-Moins de cancers du sein chez les femmes souffrant de migraines News 08-12-08
-Le cancer du poumon mieux compris News 15-11-08
-DCA : un produit miracle contre le cancer ? News 14-11-08
-Avis négatif du KCE pour le remboursement d’un traitement alternatif du cancer de la prostate News 05-11-08
-Cancer des ovaires: un test de dépistage fort discuté News 31-10-08
-Remboursement d'un médicament freinant la progression du cancer du côlon métastasé News 08-10-08
-Toutes les formes de traitements hormonaux substitutifs n’augmentent pas le risque de cancer du seinNews 24-09-08
-Du neuf pour le neuroblastome ! News 13-09-08
-Moins d’EPO pour les patients atteints de cancer News 10-09-08
-Des cigarettes radioactives ? News 04-09-08
-Des substances cancérigènes dans les frites ? News 01-09-08
-Le cancer dû à un champignon ? News 26-08-08
-Cancer du sein : quel risque de récidive 5 ans après le traitement initial ? News 21-08-08
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-Le Docteur de Funès autopsie la médecine News 16-06-08
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-Nouvelle piste de recherche pour empêcher le développement des métastases News 21-05-08
-Echec de certaines chimiothérapies dû à la présence de cellules souches cancéreuses du sein News 17-05-08
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-Découverte d’une prédisposition génétique au cancer du poumon News 17-04-08
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-Des recommandations nationales pour le traitement du cancer du gros intestin.News 08-01-08
Moins de cancers du sein chez les femmes souffrant de migraines
News 08-12-08
Selon une étude américaine menée à Seattle auprès de 3 400 femmes, le risque d’un cancer du sein serait de 30% inférieur chez les femmes qui présentent régulièrement des migraines.
Sources : Le Soir, 08-11-08; Het Belang van Limburg, 07-11-08
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
Tout comme pour le cancer du sein, l’influence hormonale joue un rôle important pour de nombreuses formes de migraine. Il n’est donc pas impossible qu’un rapport existe entre migraine et cancer du sein en ce qui concerne l’influence hormonale. Il serait toutefois prématuré de que la migraine est une sorte de facteur protecteur contre le cancer du sein. Bien que des indications épidémiologiques existent, selon cette étude de Seattle, nous nous devons d’être toujours prudents avec des données statistiques. C’est pourquoi, une confirmation par le biais d’autres études menées à grande échelle est nécessaire. Ces données pourraient servir de point de départ pour les recherches relatives au mécanisme biologique impliqué dans la relation entre migraine et cancer du sein.
Le cancer du poumon mieux compris
News 15-11-08
Plusieurs anomalies génétiques seraient impliquées dans le développement de la forme la plus fréquente de cancer du poumon, appelée adénocarcinome en langage médical. Plus d’un million de décès par an dans le monde sont attribués aux cancers pulmonaires, d’où l’importance de mieux comprendre leur développement pour pouvoir ensuite développer de nouveaux moyens de traitement. Source : Belga, 22-10-08
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
L’adénocarcinome du poumon est au centre de recherches génétiques approfondies. Des médecins américains ont identifié plusieurs anomalies génétiques associées à ce cancer, ce que l’on appelle des mutations. Après avoir étudié chez ces malades des centaines de gènes ayant des liens connus ou possibles avec le cancer du poumon, ils les ont comparés avec les mêmes gènes mais chez des personnes saines. Résultat : une vingtaine de gènes ont été identifiés comme étant modifiés en cas de cancer.
Parmi les gènes anormaux, on a pu en reconnaître certains qui sont également liés à d’autres maladies cancéreuses, comme par exemple certaines leucémies ou lymphomes, ou encore des cancers du gros intestin.
Cette découverte multiplie par deux le nombre de gènes anormaux pouvant être actuellement associés au cancer du poumon.
Autre constatation importante chez les fumeurs atteints de ce cancer : les défauts génétiques sont plus nombreux chez eux que chez les non-fumeurs. De quoi préciser davantage le risque cancérigène de la fumée de tabac.
Le fait de connaître avec plus de précision les anomalies sous-jacentes au cancer du poumon devrait servir de base à la mise au point de nouvelles méthodes de diagnostic et à des traitements mieux ciblés.
De plus, des gènes mutants étant communs à d’autres cancers, ces derniers pourraient peut-être bénéficier eux aussi de ces améliorations.
Bref, les chercheurs ont encore du travail…
DCA : un produit miracle contre le cancer ?
News 14-11-08
Certains médias font part de résultats miraculeux grâce à l’utilisation du Dichloroacétate (DCA) dans le traitement du cancer. Bien qu’il n’y ait actuellement aucun médicament autorisé en Belgique à base de Dichloroacétate et que les résultats des études cliniques en cours au Canada ne soient pas encore connus, ce produit semble en vente via Internet ! Attention : danger !
Sources : Het Laatste Nieuws, 31-10-08 & 03-11-08
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
Le DCA ou Dichloroacétate est une molécule qui a déjà été utilisée dans certaines situations d’urgence médicale pour prévenir ou neutraliser l’accumulation d’acide lactique lors d’hémorragie ou d’hypoxie par exemple. Ce composé intervient en stimulant l’activité de la pyruvate déshydrogénase, c’est-à-dire l’enzyme qui favorise le recyclage de l’acide pyruvique et l’empêche de se transformer en acide lactique. Ce traitement est administré sous strict contrôle médical car il n’est pas dénué d’effets secondaires ; il peut en effet conduire à une neuropathie périphérique (atteinte des nerfs).
Récemment, des chercheurs canadiens ont constaté que le DCA pouvait détruire des cellules cancéreuses cultivées en laboratoire, en induisant l’apoptose (mort cellulaire programmée). Des expériences ont ensuite été effectuées chez des rats auxquels des cellules cancéreuses (issues de tumeurs du cerveau, du poumon et du sein) avaient été implantées. Les résultats se sont avérés intéressants puisqu’une régression tumorale était constatée chez bon nombre d’animaux.
Sur base de ces données prometteuses, un essai clinique a démarré au Canada (Alberta, Edmonton) sous la supervision des Professeurs Peter Venner et Evangelos Michelakis, auprès de patients atteints d’une tumeur cérébrale (gliome). L’étude étant en cours, il va de soi que les résultats ne sont pas encore connus !
Mais attention : ce produit semble déjà être vendu sur Internet (sans aucune garantie de qualité par ailleurs). Nous en déconseillons vivement l’utilisation hors du cadre d’une étude clinique rigoureusement contrôlée.
L’AFMPS (Agence Fédérale des Médicaments et des Produits de Santé) émet les mêmes recommandations et demande en outre aux pharmaciens de ne pas utiliser le DCA pour en faire des préparations magistrales. Outre la neurotoxicité évoquée ci-dessus, l’AFMPS précise également que le DCA peut également provoquer des lésions au niveau du foie et interagir avec d’autres médicaments utilisés pour traiter le cancer. Etant donné que beaucoup de ces médicaments sont eux-mêmes neurotoxiques, ces interactions peuvent être fatales.
Pour conclure, les études visant à tester l’efficacité du DCA chez des patients atteints de cancer ne relèvent pas du charlatanisme … mais n’en sont qu’au début de leurs investigations. Par contre, la vente de DCA via Internet semble bien relever d’un profit commercial basé sur la détresse de personnes confrontées à la maladie.
Avis négatif du KCE pour le remboursement d’un traitement alternatif du cancer de la prostate
News 05-11-08
Le Centre Fédéral d’Expertise des Soins de Santé (KCE) conseille de ne pas rembourser la technique HIFU (High-Intensity Focused Ultrasound ou ultrasons focalisés de haute intensité) pour le traitement du cancer de la prostate. Un conseil similaire a été donné en ce qui concerne deux traitements par laser de l’hypertrophie bénigne de la prostate.
Sources : Belga, 24-10-08 ; Le Soir, 25-10-08 ; La Libre Belgique, 25-10-08
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
La méthode HIFU consiste à détruire les cellules cancéreuses présentes dans la prostate au moyen d’ultrasons à haute fréquence. En Belgique, au cours des 8 dernières années, cette technique a été appliquée chez moins d’ 1% des patients atteints d’un cancer de la prostate. Son prix peut atteindre 3.000 euros. Le Centre d’Expertise estime qu’à l’heure actuelle, il n’existe pas suffisamment de données montrant les avantages de la technique HIFU par rapport au traitement standard, à savoir la chirurgie ou la radiothérapie. Une exception est cependant prévue pour les patients dont le cancer de la prostate récidive après un échec de la radiothérapie. Chez les hommes, l’HIFU peut constituer une bonne alternative à l’hormonothérapie, un traitement coûteux pouvant en outre s’accompagner d’effets indésirables. Pour ce groupe particulier de patients, le remboursement de l’HIFU est recommandé.
En cas d’hyperplasie bénigne de la prostate (beaucoup plus fréquente que le cancer), des traitements par laser ont été expérimentés au cours des dernières années afin de remplacer l’intervention chirurgicale (TURP ou résection transurétrale, c’est-à-dire une ablation chirurgicale via l’urètre). Mais, dans ce cas aussi, les données scientifiques relatives à l’innocuité et à l’efficacité de ce traitement par laser sont encore insuffisantes. D’où la recommandation de non-remboursement du KCE.
Cancer des ovaires: un test de dépistage fort discuté
News 31-10-08
Un test de dépistage du cancer des ovaires fait actuellement débat. Pour effectuer ce test, la firme américaine Labcorps propose une simple prise de sang. Mais son utilisation à large échelle pose problème.
Source : La Dernière Heure, 12-10-08
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
La principale cause de décès liée au cancer des ovaires est largement attribuée à une détection trop tardive, alors que la tumeur s’est déjà généralisée, a déjà envahi le bassin ou essaimé des métastases à distance. Au stade précoce, les symptômes, quand ils existent sont peu caractéristiques. Ainsi très peu de femmes sont amenées à consulter à temps.
La détection précoce du cancer de l’ovaire permettrait un traitement plus efficace. La mise au point d’un nouveau test de dépistage pourrait donc représenter un grand espoir.
