-Une avancée en recherche fondamentale News 17-12-05
-GSM et cancer : un symposium consacré à ce thème News 18-11-05
-Des systèmes antivol dangereux pour la santé ? News 16-12-05
-Un lien entre diabète et cancer du côlon ? News 18-11-05
-Cancer du sein : récidives réduites et survie prolongée News 12-11-05
-Le Registre National du Cancer : c’est reparti ! News 29-10-05
-Pilule et cancer : on en reparle ! News 22-10-05
-Téléphone mobile et cancer News 06-10-05
-Des régions plus touchées que d’autres par le cancer ? News 28-09-05
-Moins de cancers chez les patients atteints de trisomie 21 ? News 16-09-05
-Interruption de travail News 01-09-05
-Regroupement des centres d’oncologie pédiatrique News 28-09-05
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-Cancer du sein chez l’homme News 22-08-05
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Une avancée en recherche fondamentale
News 17-12-05
Les récents travaux de recherche du Dr François Fuks et du Professeur Yvan de Launoit (laboratoire de Virologie moléculaire à l'ULB) ont mis en évidence un mécanisme de régulation des gènes, insoupçonné jusqu'ici. Cette découverte prometteuse dans la lutte contre le cancer fait l'objet d'une publication dans la prestigieuse revue scientifique Nature. Pour les chercheurs interrogés, la mise au point de nouveaux médicaments basés sur ces résultats devrait prendre quelques années.
Sources : Belga, 14-12-05 ; Le Soir, 15-12-05 ; la Meuse, 15-12-05
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
L'épigénétique, c'est-à-dire la science qui étudie le revêtement de l'ADN, est au centre des travaux de ces deux chercheurs. Plus précisément, de petits groupes chimiques, dits méthyls, qui peuvent s'attacher à la structure de l'ADN. Cette « méthylation » de l'ADN » participe à la spécialisation des cellules en verrouillant l'expression de certains gènes. Or, des modifications dans la méthylation de l'ADN sont présentes dans plus de 65 % des cancers. Depuis cette découverte, des essais cliniques à base d'inhibiteurs de méthylation de l'ADN ont été mis en place et ont permis des rémissions chez certains patients atteints de formes particulières de leucémies. Seule ombre au tableau : ces inhibiteurs sont assez toxiques.
Les travaux de François Fuks et Yvan de Launoit, soutenus financièrement par la Fondation contre le Cancer, permettront peut-être de contourner cet obstacle. En effet, les chercheurs, en collaboration avec des équipes de la KULeuven mais aussi de groupes français et espagnols, viennent de mettre en évidence un nouveau mécanisme de contrôle des gènes. Il s'agit d'un deuxième verrou épigénétique (appelé « protéines Polycom ») qui contribue à l'inhibition de l'expression de certains gènes, conjointement à la méthylation de l'ADN.
Ces travaux de recherche, qui sont encore strictement du domaine fondamental, pourraient toutefois aboutir d'ici quelques années à la mise au point de médicaments originaux et plus spécifiques que ceux utilisés actuellement pour lutter contre le cancer. Ils permettraient en outre de réduire les effets toxiques des inhibiteurs de méthylation utilisés actuellement.
GSM et cancer : un symposium consacré à ce thème
News 18-11-05
Tout récemment, un symposium organisé à Blankenberge par l'European Cancer Prevention Organization (ECP) a mis ce sujet à l'ordre du jour. La question cruciale était de savoir si le téléphone portable était dangereux pour la santé humaine. Les experts ont conclu qu'actuellement il y avait trop peu d'études scientifiques suffisamment étayées pour affirmer qu'un lien existe entre GSM et cancer.
Sources : Dimanche, 06-11-05 ; Vers l'Avenir, 07-11-05, De Zondag, 06-11-05 ; Het Laatste Nieuws, 08-11-05 ; Het Belang van Limburg, 07-11-05 ; Gazet van Antwerpen (08-11-05)
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
Selon de récentes statistiques, 20 % des jeunes Américains et 90 % des jeunes Européens possèdent un GSM. On s'attend à ce que ces chiffres continuent à augmenter. Le rayonnement émis par les téléphones portables continue dès lors de susciter des inquiétudes.
A ce jour, les experts ont un recul de dix années pour analyser les données issues de vastes études menées sur le sujet. La plupart d'entre elles se focalisent sur le cerveau, les yeux et les oreilles du fait de leur proximité avec l'appareil. Jusqu'à présent, aucun cancer n'a pu être mis clairement en rapport avec l'usage du GSM mais des troubles biologiques ont tout de même été constatés dans certaines études. C'est notamment le cas du développement de neurinomes acoustiques, de petits kystes pouvant se développer sur le nerf auditif. S'ils ne sont pas détectés et traités à temps, ces kystes peuvent aboutir à une surdité.
Donc, à ce jour, pas de lien démontré entre le cancer et l'utilisation du GSM. Mais ? un certain nombre de questions restent encore sans réponse ! Connaissant le temps de latence relativement long de nombreux cancers (parfois plus de 20 ans !), un délai de 10 ans est-il suffisant pour aboutir à des conclusions fermes et définitives ? Par ailleurs, la plupart de études menées jusqu'à présent l'ont été sur des adultes. Qu'en est-il de l'impact sur les jeunes enfants, chez qui le cerveau est en plein développement, ou chez les personnes plus âgées chez lesquelles le système de défense immunitaire peut être affaibli ?
Face à ces incertitudes, il nous semble absolument nécessaire de poursuivre les études afin d'avoir un recul suffisant pour répondre à toutes ces questions non encore élucidées.
Dans l'intervalle, apprenons à utiliser le GSM de manière correcte : conversations courtes, pas d'appel dans un véhicule en mouvement (la puissance émise par le GSM pour trouver l'antenne relais la plus proche étant alors très importante), éviter de mettre le téléphone près de l'oreille au moment où l'on compose un numéro, éviter l'utilisation du GSM chez les enfants, etc. Bref, le bon sens au service de la prévention !
Des systèmes antivol dangereux pour la santé ?
News 16-12-05
Le personnel féminin d'une bibliothèque communale s'inquiète pour sa santé. Quatre collègues sur 45 sont atteintes d'un cancer du sein, soit une femme sur neuf alors que dans le reste du pays cette fréquence est de une sur dix à onze. Elles se demandent aujourd'hui si ce n'est pas le système antivol électromagnétique dont est pourvu la bibliothèque qui serait responsable de leur problème de santé.
Source : Gazet van Antwerpen, 09-12-05
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Afin de lutter contre le vol, mais aussi pour améliorer l'identification des livres empruntés, de nombreuses bibliothèques sont aujourd'hui équipées d'un système antivol électromagnétique. Il s'agit le plus souvent d'étiquettes « radiofréquences », également appelées tags, composées d'une puce électronique connectée à une antenne. La transmission d'informations via un lecteur se fait selon diverses fréquences, notamment en hautes fréquences HF(13,56 MHz) et en ultra hautes fréquences UHF (850-950 MHz).
Dans certains cas, on se retrouve donc dans une situation analogue à celle des champs électromagnétiques émis par les GSM ! Or, jusqu'à présent, leurs effets délétères pour la santé ne sont pas clairement mis en évidence.
Bien sûr, des études scientifiques se poursuivent dans ce domaine. Mais, a priori, il n'y a pas de raison de s'inquiéter des effets pour la santé des champs électromagnétiques présents notamment dans les bibliothèques.
Par ailleurs, il ne faut pas perdre de vue que ce type d'appareillage est largement répandu (systèmes antivol, péages autoroutiers automatiques, contrôles d'accès, etc.). Il est vrai que nous baignons littéralement dans des champs d'ondes électromagnétiques, mais pourquoi serions-nous plus en danger dans les bibliothèques que dans les grandes surfaces, par exemple ?
Enfin, soulignons que de petites variations dans la fréquence des cancers, comme celles constatées dans cette bibliothèque, peuvent résulter de simples hasards statistiques. Il faudrait également connaître l'âge moyen de ce groupe de femmes, dans la mesure ou l'âge est le premier facteur de risque des cancers du sein. Il n'y aurait rien d'étonnant à ce que la maladie soit plus présente dans un groupe de femmes plus âgées que la moyenne?
Un lien entre diabète et cancer du côlon ?
News 18-11-05
Selon les résultats d'une vaste étude menée auprès de plus de 200 000 patients aux Etats-Unis, les diabétiques courent 1,4 fois plus de risque de développer un cancer du côlon par rapport aux sujets non diabétiques. Donald Garrow (Medical University of South Carolina, USA) recommande par conséquent de mener une politique de dépistage plus stricte dans ce groupe.
Source : Le Journal du Médecin, 08-11-05
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Le diabète de type 2 est une maladie liée à la résistance des tissus à l'insuline. Pour s'opposer à cette résistance, l'organisme produit d'avantage d'insuline (hyperinsulinémie) mais cela ne suffit pas à réguler le taux de sucre dans le sang qui, de ce fait, augmente. Et l'excès de sucre dans le sang est à l'origine de nombreuses complications vasculaires, rénales, ophtalmologiques.
