
Discussion des meilleurs standards actuels de traitement, état des lieux de la recherche clinique, nouvelles perspectives de traitements « sur mesure », progrès en matière de diagnostic ou d'imagerie médicale, sans oublier les soins supportifs ou l'approche particulière des traitements chez les patients âgés? Il y avait de quoi passionner le public le plus exigeant.
Quatre jours d'échanges intenses et de rencontres informelles entre experts, avant de retourner sur le terrain pour mettre en pratique ce qui a été appris.
Confirmations et idées nouvelles
Pour la Fondation, assister à un congrès comme celui de Paris, c'est d'abord l'occasion de vérifier la pertinence de ses choix et de ses activités.
A cet égard, le résultat est plus que satisfaisant.
Ainsi, la plupart des orateurs, toutes disciplines confondues, ont insisté sur l'importance décisive d'équipes soignantes spécialisées et pluridisciplinaires.
La Fondation, qui vient notamment d'appuyer la reconnaissance en Belgique de la spécialité en oncologie médicale, s'inscrit directement dans cette priorité.
Second point important : le plaidoyer des experts pour une large participation des malades et des équipes soignantes à la recherche clinique. Ici aussi, la Fondation applique cette recommandation en finançant de nombreux protocoles cliniques et en aidant certains hôpitaux à engager du personnel spécialement à cet effet.
L'une des recherches cliniques soutenues par la Fondation en Belgique a même été citée à Paris, lors de la session présidentielle, comme contribuant de façon importante à la détermination de cartes d'identité génétique des tumeurs. Il s'agit de l'une des voies majeures de la recherche actuelle?
Un grand congrès international, c'est enfin le lieu idéal pour « pêcher » des idées nouvelles. Reste, une fois rentré à Bruxelles, à les traduire en actions de terrain ou en thèmes de communication pour les patients, leurs proches, le grand public ou les soignants.
Vous en verrez les retombées sur notre site Internet, dans le CancerInfo ou lors de journées d'informations.
Bref, ces quatre jours à Paris ont été particulièrement bien remplis et riches d'enseignement pour la Fondation.
Moins de cancers du sein grâce à un usage plus limité de substituts hormonaux?
News 11-01-07
D'après le sénateur Patrick Vankrunkelsven, docteur en médecine, le nombre de cas de cancers du sein a diminué en Flandre. Cette évolution s'expliquerait par le fait que moins de femmes se voient prescrire une thérapie de substitution hormonale (des hormones administrées pour réduire les effets gênants de la ménopause). Tout le monde ne partage cependant pas cet avis?
Sources: Het Laatste Nieuws, 04-01-07; Belga, 03-01-07; Het Belang van Limburg 04-01-07; De Standaard 04-01-07; Métro 03-01-07
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
Aux Etats-Unis, on a constaté que le nombre de cas de cancers du sein avait diminué de 40% en 2004 et de 50% en 2005 parmi les femmes de 50 à 70 ans, et ce comparativement à 2001. Simultanément, on note une diminution importante du nombre de thérapies de substitution hormonale. Une tendance semblable a été observée dans le Limbourg où une diminution de 15% du nombre de cas de cancers du sein a été notée parmi les femmes de 50 à 69 ans en 2003 par rapport à 2002.
Tout d'abord, il convient de remarquer que cette tendance a bien été observée dans le Limbourg, mais qu'elle n'est pas confirmée à Anvers, par exemple, ni en Angleterre. D'autre part, le fait que l'on constate, au cours de la même période, une diminution simultanée des cas de cancers du sein et du nombre de thérapie de substitution hormonale, ne signifie pas nécessairement qu'il y ait un lien de cause à effet entre les deux phénomènes. Aux Etats-Unis, le nombre de cancers du sein qui ne sont pas hormono-dépendants a également diminué. D'autres études sont donc nécessaires avant que l'on puisse dégager des conclusions définitives.
Nous ne pouvons pas oublier non plus qu'un dépistage plus systématique (mammographie) ait un impact sur le nombre de cas de cancers diagnostiqués.
Pour l'heure, nous pouvons conclure que l'usage d'hormones de substitution ne peut pas être rejeté en bloc, mais que, pour chaque femme prise individuellement, il faut dresser un inventaire des avantages et des inconvénients éventuels. Cette évaluation doit se faire par le médecin traitant en concertation avec la femme concernée.
Découverte d'un nouveau gène de prédisposition au cancer
News 10-01-07
Les chercheurs de l'Université Libre d'Amsterdam (VUmc) viennent de découvrir un nouveau gène, dénommé FANCN, susceptible d'induire divers cancers chez l'enfant et le cancer du sein chez la femme adulte. Cette découverte a été publiée en primeur sur le site Internet de Nature Genetics le 31 décembre dernier et devrait être présentée dans leur revue au cours de ce mois de janvier.