Le professeur Gilmore et ses collègues de la Yale School of Medicine médecine ont développé un test capable de détecter quatre protéines dans le sang : la leptine, l’ostéopontine, la prolactine et le facteur de croissance IGF-II (Insulin-Like growth factor-II)3.
Si deux de ces quatre protéines chutent en dessous d’un certain seuil, le test indique la possibilité d’un cancer. Dans l’étude qui a regroupé plus de 200 femmes pour moitié atteintes d’un cancer de l’ovaire (y compris à des stades précoces) et pour l’autre moitié des femmes en bonne santé, les résultats sont très intéressants.
En effet, le test a correctement diagnostiqué 95% des femmes ayant un cancer.
Cependant, les épidémiologistes prônent la prudence en relevant le petit nombre de patientes investiguées, insuffisant pour que ce test soit utilisé à une échelle nationale. La fiabilité du test devrait être dans ce cas de plus de 99%.
Si le test était utilisé, en l’état actuel des résultats, à très grande échelle chez des femmes apparemment en bonne santé, il pourrait conduire à de faux diagnostics pour des milliers d’entre-elles : les unes injustement inquiétées et les autres faussement rassurées. Pas question, dans ces conditions, d’en généraliser l’usage.
L’attention se porte surtout sur les femmes ayant une ou plusieurs parentes au premier degré atteintes d’un cancer de l’ovaire. Les experts sont d’avis qu’il y aurait lieu de leur proposer un dépistage régulier combinant l’examen clinique, l’échographie et le dosage du taux de CA 125. Il existe peu de données concernant la fréquence d’un tel dépistage.
La question est de savoir si les 95% de fiabilité du test de Labcorps ne pourraient pas être suffisants pour le dépistage chez les femmes ayant des antécédents familiaux de cancer des ovaires, ce qui leur éviterait cette mise au point assez contraignante.
A ce jour, le test est toujours en cours d’évaluation et il est donc trop tôt pour se prononcer.
Remboursement d'un médicament freinant la progression du cancer du côlon métastasé
News 08-10-08
L'Avastin, médicament prescrit pour ralentir le développement de la tumeur cancéreuse, sera remboursé par l'assurance maladie à partir du 1er décembre 2008 aux personnes souffrant d'un cancer du côlon métastasé. Cette mesure devrait concerner quelque 500 malades dans notre pays.
Sources: Het Laatste Nieuws, 23-09-08; Gazet van Antwerpen, 22-09-08
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
Depuis longtemps déjà, notre Fondation milite en faveur d'un remboursement plus rapide des nouveaux médicaments utilisés dans le traitement du cancer, comme par exemple l'Avastin, remboursé depuis plusieurs années dans de nombreux pays européens. Il s'agit d'un traitement onéreux, dont le coût s'élève à 2 600 euros par mois.
Soulignons que l'Avastin ne guérit pas le cancer du côlon, mais permet de ralentir la progression de la maladie. L'espérance de vie et la qualité de vie des patients peuvent ainsi être améliorées. Chez certains malades traités par l’Avastin, le médicament permet de faire régresser la tumeur à un point tel qu'il devient possible d'opérer le patient pour procéder à l’ablation de la tumeur. L'Avastin freine la formation de nouveaux vaisseaux sanguins dans la tumeur – la privant ainsi de l'apport en oxygène et en substances nutritives dont les cellules cancéreuses ont besoin pour se développer. Toutefois, ce médicament peut entraîner certains effets secondaires, comme une hausse de la tension artérielle.
Notons cependant que l'Avastin n'est remboursé que lorsqu'il est utilisé en traitement de première ligne chez des patients atteints de cancer colorectal métastatique.
Toutes les formes de traitements hormonaux substitutifs n’augmentent pas le risque de cancer du sein
News 24-09-08
Une étude française (E3N) a montré qu’un traitement hormonal substitutif (l’administration d’hormones de remplacement) associant des œstrogènes percutanés (via la peau) à de la progestérone naturelle micronisée (préparation spéciale) n’augmentait pas le risque de cancer du sein.
Source : De Huisarts/Le Généraliste, 11-09-08
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
Il s’agit d’une étude prospective à grande échelle réalisée sur environ 100 000 femmes volontaires françaises nées entre 1925 et 1950, suivies depuis 1990. E3N est le volet français de l’étude European Prospective Investigation into Cancer and Nutrition, qui implique 500 000 personnes dans 10 pays européens. Des études épidémiologiques antérieures avaient conclu qu’un traitement hormonal substitutif (THS) de longue durée augmentait le risque de cancer du sein. Mais d’après cette étude française, ce ne serait pas exact pour toutes les formes (mode d’administration et type d’hormones) de THS.
Lorsqu’on décide d’administrer un THS, il conviendrait donc de privilégier autant que possible une administration d’œstradiol par voie cutanée et une combinaison d’œstradiol à de la progestérone naturelle micronisée. Cette étude montre également que le recours à des progestatifs synthétiques (c’est-à-dire non pas naturels mais fabriqués artificiellement) augmenterait en revanche le risque de cancer du sein.
Lors de la prescription éventuelle d’un THS sous telle ou telle forme, le médecin tiendra bien entendu compte de divers facteurs, qui peuvent varier d’une femme à l’autre.
Du neuf pour le neuroblastome
News 13-09-08
Une équipe de recherche internationale, incluant notamment des scientifiques de l’université de Gand, a découvert une anomalie au niveau d’un gène provoquant le neuroblastome, une forme de cancer infantile. Cette découverte ouvrira certainement la voie vers de nouveaux traitements.Sources : Belga, 28-08-09 ; De Morgen, 29-08-08 ; La Libre Belgique, 29-08-09 ; Gazet van Antwerpen, 30-08-09 ; De Standaard, 29-08-08 ;Le Soir, 29-08-08 ; Het Laatste Nieuws, 29-08-08
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
L’étude a été orchestrée par le Professeur John Maris de l’Hôpital des Enfants à Philadelphie (USA), en collaboration avec plusieurs équipes de scientifiques dont celle du Professeur Frank Speleman (à l’université de Gand) soutenu par la Fondation contre le Cancer.
Mal connu du public, le neuroblastome est une tumeur cancéreuse diagnostiquée le plus souvent chez de tout jeunes enfants. C’est à la fois une affection rare (un cas pour 100 000 enfants par an) et la tumeur solide extracrânienne la plus fréquente décelée avant l’âge de 5 ans. Elle est responsable de 15 % des décès par cancer chez l’enfant. Cette tumeur peut se développer à partir de différentes parties du système nerveux périphérique avant d’atteindre ensuite rapidement les os, la moelle osseuse, le foie ou la peau. La guérison peut être obtenue si le traitement (chirurgie associée ou non à une chimiothérapie) est administré lorsque la tumeur est encore localisée, ce qui est souvent le cas avant l’âge d’un an. Passé cet âge, les spécialises observent qu’environ 60 % des enfants atteints d’un neuroblastome présentent des métastases.
Jusqu’il y a peu, l’origine de cette tumeur restait assez imprécise. Aujourd’hui, la découverte d’une anomalie (mutation) au niveau d’un gène impliqué dans son développement ouvre de nouvelles perspectives. Ce gène, dénommé ALK (pour Anaplastic Lymphoma Kinase), agit comme une antenne placée à la surface de la cellule cancéreuse. Cette antenne capte des signaux de croissance cellulaire. Lorsque cette antenne présente une anomalie, cela provoque le déclenchement d’une prolifération cellulaire incontrôlée.
La mutation du gène étant à présent identifiée, les chercheurs vont rechercher le moyen de contrôler la fonction de ce gène. A terme, ces travaux devraient aboutir à la mise au point de nouveaux médicaments permettant de traiter plus efficacement cette maladie mais aussi de tests capables d’assurer une surveillance non agressive des enfants issus de familles dites à risque de développer la maladie (forme héréditaire de la maladie).
Moins d’EPO pour les patients atteints de cancer
News 10-09-08
Ces derniers temps, le recours à l’EPO (érythropoïétine) a diminué de 30 % dans de nombreux centres de traitement contre le cancer. Utilisé assez fréquemment pour lutter contre l’anémie chez les patients atteints de cancer, ce traitement semble en effet, à des doses élevées, provoquer des thromboses (formation d’un caillot dans un vaisseau sanguin), un risque accru de décès ainsi que le développement d’autres tumeurs.
Source : Het Belang van Limburg, 30-08-09
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
Suite aux résultats d’une étude européenne, il est actuellement recommandé de ne plus administrer d’EPO chez des patients atteints de cancer et souffrant d’anémie, mais présentant une longue espérance de vie. Dans ces conditions, mieux vaut procéder à des transfusions sanguines.
Les patients néphrétiques atteints d’anémie ne courent en revanche aucun risque puisque les doses d’EPO qui leur sont administrées sont 10 à 33 % moins élevées. Cependant, l’EPO peut toujours s’avérer utile chez les patients atteints d’un cancer à un stade avancé car ce traitement permet d’améliorer sensiblement la qualité de vie.
Des cigarettes radioactives ?
News 04-09-08
Les cigarettiers savent depuis les années 60 que le tabac de consommation contient du Polonium 210, une substance radioactive dangereuse Plutôt que d’en avertir les fumeurs, l’industrie a préféré stopper la publication de leurs recherches afin que le public ne soit pas mis au courant de la présence de ce produit cancérigène. Source : Le Soir, 26-08-08
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Les feuilles de tabac, les cigarettes et la fumée de tabac contiennent une substance radioactive, le Polonium 210. Les fabricants le savent depuis 40 ans, mais n'ont pas alerté la population. C'est ce que révèle une équipe de chercheurs américains dans un article publié dans le numéro de septembre de l'American Journal of Public Health.
Menée par Monique Muggli, chercheur au sein de la Mayo Clinic de Rochester, l'enquête a porté sur plus de 1500 documents internes des géants du tabac tels que Philip Morris, RJ Reynolds ou British American Tobacco.
Le Polonium 210 est le premier élément radioactif découvert par Pierre et Marie Curie en 1898. Cet émetteur de radiations se retrouve sur les feuilles de tabac via les engrais riches en phosphates utilisés pour cultiver les plants de tabac. Le Polonium 210 est à l’origine de cancers du poumon par inhalation. Pour rappel, le Polonium 210 a servi à assassiner l'ex-agent du KGB, Alexander Litvinenko, à Londres en 2006.