Les résultats de l'étude présentée récemment au congrès annuel de l'« American College of Gastroenterology » semblent indiquer que l'on peut ajouter le cancer du côlon à la liste des complications possibles du diabète de type 2.
D'autres études menées sur de plus petits groupes de populations avaient déjà suspecté ce lien (Karolinska Institute de Stockholm, Université de Séoul notamment).
Mais l'étude menée par l'équipe du Dr Garrow est la plus complète à ce sujet. Ils ont suivi quelques 226 000 patients américains entre 1997 et 2003. Parmi ces patients, 5,9 % souffraient de diabète. Après correction pour différents facteurs comme l'âge, l'origine ethnique, le sexe, l'obésité, la consommation d'alcool, le tabagisme et l'activité physique, les chercheurs ont calculé que les diabétiques courent environ une fois et demie plus de risques de présenter un cancer du côlon que les sujets non diabétiques.
La raison de ce lien n'est pas encore clairement élucidée mais l'équipe de Garrow a démontré, en laboratoire, qu'une concentration élevée en insuline affectait les cellules de la muqueuse du côlon, lesquelles se transformaient progressivement en cellules cancéreuses.
Face à ces résultats, de nombreux gastroentérologues américains ont d'ores et déjà déclarés qu'ils suivraient de plus près leurs patients diabétiques et qu'ils leur proposeraient un dépistage du cancer du côlon.
Cancer du sein : récidives réduites et survie prolongée
News 12-11-05
Un médicament relativement neuf (Herceptine ou Trastuzumab) a été testé dans le traitement de certains cancers du sein en phase précoce. Les résultats obtenus enthousiasment la communauté des oncologues : après un an de traitement, les femmes ayant reçu le nouveau médicament ont présenté un taux de récidives très nettement diminué.
Sources : La Meuse, 03-11-05 ; La Libre Belgique, 02-11-05 ; Le Soir, 03-11-05 ; Le Journal du Médecin, 28-10-05 ; Femmes d'Aujourd'hui, 03-11-05
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Le cancer du sein touche une femme sur onze au cours de sa vie. En Belgique, cela représente plus de 7000 nouveaux cas par an. Heureusement, la majorité des cancers du sein sont détectés à un stade précoce, permettant dès lors une prise en charge rapide. Malgré cela, un certains nombre de patientes présenteront une récidive dans les années qui suivent la fin du traitement initial. Aussi, l'objectif des chercheurs est actuellement de pouvoir éviter cette rechute. Et c'est ce qu'ils sont parvenus à faire auprès de 50 % de patientes atteintes d'une forme particulière de cancer du sein dit « HER-2 positif ».
Les tumeurs concernées se caractérisent par la présence à leur surface de protéines spécifiques. Ces protéines dites « HER-2 » sont responsables de la croissance rapide de la tumeur et la rendent particulièrement agressive. HER-2, qui est présent dans environ un cancer du sein sur 5, est une cible de choix pour un nouveau médicament, le trastuzumab (ou Herceptine, un anticorps monoclonal produit par la firme pharmaceutique Roche). Ce médicament vient se fixer sur HER-2, l'empêchant d'agir et bloquant ainsi la prolifération des cellules cancéreuses.
Jusqu'il y a peu l'Herceptine était réservée aux patientes qui présentaient des métastases. Puis, les médecins ont voulu le tester à un stade plus précoce de la maladie afin d'éviter les récidives. Ce fut l'objet d'une large étude, coordonnée par la Belgique, et incluant plus de 5000 femmes. Les premiers résultats de cette vaste étude ont été présentés lors d'un congrès international à Paris (ECCO).
Seule ombre au tableau, le traitement est particulièrement coûteux : 36 000 € par patiente pour une année de traitement !
Dés l'annonce des résultats de l'étude, certains pays, comme la France par exemple, ont débloqué un budget pour rembourser le traitement aux femmes qui en ont besoin. Les choses se mettent en place en Grande Bretagne, aux Pays-Bas et en Allemagne. Chez nous, des négociations sont en cours avec le Ministère de la Santé publique ? mais le remboursement est loin d'être acquis. Un comble lorsque l'on sait que c'est la Belgique, sous la direction du Professeur Martine Piccart, qui a coordonné cette importante étude !
Le Registre National du Cancer : c'est reparti !
News 29-10-05
Depuis 1998, plus aucunes nouvelles données statistiques concernant l'incidence (le nombre de nouveaux cas) des cancers en Belgique n'ont été publiées par le Registre National du Cancer. En cause : une longue restructuration et un cruel manque de moyen financier.
Depuis fin juin de cette année, un nouveau registre du cancer (Fondation Privée Registre du Cancer) a été créé à l'initiative des pouvoirs publics fédéraux et communautaires. Un cadre légal a été créé pour définir et officialiser son travail.
Il précise le cadre juridique de l'enregistrement, tenant compte à la fois des impératifs scientifiques et de protection de la vie privée. Il règle également la nature des données médicales à enregistrer, ainsi que la manière dont elles seront collectées et transmises.
La Fondation contre le Cancer a participé à cette évolution et contribue activement au lancement de ce nouveau registre par l'octroi de subsides importants (395 000 € d'ici 2007). Grâce aux sommes libérés par la Fondation, le retard dans l'enregistrement et l'analyse des données portant sur la période 1999-2003 sera rapidement rattrapé. Ces données devraient être disponibles dès la fin 2006.
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Plusieurs pays européens disposent déjà d'un registre du cancer et l'Union Européenne recommande leur développement dans chaque état membre.
Un registre du cancer performant est en effet indispensable pour :
- évaluer la qualité et l'efficacité du dépistage ;
- planifier les structures de soin (ressources humaines, équipements nécessaires) ;
- évaluer l'efficacité des soins ;
- effectuer des recherches scientifiques sur l'origine des cancers ou leurs traitements.
Et faute de pouvoir en disposer, impossible de connaître avec exactitude l'évolution de la fréquence des cancers, de pouvoir mesurer l'efficacité de la prévention, du dépistage ou des traitements à l'échelle nationale.
Les registres du cancer sont donc des instruments essentiels à toute politique de la santé digne de ce nom !
Conscient du problème, le ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, ainsi que les Communautés, ont prévu cette année un budget de quelque
650 000 € afin de financer le nouveau registre du cancer en Belgique.
La Fondation contre le cancer apporte pour sa part un financement supplémentaire de 150 000 € pour une période d'un an, afin d'accélérer le démarrage du registre.
La Fondation a d'ores et déjà prévu des subsides supplémentaires pour les années 2006 et 2007. Ils seront libérés après évaluation du travail accompli.
Alors que, pendant des décennies, l'enregistrement des cancers en Belgique a manqué du cadre légal et des moyens adéquats, toutes les conditions sont enfin réunies pour faire de notre registre fédéral un modèle du genre !
Vous trouverez des informations (brochures, tableaux, fiches) intéressantes sur www.registreducancer.be
Pilule et cancer : on en reparle !
News 22-10-05
La pilule refait parler d'elle. Après un examen complet de la littérature scientifique, les experts du Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) viennent de classer ce contraceptif (ainsi que les traitements hormonaux substitutifs) parmi les éléments cancérogènes du groupe 1 (ç-à-d dont l'action est certaine).
Cette information suscité déjà de l'inquiétude. Environ 100 millions de femmes utilisent la pilule contraceptive de par le monde, soit près de 10 % de celles en âge de procréer (16% en moyenne dans les pays développés, 6% dans les pays en développement). Et l'usage de ces composés hormonaux de synthèse (le plus souvent sous forme de pilule, mais aussi de patch, d'anneau vaginal ou d'injection) est en hausse.
Source : Le Journal du Pharmacien, 30-09-05
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Le CIRC vient d'officialiser les conclusions d'un groupe de 21 chercheurs issus de 8 pays : « Après un examen complet de la littérature scientifique publiée, la pilule diminue le risque de cancer de l'endomètre et de l'ovaire mais elle augmente celui du cancer du sein, du col utérin et du foie ».
Le CIRC qualifie l'augmentation du risque de « légère » pour le cancer du sein ; des études ont montré que l'utilisation de cette forme de contraception accroît la prolifération des cellules épithéliales du sein. Quant au risque de cancer du col, il augmente avec la durée d'utilisation, ce qui est d'autant plus problématique dans le Tiers monde, où ce cancer lié le plus souvent au Papillomavirus est fréquent et où le dépistage n'est pas systématique. Le risque accru de cancer du foie est documenté par le CIRC depuis 1999.
Que conseiller dés lors aux femmes aujourd'hui ? Il est bien difficile de répondre à cette question, mais c'est désormais une donnée à prendre en compte lors de la discussion individuelle que chaque femme peut avoir au sujet des méthodes contraceptives avec le médecin traitant ou le gynécologue.
Il faut savoir que tous les médicaments ont des avantages et des inconvénients. Par ailleurs, l'abandon de la pilule ne protégerait pas entièrement les femmes contre le cancer du col puisque ce dernier est associé à un virus sexuellement transmissible. De même, éviter la pilule n'offrirait qu'une faible diminution du risque de cancer du sein. Les causes de ce dernier seraient davantage liées à l'allongement de la durée de la vie, du recul de l'âge de la première grossesse et des habitudes alimentaires.
