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2007 Archives - Actualités prévention

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-Irradiation : prudence pendant la grossesse ! News 29-11-07 
-L’alcool augmente le risque de cancer du sein News 06-11-07 
-Etat des connaissances scientifiques sur les liens alimentation - cancers News 05-11-07 
-Remboursement du vaccin contre le cancer du col de l’utérus à partir du 1er novembre News 28-10-07 
-Manger du poisson pourrait contribuer à réduire le risque de cancer de l’intestin News 25-09-07 
-Le vaccin contre le cancer du col de l’utérus enfin remboursé ! News 08-09-07 
-Le café : facteur de protection contre le cancer du foie ? News 04-09-07 
-Suppléments d'antioxydants et augmentation du risque de cancers cutanés News 01-09-07 
-Cancer du sein: diminuer le risque de rechute par l’adoption d’un mode de vie sain News 02-08-07 
-Tomates : moins efficaces contre le cancer que prévu ! News 20-07-07
 
-Cancer de la prostate : un nouveau test de dépistage plus spécifique que le PSA? News 10-07-07 
-Suppléments alimentaires: les doutes persistent ! News 03-07-07 
-Soleil et cancer News 08-05-2007
-Prudence face à l’auto-médication! News 02-05-2007 
-Mammographie par ordinateur : efficacité remise en question News 05-05-07 
-Efficacité des suppléments en antioxydants remise en cause News 10-07-04 
-L’activité physique bénéfique pour les patients atteints de cancer News 21-03-07 
-Développer un cancer de la peau en conduisant ? News 24-02-07 
-Prévention du cancer du sein : action protectrice des fibres avant la ménopause News 05-02-07 
-Statines: leur effet préventif contre les cancers de l’intestin remis en cause? News 03-01-07



Irradiation : prudence pendant la grossesse !

News 29-11-07

L'agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN) a eu connaissance, récemment, de 4 cas d'irradiation involontaire de patientes enceintes lors d'examens pratiqués en Belgique. Afin de sensibiliser le corps médical et le grand public à ce problème, l'AFCN organise, du 3 au 7 décembre 2007, la « Semaine de l'enfant à naître ».

Sources : Belga, 22-11-07; Het Laatste Nieuws, 23-11-07.

Commentaires de la Fondation contre le Cancer

Les radiations ionisantes, générés au cours d'un examen radiologique ou d'un traitement par brachythérapie (cas d'hyperthyroïdie avec goitre par exemple), présentent un risque pour l'embryon et le fœtus. Ce risque varie selon l'importance de la dose de rayons reçue et/ou le stade de la grossesse. Les risques majeurs sont l'induction de cancer, les malformations congénitales, les fausses-couches et les atteintes des fonctions cérébrales.

Dans tous les cas, c'est le principe de précaution qui doit prévaloir. L'examen sera donc reporté s'il n'est pas absolument nécessaire. S'il est indispensable, il ne faut toutefois pas s'en passer. Il existe en effet des mesures de précaution pour réduire la dose de radiation : remplacer l'examen par un autre examen n'utilisant pas les rayonnements ionisants (échographie, imagerie par résonnance magnétique, par exemple) ou simplement poser un tablier de plomb sur l'abdomen au moment de l'examen.

Pour éviter d'irradier accidentellement des embryons, il est important que le personnel médical soit tout particulièrement attentif et interroge soigneusement toute femme en état de procréer sur la possibilité éventuelle d'une grossesse, même débutante.
L'AFCN a dès lors décidé de mettre sur pied une campagne de sensibilisation intitulée « La Semaine de l'Enfant à Naître ». Durant cette campagne, toutes les personnes intéressées pourront poser directement leurs questions via le nouveau site internet de l'AFCN : www.fanc.fgov.be. Une équipe de médecins et d'experts en radiophysique répondront aux questions.  Des brochures seront par ailleurs distribuées au grand public mais aussi au personnel médical, aux praticiens et aux prescripteurs.





L'alcool augmente le risque de cancer du sein

News 06-11-07

Une vaste étude menée auprès de plus de 70 000 femmes montre que le fait de boire plus d'un verre d'alcool par jour (bière, vin, ou alcool fort) augmente le risque de cancer du sein.

Sources : Belga, 24-10-07 ; La Dernière Heure, 25-10-07 ; La Capitale, 25-10-07 ; Vers l'Avenir, 25-10-07 ; De Huisarts, 25-10-07 ; De Morgen, 25-10-07.

Commentaires de la Fondation contre le Cancer

Bien que plusieurs études aient déjà évoqué un effet néfaste de l'alcool sur le risque de cancer du sein, leurs résultats sont parfois contradictoires et souvent incomplets, notamment pour ce qui est des différences entre les types de boissons incriminées.

Des chercheurs du Kaiser Permanente Division of Research d'Oakland (Etats-Unis) ont présenté les résultats d'une large étude sur ce thème lors du congrès européen du cancer (ECCO) qui s'est tenu en septembre dernier à Barcelone. Ils ont analysé les informations recueillies au cours d'examens de santé réalisés entre 1978 et 1985 auprès de 70 033 femmes d'ethnies différentes. En 2004, 2 829 d'entre elles avaient eu un cancer du sein. Dans leur analyse, les chercheurs ont comparé le rôle de la prise totale d'alcool chez les femmes ayant privilégié un type de boisson ou qui n'avaient pas eu de préférence particulière. Dans une autre analyse, ils ont tenté de cerner le rôle de la fréquence des boissons de chaque type. Enfin, ils ont examiné le rôle de la prise totale alcoolique en comparant ces femmes à d'autres ayant consommé moins d'une boisson alcoolisée par jour.

Les résultats indiquent que les femmes qui boivent un à deux verres de boissons alcoolisées par jour présentent un risque de cancer du sein accru de 10 % par rapport à celles qui boivent moins d'une boisson alcoolisée par jour, et ce quel que soit la catégorie d'âge ou l'ethnie. Le risque est augmenté de 30 % chez les femmes qui consomment au moins trois boissons alcoolisées par jour

Autre point intéressant : on ne note aucune différence en fonction du type de boisson alcoolisée, qu'il s'agisse de vin, de bière ou de spiritueux. Le vin rouge et le vin blanc, notamment, présentent le même impact. Il semble donc bien que ce soit l'alcool en lui-même (alcool éthylique) et la quantité consommée qui influencent le risque de cancer du sein.

Même si une consommation modérée semble par ailleurs avoir un impact positif sur la diminution du risque cardio-vasculaire, cette étude souligne l'influence de l'alcool sur le risque de cancer du sein chez la femme. A l'approche des fêtes de fin d'année, ceci devrait susciter une réflexion globale sur les risques encourus lors d'une consommation excessive d'alcool !