Les firmes ont tenté de réduire le taux de radioactivité de leurs produits ; Philip Morris a essayé de laver les feuilles de tabac avec un solvant... en vain. RJ Reynolds a testé un filtre spécial avant de renoncer également. Enfin, Philip Morris a créé un laboratoire spécialisé dans l'étude des radiations dues au Polonium 210 mais, par crainte que son existence ne pénalise l'entreprise cigarettière dans le cadre des procès anti-tabac, il a été fermé !
Les scientifiques demandent donc à ce que les paquets de cigarettes affichent un message informatif sur les dangers de l'exposition radioactive à cette substance.
La cigarette contient plus de 4000 substances toxiques, dont de nombreux cancérigènes. La présence de Polonium à côté de ceux-ci ne fait qu’illustrer la haute dangerosité d’un produit de consommation courant.
Des substances cancérigènes dans les frites ?
News 01-09-08
Des chercheurs allemands ont annoncé la présence de glycidamide, substance cancérigène, dans les frites et les chips. Il y a quelques années, un produit analogue, l’acrylamide, présent dans les produits à base de pommes de terre, avait déjà suscité l’inquiétude. La glycidamide serait plus dangereuse que l’acrylamide. Elle ne serait toutefois présente qu’en petites quantités.Sources: Belga, 18-08-09; Grenz-Echo, 19-08-09;Tageblatt, 19-08-09;La Capitale, 19-08-09 ; Vers l’Avenir, 19-08-09 ; Het Laatste Nieuws, 19-08-09
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
Des articles relativisant ce message sont parus à juste titre peu après ce communiqué de presse. La glycidamide est en effet une molécule connue. Mais, jusqu’à présent, on pensait que la glycidamide n’était autre qu’un produit de dégradation de l’acrylamide. A présent, sa présence est mise en évidence dans l’alimentation. La concentration finale dans l’organisme humain reste toutefois identique et est connue. Par ailleurs, cette concentration est tellement faible qu’elle ne devrait pas susciter d’inquiétude. Ceci est également confirmé par les chercheurs allemands.
Au cours de ces dernières années, l’industrie de la pomme de terre a veillé à réduire le taux d’acrylamide et, par conséquent, le taux de glycidamide. Ainsi, le secteur a entre autres adapté la température de cuisson des produits à base de pommes de terre cuisinés et précuits, a porté son choix sur des variétés de pommes de terre à faible concentration et a adapté la température de conservation. L’acrylamide se forme lors de la préparation d’aliments contenant de l’amidon ou du sucre, comme les pommes de terre. Ceci ne vaut toutefois que pour les aliments cuits au four, grillés, rôtis ou frits. C’est ce qui explique que les pâtes, le riz ou la purée de pommes de terre ne contiennent que peu d’acrylamide.
En avril 2002, un rapport suédois avait déjà tiré la sonnette d’alarme. Il attirait l’attention sur la présence de grandes quantités d’acrylamide dans différents produits de consommation courante, principalement les chips, les frites et d’autres produits à base de pommes de terre.
Plus tard, le British Journal of Cancer a publié les résultats d’une nouvelle étude comparant l’exposition à l’acrylamide auprès de personnes saines et de personnes souffrant de cancer. L’étude n’a pas révélé d’augmentation de risque de cancer. Depuis lors, d’autres études ont confirmé ces résultats.
La recommandation d’opter pour une alimentation saine limitant les graisses et les produits frits reste valable. Limitez donc votre consommation de produits frits à une fois par semaine et évitez de rôtir trop intensément vos préparations à base de pommes de terre.
Le cancer dû à un champignon ?
News 26-08-08
Depuis plusieurs mois, une information circulant sur Internet affirme que le cancer serait dû à une infection fongique (champignon) qui « essaie de se propager dans tout l’organisme sans s’arrêter ». Ces propos sont issus d’un livre publié par un médecin italien, le Dr Tulio Simoncini, et sèment le trouble dans l’esprit de nombreux patients atteints de cancer.Source : site internet http://www.cancerfungus.com/
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Internet peut être la source d’informations précieuses … mais aussi de nombreuses inepties ! L’information diffusée par le site mentionné ci-dessus en est un exemple supplémentaire !
Le champignon mentionné par le Dr Simoncini, Candida Albicans, est un micro-organisme pathogène extrêmement fréquent. Il peut être la source d’une infection appelée « candidose », qui atteint le plus souvent la peau, la bouche et le vagin. C’est aussi une cause fréquente de l’érythème fessier du nourrisson. Bien qu’ennuyeuses, ce type d’infections ne menacent pas la vie du sujet infecté.
Toutefois, cette candidose peut être sévère chez des patients dont le système immunitaire est déficient. C’est notamment le cas de patients atteints de cancer et traités par certaines chimiothérapies. Ces infections sont traitées immédiatement pour éviter toute dissémination dans l’organisme.
Mais un champignon peut-il être à l’origine d’un processus cancéreux ? Oui, indirectement, dans certaines circonstances précises … qui n’impliquent nullement le Candida Albicans ! En effet, des champignons microscopiques de la famille des aspergillus peuvent se développer sur des denrées alimentaires stockées dans des conditions d’humidité et de températures ambiantes élevées (pays tropicaux d’Afrique, du Sud-Est asiatique, d’Amérique du Sud). Ces microorganismes peuvent alors secréter une toxine (mycotoxine) qui contamine les aliments et peut être à l’origine de divers troubles et même de cancers du foie. Heureusement, depuis la mise en place de contrôles et de techniques de stockage mieux adaptées dans les pays producteurs, le nombre de cas de cancers hépatiques commence à diminuer dans ces pays.
Si à l’heure actuelle, le risque de contamination alimentaire par les mycotoxines est devenu relativement faible dans nos régions (grâce aux contrôles sanitaires), il faut veiller à conserver certains aliments dans des conditions appropriées. En effet, lors d’étés chauds et humides, le stockage de céréales, de noix, d’épices peut être la source de contamination par des champignons microscopiques.
Quant au traitement anti-cancer préconisé par le Dr Simoncini, à savoir le bicarbonate de soude, il ferait presque sourire … s’il ne concernait des patients atteints de maladies graves. Attention à toutes ces méthodes « miracles » vantées par Internet, qui non seulement n’ont pas fait la preuve de leur efficacité mais peuvent parfois s’avérer bien dangereuses !
A bon entendeur …
Cancer du sein : quel risque de récidive 5 ans après le traitement initial ?
News 21-08-08
Selon une étude effectuée par une équipe de scientifiques du centre Anderson contre le Cancer de l’Université du Texas (Etats-Unis) et publiée dans le Journal of the National Cancer Institute, le risque de récidive de cancer du sein après 5 ans de rémission est toujours présent. Sources : Belga, 13-08-08, Le Soir, 14-08-08 ; La Dernière Heure, 14-08-08
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Le risque de récidive tardive d’un cancer du sein, plus de cinq ans après le traitement initial de la maladie, est faible mais pas nul. Ce fait était déjà connu et le voici confirmé par une étude menée aux Etats-Unis entre 1985 et 2001 auprès de 2 838 femmes atteintes d’un cancer du sein. 5 ans après le traitement initial, 89 % de ces femmes ne présentaient pas de signe de retour de la maladie et 80 % sont toujours en tumeur de stade 1, soit le moins avancé, et de 11 et 13 % respectivement pour les cancers du sein de stades 2 et 3.
Malgré les nombreux progrès médicaux réalisés cette dernière décennie, l’étude indique que les patientes atteintes d’un cancer du sein dans les premiers stades de développement, et ne présentant aucun signe de retour de la maladie après 5 ans, ne sont pas pour autant totalement à l’abri d’une récidive.
Toute une série de facteurs pronostics permettent d’estimer le risque de récidive. Les plus « classiques » sont la taille de la tumeur et l’envahissement des ganglions. Mais les recherches se poursuivent à ce niveau, notamment grâce à la réalisation de véritable carte d’identité des tumeurs.
Par ailleurs, certains traitements permettent de réduire fortement le risque de rechute, comme par exemple l’hormonothérapie chez les femmes ménopausées dont la tumeur est sensible aux hormones. La situation demeure toutefois plus complexe chez les femmes non ménopausées, ce qui incite les équipes de recherche à développer de nouvelles stratégies de traitement pour ces patientes. Des études cliniques basées sur différentes chimiothérapies se poursuivent dans ce but.
Le régime méditerranéen réduit le risque de cancer
Nieuws 05-08-08
On sait depuis longtemps déjà que le régime méditerranéen explique le taux singulièrement faible de maladies cardiovasculaires dans les pays du bassin méditerranéen. Dans le cadre de l'étude EPIC, une vaste étude européenne chargée d'examiner le lien entre l'alimentation et le cancer, il a été démontré récemment que le régime méditerranéen peut également contribuer à réduire le risque général de développer un cancer. L'étude a été réalisée en Grèce, auprès de plus de 25 000 personnes. Source: British Journal of Cancer, juillet 2008.
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
Le régime méditerranéen est en effet très riche en nutriments ayant un effet protecteur potentiel contre les maladies dites de civilisation, dont le cancer. Les fruits, les légumes et les céréales complètes assurent par exemple un apport très varié en antioxydants. Or, les processus d'oxydation entraînent précisément un risque de cancer accru. De même, les fibres présentes dans les céréales complètes, les légumes secs, les fruits et les légumes exercent probablement une action protectrice contre le cancer. Les graisses saturées sont réduites à la portion congrue, car ce régime se caractérise par une faible consommation de viande et de produits laitiers complets; en revanche, il fait la part belle au poisson et aux graisses d'origine végétale comme l'huile d'olive. Toutes ces particularités du régime méditerranéen ont non seulement une action préventive contre le cancer, mais aussi contre les maladies cardiovasculaires.
En ce qui concerne la consommation de vin, c'est essentiellement le vin rouge qui semble offrir un effet protecteur. Ce dernier s'explique notamment par la présence de phénols, qui ont eux aussi une action antioxydante. Il ne faut toutefois pas négliger les effets néfastes de l'alcool. ll est dès lors recommandé de limiter la consommation d'alcool à deux verres par jour pour les hommes et un seul pour les femmes.