Aussi, pour mieux peser le pour et le contre, il vaut mieux en parler à son médecin. Ce dernier tiendra compte de la situation personnelle de chaque femme, de son histoire familiale et d'autres antécédents médicaux. Enfin, ne perdons pas de vue qu'il existe également d'autres méthodes contraceptives.
Téléphone mobile et cancer
News 06-10-05
L'usage du téléphone mobile ou ?GSM? fait désormais partie intégrante de notre société. Cet usage généralisé et en constante augmentation pose la question des risques éventuels des ondes émises par ces téléphones. Les chercheurs, les médecins et les autorités sont régulièrement interrogés sur les conséquences possibles de ces ondes pour notre santé.
Bien que, jusqu'à présent, l'existence d'un risque sanitaire ne soit pas confirmée, une inquiétude persiste chez certains. C'est pourquoi l'Organisation européenne de Prévention du Cancer (ECP) a pris l'initiative d'y consacrer un symposium les 4 et 5 novembre 2005. Il se tiendra au Floreal Resort à Blankenberge.
De plus amples informations sur ce symposium peuvent être obtenues auprès du Président de l'ECP, le Professeur Jaak Janssens, via l'adresse e-mail suivante : ' );
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Des régions plus touchées que d'autres par le cancer ?
News 28-09-05
Régulièrement, les médias annoncent une importante élévation de la fréquence de cancers dans certaines régions du pays. Qu'en est-il exactement ? Et comment vérifier et surtout interpréter ces affirmations ? Récemment, la Ministre de la Santé Catherine Fonck s'est penchée sur un problème de ce type dans le Tournaisis.
Source : La Dernière Heure, 21-09-05
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
La région du Tournaisis (Mouscron, Tournai, Pecq, Estaimpuis, Mont de l'Enclus, etc.) semble compter un plus grand nombre d'enfants atteints de cancer que dans le reste du territoire.
Il est bien difficile d'objectiver ces constatations car de nombreux biais peuvent fausser les données (patients issus de différentes régions et regroupés dans un même centre hospitalier, par exemple). Cependant la situation semble inquiéter les médecins de la région, tout comme la Ministre Fonck. C'est pourquoi les responsables du Registre du Cancer ont déjà été contactés afin de mieux documenter les premières données chiffrées.
Mais la seule manière d'apporter réellement une réponse à cette question est d'entamer une étude épidémiologique (c'est-à-dire une étude menée au sein d'une population afin d'établir un lien entre les effets néfastes sur la santé et leurs origines). Celle-ci devrait permettre de mieux cerner le problème, d'en identifier les causes éventuelles et de mettre en place les stratégies de prévention éventuellement nécessaires. Le hic, c'est que ce type d'étude prend inévitablement plusieurs années avant de pouvoir livrer ses résultats.
Dans l'intervalle, les personnes concernées dans la région du Tournaisis ont décidé de constituer une asbl dont l'objectif sera de venir en aide aux parents confrontés à la maladie grave de leur enfant.
Moins de cancers chez les patients atteints de trisomie 21 ?
News 16-09-05
Des chercheurs américains viennent de publier les résultats d'une étude indiquant que les patients atteints de trisomie 21 (ou syndrome de Down) présentaient une incidence moindre de tumeurs solides que dans la population générale. Le chromosome 21, surnuméraire chez ces patients, constituerait la clé du mystère.
Source : The Wall Street Journal Europe, 06-09-05
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
La trisomie 21 (également appelée syndrome de Down ou, anciennement, mongolisme) n'est pas une maladie excessivement rare puisqu'elle touche 1 naissance sur 700. Génétiquement parlant, cette maladie se caractérise par la présence d'un chromosome surnuméraire (trois chromosomes 21 au lieu de deux). Ce défaut génétique se traduit par un retard mental de degré variable et certaines particularités physiques.
Les médecins avaient déjà constaté précédemment que ces patients présentaient une incidence moindre de cancer (à l'exception de la leucémie) par rapport à la population générale. Ils avaient attribué cela à l'espérance de vie relativement courte des patients concernés. Ce n'est plus d'actualité car les patients atteints du syndrome de Down ont vu leur longévité considérablement augmentée au cours de ces dernières décennies.
Le chromosome 21 est aujourd'hui mieux connu. Les chercheurs y ont notamment identifié le gène responsable de la production d'une protéine particulière : l'endostatine. Or, on sait aujourd'hui que cette protéine freine le mécanisme de formation des nouveaux vaisseaux sanguins qui alimentent une tumeur, lui permettant dés lors de croître (phénomène qui porte le nom scientifique de néo-angiogenèse). Les patients atteints de trisomie 21 présentent donc des taux d'endostatine supérieurs à la normale, ce qui les protège contre le développement de tumeurs solides.
Ce constat ne s'applique pas aux leucémies (qui ne sont pas des tumeurs solides). Cette forme de cancer apparaît chez 1 % environ des enfants trisomiques, soit 20 fois plus que dans la population générale.
Interruption de travail
News septembre 2005
En cas de maladie d'un proche, certains travailleurs souhaitent pouvoir se rendre disponible pour accompagner et aider le patient. Pour ce faire, différentes formules d'interruption de travail existent : certaines d'entre elles viennent de bénéficier d'aménagements.
Le congé parental est dorénavant accordé pour les enfants jusque l'âge de 6 ans et non 4 ans.
L'accès au congé pour l'assistance d'un parent gravement malade est facilité pour le travailleur isolé.
De plus, le montant des allocations d'interruption de travail vient de bénéficier d'une augmentation appréciable.
Pour en savoir plus : cliquez ici.
Regroupement des centres d'oncologie pédiatrique
News 28-09-05
Dans un objectif d'efficacité médicale, le Ministre de la Santé Rudy Demotte travaille actuellement à un projet de loi visant à regrouper les différents centres d'oncologie pédiatrique en quelques grands centres de référence.
Trois hôpitaux liégeois ont devancé les intentions du Ministre car un accord formel de collaboration vient d'être signé. Il a aboutit à la création d'un centre de référence dénommé SUHOPL (Service universitaire d'hématologie et d'oncologie pédiatriques liégeois).
Sources : Le Soir, 21-09-05 ; Le Jour, 21-09-05, La Libre ? Gazette de Liège, 21-09-05 ; La Dernière
Heure,21-09-05 ; La Meuse, 21-09-05 ; Belga, 20-09-05
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Chez les enfants, le cancer est une maladie rare mais, hélas, pas exceptionnelle. Les statistiques indiquent qu'un enfant sur 600 développera un cancer entre sa naissance et l'âge de 15 ans. En Belgique, cela représente un total de 250 à 300 cancers diagnostiqués chaque année.
L'oncologie pédiatrique est cependant considérée comme le secteur médical dans lequel les progrès les plus importants ont été enregistrés ces 20 dernières années. Le taux de survie y est ainsi passé de 25 à 70 %.
Mais pour améliorer encore la prise en charge de la maladie, il est important de regrouper les meilleures compétences en la matière dans des centres d'excellence. L'objectif est notamment d'harmoniser les protocoles thérapeutiques de manière à ce que les équipes médicales travaillent sur base de programme de soins communs. Autre avantage : travailler réellement en équipe multidisciplinaire. Tout ceci se fait au bénéfice direct des jeunes patients puisque ceux-ci bénéficient d'un suivi rapproché, d'une intervention rapide en cas de complication et d'une amélioration de la qualité de leur prise en charge psycho-médico-sociale.
L'Epothilone : un nouveau composé anti-cancéreux à l'étude
News 09-09-05
L'Epothilone est un composé naturel extrait de micro-organismes présents dans le sol (les myxobactéries). Tout comme le Taxol (médicament de la famille des taxanes), avec qui il partage certaines similitudes d'action, l'Epothilone a montré une activité anticancéreuse en culture de cellules mais également chez des animaux atteints de divers types de cancers et résistant à d'autres chimiothérapies (taxanes et anthracyclines, notamment). Au vu de ces résultats encourageants, la molécule est actuellement testée chez un petit nombre de patients atteints de cancer colorectal, du sein ou du poumon.
Source : De Tijd, 08-09-05
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
Le point commun entre les deux molécules, Epothilone et Taxol, est qu'elles agissent toutes les deux au niveau des faisceaux de microtubules cellulaires. Ces derniers sont des sortes de rails microscopiques, le long desquels se répartissent les chromosomes juste avant la division cellulaire. En se fixant sur le réseau de microtubules, l'Epothilone et leTaxol perturbent la multiplication des cellules cancéreuses.
Au vu des premiers résultats des études cliniques en cours, l'Epothilone n'est pas dépourvu d'effets secondaires (nausées notamment), mais ils sont nettement moindres que ceux provoqués par le Taxol. Plus intéressant, l'Epothilone semble exercer une activité anticancéreuse auprès de patients qui sont devenus résistants à d'autres chimiothérapies (notamment celle à base de Taxol).