Etat des connaissances scientifiques sur les liens alimentation - cancers

News 05-11-07

Le Fonds Mondial de Recherche contre le Cancer et l'Institut Américain pour la Recherche sur le Cancer viennent de publier, début novembre, un état des connaissances scientifiques sur les liens alimentation ? cancers. Ce volumineux rapport aboutit à de nouvelles recommandations précises en matière de prévention. Il peut dès à présent être consulté sur le site http://www.fmrc.fr.

Quoi de neuf du côté de la prévention?

- Avant même de parler de ce que nous mangeons et buvons, la premier conseil qui nous est donné est d'être et de rester aussi minces que possibles (en évitant toutefois l'insuffisance pondérale).

- Seconde recommandation: pratiquer minimum 30 minutes d'activité physique par jour!

- Troisième conseil, également destiné à lutter contre les kilos superflus: éviter les boissons sucrées et les aliments à haute densité calorique (très gras ou très sucrés).

Bref, la priorité est clairement donnée à la lutte contre l'obésité et la sédentarité.

Suivent la confirmation de conseils déjà connus comme de manger davantage de fruits et légumes aussi variés que possible (minimum 400gr par jour), de limiter sa consommation de viande rouge (maximum 300gr par semaine), de boire très modérément de l'alcool (maximum 2 verres par jour pour l'homme et 1 verre par jour pour la femme) et de limiter sa consommation de sel (maximum 5gr par jour).

D'autres recommandations intéressantes sont encore prodiguées:

- Ne pas prendre de compléments alimentaires et autres vitamines pour se protéger du cancer mais privilégier une alimentation variée et équilibrée.

- Pour les jeunes mamans: nourrir exclusivement leur enfant au sein pendant six mois. C'est tout bénéfice pour la mère et pour l'enfant.

- Pour les personnes qui ont déjà eu un cancer: appliquer, elles aussi, ces conseils de prévention.

Promouvoir la minceur, lutter contre les sodas, les suppléments vitaminiques et le tout en voiture ou devant la télévision? Cela démontre un bel esprit d'indépendance quand on sait que ce rapport a été rendu public aux USA!

Reste à le mettre en pratique, des deux côtés de l'Atlantique?





Remboursement du vaccin contre le cancer du col de l'utérus à partir du 1er novembre

News 28-10-07

La vaccination préventive contre le cancer du col de l'utérus sera en grande partie remboursée dès le 1er novembre 2007 pour les jeunes filles âgées de 12 à 15 ans. Grâce à ce remboursement, la patiente ne payera plus que 31,90 € pour les trois doses nécessaires, au lieu de 390,66 €.

Ce vaccin protège contre les infections causées par plusieurs types différents de papillomavirus humains (HPV). Des études de grande envergure ont démontré, grâce à ce vaccin, une protection contre une grande majorité des virus responsables des cancers du col de l'utérus.

Sources : Belga, 19-10-07 ; Le Journal du Médecin, 19-10-07 ; Vers l'Avenir, 20-10-07 ; La Capitale, 20-10-07 ; La Libre, 20-10-07 ; De Zondag, 21-10-07 ; De Morgen, 22-10-07 ; Het Laatste Nieuws, 22-10-07.

Commentaires de la Fondation contre le Cancer

Le Conseil supérieur de la Santé avait recommandé en mai dernier la vaccination contre les infections dues aux HPV. Il s'agit là des infections sexuellement transmissibles les plus fréquentes, souvent contractées dès les premières années de vie sexuelle.

Le « mode de vie » des HPV est à présent beaucoup mieux connu. Une infection chronique par certains de ces virus est associée à la quasi totalité des cancers du col de l'utérus. Des HPV sont aussi les acteurs principaux de la survenue des lésions précancéreuses du col, du vagin et de la vulve, ainsi que des verrues génitales. Dans ce contexte, l'intérêt d'une vaccination préventive est incontestable.

Mais, insistons sur le fait que malgré la mise à disposition de ce vaccin, le dépistage par frottis reste indispensable. En effet, la vaccination diminue très fortement le risque de cancer du col mais elle n'offre pas une protection absolue. Certaines souches moins fréquentes d'HPV ne sont actuellement pas couvertes par la vaccination. Et on ne connaît pas encore avec précision la durée de la protection offerte par cette vaccination.

D'où l'importance de continuer le dépistage par frottis. 





Manger du poisson pourrait contribuer à réduire le risque de cancer de l'intestin

News 25-09-07

Des chercheurs de l'Université de Wageningen (Pays-Bas) ont analysé quatorze études visant à examiner le lien entre la consommation de poisson et le risque de cancer du côlon (gros intestin).

Selon leurs conclusions, consommer du poisson une fois par semaine ferait diminuer ce risque de 4 %. Il semble en outre que plus la consommation de poisson est fréquente, plus le risque diminue : à chaque fois que l'on intègre du poisson au menu pendant la semaine, le risque diminue de nouveau de 4 %. Par conséquent, manger du poisson trois fois par semaine ferait reculer le risque de 12 %.

On ignore encore quels sont les éléments présents dans le poisson qui serai(en)t responsable(s) de ce effet bénéfique. Le rôle potentiel des acides gras oméga 3 ? auxquels on impute, déjà d'autres avantages pour la santé - est évoqué. Si cette hypothèse se vérifie, les poissons gras offriraient une meilleure protection que les poissons maigres, mais ce point n'a pas été vérifié lors des études visées.

Sources Belga, 13-09-07-09 ; Gazet van Antwerpen, 14-09-07 ; La Dernière Heure, 14-09-07 ; Vers l'Avenir, 14-09-07
  

Commentaires de la Fondation contre le Cancer

L'analyse de ces chercheurs est intégrée dans un projet du Fonds mondial de recherche contre le cancer. Ce projet s'attache à rassembler les résultats de diverses études scientifiques menées à travers le monde, qui s'intéressent au lien entre l'alimentation, l'activité physique et le cancer. Ce rapport sera publié à la fin du mois d'octobre 2007.

La mise en évidence d'un lien entre la consommation de poisson et la diminution de risque de cancer du côlon y seront certainement abordées.

Dans l'intervalle, nous pouvons d'ores et déjà formuler la remarque suivante. Outre son effet protecteur potentiel contre le cancer (probablement lié à la présence d'acides gras oméga 3), le poisson peut contribuer à réduire le risque de maladies cardiovasculaires, de diabète et de démence. Toutefois, les poissons gras -essentiellement- contiennent aussi des substances susceptibles de nuire à la santé, tels les PCB, les dioxines, les métaux lourds, etc. Il est donc déconseillé de manger trop de poisson...