En résumé, on peut affirmer que le régime méditerranéen reprend globalement les principes d'une alimentation saine également proposés dans les pays d'Europe occidentale. Mais dans le Sud, la pratique est en avance sur la théorie...
Cliquez ici pour en savoir plus sur l'alimentation et le cancer :http://www.cancer.be/index.cfm
Une nouvelle pilule contre le cancer de la prostate
News 29-7-08
Des chercheurs britanniques parlent d'une «pilule miracle» (abiraterone) pour le traitement du cancer de la prostate. Une diminution de la taille de la tumeur et de la douleur a été observée chez 80% des patients. La pilule pourrait même être utilisée contre les formes agressives et avancées de cancer de la prostate, pour lesquelles la chimiothérapie classique ne donne aucun résultat.
Sources: De Standaard, 24-07-08; Het Belang van Limburg, 24-07-08; De Morgen, 23-07-08, Het Laatste Nieuws, 23-07-08; Gazet van Antwerpen, 23-07-08; Het Nieuwsblad, 23-07-08
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
L'abiraterone semble effectivement susceptible de représenter une avancée majeure dans le traitement du cancer de la prostate, la forme de cancer la plus fréquente chez les hommes en Belgique. La pilule se prend par voie orale. Elle ralentit la production de testostérone, aussi bien dans les testicules que dans la tumeur même.
Les 171 malades ayant suivi ce traitement ont vu leur qualité de vie s'améliorer. D'autres études doivent cependant démontrer s'il allonge également la durée de vie. Une étude impliquant 1 200 patients est en cours à l'échelle mondiale.
Quoi qu'il en soit, les données disponibles sont porteuses d'espoir. Si l'efficacité du traitement est confirmée, nous pouvons nous attendre à ce qu'il soit couramment administré d'ici trois ans.
Des plantes capables de fabriquer un vaccin anti-cancer ?
News 23-07-08
Des chercheurs américains ont mis au point un vaccin fabriqué par des plantes et capable de stimuler une réponse immunitaire dans certains cas de cancer. Sources : Proceedings of the National Academy of Sciences, online 21-07-08 ; lesoir.be, 22-07-08 ; rtbf.be, 21-07-08
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
L'équipe du Professeur Ronald Levy de l'Université de Stanford (USA) vient de publier les premiers résultats d'une étude clinique (phase I) visant à tester un vaccin dirigé contre un type de lymphome et élaboré à partir de plants de tabac.
Le type de cancer visé, le lymphome folliculaire de type B, se caractérise par la prolifération anormale de cellules portant à leur surface un anticorps spécifique. Celui-ci peut être isolé, reproduit en grande quantité en laboratoire en présence de cellules humaines qui une fois réinjectées au patient devraient déclencher une réponse immunitaire aboutissant à la destruction des cellules cancéreuses.
De tels essais cliniques sont en cours dans de nombreux laboratoires mais ils sont excessivement coûteux, prennent beaucoup de temps pour être élaborés et n'aboutissent, jusqu'à présent, qu'à des résultats mitigés. De telles études se poursuivent toutefois activement et sont soutenues notamment par la Fondation contre le Cancer.
L'idée du Professeur Levy consiste à isoler le gène responsable de la fabrication de cet anticorps présent à la surface des cellules cancéreuses et à l'introduire dans un virus capable de « contaminer » certaines plantes, en l'occurrence des plants de tabac. Une fois le virus inoculé à la plante, celle-ci se met à produire l'anticorps en grande quantité. Il « suffit » alors de récolter les feuilles et de purifier l'anticorps. Selon le Professeur Levy, il s'agirait là d'un moyen rapide et peu coûteux de produire la substance recherchée : « Cultiver des cellules humaines pour produire des protéines est très coûteux et le processus est long et compliqué. Mais cultiver ces plantes n'est pas très onéreux ? et nous savons comment faire pousser les plants de tabac », a-t-il ajouté !
Au cours d'un essai clinique de phase I, les chercheurs ont testé ce vaccin expérimental auprès de 16 patients atteints d'un lymphome folliculaire de type B à un stade avancé. Aucun patient n'a ressenti d'effets secondaires et plus de 70 % ont développé une réponse immunitaire.
Bien que l'on ne sache pas encore si cette réponse immunitaire sera suffisante pour détruire totalement les cellules cancéreuses, voici une voie de recherche intéressante et qui mérite d'être analysée plus en détails. La prochaine étape, à savoir une étude clinique de phase II, est d'ores et déjà prévue et sera conduite auprès d'un plus grand nombre de patients atteints de cette forme de lymphome.
Les résultats sont bien entendu attendu avec impatience ? Mais insistons d'emblée qu'il s'agit là de données préliminaires portant sur un vaccin expérimental visant une seule forme de cancer.
Un traitement anti-cancer efficace chez la souris va être testé chez l'homme
News 07-07-08
La FDA, agence américaine de réglementation des denrées alimentaires et des médicaments, vient de donner son feu vert pour qu'un traitement expérimental, ayant donné des résultats spectaculaires chez la souris, soit à présent testé chez l'homme.
Dans ce contexte, une vingtaine de patients atteints d'un cancer vont participer, avec leur accord, à cette expérience. Le traitement qu'ils recevront est une sorte de vaccination thérapeutique, sous forme d'administration de cellules du système immunitaire provenant d'un donneur sain.
Cette recherche est menée par l'équipe du Dr Cui Zheng du Wake Forest University Baptist Medical centre, en Caroline du Nord (Etats-Unis). Sources : La Libre Belgique, 30-06-08 ; Métro, 30-06-08
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Ce traitement expérimental porte le nom de « Leukocyte Infusion Therapy » et consiste en l'administration d'une catégorie de globules blancs (les granulocytes) provenant de donneurs sains à des patients atteints d'un cancer du sein ou de la prostate.
Les granulocytes représentent environ 60 % des globules blancs chez une personne en bonne santé et peuvent être spécifiquement prélevés chez les donneurs volontaires par une technique appelée aphérèse (elle permet de prélever uniquement les cellules recherchées tout en réinjectant les autres cellules dans le système sanguin du donneur).
Les granulocytes présentent une activité anti-tumorale, c'est-à-dire qu'ils sont capables de reconnaître et d'attaquer les cellules cancéreuses. Ces globules blancs particuliers ont été prélevés chez des donneurs volontaires sains et seront ensuite réinjectées chez 22 patients atteints de cancers qui ne répondent pas ou plus aux traitements conventionnels.
L'objectif de cette étude clinique (dite de phase II) est de déterminer de quelle manière les malades vont réagir à cette transfusion de granulocytes et si ceux-ci agiront aussi efficacement contre la tumeur que ce qui a été observé chez l'animal de laboratoire.
Des essais de ce type ont déjà été réalisés avec un certain succès chez des personnes atteintes de leucémies mais n'avaient pas encore été expérimentés face à d'autres cancers.
Si les premiers résultats sont positifs (on devrait le savoir d'ici la fin de l'année), les chercheurs ouvriront alors l'étude à un plus grand nombre de patients et analyseront son efficacité dans différentes formes de cancers. Le chemin sera donc encore long avant d'aboutir à un éventuel nouveau traitement standard.
Résultats encourageants dans le traitement du mélanome !
News 27-06-08
Des chercheurs américains sont parvenus à traiter efficacement un patient atteint d'un mélanome à un stade avancé. Pour ce faire, ils ont prélevé certaines cellules du système immunitaire du malade et les ont fait se multiplier en grand nombre en laboratoire avant de les réinjecter au patient. Avec un recul de deux ans, le patient est toujours en rémission et ne présente plus aucun signe de la maladie.
Sources : New England Journal of Medicine, 19-06-08; La Libre Belgique, 20-06-08; Gazet van Antwerpen, 20 & 21-06-08; Het Nieuwsblad, 20-06-08; Het laatste Nieuws, 20-06-08; Het Belang van Limburg, 20-06-08; Het Wall Street Journal, 20-06-08
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Le mélanome est un cancer de la peau particulièrement agressif. S'il est détecté très précocement, les chances de guérison sont excellentes. Par contre, en cas de métastases à distance, le pronostic est nettement plus réservé.
Aussi, les recherches sont-elles très actives dans ce domaine.
L'équipe du Professeur Lee (Fred Hutchinson Cancer Research Center, Seattle, Etats-Unis) travaille depuis plusieurs années sur la mise au point d'un traitement basé sur la stimulation du système de défense immunitaire chez les patients atteints d'un mélanome à un stade avancé. Dans ce but, ces chercheurs prélèvent des lymphocytes T chez le patient. Ce sont des cellules dont la fonction est de reconnaitre et détruire les cellules étrangères ou anormales. Ils sélectionnent ensuite les lymphocytes T capables de reconnaître spécifiquement les cellules cancéreuses du mélanome (ces cellules portent à leur surface des antigènes particuliers). Ensuite, ils font se multiplier ces « clones cellulaires » en laboratoire et les réinjectent au patient.
L'étude publiée dans le New England Journal of Medicine indique que, pour la première fois, une réponse totale et de longue durée a été obtenue. En effet, deux ans après ce traitement, le patient ne présente plus aucun signe de la maladie.
Ces résultats s'avèrent bien entendu extrêmement encourageants mais il ne faudrait pas pour autant créer de faux espoirs chez les personnes atteintes de cette forme de cancer. Les données publiées ne concernent qu'un seul cas et c'est bien sûr beaucoup trop peu pour en tirer les moindres conclusions définitives. Il faudra donc reprendre ces recherches auprès d'un plus grand nombre de patients.
Par ailleurs, ne perdons pas de vue qu'il s'agit là d'un véritable « traitement à la carte » ? qui s'avère complexe et coûteux. En cas de confirmation de ces données, les chercheurs devront alors se pencher sur la mise au point d'une procédure plus simple ? pour qu'elle soit accessible au plus grand nombre.
Notons enfin, que d'autres approches thérapeutiques sont également testées dans divers laboratoires pour traiter plus efficacement le mélanome. Plusieurs équipes de chercheurs belges s'y emploient, soutenus financièrement par la Fondation contre le Cancer.