Dés lors, certains pensent que l'Epothilone pourrait à terme détrôner le Taxol, une molécule largement utilisée actuellement en chimiothérapie ! Il est encore bien trop tôt pour se prononcer à ce sujet mais il est clair que les chercheurs ont dans les mains une nouvelle molécule porteuse d'espoir.
Cancer du sein chez l'homme
News 22-08-05
Le cancer du sein n'atteint pas que les femmes. Les hommes également peuvent souffrir de cette maladie. Chaque année, en Belgique, on enregistre 44 cas de décès liés au cancer du sein chez l'homme.
Comme pour les femmes, il est important que le diagnostic soit réalisé au plus vite afin de commencer le traitement dans la foulée. En général, le cancer est décelé par l'homme lui-même sous forme d'une petite boule près du mamelon ou derrière celui-ci. Des pertes de sang ou de liquide par le mamelon, des rougeurs, des gonflements ou des douleurs devraient inciter à une visite chez le médecin.
Sources : Test Santé, 01-08-05 ; La Dernière Heure, 05-08-05 ; Vers l'Avenir, 05-08-05 ; Le Soir, 05-08-05; Het Nieuwsblad, 06-08-05 ; Het Volk, 06-08-05 ;Het Laatste Nieuws, 05-08-05 ; Het Belang van Limburg, 05-08-05
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Les hommes ont, sous le mamelon, de petites quantités de tissu mammaire et peuvent dés lors développer un cancer du sein. Cette maladie est toutefois relativement exceptionnelle puisqu'elle représente 1 % seulement de l'ensemble des cancers du sein. Les 99% restants concernent bien entendu les femmes.
Cette maladie atteint l'homme le plus souvent après la cinquantaine, mais elle peut se manifester à tout âge.
Une prédisposition génétique existe. La mutation du gène BRCA2 peut être associée à un risque élevé de cancer du sein chez l'homme (tandis que les anomalies du gène BRCA1 ne semblent augmenter le risque que chez la femme).
Le type le plus fréquent de cancer du sein masculin survient dans les canaux mammaires (carcinomes canalaires). Les symptômes consistent le plus souvent en une petite masse indolore dans le sein ainsi qu'un léger écoulement du mamelon. D'autres signes doivent également inciter à demander l'avis du médecin : gonflement, rougeur, desquamation ou ulcération de la peau.
Le cancer du sein des hommes est généralement comparable à sa variante féminine et le traitement sera donc globalement le même.
Enfin, il ne faut pas confondre le cancer du sein chez l'homme avec la gynécomastie, qui correspond à une simple augmentation de volume (hypertrophie) des glandes mammaires chez l'homme. Ce phénomène peut survenir au cours de la puberté ou encore en réaction à certains médicaments (contre la migraine, l'hypertension, ou certains traitements des cancers de la prostate).
Les nanocellules : des bombes thérapeutiques intelligentes ?
News 03-08-05
Un traitement anticancéreux capable de s'introduire dans une tumeur, de fermer les portes de sortie et ensuite de larguer une dose radicale de chimiothérapie sans atteinte des tissus sains environnants, vient d'être imaginé par des chercheurs du MIT (Massachusetts Institute of Technology aux USA).
Ces « bombes intelligentes », baptisées nanocellules, de l'ordre du milliardième de mètre, ont été testées avec succès sur des souris atteintes de mélanome (cancer agressif de la peau), selon une étude publiée dans la revue scientifique britannique Nature.
Sources : Belga, 27-07-05 ; La Libre Belgique, 28-07-05 ; La Dernière Heure, 28-07-05
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Le principe de cette nouvelle approche thérapeutique originale est le suivant :
Plus petites qu'un globule rouge, ces mini « bombes » thérapeutiques sont formées d'une enveloppe graisseuse dans laquelle un médicament anti-angiogenèse (qui empêche la formation de nouveaux vaisseaux sanguins) a été dissout. Cette enveloppe recouvre un « noyau », sorte de minuscule ballon solide (constitué d'un polymère biodégradable) contenant le médicament chimiothérapeutique (la doxorubicine).
Les nanocellules agissent en deux temps. Elles sont injectées par voie intraveineuse à proximité de la tumeur. Au moment où la « nano-bombe » parvient à l'intérieur de la tumeur (via les vaisseaux sanguins qui la nourrissent), son enveloppe extérieure se désintègre et libère le traitement anti-angiogenèse. Les vaisseaux sanguins qui alimentent la tumeur sont alors détruits, piégeant du même coup les nanocellules en son sein. Celles-ci relarguent alors progressivement la chimiothérapie, détruisant peu à peu les cellules cancéreuses.
L'expérience, qui a été menée uniquement sur des souris de laboratoire, a permis à ces dernières de voir leur survie doubler. Ces résultats très encourageants ne pourront toutefois être rapidement transposés chez l'homme. Mais il s'agit là d'une nouvelle voie de recherche particulièrement prometteuse.
Un procureur de Turin s'intéresse à Eternit
News 02-08-05
Un Procureur de Turin, Raffaele Guariniello, a rassemblé les dossiers de 1300 anciens travailleurs italiens, décédés de cancers (depuis 1970), après avoir été en contact avec l'amiante dans différentes usines Eternit en Italie. Ces usines étaient situées à Cavagnolo (Turin), Casale Monferrato (Alessandria), Rubiera (Reggio Emilia) et Bagnoli (Napoli). Ces usines appartenaient pour la plus grande part à un groupe suisse lié à la famille Schmidheiny, mais aussi au groupe belge Eternit, aujourd'hui Etex dont le baron Louis de Cartier de Marchienne était président du conseil d'administration dans les années 1970 et 1980.
Les familles des victimes italiennes veulent obtenir réparation du préjudice subi et le procureur Guariniello, après s'être intéressé de près à la famille Smidheiny, a annoncé son intention de poursuivre le baron belge qui dit-il ne pouvait pas ignorer que l'amiante était dangereux. Ce que nie l'intéressé.
Sources : La dernière Heure, 26-07-05 ; Het Laatste Nieuws, 26 et 27-07-05 ; Gazet
van Antwerpen, 27-07-05 ; De Morgen, 27 et 29-07-05
Commentaires de l'ABEVA
Ce n'est pas la première fois que la justice italienne poursuit des employeurs pour avoir exposé des travailleurs sans information et sans précaution à l'amiante. Mais c'est la première action d'une telle ampleur.
Rappelons que les dangers des poussières d'amiante ont été observés par des inspecteurs du travail et des médecins en Angleterre et en France au tout début du 20ième siècle.
Les risques de cancer liés à l'amiante ont été démontrés, en 1955, par l'épidémiologue anglais Richard Doll, celui là même qui un peu plus tard devait établir le lien entre tabac et cancer du poumon. Les cancers de la plèvre et du péritoine dus à l'amiante, appelés mésothéliomes, ont été identifiés dès 1960.
L'amiante n'a progressivement été interdit dans différents pays européens qu'à partir des années 1990, et en Belgique en 1998. Une Directive européenne l'a interdit sur tout le territoire de l'Union depuis janvier 2005.
Il est indéniable que le lobby de l'amiante (une poignée de multinationales, dont Eternit) a joué un rôle dans la prise tardive de mesures de protection des travailleurs, mais aussi de l'environnement.
Certains disent que le pire est encore à venir car, vu le temps de latence des cancers, le pic des victimes causé par l'amiante ne sera atteint que vers 2020. Sans compter que tout l'amiante utilisé se trouve dans les maisons et les bâtiments qu'il était censé protéger.
L'ABEVA, l'Association belge des victimes de l'amiante est hébergée par la Fondation contre le cancer depuis 2004. L'ABEVA se bat pour que toutes les victimes de l'amiante, professionnelles et environnementales soient reconnue et indemnisées.
Un projet de création d'un Fonds amiante a été déposé à la Chambre. Le projet a été examiné par le Conseil National du travail et devrait prochainement être remanié.
De l'If au médicament anticancéreux
News 02-08-05
Le carnet de commande de la société belge Bio-agrico (située à Beert) est complet. Leur spécialité : tailler les ifs pendant les mois de juillet à septembre afin de récolter la matière première qui servira à la fabrication d'un médicament anti-cancéreux : le taxol. Celui-ci est actif dans le traitement de certains cancers de l'ovaire, du sein ou du poumon.
Source : Het Nieuwsblad, 26-07-05
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
L'if est un arbre de nos contrées dont la toxicité est connue depuis longtemps (le fait de brouter des rameaux d'if est fatal aux chevaux et aux bovins).
Au début des années 1980, les chercheurs ont mis en évidence deux molécules d'intérêt thérapeutique dans la lutte contre le cancer, au sein d'une espèce bien définie d'If, à savoir le Taxus baccata. Il s'agissait du Taxol présent dans l'écorce de l'If et d'une autre molécule proche du taxol, la 10-désacéthylbaccatine III, présente en forte concentration dans les feuilles. Cette dernière peut être utilisée comme précurseur du taxol, tout en préservant l'arbre.
La société Bio-agrico propose de tailler gratuitement les Ifs chez quelques 8000 particuliers belges. Les récoltes sont envoyées à Lembeek dans des installations de séchage avant d'être acheminées vers l'Italie, la France et même la Chine où l'industrie pharmaceutique procède à l'extraction et à la purification du taxol.