Les pouvoirs publics et notre Fondation préconisent dès lors de consommer deux fois 100 g de poisson par semaine. Le rapport susmentionné fournira, nous l'espérons, davantage de précisions sur la consommation « optimale » de poisson. Nous vous en tiendrons informés!





Le vaccin contre le cancer du col de l'utérus enfin remboursé !

News 08-09-07

Le vaccin préventif contre le cancer du col de l'utérus (vendu sous le nom de Gardasil) sera remboursé par la sécurité sociale au plus tard le 1er décembre 2007 pour les jeunes filles âgées entre 12 et 15 ans. Le Ministre des Affaires sociales et de la Santé, Didier Donfut, a libéré, pour ce faire, quelque 45 millions d'euros.

Grâce à ce remboursement, le coût pour la patiente s'élèvera à 31,8 € (soit 10,60 € par injection, sachant qu'il faut trois doses au total) au lieu de 390,66 € pour la vaccination complète. Si la patiente est bénéficiaire de l'intervention majorée (BIM ou OMNIO), elle ne payera plus que 7,10 € par dose.

Sources : Belga, 06-09-07; Het Laatste Nieuws, 06-09-07 ; La Dernière Heure, 06-09-07 ; Le Soir, 06-09-07; De Morgen, 07-09-07; La Libre Belgique, 07-09-07; De Standaard, 07-09-07; Het Nieuwsblad, 07-09-07; La Capitale, 07-09-07

Commentaire de la Fondation contre le Cancer

La mesure de remboursement se concentre sur les filles âgées de 12 à 15 ans car il a été montré qu'il vaut mieux agir avant le premier rapport sexuel. Un effort de sensibilisation est prévu vers les parents des jeunes filles concernées ainsi qu'en milieu scolaire. Marie Arena (ministre-présidente de la Communauté française) va demander au gouvernement d'examiner la possibilité que le vaccin soit administré par la médecine scolaire, avec l'accord des parents et de l'adolescente.

Mais même en étant vacciné, il est nécessaire de continuer le dépistage en faisant procéder régulièrement à un frottis du col de l'utérus. Celui-ci est recommandé dans l'année qui suit les premiers rapports sexuels ou, dans tous les cas, à partir de l'âge de 25 ans. Après deux frottis normaux durant deux années consécutives, le dépistage par frottis peut être réalisé tous les 3 ans jusqu'à l'âge de 65 ans (à condition que le frottis reste normal). Cet examen gynécologique est rapide, indolore et peu coûteux. Or, à cet égard, des efforts doivent encore être accomplis. En effet, l'Union nationale des Mutualités libres a noté une stabilisation, voire une diminution, de dépistages par frottis. Rappelons que si la vaccination diminue très fortement le risque de cancer du col, elle n'offre toutefois pas une protection absolue. Certaines souches moins fréquentes des virus responsables de la maladie ne sont actuellement pas couvertes par le vaccin. D'où l'importance de continuer le dépistage par frottis.

Rappelons que le cancer du col de l'utérus représente la deuxième cause de mortalité par cancer (après le cancer du sein) en Europe, chez les femmes âgées de 15 à 44 ans. En Belgique, il est à l'origine de 700 nouveaux cas de cancers et près de 300 décès chaque année.

Si vous souhaitez en savoir plus sur le cancer du col de l'utérus et la vaccination, cliquez ici.


Le café : facteur de protection contre le cancer du foie ?

News 04-09-07

Une équipe de l'Institut de recherche en pharmacologie de Milan a rassemblé les résultats de plusieurs études portant sur le lien entre la consommation de café et les cancers du foie. L'analyse révèle une diminution de 41% du risque de carcinome hépatocellulaire (la forme la plus courante de cancer du foie) chez les buveurs de café. Une tasse de café supplémentaire par jour offrirait même encore 25% de protection de plus. Il a également été constaté que le café diminue le risque d'autres affections hépatiques, comme la cirrhose par exemple, qui peut parfois dégénérer en cancer du foie.

Source: Le Généraliste, 30-08-07
 
Commentaire de la Fondation contre le Cancer

Une analyse critique nous fait remarquer que des tests effectués en laboratoire et sur animaux révèlent que certains éléments constitutifs du café entraînent souvent l'inhibition de substances dont la fonction est précisément de supprimer l'effet de facteurs cancérigènes. On devrait donc s'attendre à ce que la consommation de café augmente le risque de cancers du foie !

Bien que plusieurs études mettent en évidence un effet protecteur du café contre certains types de cancers, il n'y a pas encore lieu de modifier les recommandations à propos du lien entre la consommation de café et l'apparition de cancers. Les preuves sont encore trop insuffisantes à l'heure actuelle.

La Fondation attend pour cela la publication de l'important rapport du World Cancer Research Fund et de l'American Institute for Cancer Research portant sur l'alimentation, l'activité physique et le cancer, considérés sous l'angle de la prévention. Ce document rassemblera les résultats d'études effectuées dans le monde entier et est attendu pour le mois de novembre de cette année. Sur base de ce rapport, la Fondation adaptera ses recommandations si nécessaire.

D'ici là, nous considérons qu'une consommation modérée de café, décaféiné ou non, n'influence en aucune façon la prévention du cancer. Cependant, il n'est pas exclu que les personnes consommant plus de cinq tasses par jour courent un risque plus élevé de développer un cancer, notamment de la vessie.
Affaire à  suivre donc ?

En savoir plus à propos du lien entre café et cancer ? Cliquez ici





Suppléments d'antioxydants et augmentation du risque de cancers cutanés

News 01-09-07

L'objectif poursuivi par un groupe de chercheurs français consistait à déterminer si la prise de suppléments d'antioxydants à des doses nutritionnelles ? c'est-à-dire des doses extrêmement peu importantes ? contribuait à réduire le risque de cancers de la peau. A leur grand étonnement, ils constatèrent non pas une baisse, mais bien une augmentation du risque chez des femmes ayant pris quotidiennement de tels suppléments pendant approximativement 7,5 ans. Les antioxydants en question étaient les vitamines C et E, le bêta carotène, le sélénium et le zinc. Près de 8 000 femmes et plus de 5 000 hommes participèrent à l'étude. Si le risque ne semblait pas augmenter chez les hommes, chez 16% des femmes on a diagnostiqué un mélanome, le plus agressif des cancers de la peau.