Le Docteur de Funès autopsie la médecine
News 16-06-08
Le Soir MagLoisirs de ce 11 juin présente un livre du Dr Patrick de Funès (le fils du gendarme et autres comédies inénarrables) intitulé « Médecin malgré lui ». Dans l'interview qui lui est consacrée, ce médecin descend en flammes le dépistage du cancer du sein.
Faut-il en rire ?
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
Peut-on être médecin lorsque votre hérédité vous prédispose à amuser les foules ?
Le témoignage du fils de Funès tendrait à démontrer que non.
Mais la comédie qu'il nous sert ici n'est pas à la hauteur de son patronyme.
Sa critique du dépistage n'est pas neuve, mais elle atteint des sommets en matière de caricature.
Certes, aucune technique médicale n'atteint la perfection.
Certes, ce dépistage est susceptible d'avoir des effets indésirables, comme d'ailleurs toute décision de poser (ou non) un acte médical.
Ceci étant, au prix d'une technique irréprochable et suivi par un traitement adéquat, il permet de sauver des vies.
Le Dr de Funès constate, lui-même, que la mortalité par cancer du sein n'augmente pas (elle diminuerait même) alors que pourtant ces cancers sont de plus en plus fréquents.
C'est précisément grâce au dépistage et à l'amélioration des traitements, amélioration loin d'être aussi anecdotique que ce médecin semble le croire?
Ses propos n'abuseront pas les professionnels de la santé mais risquent malheureusement de jeter le trouble dans un public non averti.
Alors, mesdames, ne vous laissez pas abuser par un petit comique.
Si vous avez entre 50 et 69 ans, faites le mammotest. Cette mammographie de dépistage vous est offerte gratuitement, tous les deux ans dans des centres de dépistage agréés.
Vous auriez bien tort de vous en priver.
Quant au fils de Funès, nous avons envie de lui dire sur le ton de son auguste paternel : un peu de sérieux « ma biche » !
Une carence en vitamine D augmente-t-elle le risque de décès dû à un cancer du sein ?
News 30-05-08
Selon des chercheurs canadiens, les femmes atteintes d'un cancer du sein qui présentent une carence en vitamine D verraient leur risque de décès lié à la maladie augmenté de 73%. Quant au risque de métastases, il serait supérieur de 94%. Dans le cadre de cette étude, 37,5% des femmes atteintes d'un cancer du sein présentaient une carence en vitamine D, tandis que le taux sanguin de cette vitamine était insuffisant pour 38,5%.
Sources: Belga, 16-05-08; La Dernière Heure, 17-05-08; Vers l'Avenir, 17-05-08
Commentaire de la Fondation contre le cancer
Diverses études ont déjà montré qu'une carence en vitamine D augmenterait le risque de cancers, notamment du côlon, de la prostate et du sein. L'étude canadienne mentionnée ici établit à présent un lien entre un risque accru de métastases et de décès lié à la maladie et à un trop faible taux sanguin de vitamine D chez les femmes atteintes d'un cancer du sein. D'autres études, notamment cliniques, doivent cependant confirmer ces résultats. En effet, nous ne pouvons pas encore, sur la base de cette seule étude, affirmer avec certitude qu'il existe un lien de cause à effet entre une carence en vitamine D et l'évolution défavorable du cancer du sein. Il convient également de tenir compte du nombre limité de femmes (512) ayant participé à cette étude.
Une carence en vitamine D n'est pas rare et touche généralement les personnes plus âgées, celles qui sortent peu (l'exposition à la lumière du jour aide notre corps à synthétiser la vitamine D) et les personnes à la peau hâlée. La vitamine D joue également un rôle préventif contre les maladies cardiovasculaires et l'ostéoporose. Il s'agit néanmoins d'une vitamine liposoluble : une consommation excessive ou prolongée peut entraîner une accumulation dans le corps et une diminution de la fonction hépatique. Il faut dès lors recommander la consommation régulière d'aliments riches en vitamine D (produits laitiers, céréales) et une exposition modérée à la lumière du jour (car tout excès accroît le risque de cancer de la peau !). Il est par contre déconseillé de prendre de la vitamine D sous forme de complément alimentaire de votre propre initiative: ne le faites que sur avis de votre médecin et sous sa surveillance.
Cancer du poumon : un vaccin pour éviter les rechutes ?
News 28-05-08
Une étude menée en Belgique (KULeuven) auprès de patients atteints d'un cancer du poumon non à petites cellules indique qu'une vaccination basée sur l'utilisation de l'antigène MAGE A3 permettrait de réduire le risque de rechute chez les malades ayant été opérés. Cette vaccination serait tout aussi efficace qu'une chimiothérapie ? sans les effets secondaires de cette dernière.
Source : Belga, 19-05-08 ; La Libre Belgique, 20-05-08
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
L'équipe du Professeur Johan Vansteenkiste (département Pneumologie de la Katholieke Universiteit Leuven) a mené une étude clinique (de phase II) auprès de 182 patients atteints d'un cancer pulmonaire non à petites cellules et qui ont été suivis pendant 28 mois en moyenne. Il s'agit de la forme la plus fréquente de cancer du poumon (80 % des cas).
Pour éviter le risque de récidive, une chimiothérapie est généralement administrée aux patients avec tous les effets secondaires qui y sont associés.
Or, 35 à 50 % des personnes atteintes par cette forme de cancer expriment à la surface de leurs cellules cancéreuses un antigène spécifique (l'antigène MAGE-A3) qui est absent de toutes les cellules saines. Les chercheurs ont dès lors mis au point un vaccin (en langage médical, on parle d'immunothérapie anti-cancéreuse) ciblant particulièrement cet antigène. Ils l'ont administré à des patients opérés d'un cancer du poumon non à petites cellules et ont obtenu une diminution de 27 % du taux de récidive.
Ces résultats sont tellement encourageants qu'une étude dite de phase III va être mise en place et portera sur plus de 2200 patients. L'étude impliquera pas moins de 59 équipes de chercheurs cliniciens dans 14 pays.
Il est également intéressant de constater que cet antigène MAGE-A3 n'est pas présent uniquement dans les cancers pulmonaires. Il l'est aussi dans des cellules cancéreuses de la vessie, de la tête et du cou et dans les mélanomes. Dès lors, si l'essai clinique de phase III confirme les premiers résultats, cette étude pourrait ouvrir de nouvelles approches thérapeutiques dans ces différentes formes de cancers.
Enfin, notons également que si les résultats de cette vaccination sont aussi « bons » que ceux d'une chimiothérapie, cela permettrait de traiter efficacement des patients âgés ou très affaiblis par l'intervention chirurgicale et qui auraient encore plus de difficultés à supporter les effets secondaires d'une chimiothérapie.
Le travail des chercheurs vise donc non seulement à accroître l'efficacité des traitements, mais aussi à améliorer la qualité de vie des patients.
Nouvelle piste de recherche pour empêcher le développement des métastases
News 21-05-08
Des chercheurs de l'équipe de Chimie médicinale de l'Université d'Anvers ont développé une molécule qui agit sur la propagation des cellules cancéreuses (métastases), souvent responsable de l'évolution fatale d'un cancer. Sources : Belga, 23-04-08 ; La Libre Belgique, 24-04-08 ; Het Nieuwsblad, 24-04-08 ; De Morgen, 24-04-08 ;Het Laatste Nieuws ; Gazet van Antwerpen, 25-04-08 ; Artsenkrant, 06-05-08
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Les chercheurs de l'équipe du Professeur Achiel Haemers ont mis au point une molécule qui agit spécifiquement sur les métastases. Il s'agit d'une substance qui bloque l'action d'une protéine (uPA) favorisant la propagation des cellules cancéreuses. Le blocage de cette protéine empêche toute une cascade de réactions qui permet aux cellules cancéreuses de briser la matrice extracellulaire (qui assure la cohésion entre les cellules) et de disséminer alors à distance de la tumeur d'origine.
Des tests effectués sur des rats atteints d'un cancer mammaire ont montré que la propagation de la tumeur cancéreuse vers les poumons (métastases) était entravée à plus de 70 % par un tel traitement. Par ailleurs, après 18 jours de traitement, l'uPA n'a apparemment pas présenté d'effets toxiques chez ces animaux.
Ces résultats préliminaires ouvrent de nouvelles perspectives dans le traitement préventif des métastases. Si ces données se confirmaient, on pourrait effectivement envisager de tester l'uPA en combinaison avec divers types de chimiothérapie chez des patients atteints d'un cancer susceptible de développer des métastases.
Pas de précipitations toutefois car de telles études prendront encore plusieurs années avant d'aboutir éventuellement au chevet du patient. Mais ces recherches constituent un réel espoir et indiquent combien nos chercheurs sont performants dans la recherche de nouvelles pistes pour enrayer les processus cancéreux.
Echec de certaines chimiothérapies dû à la présence de cellules souches cancéreuses du sein
News 17-05-08
Selon une étude récente, menée par l'équipe du Dr Michael Lewis de la faculté de médecine Baylor (BCM) à Houston (Texas, Etats-Unis) et publiée dans la revue scientifique « Journal of the National Cancer Institute », le fait que la chimiothérapie ne parvient pas à éliminer totalement certains cancers du sein s'expliquerait par l'incapacité du traitement à détruire les cellules souches de la tumeur, ce qui fait qu'elle réapparaît.
Les chercheurs tentent aujourd'hui de mettre au point des médicaments qui ciblent spécifiquement les cellules souches du cancer. Sources : Belga, 29-04-08 ; Le Soir, 02-05-05
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Des cellules souches cancéreuses ont récemment été identifiées dans plusieurs tumeurs solides (cancer du cerveau, du gros intestin, du sein, de la prostate, de la tête et du cou) ainsi que dans certaines formes de leucémies. Elles sont à l'origine de la prolifération des cellules tumorales et elles semblent aussi être à l'origine des métastases et de la récidive de certains cancers.