La récolte 2005 de Bio-agrico devrait fournir quelques 1500 tonnes de matière première à l'industrie pharmaceutique. Très beau résultat pour une petite société qui ne travaille qu'avec 15 personnes, auxquelles viennent s'ajouter quelques 80 étudiants pendant la période estivale.
La Tomo Thérapie : un nouveau progrès dans le traitement des cancers
News 19-07-05
La radiothérapie a fait d'importants progrès au cours des dernières décennies.
Des améliorations techniques ont permis un ciblage de plus en plus précis, la construction de champs d'irradiation complexes et la délivrance d'intensités variables au sein de la tumeur (IMRT de l'anglais intensity modulated radiotherapy).
L'A.Z. de la VUB à Bruxelles a d'ailleurs été le premier hôpital au monde à proposer l'IMRT dans sa pratique clinique. C'était en 1995.
Dix ans plus tard, l'A.Z. VUB s'illustre à nouveau en inaugurant, ce 7 juillet, l'un des deux premiers appareils de Tomo Thérapie en Europe !
Il s'agit d'un investissement important consenti par la VUB (3 millions d'Euros, hors TVA pour l'appareil, plus 2 millions pour le bâtiment) qui dispose ainsi d'un équipement de radiothérapie dernier cri.
Commentaire de la Fondation :
La Tomo Thérapie est un système intégré qui combine le planning du traitement, la vérification du positionnement du patient et l'administration du traitement IMRT.
Le planning est capital pour déterminer la zone à irradier, les quantités d'irradiation à délivrer mais aussi les organes à protéger.
Il faut ensuite positionner le malade avec un maximum de précision tout au long du traitement. L'appareil de Tomo Thérapie permet une vérification par scanner de ce positionnement avant chaque nouvelle irradiation.
Outre le fait de combiner ces différentes étapes en un seul appareil, l'innovation technique de la Tomo Thérapie en matière de traitement proprement dit est de délivrer l'irradiation en décrivant des cercles complets de 360° tout autours du patient. La tumeur, où qu'elle se situe, peut ainsi être atteinte, tout en évitant les organes qui pourraient être endommagés par les rayons.
Les avantages de la Tomo Thérapie associent donc une précision encore accrue et moins de risques d'effets secondaires à court ou à long terme.
Dans un premier temps, le service de radiothérapie de la VUB compte traiter des patients présentant des tumeurs de la tête et du cou.
Une fois atteinte la « vitesse de croisière », une trentaine de malades devraient pouvoir être irradiés par jour.
A plus long terme, différents types de cancers seront traités par ce nouvel appareil, y compris certaines tumeurs malignes de l'enfant.
D'autres services de radiothérapie en Belgique ont d'ores et déjà passé commande pour des appareils de Tomo Thérapie, qui seront donc progressivement accessibles à un nombre croissant de malades.
BNCT : un traitement novateur associant chimiothérapie et radiothérapie
News 25-06-05
L'entreprise néo-louvaniste IBA vient de signer un important contrat avec le Japon. Le contrat porte sur un montant de 10 millions d'euros pour l'acquisition d'un accélérateur qui produit un flux de neutrons. Celui-ci permettrait de traiter certains cancers par la thérapie basée sur la capture de neutrons par le bore (BNCT : boron neutron capture therapy).
Sources : L'Echo, 18-06-05 ; La Libre Belgique, 18-06-05 ; La Dernière Heure, 18-06-05 ; Le Soir, 18-06-05.
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Quel est le principe de la technique BNCT ? Cette technique consiste à injecter au patient un médicament qui se concentre de manière sélective dans les cellules cancéreuses. Ce médicament est chargé de bore, un élément chimique qui présente une affinité particulière pour les neutrons (neutron = une des particules qui, avec le proton, constitue le noyau de l'atome). La tumeur est ensuite irradiée par un faisceau de neutrons produits par un accélérateur de particules (ce dernier est construit par la firme IBA). Lorsqu'un neutron capture un atome de bore, la faible réaction nucléaire qui s'en suit détruit les cellules cancéreuses tout en préservant les cellules saines environnants la tumeur.
La technique BNCT est destinée à traiter certains types de tumeurs cérébrales, comme le glioblastome par exemple. Ce cancer se caractérise par le fait qu'il ne présente pas de limite bien définie et que la tumeur s'infiltre dans les tissus sains adjacents. C'est ce qui explique les difficultés rencontrées lorsqu'on tente d'éliminer ce genre de tumeur par les traitements classiques.
Plusieurs essais cliniques basés sur le principe BNCT sont en cours dans divers pays de par le monde mais c'est au Japon que les résultats les plus prometteurs ont été obtenus. Jusqu'à présent, les flux de neutrons étaient obtenus grâce à des réacteurs nucléaires ? ce qui constituait un frein pour leur établissement dans des centres urbains. Par ailleurs, la technologie mise au point par IBA s'avère plus spécifique, l'appareillage prend moins de place et est 20% moins cher qu'un réacteur nucléaire.
Ligne à haute tension : risque accru de leucémie infantile ?
News 15-06-05
Une étude britannique publiée dans le journal scientifique British Medical Journal le 4 juin dernier souligne une augmentation du risque de leucémie chez les enfants nés à proximité d'une ligne électrique à haute tension, sans cependant pouvoir établir de lien de cause à effet.
Selon l'étude menée par les chercheurs de l'Université d'Oxford, les enfants nés à moins de 200 mètres d'une ligne électrique à haute tension ont un risque accru de 69 % de souffrir d'une leucémie par rapport à ceux nés à plus de 600 mètres d'un tel site. Les chercheurs insistent cependant sur le fait que leur étude ne permet pas de conclure à une relation de cause à effet certaine.
Sources : Belga, 03-06-05 ; Le Quotidien, 04-06-05 ; Het Belang van Limburg, 04-06-05 ; De Morgen, 03-06-05.
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
La problématique de l'exposition aux champs électromagnétiques de très basse fréquence engendrés par des lignes électriques à très haut voltage et du risque de développement de leucémies infantiles se pose depuis 1979. Plusieurs études ont déjà été menées à ce propos ? mais elles ont conduit à des résultats contradictoires.
En 2001, les experts de l'IARC (International Agency for Research on Cancer) se sont réunis pour analyser la question. Face aux biais de sélection et aux preuves épidémiologiques limitées, ils ont toutefois décidé de classer ce type de champ magnétique comme « cancérogène possible » pour l'espèce humaine (groupe 2B).
Il n'en reste pas moins vrai que le problème est bien loin d'être élucidé. En effet, les leucémies de l'enfant relèvent probablement à la fois d'altérations de l'ADN, avant la naissance, et de facteurs environnementaux, après la naissance, parmi lesquels des infections, des produits chimiques ou des radiations ionisantes.
Face à ces incertitudes, le principe de précaution devrait probablement s'appliquer. Il consisterait à éviter de vivre à proximité des lignes à haute tension ? mais est-ce vraiment toujours possible ?
Accroissement inexpliqué des cas de cancers du testicule
News 15-06-05
Une étude américaine, publiée récemment dans le Journal International du Cancer, indique une augmentation inquiétante des cas de cancers du testicule à l'échelle mondiale.
Sources : La Dernière Heure, 03-06-05 ; Het Laatste Nieuws, 03-06-05
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
L'augmentation des cas de cancers du testicule est observée à l'échelle planétaire mais l'accroissement est particulièrement élevé en Europe et aux Etats-Unis. Chez les américains, la fréquence des cancers testiculaires a augmenté de 60 % en 25 ans.
Le hic, c'est que l'on ne cerne pas bien les raisons de cet accroissement. Certaines hypothèses sont toutefois envisagées. Plusieurs experts pensent que l'origine du problème se situerait dès la grossesse. Ainsi, l'exposition des femmes enceintes à divers polluants chimiques (phtalates, pesticides, etc.) pourrait induire une perturbation du développement des organes sexuels. On suspecte notamment que certains polluants environnementaux seraient impliqués dans la survenue de cryptorchidie (le testicule qui ne descend pas chez le jeune garçon). Or, la cryptorchidie est reconnue comme facteur de risque majeur du cancer du testicule.
Notons cependant que ces cancers restent relativement rares puisqu'ils représentent 1 à 2 % de l'ensemble des cancers chez l'homme. Par ailleurs, les taux de guérison sont actuellement de 90 % même si les traitements impliquent souvent un risque de stérilité.
De nouvelles études seront toutefois indispensables pour tenter d'élucider la raison de l'accroissement de ce type de maladie et afin de mettre en place des mesures de prévention efficaces.
Bébé en crèche : risque diminué de leucémie à plus long terme ?
News 07-06-05
Selon une étude publiée récemment par le British Medical Journal, les enfants ayant fréquenté les crèches auraient moins de risque d'être atteints de la forme de leucémie infantile la plus fréquente, la leucémie lymphoïde aiguë.