Source: The Journal of Nutrition, 137:2098-2105, septembre 2007
 
Commentaire de la Fondation contre le Cancer

Diverses études ont mis en évidence un lien existant entre la consommation de certains produits alimentaires et la diminution du risque de développer divers cancers. La relation actuellement la plus convaincante concerne la consommation suffisante de fruits et de légumes liée à une diminution du risque de différents types de cancers, notamment ceux du poumon, de l'œsophage et de l'estomac.

Pendant longtemps on a cru que les antioxydants, notamment certaines vitamines et certains minéraux, présentaient un effet protecteur. Toutefois, lorsqu'on les isole sous forme de suppléments, le lien est loin d'être évident : tantôt ce lien ne peut simplement pas être démontré, tantôt les études montrent même une augmentation du risque de cancer. 

Progressivement, on s'est rendu compte que ce n'étaient pas les antioxydants en tant que tels qui exerçaient un effet protecteur, mais bien la combinaison de plusieurs substances alimentaires différentes. Isoler des antioxydants et les proposer comme suppléments n'aura donc probablement jamais le même effet que celui engendré par ces substances dans leur environnement naturel. Par ailleurs, de nombreuses substances contenues dans l'alimentation n'ont pas encore été identifiées jusqu'à présent. En outre, il est possible que ce soit la combinaison de plusieurs substances (connues ou non, antioxydantes ou non) qui soit à la base de certains effets bénéfiques pour la santé.

Par conséquent, il est encore exclu, aujourd'hui, de pouvoir les isoler dans une petite pilule. D'ailleurs, les scientifiques sont de plus en plus nombreux à déconseiller la prise de suppléments. Ils encouragent par contre la consommation de produits riches en antioxydants sous la forme, notamment, de 5 portions de fruits et de légumes par jour.

Envie d'en savoir plus à propos des antioxydants? Consultez notre fiche thématique sur le sujet. Vous la trouverez sur notre site, en cliquant ici.






Cancer du sein: diminuer le risque de rechute par l'adoption d'un mode de vie sain

News 02-08-07

Une étude menée auprès de 1500 femmes américaines traitées pour un cancer du sein diagnostiqué à un stade précoce indique que le risque de rechute peut être diminué de moitié en adoptant un mode de vie sain. Plus précisément, la consommation quotidienne de 5 portions de fruits et légumes et la pratique journalière d'une activité physique modérée ont été associées à une diminution de 50% du risque de récidive au cours des 9 années qui ont suivi la fin du traitement.
D'autres études ont porté sur des relations analogues. Actuellement,  les chercheurs s'intéressent surtout à l'influence des fruits, des légumes, des fibres, des graisses et du poids de la personne après un traitement pour cancer du sein.

Sources : Journal of Clinical Oncology, 2007; 25(17): 2345-2351
              JAMA, 2007; 298-3: 289-298
              J Natl Cancer Inst. 2006 Dec 20; 98(24):1767-76


Commentaire de la Fondation contre le Cancer

Ce n'est pas la première étude à montrer l'impact positif qu'un mode de vie sain peut avoir sur la santé. On savait en effet que la consommation de fruits et de légumes en quantité suffisante contribue à diminuer le risque de certains types de cancers et de maladies cardiovasculaires. Il en va de même en cas de pratique régulière d'une activité physique modérée.

Mais c'est la première fois, à notre connaissance, qu'une telle étude est menée auprès de femmes guéries d'un cancer du sein et qui ont combiné la consommation quotidienne de 5 portions de fruits et légumes avec la pratique d'une activité physique modérée dès la fin de leur traitement. Comparé aux résultats obtenus dans les groupes de femmes ayant suivi séparément l'une ou l'autre des recommandations (ç-à-d soit la consommation de fruits et légumes, soit la pratique régulière d'une activité physique), le bénéfice obtenu en terme de survie est doublé. Notons cependant que la majorité des femmes incluses dans cette étude poursuivait un traitement au Tamoxifène (pour réduire le risque de rechute), ce qui pourrait également influencer les résultats. Des études complémentaires seraient dès lors nécessaires à cet égard.

Par ailleurs, une comparaison avec d'autres recherches sur ce même thème indique que l'effet positif des fruits et des légumes n'est (pour l'instant) pas établi avec certitude lorsque leur consommation n'est pas associée à une activité physique.

Il pourrait aussi être nécessaire de faire une distinction en fonction du type de cancer du sein, hormonodépendant ou non. Les femmes atteintes d'un cancer du sein hormonodépendant (sensible à l'action des hormones) semblent retirer un maximum d'avantages d'une combinaison fruits, légumes et activité physique. Par contre, en cas de cancers non-hormonodépendants, ce serait surtout la réduction de la consommation de graisses et le contrôle pondéral qui auraient un effet bénéfique.

Des études complémentaires sont indispensables pour confirmer ces premières constatations. Si tel est le cas, des recommandations « sur mesure », en fonction du type de cancer, pourraient alors être établies. Avec un formidable message d'espoir à la clé !






Tomates : moins efficaces contre le cancer que prévu !

News 20-07-07

Le pigment qui donne la couleur rouge à la tomate suscite l'intérêt depuis longtemps grâce aux propriétés protectrices qu'il aurait face au cancer. La substance en question porte le nom de lycopène et appartient au groupe des caroténoïdes. L'Agence Américaine de l'Alimentation et du Médicament a comparé plusieurs études et est arrivé à la conclusion que l'effet protecteur est limité. Seules quelques études ont révélé une diminution du risque de cancers de la prostate, de l'ovaire, de l'estomac et du pancréas. Mais un véritable effet protecteur est loin d'être établi, pour ces cancers comme pour d'autres d'ailleurs.

Source : De  Standaard, 19-07-07

Commentaire de la Fondation contre le Cancer

Ces dernières années, diverses études ont laissé entrevoir un lien de cause à effet entre une consommation importante de tomates et un effet protecteur spécifique contre les cancers de l'estomac et du poumon. On pensait que cela était dû non pas à l'effet d'un seul élément contenu dans la tomate, mais bien à la combinaison de plusieurs substances. On imaginait que le lycopène diminuait l'incidence (nombre de nouveaux cas de cancers par an) des cancers de la prostate chez les hommes. On supposait qu'un effet antiprolifération (frein à la multiplication de cellules), combiné à un effet antioxydant (entrave aux réactions oxydantes dans l'organisme) était responsable du phénomène. Or, cette dernière affirmation fait actuellement l'objet d'études complémentaires car les experts pensent que les effets protecteurs seraient moins importants qu'imaginés au départ.