En effet, des travaux récents ont montré que seul un petit groupe de cellules était responsable de la croissance d'un cancer (elles représentent moins de 0.1% de la population totale des cellules qui composent une tumeur). Ces cellules souches cancéreuses sont capables (comme les cellules souches saines) de s'auto-renouveler, tout en produisant de nouvelles cellules tumorales. Elles pourraient donc jouer un rôle majeur dans le développement des cancers
Certaines tumeurs, si pas toutes, seraient donc composées à la fois de cellules tumorales qui se divisent de manière anarchique et de cellules souches cancéreuses. Ces dernières sont présentes en de très faibles proportions dans les tumeurs, ce qui rend difficile leur étude. Qui plus est, ces cellules souches sont le plus souvent au repos. Elles échappent donc aux traitements anticancéreux qui ciblent les cellules qui se divisent rapidement, ce qui expliquerait la récidive de certains types de cancers après l'arrêt du traitement.
Mettre au point des médicaments qui visent spécifiquement les cellules souches du cancer serait donc une des voies à suivre pour combattre plus efficacement les tumeurs. Dans ce contexte, l'équipe du Dr Lewis envisage tout d'abord de développer des marqueurs biologiques des cellules souches cancéreuses du sein afin de les repérer pour ensuite mieux les détruire.
Le Dr Lewis souligne que le médicament lapatinib ou TYKERB, combiné à d'autres anticancéreux, paraît efficace pour détruire à la fois les cellules souches cancéreuses et la tumeur du sein elle-même.
Ce médicament novateur est encore en cours d'évaluation clinique. Il est actuellement utilisé pour traiter des cancers du sein ayant métastasé et dont les cellules présentent à leur surface des récepteurs particuliers appelés HER2.
Les premiers résultats de cette étude s'avèrent encourageants car le lapatinib semble détruire à la fois les cellules souches cancéreuses et les cellules malignes composant la tumeur mammaire.
Bien sûr, ces recherches doivent être poursuivies auprès d'un plus grand nombre de patientes et les chercheurs vont se focaliser à présent sur l'identification des cellules souches cancéreuses présentes dans d'autres types de tumeurs.
Comprendre comment fonctionnent ces cellules souches cancéreuses est essentiel, et devrait permettre à terme la mise au point de traitements plus efficaces.
Le séjour en crèche réduit-il le risque de leucémie ?
News 19-05-08
D'après des chercheurs de l'université de Berkeley (États-Unis), le risque de leucémie serait de 30% plus faible chez les enfants ayant séjourné en bas âge dans une crèche ou chez une gardienne. Sources: Belga, 29-04-08; De Morgen,30-04-08; La Libre Belgique, 30-04-08; Het Belang van Limburg, 30-04-08; Het Laatste Nieuws, 30-04-08
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
Selon les chercheurs ayant réalisé cette étude, le système immunitaire des enfants placés en crèche ou chez une gardienne serait plus résistant, en raison d'un contact précoce avec toutes sortes de virus. Il se pourrait également qu'une socialisation précoce renforce le système immunitaire.
La cause de la leucémie infantile n'est toutefois pas connue. Il se peut donc que d'autres facteurs tels que l'environnement, des prédispositions génétiques ou familiales, etc., jouent également un rôle.
Il convient de se montrer très prudent face à de telles études épidémiologiques, qui reposent sur le traitement statistique de données. D'autres recherches s'imposent dès lors afin d'en savoir plus sur les mécanismes responsables de l'apparition d'une leucémie. C'est pour cette raison que la Fondation contre le Cancer apporte son soutien financier à de tels projets de recherche.
La leucémie est la forme de cancer la plus fréquente chez l'enfant. Lors d'une journée d'information organisée récemment par la Fondation, il a été rappelé que le type de leucémie le plus répandu parmi les enfants (la leucémie lymphoblastique aiguë) peut actuellement être guéri dans environ 80% des cas. La leucémie est d'ailleurs traitée en détail dans le livre des conférences de cette journée d'information sur les cancers du sang.
Découverte d'une prédisposition génétique au cancer du poumon
News 17-04-08
Une étude internationale pilotée par le CIRC (Centre International de Recherche sur le Cancer) identifie une prédisposition génétique au cancer du poumon. Nous ne serions pas tous égaux face à ce type de maladie puisque les personnes porteuses de cette prédisposition auraient deux fois plus de risque de développer un cancer du poumon. Sources : Le Quotidien, 04-04-08 ; Nature, 02-04-08
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Pourquoi certains fumeurs développent-ils un cancer du poumon et d'autres non ? Une étude coordonnée par le CIRC apporte un élément de réponse à cette question. Elle a été menée dans 18 pays, auprès de 10 000 personnes. Près de la moitié d'entre elles étaient atteintes d'un cancer du poumon, tandis que l'autre moitié constituait le groupe contrôle.
Afin d'identifier d'éventuels profils génétiques susceptibles d'être impliqués dans l'apparition de ce cancer, les chercheurs ont analysé des milliers de fragments d'ADN. Ils ont ainsi pu mettre en évidence plusieurs variations génétiques localisées sur le chromosome 15 qui semblent interagir avec la nicotine et d'autres composés toxiques présents dans la fumée du tabac.
Le risque de développer un cancer du poumon serait augmenté de 30 % chez les personnes porteuses de ces variations sur une seule copie du chromosome 15 (soit 1 Européen sur 2). Mais ce risque serait de 70 à 80 % chez les personnes qui portent ces variations génétiques sur les deux copies du chromosome 15 (soit un Européen sur 10).
Bien que le mécanisme expliquant la présence de ces altérations génétiques ne soit pas encore clairement identifié, certains experts pensent que ces gènes seraient responsables de la « fabrication » de récepteurs capables de fixer la nicotine et d'autres substances toxiques de la fumée de tabac et seraient dès lors impliqués dans le déclenchement du processus tumoral.
Bien que ces études doivent encore être affinées, elles pourraient ouvrir la voie à la mise au point de nouvelles molécules capables de bloquer ces récepteurs. Et donc d'étoffer la panoplie de traitements mis en œuvre pour traiter plus efficacement les cancer du poumon.
D'ici là, le message des professionnels de la santé ne change pas : éviter de fumer ou arrêter le plus vite possible reste la meilleure façon de se protéger face aux cancers pulmonaires. Le tabac est en effet responsable de 9 cancers du poumon sur dix. Certains fumeurs y sont encore plus exposés que la moyenne, à cause de leur profil génétique.
Cancer du foie : une combinaison de traitements à l'étude
News 16-04-08
Une équipe médicale chinoise a publié les premiers résultats d'une étude clinique visant à traiter le cancer du foie à un stade avancé par une combinaison de deux traitements. Ils ont ainsi associé une chimio-embolisation (chimiothérapie administre par les vaisseaux sanguins qui alimentent une tumeur) à l'application d'un traitement par radiofréquence (thermothérapie). Cette nouvelle approche permettrait d'augmenter significativement la survie des patients atteints d'importantes tumeurs hépatiques. Sources : Belga, 09-04-08 ; Le Soir, 10-04-08 ; La Dernière Heure, 10-04-08, JAMA, 09-04-08
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
L'équipe médicale du Dr Bao-Quan Cheng (Université de Shandong à Jinan, Chine) a mené cette étude clinique auprès de 291 patients atteints d'un cancer avancé du foie et traités entre 2001 et 2004.
Les patients étaient divisés en trois groupes. Le premier était traité par blocage de l'apport de sang à la tumeur (TACE : transcatheter arterial chemoembolization). Le second groupe de patients a reçu un traitement par radiofréquence thermique ou RFA. Cette approche non chirurgicale détruit les cellules tumorales par une augmentation très localisée de température, qui épargne le tissu hépatique sain. Le radiologue guide une petite aiguille à travers la peau jusque dans la tumeur (sous contrôle d'une technique d'imagerie comme les ultrasons, la tomodensitométrie ou encore l'imagerie par résonance magnétique). Une énergie électrique est transmise à la pointe de l'aiguille où elle produit de la chaleur qui diffuse dans les tissus et détruit ainsi les cellules cancéreuses visées. Le troisième groupe de patients bénéficiait de la combinaison des deux thérapies TACE et RFA.
C'est la combinaison des deux traitements qui s'est avérée la plus efficace puisqu'elle a augmenté de 50 % la survie moyenne des patients.
Bien que préliminaires, ces résultats cliniques s'avèrent encourageants dans le cadre du traitement des personnes atteintes d'importantes tumeurs hépatiques inopérables (volume tumoral important ou inaccessible à la chirurgie, présence d'autres affections qui rendent la chirurgie trop risquée, etc.). Par ailleurs, cette approche est moins invasive que la chirurgie et préserve donc mieux la qualité de vie au patient.
Coiffeur : un métier à risque de cancers ?
News 02-04-08
Selon une étude publiée dans la revue scientifique The Lancet Oncology, les coiffeurs pourraient encourir un risque accru de cancer en raison des colorants et autres produits chimiques qu'ils utilisent. La revue britannique publie les résultats de cette étude dans le numéro d'avril ? Sources : Belga, 26-03-08 ; La Capitale, 27-03-08 ; Métro, 27-03-08 ; Gazet Van Antwerpen, 27-03-08 ; L'Echo, 27-03-08 ; De Standaard, 27-03-08
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
L'information n'est pas neuve. Déjà en 1993, l'IARC (International Agency for Research on Cancer) avait conclu que les expositions professionnelles liées aux métiers de coiffeur et de barbier étaient probablement cancérogènes. Le nouvel article publié en ce début du mois d'avril dans la revue spécialisée britannique. L'étude publiée dans The Lancet Oncology confirme donc ces résultats.
Les experts qui se sont réunis en février dernier à Lyon ont réaffirmé le risque faible mais réel de cancer de la vessie chez les coiffeurs. Ce risque était moins marqué chez les coiffeuses. En revanche, ils n'ont pas trouvé de données épidémiologiques pour confirmer un risque similaire chez les particuliers qui se colorent eux-mêmes les cheveux. Environ 35 % des femmes et 10 % des hommes auraient recours à ce type de produits en Europe, au Japon et aux Etats-Unis.
La nouvelle étude passe en revue les données portant sur un certain nombre de produits chimiques et met l'accent sur l'identification de quelques substances ? des amines aromatiques ? supplémentaires comme cancérogènes. Ainsi l'ortho-Toluidine et le « MOCA » (Méthylène-4,4 bis ?chloro-2 aniline) sont à présents classés comme cancérogènes.