Sources : Het Laatste Nieuws, 02-06-05 ; Gazet van Antwerpen, 01-06-05
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
L'étude en question a été menée par un groupe de chercheurs britanniques auprès de 6300 enfants sains et 3140 enfants souffrant d'un cancer, dont 1286 d'une leucémie lymphoïde aiguë. Leur mère a été interrogée sur leur éventuelle fréquentation, régulière ou non, d'une crèche ou d'une halte-garderie avant l'âge d'un an. Il a également été tenu compte de la présence d'aînés dans la fratrie.
Les résultats obtenus indiquent que les enfants ayant fréquenté une crèche ou une halte garderie présentent moins de risques de développer une leucémie lymphoïde aiguë que les enfants qui n'ont pas été accueillis en journée par une gardienne ou une puéricultrice. L'interprétation la plus plausible est que cette protection résulte d'une exposition aux infections courantes, lesquelles sont favorisées lors de la vie en communauté des bambins et stimule leur système immunitaire. La protection semble proportionnelle au volume d'interactions sociales de l'enfant et est encore renforcée si l'enfant a fréquenté une crèche dès ses trois premiers mois de vie.
Une hypothèse semblable a déjà été émise en ce qui concerne l'association entre l'exposition précoce aux infections et le risque de développement d'allergies.
Les chercheurs ont conclu qu'un certain degré d'exposition aux infections est bénéfique pour la santé des enfants. Ils précisent cependant que les recherches devront être poursuivies afin d'en déterminer l'impact réel et le lien éventuel avec une infection en particulier.
Cellules souches et risque de cancers
News 01-06-05
Pour certains scientifiques, les cellules souches « adultes » constituent un réel espoir pour soigner des maladies jusqu'ici considérées comme incurables (Alzheimer, Parkinson, chorée de Huntington, sclérose en plaques, etc.). Cependant, une équipe de chercheurs de Madrid vient de montrer que l'utilisation de ces cellules pourrait provoquer des cancers lorsqu'elles ont été mises en culture pendant trop longtemps. Une autre équipe, danoise celle-là, est parvenue à la même conclusion. Serait-ce dès lors la fin de ce nouvel espoir de traitement ?
Source : Le Journal du médecin, 03-05-05
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
Rappelons brièvement ce que sont les cellules souches. Ce sont des cellules caractérisées par leur capacité à s'auto-renouveler en se divisant puis à se spécialiser en différents types cellulaires qui constitueront nos tissus et organes. Il en existe différents types : les cellules souches embryonnaires, les cellules fœtales et les cellules souches adultes. L'utilisation des deux premiers types a soulevé de nombreux problèmes éthiques puisqu'il s'agissait de les prélever sur des embryons surnuméraires notamment. C'est pourquoi la communauté scientifique s'est progressivement tournée vers les cellules souches adultes. On retrouve celles-ci dans la plupart des tissus et des organes (cordon ombilical, placenta, moelle osseuse, peau, etc.). Dans certaines conditions expérimentales, elles peuvent conduire à la formation ou à la régénération de tissus différents du tissu d'origine. D'où leur intérêt dans la recherche de traitements pour des maladies qui sont encore considérées comme incurables aujourd'hui. L'objectif étant de remplacer ou de régénérer des organes ou des tissus lésés.
Les résultats des expériences menées par les équipes espagnoles et danoises remettent-ils en question le développement de cette forme de traitement ? Pas exactement, mais il est clair que de nouvelles études devront être menées pour déterminer avec précision à quel moment ces cellules peuvent être utilisées sans risque d'effets délétères.
En réalité, les cellules souches adultes sont mises en culture en laboratoire et peuvent se diviser un grand nombre de fois. Après un certain nombre de divisions, elles sont injectées à des animaux d'expérimentation souffrant, par exemple, de la maladie de Parkinson. Les résultats obtenus sont encourageants ? sauf dans les cas où l'on a injecté des cellules « trop vieilles », c'est-à-dire celles qui s'étaient divisées plus d'une centaine de fois. Ces cellules semblent alors déclencher un processus cancéreux.
Les chercheurs ne remettent pas totalement en question cette approche novatrice de traitement mais vont tenter de définir avec précision à quel stade il convient d'arrêter la multiplication cellulaire en laboratoire, de façon à offrir des garanties de sécurité optimales.
L'Avastin également efficace dans certains cas de cancers du poumon ?
News 20-05-05
Les résultats d'une étude clinique menée auprès de patients atteints d'un cancer du poumon avancé viennent d'être présentés à Orlando (Floride) au cours de la conférence annuelle de l'American Society of Clinical Oncology (ASCO). L'Avastin, un médicament initialement destiné au traitement du cancer colorectal métastatique, a effectivement été proposé à des patients atteints d'un cancer du poumon non à petites cellules. Les résultats obtenus s'avèrent prometteurs puisqu'une nette augmentation de la survie a été observée.
Source : Belga, 14-05-05
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
L'Avastin (nom scientifique = bevacizumab) est un médicament produit par Roche et Genentech. C'est un anti-angiogénique, c'est-à-dire qu'il bloque la prolifération des vaisseaux sanguins et donc l'apport de sang essentiel à la croissance des tumeurs et à la dissémination des cellules cancéreuses.
Les résultats de l'étude présentée à l'ASCO concernent un essai clinique de phase III utilisant l'Avastin en combinaison avec la chimiothérapie chez des patients atteints d'un cancer du poumon non à petites cellules (le plus fréquent des cancers pulmonaires). L'étude a été menée auprès de 878 malades qui reçoivent une chimiothérapie à base de platine (paclitaxel et carboplatin), avec ou sans Avastin. Deux ans après le démarrage de cette étude, les chercheurs ont pu constater une nette amélioration de la survie des patients ayant bénéficié de l'ajout d'Avastin à leur chimiothérapie.
Au vu de ces résultats, la firme pharmaceutique envisage d'interrompre l'étude plus tôt que prévu et d'introduire une demande de mise sur le marché de ce traitement novateur.
Notons cependant que l'Avastin n'est pas dénué d'effets secondaires, le plus grave d'entre eux étant un risque d'hémorragie pulmonaire. 1,7 % des patients ayant participé à l'essai clinique en ont souffert.
Nos adolescentes atteintes de tanorexie ?
News 19-05-05
Une étude récente montre que de plus en plus de jeunes filles belges présentent des symptômes de « tanorexie », une forme d'esclavage aux rayons du soleil potentiellement dangereuse pour la santé.
Sources : Belga, 13-05-05 ; Het Belang van Limburg, 14-05-05 ; De Morgen, 14-05-05
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
La tanorexie, qui n'a rien à voir avec le trouble alimentaire connu sous le vocable d'anorexie, a surtout été décelée en Grande Bretagne. Elle a cependant attiré l'attention d'un groupe d'experts belges (groupe de travail limbourgeois « Mélanome Malin ») qui a mené une enquête auprès de quelque 600 jeunes filles belges âgées de 14 à 18 ans. Les résultats de cette enquête doivent encore être publiés mais les données préliminaires s'avèrent d'emblée inquiétantes.
Ainsi, il ressort que 36,4 % des jeunes filles interrogées passeraient de 3 à 6 heures par jour au soleil, la plupart du temps entre midi et 15 heures. Soit le moment de la journée où les rayons ultraviolets sont les plus nocifs. En outre, 70 % des jeunes filles interrogées n'utilisent pas de protection solaire. L'étude fait aussi apparaître que 6,1 % d'entre elles font plus de 25 séances de banc solaire par an. Enfin, les jeunes pensent de manière erronée qu'on ne peut rien faire pour empêcher le développement d'un cancer de la peau.
Ces chiffres et ces réflexions sont éloquents. Ils indiquent que des campagnes de prévention doivent être poursuivies dans ce domaine, en privilégiant notamment un public jeune. En effet, ne perdons pas de vue que le mélanome (un cancer de la peau particulièrement agressif) peut se développer 10 à 15 ans après des expositions prolongées et intenses aux ultraviolets solaires. Si rien n'est fait pour endiguer cette mode du bronzage à n'importe quel prix, des centaines de jeunes adultes risquent d'être atteints d'un cancer de la peau dans quelques années.
Les gaz d'échappement sont-ils cancérigènes ?
News 27-04-05
Une étude menée par des scientifiques du Taiwan National Defence Center a montré que l'exposition à des fumées produites par les échappements des véhicules à moteur est susceptible de causer des dommages à l'ADN de nos cellules et d'augmenter ainsi le risque de cancer.
Source : Le Journal du Médecin, 08-04-05
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
L'étude en question a porté sur des femmes travaillant dans des stations de péage d'autoroutes fort fréquentées ainsi que sur des femmes non exposées aux gaz d'échappement. Les chercheurs ont mesuré les taux d'une substance (la 8-OHdG), laquelle est excrétée dans l'urine en réponse à des lésions et des dommages subis par l'ADN de nos cellules. Les taux de 8-OHdG étaient en moyenne 90 % plus élevés chez les personnes exposées.
Ce n'est plus un secret pour personne : les émissions polluantes des véhicules à moteur représentent un danger pour la santé publique. Les résultats de l'étude menée à Taiwan ne fait qu'accroître cette évidence.
Rappelons que les principaux polluants émis par les moteurs essence sont : le monoxyde de carbone (CO), les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), les oxydes d'azotes (NOx), les composés organiques volatiles (COV). Pour le diesel, on peut y ajouter les particules de suie.