Quoi qu'il en soit, la tomate demeure une source importante de carotène, de vitamine C et de fibres. En outre, il y a suffisamment de preuves qu'un régime alimentaire riche en fruits et légumes contribue à réduire le risque global de développer un cancer. Aucune raison, par conséquent, de supprimer la tomate du menu. Par contre, la recommandation de varier autant que possible les fruits et légumes reste d'application. Une fois de plus, une alimentation variée et équilibrée est importante pour notre santé.





Cancer de la prostate : un nouveau test de dépistage plus spécifique que le PSA?

News 10-07-07

Un test génétique, récemment mis au point par l'entreprise Gen-Probe, pourrait accroître l'efficacité du dépistage du cancer de la prostate. Ce dépistage tel qu'actuellement pratiqué (dosage sanguin de PSA) ne fait pas l'unanimité chez les médecins et le Centre fédéral d'expertise des soins de santé (KCE) vient de rappeler récemment ses lacunes.

Le développement d'un nouveau test génétique (Progensia PCA3), nettement plus spécifique que le PSA, devrait permettre de repérer les cancers prostatiques tout en évitant bon nombre de biopsies inutiles chez ceux qui n'en sont pas atteints.

Sources : Le Soir, 05-07-07 ; La Dernière Heure, 05-07-07

Commentaire de la Fondation contre le Cancer

Le problème du dosage sanguin du PSA (Prostate Specific Antigen) est que ce dernier n'est pas du tout spécifique des cancers de la prostate. Toute une série d'autres situations (hypertrophie bénigne, inflammation, traumatisme ou infection de la prostate) peuvent également s'accompagner d'un taux de PSA élevé. L'interprétation des résultats est donc particulièrement délicate et mène à de nombreuses biopsies inutiles chez des hommes qui n'ont pas de cancer.

Le nouveau test génétique, dénommé Progensa, présenterait deux avantages importants. Tout d'abord, sa simplicité pour le patient. Un examen d'urine, sans prise de sang, devrait suffire. Second avantage : sa plus grande précision. L'analyse d'urine porte en effet sur un gène particulier (PCA3  pour « Prostate CAncer gene 3 ») exprimé uniquement par les cellules cancéreuses de la prostate.

Les résultats d'une étude européenne multicentrique présentés en mars dernier lors du Congrès annuel de l'association européenne d'urologie ont indiqué que ce test était  plus spécifique que les méthodes traditionnelles pour le dépistage du cancer de la prostate (toucher rectal et dosage de l'antigène prostatique (PSA).

L'étude portait sur 233 hommes présentant un taux de PSA d'au moins 2,5ng/ml. Tous avaient eu au préalable une biopsie qui s'était révélée négative (absence de cancer) et  étaient en attente d'une biopsie de contrôle. L'âge moyen des participants était de 64 ans. Selon les données obtenues dans cette étude, les chercheurs ont conclu que le test Progensia PCA3 était 4,5 fois plus spécifique que le dosage classique du PSA pour découvrir un cancer de la prostate. Cette spécificité du test génétique en fait un candidat sérieux pour le dépistage des cancers prostatiques en lieu et place du PSA.  

Ce test est en cours de commercialisation en Europe. Dans notre pays, il est disponible via le Centre de Technologies Moléculaires Appliquées de l'Université catholique de Louvain (Bruxelles). Le prix de ce test est de 259 € et il n'est  pas remboursé actuellement.





Suppléments alimentaires: les doutes persistent !

News 03-07-07

Dans cette rubrique, nous vous informions il y a peu de l'efficacité douteuse de suppléments contenant des antioxydants. Il semble que la confusion prenne encore de l'ampleur. Dans son numéro de juillet, le magazine EOS y consacre un dossier important. Les nombreuses études indiquant que les suppléments alimentaires peuvent être plus néfastes que bénéfiques ont convaincu les milieux politiques et scientifiques.

Toutefois, de nombreux consommateurs mal informés sont toujours séduits par les messages publicitaires de la puissante industrie des suppléments. Celle-ci propose un remède pour chaque pathologie, non seulement sur le plan de la prévention du cancer ou en vue de perdre du poids, mais à présent également pour développer les seins ou pour lutter contre le virus du SIDA. Ces produits sont disponibles partout, tant en pharmacie que dans les supermarchés ou via Internet, de telle sorte que le marché des suppléments connaît une progression de 5 à 10% par an et représente aujourd'hui un chiffre d'affaires de 150 millions d'euros? 

Source: Magazine EOS, juillet 2007
 
Commentaire de la Fondation contre le Cancer

La Belgique a été un des premiers pays de l'Union Européenne à appliquer une réglementation plus stricte à propos des suppléments alimentaires. Mais le système mis en en place n'est pas encore idéal. En outre, la législation s'appliquant à l'industrie alimentaire (et donc à ces suppléments) est beaucoup plus laxiste que celle relative à l'industrie pharmaceutique. C'est ainsi que l'étiquetage, par exemple, laisse souvent à désirer et est même quelquefois erroné. Parfois, on constate même de graves dérives consistant à distribuer les produits de façon illégale ou à y introduire des ingrédients nocifs!

Dans leur communication, et pour le choix de leurs ingrédients, les fabricants se basent souvent sur des études qui n'ont pas été effectuées de façon rigoureusement scientifique, ou sur des résultats qui n'ont été observés que sur des animaux ou en laboratoire, mais pas sur l'être humain.

Qui plus est, une alimentation saine et variée ne demande pas de suppléments. Ceux-ci ne sont utiles que lorsqu'une lacune a été constatée, et même dans ce cas leurs effets ne sont pas comparables à ceux d'une alimentation normale.

Nous savons que de nombreuses substances contenues naturellement dans les aliments n'ont pas encore été identifiées. C'est l'action combinée de ces nombreuses substances, connues ou non, qui explique l'impact de l'alimentation sur notre santé. Par conséquent, il n'est pas ? encore ? possible d'obtenir des effets comparables par la simple prise d'une pilule.

Pour toutes ces raisons, il vous est déconseillé de consommer des suppléments alimentaires sans en avoir discuté au préalable avec votre médecin et/ou votre diététicienne. Ces professionnels peuvent évaluer l'intérêt réel que des suppléments représentent pour vous, et vous conseiller de façon professionnelle.            





Soleil et cancer

News 08-05-2007

Selon M. Luc Bonneux, médecin-épidémiologiste, il n'existerait pas la moindre preuve indiquant que le soleil soit néfaste pour la santé, pas plus qu'il n'existerait de preuve démontrant l'utilité du dépistage du cancer de la peau. Il affirme qu'inciter les gens à fuir le soleil est une mauvaise idée et que le dépistage gratuit accroît sensiblement le nombre de biopsies et d'interventions discutables ou inutiles.