Sources : Belga, 02-01-07 ; Het Laatste Nieuws
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
Les chercheurs de l'université hollandaise ont montré que lorsqu'un enfant est porteur des deux copies altérées de ce gène, il est susceptible de développer une leucémie, un cancer du cerveau ou un cancer du rein avant sa cinquième année. Si un individu est porteur d'une seule copie anormale du gène FANCN (également connu sous le nom de PALB2), il multiplie par 2,4 son risque d'être atteint d'un cancer du sein à l'âge adulte.
Une équipe d'Harvard (Etats-Unis) avait déjà découvert que l'altération d'un autre gène (BRCA2) pouvait induire le développement de certains cancers du sein chez l'adulte. Toutefois, pour causer la maladie, le gène BRCA2 semblait avoir besoin d'une autre protéine partenaire. Cette dernière pourrait bien être la protéine fabriquée par le gène FANCN altéré.
Ces travaux sont également à mettre en relation avec les recherches d'une équipe britannique qui a étudié le gène PALB2 chez 923 femmes atteintes d'un cancer du sein et ayant des antécédents familiaux autres que ceux liés aux gènes de prédisposition BRCA1 et BRCA2. Ils ont constaté que dix des 923 patientes possédaient une version altérée (mutée) du gène PALB2, ce qui n'était le cas d'aucune des 1 084 femmes en bonne santé observées à titre de comparaison.
Ces découvertes montrent que les mécanismes génétiques à l'origine des cancers sont particulièrement complexes. De nombreuses équipes de chercheurs y consacrent leurs travaux. Une meilleure compréhension de ces mécanismes devrait permettre à terme un meilleur dépistage et une prise en charge plus précoce chez les personnes à risque, voire même l'élaboration de nouvelles pistes de traitement.
Cancer du rein : cibler plus précisément les cellules cancéreuses pour les détruire sélectivement
News 04-01-07
L'équipe de chercheurs dirigés par le Professeur Vincent Castronovo (ULg) vient de mettre au point une méthode permettant d'identifier les antigènes spécifiquement exprimés à la surface des cellules malignes dans le cancer du rein. Cette approche ouvre peut-être une nouvelle voie vers des traitements plus ciblés.
Sources : Le Journal du Médecin, 08-12-06 ; Mol. Cell Proteomics 2006, 5 : 2083-2091
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Une voie prometteuse dans le traitement des cancers est le ciblage très précis des cellules tumorales. L'objectif est de pouvoir délivrer des médicaments cytotoxiques dans l'entourage immédiat de la tumeur, en utilisant des molécules qui reconnaissent spécifiquement des marqueurs tumoraux, tout en n'affectant pas (ou le moins possible) les tissus sains environnants.
Ces marqueurs tumoraux sont présents uniquement à la surface des cellules cancéreuses. Une fois ces marqueurs identifiés et purifiés, reste alors à produire d'autres substances capables de se fixer spécifiquement sur eux. Ces substances doivent ensuite être couplées à des drogues destinées à tuer les cellules cancéreuses. Elles agissent alors comme des « têtes chercheuses » qui conduisent le médicament là où il doit agir, protégeant ainsi les cellules saines.
C'est cette approche qui est suivie par les chercheurs liégeois qui ont pu identifier une quinzaine d'antigènes exprimés spécifiquement dans le cancer du rein.
L'étape suivante consistera à mettre au point des traitements anti-cancers ciblés et efficaces. Cette voie pourrait s'avérer prometteuse et s'appliquer ensuite à d'autres types de tumeurs.
Espérance de vie et cancer : la Belgique obtient un très bon score !
News 02-06-07
Notre pays peut se targuer d'enregistrer les meilleurs chiffres d'espérance de vie à court terme pour les cancers du gros intestin, du sein et de la prostate. Par rapport à 22 autres pays européens repris dans l'étude statistique publiée dans le Journal du Médecin du 25 mai dernier, les taux de survie s'avèrent plus élevés en Belgique.
Cinq ans après le diagnostic, 57% des patients belges atteints de cancer colorectal sont encore en vie. Pour les cancers du sein et de la prostate, ce taux atteint respectivement 82% et 85%.
La France obtient de meilleurs scores que la Belgique pour le cancer du poumon : 13,4% (12,5% en Belgique), tout comme les Pays-Bas qui, pour le cancer de l'utérus, devancent notre pays avec 69,4% (contre 68,4% en Belgique).