Lorsque leur concentration augmente dans l'air, ils causent et accroissent les troubles respiratoires et cardiovasculaires et peuvent provoquer des irritations oculaires et des maux de tête. Aujourd'hui, certains d'entre eux sont suspectés d'accroître le risque de cancer.
Une réglementation plus stricte sur la performance des moteurs et la composition des carburants a entraîné une diminution de la concentration atmosphérique de certains de ces polluants. Mais ces améliorations sont contrebalancées par l'augmentation du trafic automobile. Des mesures doivent donc être prises pour réduire l'impact de ces polluants sur la santé humaine. Parmi celles-ci, on pourrait citer la promotion des véhicules fonctionnant au LPG, le développement de bio-carburants à base de colza par exemple (moins d'émissions toxiques), mais également des modifications de nos habitudes de vie (utilisation des transport en commun, co-voiturage, etc.).
Du dentifrice contenant des substances cancérigènes ?
News 23-04-05
Au Royaume Uni, trois grandes chaînes de magasins ont récemment retiré de la vente tous les produits cosmétiques ? en particulier les dentifrices ? contenant du Triclosan. Motif invoqué : cette substance, utilisée depuis de nombreuses années, serait cancérigène !
Source : Het Laatste Nieuws, 18-04-05
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
Le Triclosan est un bactéricide chloré largement utilisé depuis plus de 30 ans. On le retrouve notamment dans les produits d'hygiène comme certains savons, dentifrices, bains de bouche, déodorants, mousse à raser mais aussi, de plus en plus souvent, dans certains produits d'entretien ménager.
Récemment, des experts britanniques ont demandé que soient retirés des rayons les produits cosmétiques qui contenaient du Triclosan. Ils justifient cette demande par le fait qu'ils ont observé que le Triclosan est capable de réagir avec l'eau pour former du chloroforme. Or, la toxicité de ce dernier est bien démontrée ? mais à des doses particulièrement élevées.
Notons cependant que l'introduction du Triclosan dans les produits cosmétiques est strictement réglementée. En effet, sa concentration maximale ne peut dépasser 0,3 % sauf dans les bains de bouche pour lesquels la concentration maximale permise est de 0,03 %.
Par ailleurs, en janvier dernier, un article paraissait dans la revue scientifique Carcinogenesis, où des chercheurs mettaient en évidence une action anti-cancer du Triclosan ! En effet, administré à des rats, le Triclosan semble avoir empêché le développement de cancer du sein chez ces animaux en agissant sur une enzyme bien spécifique la FAS (Fatty Acid Synthase).
Difficile donc d'y voir clair actuellement dans la toxicité éventuelle du Triclosan. De nouvelles mesures toxicologiques devraient être menées pour aboutir à des conclusions ou des recommandations précises en la matière. Dans l'attente de ces résultats, il y a peu de raisons de paniquer. Mais peut-être serait-il judicieux de se demander si l'utilisation du Triclosan ou d'autres antibactériens est vraiment indispensable dans une série de produits cosmétiques ou d'entretien !
L'acrylamide sous la loupe !
News 18-04-05
Les experts de l'Organisation mondiale de la Santé de la FAO (Food and Agriculture Organization) ont publié récemment un communiqué avertissant que la présence non intentionnelle d'acrylamide dans certains aliments pouvait poser un problème de santé publique. Des mesures doivent impérativement être prises pour réduire la quantité de cette substance dans l'alimentation.
Source : Le Journal du médecin, 18-03-05
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Ce n'est pas la première fois que les médias soulèvent le problème de la présence d'acrylamide dans l'alimentation. En effet, en 2002, des études suédoises avaient montré pour la première fois la formation indésirable de quantités relativement importantes d'acrylamide lors de la friture ou de la cuisson des pommes de terre ou de céréales (au-delà de 120 °C). Rappelons que l'acrylamide se forme naturellement lors du chauffage des denrées alimentaires riches en hydrates de carbone (amidon, sucres, etc.). Les modes de cuisson concernés sont la cuisson au four, le rôtissage et la friture. On ne trouve pas ou peu d'acrylamide dans les aliments cuits à l'eau.
Au vu des résultats suédois, les experts ont décidé de poursuivre leurs études pour parfaire l'évaluation de la toxicité et de l'influence sanitaire de l'exposition à l'acrylamide par le biais de l'alimentation.
Un comité de 35 experts provenant de 15 pays a conclu que, sur base des tests réalisés chez l'animal, l'acrylamide pouvait effectivement se révéler cancérigène. La transposition des résultats à l'homme est loin d'être claire mais, par mesure de précaution, les autorités nationales incitent les industries locales à améliorer les technologies de préparation de certains aliments en vue de diminuer significativement les taux d'acrylamide dans les denrées à risque.
Dans l'attente d'une amélioration nette à ce niveau, nous réitérons nos recommandations en faveur d'une alimentation saine, équilibrée, diversifiée où la consommation d'aliments gras et d'aliments frits reste modérée.
Le Cetuximab de plus en plus utilisé ?
News 13-04-05
Le Cetuximab, un médicament issu des progrès récents en immunologie, semble de plus en plus apprécié par les oncologues. Son indication initiale concerne les cancers colorectaux. Mais aujourd'hui, les chercheurs envisagent son application dans d'autres cancers.
Source : Le Journal du Médecin, 22-03-05
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
Au cours d'une journée d'étude organisée à la KULeuven, les professeurs Eric Van Cutsem et Jan Vermorken ont présenté les nouveaux résultats concernant l'utilisation du Cetuximab en cancérologie. Ce médicament semble donner d'excellents résultats chez les patients atteints d'un cancer métastasé du côlon. Il peut être utilisé soit en combinaison avec l'irinitocan après un échec de celui-ci, soit dans le cadre d'une monothérapie. Les métastases hépatiques, autrefois non opérables de par leur taille et/ou leur localisation, peuvent dans certains cas subir une exérèse après un traitement préalable incluant le Cétuximab. Cette approche innovante offre un nouvel espoir aux patients atteints d'un cancer colorectal avec métastases.
Face à ces résultats encourageants, les chercheurs examinent la possibilité d'utiliser ce médicament à des stades moins avancés de la maladie, voire même dans d'autres cancers. Les autres tumeurs visées sont celles qui surexpriment l'EGFR (epidermal growth factor receptor), une molécule présente en grande quantité à la surface de certaines cellules cancéreuses et qui incitent celles-ci à se multiplier de façon anarchique. Ceci est notamment le cas dans certains cancers de la tête et du cou ainsi que certains cancers du sein, gastrique, pancréatique, cervical, ovarien et pulmonaire (non à petites cellules).
Jusqu'à présent, le seul effet secondaire mis en évidence dans ce type d'application est l'apparition d'une irritation cutanée ressemblant à de l'acné, chez 50 % des patients. Cette irritation peut toutefois être traitée par les moyens habituels et n'oblige que rarement à des réductions de doses ou à un arrêt du traitement.
Radiothérapie après un cancer du sein : moins de décès par affections cardiaques
News 04-04-05
Les progrès de la radiothérapie administrée dans les cas de cancers du sein ont pour effet que les femmes décèdent beaucoup moins souvent qu'auparavant d'affections cardiaques dues aux rayonnements.
Source : De Standaard 18/3/05
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
Fréquemment, les femmes souffrant d'un cancer du sein sont traitées par radiothérapie après une intervention chirurgicale afin d'éliminer les éventuelles cellules cancéreuses résiduelles.
Ces rayons n'atteignent cependant pas seulement les tissus incriminés mais également les cellules saines environnantes.
Heureusement, au cours des dernières années, la radiothérapie a enregistré d'importants progrès. Le faisceau de rayons est de mieux en mieux ciblé de telle sorte que les tissus sains environnants sont moins lésés qu'auparavant. En effet, une étude comparative menée auprès de femmes ayant subi une radiothérapie droite ou gauche (l'emplacement du cœur) indique que, depuis les années quatre-vingt, il n'y a plus de différences significatives entres les deux groupes sur le plan de la mortalité liés à des affections cardiaques.
Du neuf dans le traitement du cancer de la vessie ?
News 29-03-05
Le récent Congrès de l'Association européenne d'Urologie qui s'est tenu à Istanbul (Turquie) fut notamment l'occasion de présenter les résultats encourageants d'un essai clinique de phase II axé sur le traitement du cancer de la vessie. Des chercheurs hollandais y ont rendu public les résultats de l'administration d'un médicament dénommé EOquin chez une cinquantaine de patients. 70 % d'entre eux semblent ne plus présenter de traces de la tumeur après six semaines de traitement.
Source : Het Belang van Limburg, 23-03-05
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
Le cancer de la vessie n'est pas un cancer rare. On compte près de 1700 nouveaux cas en Belgique chaque année.
S'il est détecté précocement, ce cancer est curable dans un grand nombre de cas. La chirurgie peut cependant être lourde. En cas de cancer infiltrant, en l'absence de métastase, l'intervention peut conduire à enlever complètement la vessie. Chez l'homme, on enlève par la même occasion une partie de la prostate. Chez la femme, l'utérus et souvent les ovaires sont retirés. De telles ablations ont de graves conséquences sexuelles et urinaires.