Source : De Standaard, 04-05-2007

Commentaire de la Fondation contre le Cancer

La peau constitue l'enveloppe extérieure du corps humain, mais ses fonctions vont en réalité bien au-delà. Elle nous protège des influences externes néfastes et aide notre organisme à se défendre contre l'hyperthermie, l'hypothermie ou la déshydratation. Elle transmet également les sensations tactiles et joue un rôle majeur dans notre apparence. Elle est en outre notre organe le plus volumineux.

Toutes ces raisons suffisent déjà pour qu'on l'entoure des plus grands soins. L'industrie cosmétique a d'ailleurs bien compris l'importance de l'enjeu, puisqu'elle tire précisément de substantielles recettes de ce désir d'avoir une peau lisse et resplendissante. Le marché florissant des crèmes solaires occupe une place importante parmi les produits de soin. Les fabricants ont donc tout intérêt à préconiser une application consciencieuse de leurs produits. Pas question toutefois de remettre en cause l'utilité de la crème solaire : oui, elle permet de contrer les effets négatifs du rayonnement ultraviolet ! Mais, il y a un « mais » car certaines personnes éprouvent un ? faux ? sentiment de sécurité si elles s'enduisent de crème solaire, saisissant trop rapidement ce prétexte pour s'exposer plus longtemps. Cette recommandation bien intentionnée pourrait dès lors produire l'effet inverse de celui recherché.

Ce mois-ci (mai 2007), The Lancet, une revue médicale faisant autorité à l'échelle mondiale, annonce la publication d'un nouveau rapport consacré aux mesures de protection contre le soleil, sous le titre éloquent de « Less sun better than using sunscreen » (réduire l'exposition au soleil est préférable à l'utilisation de crèmes solaires). Voici un bref résumé des conclusions :
- Idéalement, il faut éviter la lumière directe du soleil et porter des vêtements en guise de protection.
- Les vêtements eux-mêmes offrent un degré variable de protection solaire (SPF - Sun Protection Factor) en fonction de la matière dans laquelle ils sont réalisés.
- Les crèmes solaires assurent une protection contre les dommages cutanés et les cancers de la peau de type non-mélanome, fréquents et peu dangereux. En ce qui concerne le mélanome, un type de cancer de la peau agressif mais rare, l'efficacité des crèmes solaires semblent relative, compte tenu des études actuellement  disponibles.

Jusqu'à présent, la première partie du volet « prévention » comportait des mesures destinées à prévenir le cancer de la peau (prévention primaire). La seconde partie, qui mérite à tout le moins d'être nuancée, invite à se soumettre à un dépistage (prévention secondaire).

Il est vrai que le dépistage du cancer de la peau ne fait pas partie des programmes de dépistage fondés sur des preuves scientifiques (evidence based). Si un dépistage systématique est recommandé pour le cancer du sein, le cancer du col de l'utérus et le cancer du côlon, il n'en va pas de même pour le cancer de la peau. Les mélanomes (cancers de la peau particulièrement dangereux et agressifs) sont en effet relativement rares. Les coûts qu'entraînerait un dépistage régulier du cancer de la peau pour l'ensemble de la population ne seraient, d'un point de vue économique, pas justifiables au regard des années de vie potentiellement gagnées. Qui plus est, il est difficile (impossible ?) de définir des groupes spécifiques pour le dépistage du cancer de la peau, comme c'est notamment le cas pour le cancer du sein ? seules les femmes âgées de 50 à 69 ans sont invitées à passer une mammographie. Le risque de développer un mélanome est en effet conditionné par le type de peau, les antécédents familiaux ou personnels, le nombre de coups de soleil subis pendant l'enfance, etc. : autant de critères qui peuvent difficilement être pris en compte pour procéder à une sélection.

Ce constat ne doit pas empêcher de sensibiliser davantage encore le grand public aux risques encourus. C'est dans cette optique qu'il faut considérer une action telle q'Euromelanoma. La force de cette journée d'action volontaire mise sur pied par des dermatologues réside dans le fait qu'elle attire l'attention sur cette problématique une fois par an. La critique est évidemment facile ; on peut arguer que la fin ne justifie pas les moyens et qu'une telle action n'est pas justifiée ! Mais cela reviendrait à jeter le bébé avec l'eau du bain ! Cette action joue en effet un rôle essentiel sur le plan de la sensibilisation de la population, sans entraîner de frais supplémentaires pour les pouvoirs publics. Voici comment se déroulent les choses en pratique. Pendant une journée, les dermatologues participants travaillent bénévolement quelques heures. Certains examens complémentaires sont payants et tombent alors sous le régime de remboursement de l'INAMI.

Nous espérons que cette réaction aura nuancé quelque peu l'article de M. Bonneux. Il est bien entendu inadmissible de semer la crainte parmi la population par des déclarations alarmistes, mais l'article de M. Bonneux ? en dépit de certaines nuances légitimes ? comportait aussi diverses affirmations extrêmes dans l'autre sens. On dispose, par exemple, de preuves suffisantes indiquant que l'exposition au rayonnement UV accroît le risque de cancer de la peau. Le fait que l'Australie présente plusieurs longueurs d'avance en termes de mesures de protection contre le soleil est d'ailleurs révélateur. Il n'est donc certainement pas inutile d'adapter les recommandations en la matière selon les données climatologiques et culturelles existantes. Merci à M. Bonneux d'entretenir le débat et de renforcer notre vigilance.





Prudence face à l'auto-médication!

News 02-05-2007

Depuis peu, un produit qui permettrait de guérir du cancer est mis en vente via Internet. Il s'agit du dichloracétate (DCA), une substance proche de l'aspirine. Non seulement l'effet thérapeutique du DCA sur le cancer n'a pas encore été étudié, mais de plus, on sait déjà que la prise de cette substance peut s'accompagner d'effets secondaires dangereux. Il est vrai que des expériences effectuées en laboratoire sur des rats, semblent suggérer que le DCA ralentirait la progression de la maladie chez l'animal, mais certainement pas encore chez l'être humain. De plus, chez l'Homme, le DCA peut provoquer des dommages au niveau du foie et du système nerveux (troubles de la motricité et du toucher, ainsi que diverses douleurs).

Les produits proposés via Internet peuvent non seulement être inutiles et fort coûteux, mais ils peuvent parfois s'avérer dangereux.

D'une part, tous les produits ne conviennent pas à tout le monde. Dans certains cas, ils peuvent même s'accompagner d'effets secondaires dangereux, ou influencer l'effet d'autres médicaments que l'on prend (affaiblir ou renforcer leur action).