En conclusion, l'évaluation de la cancérogénicité des nouveaux produits doit être poursuivie. Quant aux professionnels de la coiffure, il leur est vivement conseillé de respecter les règles relatives à l'utilisation de ces produits et les mesures de protection éventuelle.
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Une monographie sur le métier de coiffeurs détaillant les produits qu'ils manipulent a été mise en ligne pour accompagner la parution de The Lancet Oncology : http://monographs.iarc.fr/ENG/Monographs/vol 57/volume57.pdfri. Vous trouverez également des informations relatives à cette problématique sur notre site web, sous la rubrique : prévention / facteurs de risque et conseils pratiques / informations générales.
Un gène impliqué dans les formes agressives de cancer du sein
News 19-03-08
Une équipe de chercheurs de Berkley (Etats-Unis) a identifié un gène (SATB1)
impliqué dans les formes agressives de cancers du sein et dans la formation de métastases. Une piste pour la mise au point de nouveaux traitements ? Sources : Nature, 13-03-08 ; Belga, 12-03-08 ; La Libre Belgique, 13-03-08
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Le gène SATB1 était déjà connu pour son rôle clé dans la maturation de certaines cellules du système de défense immunitaire de l'organisme : les lymphocytes T.
Mais récemment, l'équipe de Terumi Kohwi-Shigematsu (Berkley, USA) vient de montrer que ce même gène est impliqué dans certaines formes agressives de cancer du sein. En effet, les cellules tumorales du sein semblent avoir besoin de STAB1 pour devenir métastatiques. Ainsi, si on introduit ce gène dans des cellules cancéreuses mammaires mais non métastatiques, des tumeurs invasives se développent rapidement chez la souris. De même si, en laboratoire, on retire SATB1 du milieu dans lequel on fait croître des cellules cancéreuses mammaires, ces dernières retrouvent une apparence normale !
Et chez l'humain ? Les chercheurs ont analysé quelques 2000 échantillons de tumeurs mammaires prélevés chez des femmes pour lesquelles un suivi clinique était disponible. L'analyse a mis en évidence que les taux les plus élevés de STAB1 se retrouvaient chez les patientes qui avaient développé une forme particulièrement agressive de cancer du sein (avec métastases) tandis que les échantillons dans lesquels on ne retrouvait pas de STAB1 correspondaient aux femmes présentant le taux de survie le plus élevé.
Cela signifierait-il que les chercheurs sont à deux doigts de trouver un remède efficace pour empêcher la formation de métastases chez les patientes atteintes d'un cancer du sein ?
Ce n'est probablement pas aussi simple que cela ! Car le gène STAB1 semble également impliqué dans d'importants mécanismes de contrôle du système de défense immunitaire de l'organisme. Il n'est donc pas envisageable de bloquer systématiquement l'expression de ce gène sans compromettre le fonctionnement du système immunitaire ? sauf peut-être si on peut le faire de manière très spécifique en injectant un inhibiteur bloquant l'expression du gène uniquement dans la tumeur. C'est une piste qui sera investiguée prochainement par les chercheurs.
Dans l'attente de ces résultats, certains envisagent déjà d'utiliser STAB1comme un marqueur pronostic de la maladie chez des patientes atteintes d'un cancer du sein. Dans ce contexte, les femmes présentant un taux élevé de STAB1 pourraient, par exemple, être d'emblée soumises à des traitements plus agressifs.
Pour mieux comprendre comment le gène STAB1 fonctionne et envisager de nouvelles pistes thérapeutiques, il faudra donc attendre le résultat de recherches fondamentales plus approfondies.
Les HPV ne provoquent pas seulement le cancer du col de l'utérus
News 10-03-08
Ces derniers temps, il a souvent été question du cancer du col de l'utérus et du rôle des HPV (papillomavirus humains), désignés comme responsables dans la plupart des cas. Cependant, les HPV peuvent aussi provoquer d'autres types de cancers. En effet, il existe notamment un lien entre le cancer de la bouche et de la gorge et le sexe oral. Source : New England Journal of Medicine 2008 ; 356 : 1944
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
La pratique du sexe oral est associée à un risque de transmission de HPV via les muqueuses de la bouche. Le nombre de cancers de la bouche et de la gorge a considérablement augmenté au cours des trente dernières années. Une étude de l'université John Hopkins (États-Unis) portant sur 100 personnes atteintes d'un cancer de la gorge et 200 cas-contrôles révèle que le HPV 16 est présent dans 72 % des cancers de la gorge (étude des 100 cas). Ce virus pourrait donc être un facteur causal plus important que l'alcool ou le tabagisme dans le développement de cette forme de cancer.
Toutes les personnes qui pratiquent le sexe oral ne sont toutefois pas contaminées par un HPV et, si contamination il y a, elle ne débouche pas toujours sur une maladie. En cas de contamination, le risque de développer un cancer de la gorge est néanmoins 32 fois plus élevé. Toujours selon cette étude, le risque de cancer de la gorge serait près de 9 fois plus élevé chez les personnes ayant eu des relations bucco-génitales avec plus de 6 partenaires ? par rapport à celles qui n'ont jamais pratiqué le sexe oral. Ce risque est 3 fois plus élevé chez les fumeurs et 2,5 fois plus élevés chez les alcooliques sévères. Comme le HPV peut également provoquer un cancer du pénis et de l'anus, des études tentent actuellement de déterminer s'il serait indiqué de recommander également la vaccination contre le HPV aux garçons.
Quand les cellules cancéreuses font de la résistance ?
News 14-02-08
Deux études menées, d'une part, au Centre de recherche sur le cancer Fred Hutchinson à Seattle (Washington, USA) et, d'autre part, à l'Institute of Cancer Research de Londres (UK) ont permis de mettre en évidence un mécanisme génétique mis en jeu par certaines cellules cancéreuses pour résister aux médicaments utilisés au cours de la chimiothérapie.
Cette découverte pourrait ouvrir la voie à de nouvelles stratégies pour lutter contre cette forme de résistance aux traitements anticancéreux. Source : Nature, 10-02-08 ; Le Soir, 11-02-08
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Chez certains patients atteints de cancer, l'efficacité de la chimiothérapie est limitée par des phénomènes de résistance. Dans certains cas, les cellules cancéreuses sont d'emblée résistantes à la chimiothérapie. Dans d'autres situations, les cellules cancéreuses sont d'abord sensibles aux médicaments administrés puis développent des capacités de résistance en cours de traitement.
Ces mécanismes de résistance étant à l'origine de l'échec primaire ou secondaire de certaines chimiothérapies, plusieurs équipes de chercheurs tentent de décrypter les mécanismes mis en jeu, dans l'espoir de pouvoir à terme les contrer.
Les deux équipes mentionnées ci-dessus ont étudié le comportement des cellules cancéreuses du sein et de l'ovaire qui présentaient une caractéristique commune : une mutation au niveau d'un gène déjà connu des scientifiques : le gène BRCA2. On sait depuis plusieurs années déjà que les femmes qui possèdent un gène BRCA2 lésé (en jargon scientifique, on dit « muté ») ont plus de risque de développer un cancer du sein ou des ovaires. Cette mutation du gène BRCA2 empêcherait la réparation de divers dommages occasionnés à l'ADN au cœur même des cellules, ce qui accentuerait fortement le risque de déclenchement du processus cancéreux.
Récemment, les chercheurs ont observé que ces mêmes cellules cancéreuses (qui possédaient un gène BRCA2 altéré) devenaient progressivement résistantes à la chimiothérapie à base de platine (carboplatine). En essayant de décrypter comment cette résistance se développait, ils ont découvert qu'un nouveau mécanisme génétique se mettait en place dans ces cellules, rétablissant la fonction normale du gène BRCA2. En d'autres termes, cela signifie que les cellules traitées par le carboplatine deviennent à nouveau capables de réparer les dégâts occasionnés à leur ADN. Ceci perturbe l'action du carboplatine, qui tue les cellules cancéreuses précisément en endommageant leur ADN.
Voilà probablement pourquoi certaines patientes porteuses d'une tumeur dite « BRCA2 positive » ne répondent plus, à un moment donné, à la chimiothérapie.
Maintenant que ce mécanisme est identifié, l'étape suivante consistera à trouver la parade pour contrecarrer cette résistance à la chimiothérapie. De nombreux travaux de recherche en perspective ? avec à la clef, espérons-le, un moyen d'accroître l'efficacité du traitement.
En route vers un Plan Cancer !
News 02-02-08
La ministre des Affaires sociales et de la Santé, Laurette Onkelinx, a officiellement lancé le processus qui doit aboutir à un Plan national Cancer. Ce plan est l'une des dix priorités du gouvernement intérimaire Verhofstadt III. Une première version sera présentée avant le 23 mars prochain au parlement, au gouvernement fédéral ainsi qu'à la conférence interministérielle Santé publique.
D'autres pays (France, Pays-Bas, Royaume Uni, Espagne, Danemark, Norvège, Canada, Australie) ont déjà opté pour le développement d'un Plan cancer et des progrès tangibles ont été réalisés (dépistage organisé du cancer du sein, accès aux médicaments innovants, généralisation des consultations multidisciplinaires, etc.). A son tour, la Belgique se lance dans cet ambitieux projet avec à la clé des améliorations attendues sur le plan médical, humain et scientifique.
Sources : Belga, 24-01-08 ; La Libre Belgique, 25-01-08 ; De Morgen, 25-01-08 ;Metro, 25-01-08 ; L'Echo, 25-01-08 ; De Standaard, 25-01-08 ; Le Soir, 25-01-08 ; Vers l'Avenir, 25-01-08 ; La Capitale, 25-01-08 ; Le Journal du Médecin, 29-01-08 ; Grenz-Echo, 26-01-08 ; La Dernière Heure, 25-01-08 ; Het Laatste Nieuws, 25-01-08 ; Gazet Van Antwerpen, 25-01-08 ; Het Nieuwsblad, 25-01-08.
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
Après avoir rencontré, entre autres, des responsables du Registre national du cancer, de l'Organisation européenne pour la recherche et le traitement du cancer (EORTC), de la Fondation contre le Cancer, de la Vlaamse Liga tegen Kanker, ainsi que quelques auteurs du Livre Blanc sur le cancer, la ministre de la Santé va organiser dans le courant du mois de février six tables rondes. En présence d'une vingtaine d'experts, représentants de différents secteurs, six thématiques seront alors abordées : la prévention et l'information, le dépistage et le diagnostic précoce, les soins, le soutien au patient et à ses proches, la recherche et les technologies innovantes, l'évaluation de la prise en charge. Chaque table ronde devra non seulement présenter le résultat des discussions, mais également proposer des actions concrètes à mener dans le cadre de la thématique abordée.