Sources : Belga, 24-05-07; Metro, 25-05-07; Het Nieuwsblad, 25-05-07; La Capitale, 25-05-07; Het Laatste Nieuws, 25-05-07; De Standaard, 25-05-07; Het Belang Van Limburg, 25-05-07
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Ces chiffres proviennent de l'organisation belge Pharma.be, coupole de l'industrie pharmaceutique dans notre pays. Celle-ci compare également la situation avec les quatre pays voisins de la Belgique. Dans ce contexte, on constate que notre pays enregistre les meilleurs taux d'espérance de vie après 5 ans pour le cancer du sein, de la prostate et du côlon/rectum.
Par ailleurs, en considérant tous les types de cancers, la Belgique enregistre une espérance de vie moyenne de 55,6% cinq ans après le diagnostic, soit un meilleur résultat qu'en France et en Allemagne, où 50,7% des patients sont encore en vie 5 ans après le diagnostic. Ce taux atteint 47,6% aux Pays-Bas et 40,6% au Royaume- Uni.
Comment interpréter ces chiffres encourageants ? Ils sont certainement dus, pour une part, au dépistage et au diagnostic précoce. En règle générale, plus un cancer est détecté précocement, meilleures sont les chances de guérison. Il faut bien entendu également tenir compte de l'amélioration des traitements, particulièrement au cours de cette dernière décennie.
Mais n'oublions pas pour autant d'autres cancers tels ceux de l'œsophage, du pancréas ou du poumon, dont les résultats en termes de survie nécessitent de nettes améliorations. De nombreux progrès restent à développer dans ce domaine.
Amélioration du dépistage du cancer de la prostate par le test PCA3 ?
News 26-09-07
Le premier test génétique, par prélèvement d'urine, permettant de diagnostiquer un cancer de la prostate vient d'être mis sur le marché en Belgique. Progensa PCA3 utilise la présence du PCA3, un marqueur génétique des cellules cancéreuses prostatiques, pour établir son diagnostic. Ce test est développé par la société américaine Gen-Probe.
Il peut être utilisé en parallèle aux méthodes actuelles pour confirmer un diagnostic de cancer de la prostate et devrait éviter à certains patients des biopsies inutiles.
Sources : Belga, 18-09-07 ; Het Belang van Limburg ; Het Nieuwsblad, 19-09-07 ; Vers l'Avenir, 19-09-07 ; Le Journal du Médecin, 18-09-07 ; De Standaard, 19-09-07 ; Het Laatste Nieuws, 19-09-07 ; De Morgen, 19-09-07 ; Le Soir, 19-09-07
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Le cancer de la prostate est le cancer le plus commun en Europe du Nord et de l'Ouest, et l'un des plus fréquents chez l'homme, principalement après 60 ans.
Jusqu'à présent, un dépistage était envisageable sur base d'un test sanguin (dosage de l'antigène spécifique de la prostate ou PSA ) et d'un toucher rectal. Ce test PSA, dont l'utilité ne fait toujours pas l'objet d'un consensus scientifique, a été récemment très critiqué par le Centre fédéral d'expertise des soins de santé (KCE), notamment en raison de son manque de spécificité.
Le nouveau test PCA3 ne remplace pas les méthodes actuellement utilisées pour dépister ou diagnostiquer un cancer de la prostate, mais pourrait les compléter dans le but d'éviter des biopsies inutiles.
La principale indication du PCA3 concerne des patients qui présentaient un taux de PSA supérieur à la normale et chez qui une première biopsie prostatique s'est avérée négative. Dans ce type de situation, un examen de contrôle est envisagé quelques mois plus tard. C'est à ce niveau que le test PCA3 pourra apporter un nouvel élément d'analyse complémentaire, sans pour autant devoir recourir à une seconde biopsie (laquelle est coûteuse, désagréable et non dénuée d'effets secondaires).
Le test PCA3 est réalisé sur un échantillon d'urine. Il est capable d'y détecter la présence du gène PCA3, lequel est surexprimé dans 95 % des cas de cancer de la prostate. Plus son taux est élevé, plus la probabilité de présence d'un cancer de la prostate est grande.
Un bémol toutefois : en diminuant le nombre de biopsies, il y aurait malgré tout un risque de passer
« à côté » d'un certain nombre de cancers de la prostate. Par ailleurs, ce test, dont l'utilité doit être laissée à l'appréciation de l'urologue, n'est pas remboursé par la sécurité sociale et coûte entre 260 et 330 euros.
Enfin, notons que, pour l'instant, à peine cinq laboratoires en Europe sont équipés et accrédités pour ce test, et seuls trois d'entre eux sont déjà en mesure de réaliser l'analyse en routine. Parmi ceux-ci : le Centre des Technologies Moléculaires Appliquées des Cliniques universitaires Saint-Luc, laboratoire de référence en la matière.