D'autre part, il est possible que dans l'intervalle un temps précieux soit perdu et qu'une thérapie bien plus efficace soit entamée trop tardivement.

Par conséquent, la règle d'or demeure inchangée: ne prenez jamais de médicaments de votre propre initiative (même s'il s'agit de produits naturels). Parlez-en toujours préalablement à votre médecin.

Sources: De Standaard 12/04/07; Het Nieuwsblad 12/04/07; EOS 1/04/ 07





Mammographie par ordinateur : efficacité remise en question

News 05-05-07

La mammographie assistée par ordinateur ne semble pas plus efficace pour détecter un cancer du sein précoce que la simple mammographie et conduit à davantage de résultats faussement positifs, augmentant le nombre de biopsies inutiles.

Sources : Belga, 05-04-07 ; La Dernière Heure, 06-04-07

Commentaires de la Fondation contre le Cancer

Cette affirmation résulte d'une étude publiée récemment dans la revue scientifique New England Journal of Medicine. Les auteurs de l'étude ont analysé 429 345 mammographies entre 1998 et 2002 dans 43 centres médicaux aux Etats-Unis, ayant permis de détecter 2 351 cas de cancers du sein.

L'objectif  de ces recherches était de comparer les performances respectives des deux systèmes de mammographie. La mammographie assistée par ordinateur (CAD ou computer-aided detection) a permis de dépister 4,20 cancers pour mille femmes examinées contre 4,15 cancers découverts par la mammographie « classique ».

Le hic, c'est que la mammographie assistée par ordinateur a conduit à davantage de faux positifs (anomalies décelées à la mammographie mais qui, après examens complémentaires, ne sont pas d'origine cancéreuse). Ainsi, 20 % de biopsies (prélèvements de tissus pour analyse) supplémentaires n'ont pas abouti à la découverte d'un cancer ! Cette approche a donc engendré une surmédicalisation, un stress inutile pour les femmes « faussement positives » et un surcoût non négligeable. En outre, « la mammographie par ordinateur a tendance à détecter les tumeurs cancéreuses moins dangereuses que la simple mammographie », a souligné le Dr Joshua Fenton, de l'Université de Californie, l'un des auteurs de l'étude.

La bonne nouvelle, c'est qu'il ne semble pas nécessaire d'investir dans des appareillages coûteux de mammographies assistées par ordinateurs. Reste bien entendu à garantir des mammographies classiques de grande qualité. Rappelons qu'en Belgique, le mammotest (mammographie de dépistage avec contrôle de qualité et double lecture des clichés) est proposé gratuitement, tous les deux ans, aux femmes âgées de 50 à 69 ans.








Efficacité des suppléments en antioxydants remise en cause

News 10-07-04

Lorsqu'on parle de prévention du cancer, on cite souvent les antioxydants. Certains prétendent que les substances dites bio actives, telles les vitamines C et E, les flavonoïdes, les caroténoïdes, ? contenues dans les légumes, les fruits, le thé, le vin rouge, etc., et qui ont été  introduites de façon massive dans des suppléments nutritionnels ces dernières années, exercent de nombreux effets bénéfiques sur la santé. Les promesses sont tellement nombreuses que, selon le Conseil américain de la santé, la moitié au moins des adultes américains consommerait un ou plusieurs suppléments nutritifs, ce qui représente un chiffre d'affaires de 23 milliards de dollars par an.  Des doutes apparaissent à présent à propos de l'efficacité de ces suppléments. Plusieurs études n'ont pu mettre en évidence un quelconque effet. D'autres travaux ont même mis en lumière un effet inverse, donc nocif, notamment sur le plan du cancer. 

Par conséquent, il est urgent que les scientifiques réévaluent sérieusement l'information dont ils disposent à ce propos.

Source: Reader's Digest, 01-03-07

Commentaire de la Fondation contre le Cancer

Bien entendu, il existe également  de nombreuses études qui démontrent l'utilité des antioxydants. D'où proviennent alors ces contradictions?

Les experts de la Fondation contre le Cancer estiment qu'isoler des antioxydants dans des suppléments nutritionnels ne pourra jamais imiter l'action que ces éléments exercent dans leur milieu naturel.

Les scientifiques reconnaissent que de nombreux éléments présents dans l'alimentation n'ont pas encore été identifiés à ce jour. En outre, il est possible que ce soit la combinaison de différentes substances, connues ou non, qui exerce un effet sur la santé.  Il est donc illusoire aujourd'hui de vouloir isoler le phénomène dans une petite pilule. C'est la raison pour laquelle les scientifiques déconseillent actuellement les suppléments, mais encouragent une alimentation riche en antioxydants. L'industrie des suppléments nutritionnels ne lira pas ceci de gaieté de cœur?

Souhaitez-vous en savoir plus à propos des antioxydants? Consultez nos fiches thématiques consacrées aux antioxydants, aux caroténoïdes, aux flavonoïdes, aux glucosinolates, au lycopène, aux phyto-oestrogènes et au cancer. Vous les trouverez sur notre site http://www.cancer.be>prévention>facteurs/ de risque et conseils pratiques>alimentation>sujets spécifiques.





L'activité physique bénéfique pour les patients atteints de cancer

News 21-03-07

Une étude britannique a montré que les patients atteints de cancer ont, eux aussi, intérêt à exercer une activité physique. En effet, une étude comparative a été menée auprès de 177 femmes atteintes d'un cancer du sein à un stade précoce, et un groupe de contrôle. Cette étude a démontré que, grâce à un programme d'activités d'une durée de 12 semaines (sessions de mobilisation en groupe), tant l'état psychique que physique était meilleur dans le premier groupe que dans celui qui n'avait pas bénéficié du programme. La qualité de vie était également supérieure dans le premier groupe.

Sources : Artsenkrant, 16-03-07 ; BMJ 2007; 334:517; BMJ 2007; 334: 484-5

Commentaire de la Fondation contre le Cancer

On sait depuis de nombreuses années que l'activité physique est bénéfique pour les patients souffrant de problèmes cardiovasculaires. C'est pourquoi des programmes d'exercices font partie intégrante de la revalidation standard.

Une amélioration sur le plan psychique, liée à une activité physique a également été mise en évidence auprès de patients atteints de cancer. La présente étude confirme cette observation et démontre un effet bénéfique sur le plan physique également.

Bien entendu, il s'agit d'une étude menée sur un groupe relativement restreint de patients. Ces résultats devront être confirmés à plus large échelle mais également évalués auprès de patients atteints d'un cancer du sein à un stade plus avancé, ou d'autres types de cancers.