En fonction des marges budgétaires disponibles, les actions seront mises en œuvre en tenant compte des priorités arrêtées dans le Plan national Cancer.
Pour la Fondation contre le Cancer, les principales mesures qui devraient être prises face aux cancers sont les suivantes :
- Rendre obligatoire le numéro d'appel de la Ligne Tabac Stop sur l'ensemble des paquets de tabac et obtenir l'interdiction totale de fumer dans le secteur horeca (cafés inclus).
- Assurer un financement spécifique pour l'encadrement psychologique des patients dans les services de cancérologie.
- Organiser une prise en charge spécifique des tumeurs rares, mettant l'accent sur la multidisciplinarité et l'expertise des intervenants.
- Suivre la mise en place des cliniques du sein en veillant à encourager les collaborations entre institutions de soins.
- Accroître les budgets publics alloués à la recherche pour atteindre 3 % du PIB d'ici 2010, comme le recommande les Communautés européennes.
- Systématiser la consultation multidisciplinaire avant toute prise en charge thérapeutique, afin de garantir à chaque patient le meilleur traitement « sur mesure »possible.
- Evaluer sur base objective le résultat des traitements dans les différents services de cancérologie afin d'identifier les éventuelles améliorations requises.
Le chantier du Plan national Cancer a démarré et une première version sera présentée avant le 23 mars au parlement, au gouvernement fédéral ainsi qu'à la conférence interministérielle sur la Santé publique. Mais sa mise en œuvre prendra plusieurs années.
La Fondation contre le Cancer se réjouit du coup d'envoi d'un tel plan au niveau national. En effet, celui-ci rejoint les objectifs et les attentes de la Fondation en ce qui concerne le développement d'une prise en charge cohérente de la cancérologie dans notre pays.
Mélanome : identification de cellules souches au sein de ces tumeurs
News 18-01-08
Des chercheurs américains de l'Université d'Harvard viennent de découvrir une population de cellules qui serait à l'origine du développement du mélanome, un cancer particulièrement agressif de la peau.
Cette découverte devrait permettre de mieux cibler ces cellules cancéreuses et d'envisager de nouveaux traitements. Source : Nature, 17- 01-08 ; Belga, 16-01-08
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
La découverte de cette équipe de chercheurs conforte l'hypothèse selon laquelle divers cancers peuvent réapparaître à la suite d'un premier traitement à cause d'un petit groupe de cellules souches résiduelles, capables de survivre et de se développer à nouveau.
Depuis une dizaine d'années, diverses équipes de chercheurs étudient de près ces fameuses cellules souches. De quoi s'agit-il en fait ? Une tumeur cancéreuse est constituée de différents types de cellules. Parmi celles-ci, les cellules souches présentent deux particularités. D'une part, elles possèdent une capacité de renouvellement pratiquement illimitée, d'autre part, elles peuvent donner naissance à différents types cellulaires (capacité de différenciation, en jargon scientifique).
Le Dr Markus Frank et son équipe (Harvard Medical School, Boston) se sont intéressés à ces cellules afin de mieux comprendre pourquoi certains mélanomes résistent à la chimiothérapie. Ils ont découvert que les cellules souches tumorales isolées au départ de mélanomes humains présentaient à leur surface une protéine particulière, appelée ABCB5.
Les chercheurs ont alors transplanté des cellules « ABCB5 » à des souris. Ils ont ainsi confirmé la capacité de ces dernières à provoquer le développement de tumeurs, contrairement aux cellules dépourvues de ces protéines. Ils ont également pu montrer que le degré d'agressivité des tumeurs ABCB5 était corrélé avec le nombre de ces protéines à leur surface.
Ensuite, ils ont injecté aux rongeurs des anticorps dirigés contre ces cellules ABCB5 et ont constaté que les tumeurs cessaient de croître.
Bien qu'il s'agisse de travaux préliminaires (réalisés sur des animaux de laboratoire), ces premiers résultats semblent indiquer qu'il serait possible de cibler spécifiquement ces cellules souches du mélanome. Cette découverte offre dès lors de nouvelles perspectives en termes de traitements
Cancer de la prostate : amélioration du dépistage de la prostate en vue ?
News 12-01-08
Le département d'urologie de l'UZ Brussel teste actuellement une nouvelle méthode de dépistage du cancer de la prostate. Cette technique, appelée HistoScanning, consiste en une échographie assistée par ordinateur de la prostate. Elle serait plus précise que les tests sanguins de dépistage du PSA (antigène prostatique spécifique) actuellement utilisés. Sources : Belga ; 04-01-08 ; Vers l'Avenir, 05-01-08 ; La Libre Belgique, 05-01-08 ; Le Soir, 05-01-08.
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Depuis de nombreuses années, le test le plus couramment utilisé pour établir le diagnostic précoce du cancer de la prostate est la mesure dans un échantillon de sang d'une substance produite par la prostate : l'antigène prostatique spécifique ou PSA. Mais cette approche présente l'inconvénient de donner trop souvent de faux résultats positifs, ce qui angoisse les hommes concernés et les poussent à se soumettre inutilement à des investigations plus poussées. De plus, la mesure du PSA sanguin aboutit parfois au diagnostic de tumeurs non agressives, qui sont systématiquement enlevées alors que le patient aurait pu être soumis à une simple surveillance régulière. Ne perdons pas de vue, en effet, que l'ablation de la prostate n'est pas dénuée d'effets secondaires pouvant sévèrement altérer la qualité de vie des patients (dysfonctionnement érectile et impuissance).
La technique d'échographie actuellement testée par l'équipe du Professeur Braeckman est basée sur la détection de foyers de cellules tumorales prostatiques par l'utilisation d'ultrasons. L'échographie assistée par ordinateur est une technique récente dans laquelle les ultrasons et les techniques informatiques avancées permettent aux médecins de réaliser notamment une grande variété d'opérations chirurgicales. Cette approche a été testée dans une étude incluant 29 hommes chez lesquels un cancer de la prostate avait été diagnostiqué et qui avaient opté pour l'ablation de la glande atteinte. Le jour même de l'intervention chirurgicale, ces patients se sont soumis à l'échographie précédemment décrite. Les résultats de cette échographie ont été ensuite comparés aux résultats de l'analyse microscopique des tissus effectuée sur les pièces opératoires.
Cette comparaison s'est avérée particulièrement positive. En effet, les chercheurs ont pu montré que l'HistoScanning détectait avec précision la présence de multiples foyers de cellules tumorales au sein de la prostate ainsi que l'envahissement ou non de la capsule prostatique. La technique pourrait donc être également utilisée pour réaliser des biopsies en des zones bien localisées dans la prostate et pour définir avec beaucoup plus de précision le stade d'évolution de la maladie.
Ces premiers résultats encourageants conduisent les chercheurs a mené cette étude sur un plus grand nombre de patients afin de valider éventuellement cette technique en routine. Si ces nouvelles études s'avèrent concluantes, elles conduiraient alors à une nette amélioration du diagnostic, du traitement et du suivi médical des hommes suspectés de développer un cancer de la prostate. Elle permettrait notamment de détecter des foyers de cellules tumorales d'une manière non invasive et de déterminer quels sont les patients à risque de développer la maladie et quels sont ceux qui chez des biopsies pourraient être évitées. Affaire à suivre donc !
Des recommandations nationales pour le traitement du cancer du gros intestin.
News 08-01-08
A l'initiative du Centre fédéral d'expertise des soins de santé (KCE), un groupe de spécialistes du cancer de l'intestin ont rédigé des recommandations nationales pour une prise en charge optimale de cette maladie.
Alors que ce type de cancer nécessite un traitement spécifique, de nombreuses différences existent au niveau des soins prodigués dans les différents hôpitaux en Belgique. Une standardisation devenait dès lors absolument nécessaire. Source : La Libre Belgique, 22-12-07
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Le cancer du gros intestin est au cœur des préoccupations médicales dans notre pays. Et pour cause, il y représente la deuxième cause de mortalité liée au cancer. Chaque année, ce diagnostic est posé chez quelque 7 000 belges (dont 1900 cas rien que pour le cancer du rectum, la partie terminale du gros intestin).
La Fondation a d'ailleurs consacrée une journée d'information à propos de cette maladie en novembre dernier. Ce fut aussi l'occasion pour la Ministre de la Santé, Catherine Fonck, d'annoncer le projet d'organisation d'un dépistage systématique de ce cancer, probablement dès 2009 dans notre pays.
La Fondation se réjouit donc des travaux menés par le groupe de travail PROCARE (PROject on CAncer of the REctum) et de la diffusion de recommandations pour la prise en charge des cancers du gros intestin. Celles-ci concernent le diagnostic, le traitement (chirurgie, radiothérapie, chimiothérapie) et le suivi des cancers du rectum. Plus précisément, ces « guidelines » soulignent que le diagnostic de cancer du rectum nécessite un toucher rectal et une biopsie de la tumeur. Un examen du gros intestin par colonoscopie est conseillé également, notamment pour écarter l'hypothèse de la présence d'autres tumeurs. Le traitement comprendra dans la plupart des cas une résection chirurgicale de la tumeur, précédée ou suivie d'une radiothérapie et / ou d'une chimiothérapie.
Le fil conducteur d'un bon traitement du cancer du rectum est constitué par une approche multidisciplinaire dans laquelle les expertises du gastro-entérologue, du radiologue, du chirurgien, de l'oncologue, du radiothérapeute et de l'anatomopathologiste sont réunies.
Cette approche, qui est encouragée par les divers groupes professionnels impliqués et par le Collège d'Oncologie devrait aboutir à une nette amélioration de la prise en charge de ce cancer dans les toutes prochaines années.
En savoir plus : Le texte intégral de ces recommandations est disponible sur le site internet du KCE : www.kce.fgov.be (rubrique « publications »), sous la référence KCE Reports vol 69B.