Actuellement, il y a cependant suffisamment d'indices permettant de conseiller aux patients cancéreux d'évaluer, avec leur(s) médecin(s) traitant(s), l'opportunité d'élaborer un programme d'activités physiques adapté à leur situation individuelle. Il peut arriver que des exercices physiques soient déconseillés, mais il s'agit de cas relativement rares.

Notre Fondation encourage également l'activité physique pour les patients atteints de cancer par le biais de Rekanto. Pour plus d'informations à ce sujet (dépliant), nous vous invitons à consulter notre site internet (www.cancer.be) ou à nous téléphoner (02 736 99 99).





Développer un cancer de la peau en conduisant ?

News 24-02-07

Une équipe de chercheurs américains (Université de Saint-Louis, Missouri) suggère qu'une exposition récurrente aux rayons du soleil à travers les vitres d'une voiture pourrait induire des cancers de la peau dits asymétriques. La situation est pire encore lorsque les conducteurs roulent avec les vitres ouvertes.

Ces cancers touchant la partie gauche du corps exposé au soleil quand on conduit seraient en effet de plus en plus fréquents.

Source : Le Journal du Médecin, 13-02-07

Commentaire de la Fondation contre le Cancer

L'étude dirigée par le Dr Scott Fosko a inclus 898 patients (559 hommes et 339 femmes) souffrant d'un cancer cutané asymétrique. 53 % d'entre eux étaient touchés du côté gauche  - la plupart au niveau de la pommette gauche, du crâne, du bras et de la main ? et 64 % étaient des hommes.

Il ressort des données préliminaires que les conducteurs qui roulent occasionnellement fenêtre ouverte ont une incidence de cancer plus élevée à gauche. Nombre de ces tumeurs se développent au fil du temps et sont corrélés à l'accumulation des expositions aux rayons ultraviolets plutôt qu'à un rayonnement intermittent et intense. Le Dr Fosko estime que comme les femmes sont de plus en plus nombreuses à conduire et que le nombre d'heures passées au volant d'une voiture continue de s'accroître, cette tendance va se poursuivre.  On devrait donc constater dans les années à venir un excès de tumeurs de la peau du côté gauche chez les femmes également. Par ailleurs, la tendance est aux voitures avec de grandes fenêtres et des toits ouvrants, ce qui accroît encore l'exposition aux rayons ultraviolets.

Une solution relativement simple consisterait à équiper toutes les vitres latérales de verre fumé et à rouler vitres fermées !





Prévention du cancer du sein : action protectrice des fibres avant la ménopause

News 05-02-07

Une large étude ? cofinancée par le World Cancer Research Fund ? menée auprès de 35.000 femmes pendant sept années, s'est intéressée au lien entre la consommation de fibres et le cancer du sein, en faisant une distinction entre les femmes ménopausées ou non.

Les résultats obtenus soulignent l'effet protecteur d'une alimentation riche en fibres contre le cancer du sein avant la ménopause. Le régime riche en fibres se caractérise par une consommation suffisante de fruits et de légumes et par une préférence pour les produits céréaliers complets. Aucun effet protecteur n'a été observé après la ménopause.

Ce résultat s'explique partiellement par l'effet des fibres sur les œstrogènes (hormones féminines).

Source :  De Morgen, 25-01-07

Commentaire de la Fondation contre le Cancer

Le lien entre les fibres alimentaires et différents types de cancers est à l'étude depuis longtemps. Toutefois, c'est la première fois qu'une distinction est établie entre les périodes antérieure et postérieure à la ménopause. La différence dans les résultats obtenus souligne la complexité du lien entre alimentation et prévention du cancer.

Par ailleurs, il ne faut pas perdre de vue que des recherches aboutissent souvent à des résultats contradictoires. C'est la raison pour laquelle différentes études doivent être menées avant d'aboutir à de réelles recommandations. Ce constat s'applique également dans les travaux mentionnés ici.

Dans l'intervalle, nous continuons à promouvoir une consommation riche en fibres, tant avant qu'après la ménopause. Rappelons que  les fibres semblent également jouer un rôle protecteur contre le cancer du côlon.

Les fibres se retrouvent dans les produits céréaliers complets tels que toutes les diversités de pain gris, le riz complet, les pâtes complètes, les légumes, les fruits, etc. Les fibres contribuent également à nous protéger des maladies cardiovasculaires, de l'hypertension et de l'hypercholestérolémie. Quant aux fruits et légumes, ils offrent aussi une protection contre différents types de cancers grâce à leur teneur en vitamines, minéraux et antioxydants.





Statines: leur effet préventif contre les cancers de l'intestin remis en cause?

News 03-01-07

Une étude israélienne, menée en 2005 par l'équipe de Poynter et dont les résultas ont été publiés récemment dans le New England Journal of Medicine, affirme que la prise de statines (des médicaments administrés en vue de réduire le taux de cholestérol dans le sang) pendant 5 ans, réduirait de 47% le risque de développer un cancer du gros intestin ou de l'intestin grêle. Une étude épidémiologique britannique récente contredit cependant cette affirmation. Elle arrive même à la conclusion que l'utilisation prolongée augmenterait le risque, quoique de façon non significative, de 14% à peu près. 

Sources : De Huisarts, 09-11-06 ;  Gut 2006; 55 (Suppl V) A1.

Commentaire de la Fondation contre le Cancer

Ces données prouvent une fois de plus qu'il y a lieu de se montrer extrêmement prudent lorsqu'il s'agit d'établir un lien entre certains facteurs et l'apparition d'un cancer. Les médias se font souvent l'écho de conclusions hâtives et trop globales, issues d'études trop limitées. Pour augmenter le degré de certitude, il est nécessaire d'effectuer plusieurs études à grande échelle, correctes sur le plan méthodologique, dans plusieurs pays et par différentes équipes de recherche.

Il est vrai que l'étude britannique constate une diminution de 24% du risque de cancers de l'intestin après la prise prolongée d'anti-inflammatoires, et même de 66% avec des anti-inflammatoires COX2 (un sous-groupe d'anti-inflammatoires contenant une enzyme spécifique, le COX2, qui réduit le risque de dommages gastriques). Mais, ici aussi, il y a lieu de se montrer prudent et, comme pour tout médicament, un usage prolongé ne peut se concevoir que sous prescription et surveillance médicales. Tout effet secondaire (dans le cas d'anti-inflammatoires, il s'agit surtout de problèmes gastriques et d'éventuelles hémorragies digestives) doit immédiatement être signalé au médecin traitant. Rappelons que l'anti-inflammatoire Vioxx, de type COX2, a été retiré du marché suite au développement de problèmes cardiaques.

Dernière mise à jour : ( 20-01-2009 )
 

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