D'où l'idée de l'équipe du Professeur van der Heijden (Université de Nijmegen, Pays-Bas) de mettre au point un traitement médicamenteux efficace et non mutilant. Et les choses semblent en bonne voie. En effet, au cours d'un essai clinique de phase II (ç-à-d effectué sur un petit nombre de patients), l'instillation d'EOquin directement dans la vessie semble donner des résultats particulièrement encourageants. Le médicament en question est ce que l'on appelle dans le jargon scientifique une « prodrug ». Autrement dit, c'est un médicament inactif au départ mais qui le devient après activation par des enzymes se trouvant en grande quantité dans les cellules tumorales. Il n'y a donc que peu d'effets secondaires liés à d'éventuelles atteintes de cellules saines.
Actuellement, 46 patients ont été enrôlés dans cette étude. 41 ont déjà reçu le traitement complet pendant 6 semaines et les résultats des analyses (cytoscopie et histopathologie sur biopsie) indiquent une disparition complète des tumeurs chez 70 % d'entre eux (26 patients sur 41). Jusqu'à présent l'EOquin semble très bien toléré par les patients et la toxicité du produit se limite à quelques cas d'inflammation de la paroi de la vessie (cystites), de trouble de la miction (dysurie) ou de sang dans les urines (hématurie).
Bien sûr, les résultats de cette étude doivent être confirmés auprès d'un plus grand nombre de patients. Mais l'optimisme est d'ores et déjà au rendez-vous.
Risque accru de cancer des ovaires lié à la consommation de lait ?
News 16-03-05
Plus de 60.000 femmes âgées de 38 à 76 ans ont été suivies pendant treize ans par l'Institut suédois Karolinska. De façon surprenante, l'étude semble indiquer que les femmes qui consomment des produits laitiers plus de quatre fois par jour ont deux fois plus de chances de développer un cancer des ovaires. Les chercheurs n'ont pas encore d'explication à ce phénomène. Une des hypothèses possibles serait que la surproduction d'hormones, stimulée par le lactose (sucre du lait) présent dans les produits laitiers, favoriserait l'apparition de tumeurs. Il s'agirait essentiellement de cancers hormono-dépendants, comme le cancer des ovaires, mais éventuellement aussi les cancers du sein et de la prostate.
Sources : Het Nieuwsblad, 2005-03-05
Het Volk, 2005-03-07
De Standaard Espresso, 2005-03-07
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
Face à de tels résultats, il est imprudent de tirer des conclusions car elles sont basées sur une seule étude. En comparant les résultats de diverses études axées sur les produits laitiers, nous ne constatons qu'une éventuelle augmentation des cancers de la prostate et des reins en cas de consommation excessive. Une étude norvégienne réalisée en 2001 a, par contre, montré que la consommation de trois verres de lait par jour pouvait réduire de moitié le risque de cancer du sein...
D'autres travaux ont fait apparaître une hausse du risque de cancer du sein en cas de consommation élevée de lait, alors que certains n'ont pas relevé le moindre lien, tandis que d'autres encore faisaient état d'une diminution du risque.
Il est donc trop tôt pour tirer des conclusions définitives à ce propos. On peut à ce jour maintenir la recommandation belge officielle de 3 à 4 verres de lait et 1 à 2 tranches de fromage par jour. Nous conseillons toutefois d'opter pour des produits demi-écrémés ou maigres, le lait entier étant souvent riche en matières grasses. On soupçonne effectivement qu'une alimentation riche en graisses favoriserait le cancer du sein.
Par ailleurs, le lait et les produits laitiers sont riches en calcium et en acide linoléique conjugué (un acide gras). Chez les animaux, ceci contribuerait à une protection contre les tumeurs au sein générées par des substances chimiques. Quant à l'influence possible du lactose dans les produits laitiers, on ne dispose à l'heure actuelle d'aucune donnée à ce sujet.
Un vaccin contre les tumeurs cérébrales
News 12-03-05
Une équipe de la K.U. Leuven, dirigée par le Pr Steven De Vleeschouwer, développe actuellement un vaccin thérapeutique contre le gliome malin, l'une des tumeur les plus agressives du cerveau. Vingt-trois patients, qui ne réagissaient plus aux traitements traditionnels, ont reçu une injection du vaccin thérapeutique. Ce traitement expérimental a doublé leur espérance de vie et semble dénué d'effets secondaires importants.
Source : Artsenkrant, 25-02-05
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
Le vaccin thérapeutique sur lequel travaille l'équipe du Professeur De Vleeschouwer est basé sur l'utilisation des cellules dendritiques du patient. Les cellules dendritiques reconnaissent les cellules cancéreuses, puis vont présenter certains antigènes tumoraux (des protéines exprimées spécifiquement à la surface des cellules cancéreuses) aux lymphocytes T de l'organisme. Cette présentation déclenche une réaction du système de défense immunitaire qui aboutit à la destruction des cellules cancéreuses.
Notons que diverses équipes de recherche utilisent le même type d'approche face à divers cancers (mélanomes malins, cancer de la prostate, certaines leucémies, myélome multiple, etc.). L'objectif est de parvenir à stimuler les défenses immunitaires du patient contre ses propres cellules cancéreuses.
Ces nouvelles stratégies de vaccination anti-cancéreuse constituent un réel espoir pour éviter les rechutes tumorales provoquées par des cellules cancéreuses qui ont échappé aux traitements classiques. Mais gardons à l'esprit qu'il s'agit ici de résultats préliminaires ne concernant encore qu'un très petit nombre de patients.
Par ailleurs, diverses questions restent actuellement sans réponse. En effet, on ne sait pas encore si les cellules cancéreuses seront ou non capables de développer une parade pour échapper à ce type de traitement, ni le nombre de vaccinations qui seront nécessaires pour obtenir une activité anti-tumorale à long terme.
Utiliser le virus du SIDA pour tuer des cellules cancéreuses ?
News 11-03-05
Une équipe de chercheurs californiens vient de publier dans la revue scientifique Nature Medicine les résultats étonnants de leurs travaux. Ils ont en effet montré que l'administration d'une forme manipulée du virus du SIDA (ç-à-d transformée en laboratoire) à des souris atteintes de mélanome malin aboutissait à la destruction des cellules cancéreuses !
Sources : Het Nieuwsblad, 15-02-05
Het Volk,15-02-05
De Morgen, 16-02-05
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
Des chercheurs de l'Université de Californie (Los Angeles) ont modifié, en laboratoire, le virus du SIDA et l'ont entouré d'une enveloppe provenant d'un autre virus peu dangereux. Cette manipulation a transformé le virus initial en une sorte de «missile » capable d'attaquer des cellules de mélanomes ayant migré dans les poumons de souris malades.
Plus précisément, la modification de l'enveloppe virale empêche ce virus d'attaquer les cellules du système immunitaire, cibles habituelles du virus du SIDA. La nouvelle enveloppe virale modifiée contient une protéine particulière (appelée P-glycoprotéine) qui est capable de reconnaître spécifiquement les cellules cancéreuses. Une fois en contact avec les cellules cancéreuses, le virus modifié injecte son matériel génétique dans la cellule, ce qui aboutit à la destruction de cette cellule.
Avant d'injecter le virus modifié aux souris malades, les chercheurs lui ont également ajouté une molécule phosphorescente afin de pouvoir suivre son cheminement. C'est ainsi que l'équipe du Professeur Irvin Chen a pu suivre le trajet du virus dans le flux sanguin de l'animal jusqu'à sa cible, à savoir les cellules cancéreuses qui avaient migré dans les poumons.
Cette expérience montre, pour la première fois, qu'un vecteur viral est capable de servir de « moyen de transport » vers des cellules cancéreuses et ce, de manière très ciblée.
Bien entendu, il s'agit là d'expériences préliminaires. Elles ont démarré sur des cellules en culture avant d'être appliquées à des animaux de laboratoire. De nombreux tests doivent encore être pratiqués avant d'envisager les premiers essais chez l'humain. Mais ces travaux ouvrent peut-être la porte à un nouveau type de thérapie génique.
Obésité et taux de PSA
News 19-02-05
Selon une étude menée au Health Science Center de l'Université du Texas (San Antonio), les taux de PSA diminuent lorsque le poids augmente, et ce de manière linéaire.
Ceci risque dès lors de se traduire par des tests de dépistage du cancer de la prostate moins fiables lorsqu'ils sont pratiqués chez des hommes obèses.
Source : Le Généraliste, 03-02-05
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Le dépistage du cancer prostatique passe par le dosage dans le sang d'un marqueur spécifique de la prostate (antigène spécifique appelé PSA). Globalement, plus le taux de PSA est élevé, plus le risque de cancer de la prostate est grand. Mais l'augmentation de ce taux peut également avoir d'autres causes, en particulier l'augmentation bénigne du volume de la prostate (adénome).
Depuis peu, on sait que les hommes présentant un indice de masse corporelle (IMC) élevé ont un risque accru de développer un cancer de la prostate. Certaines études ont également montré que l'obésité était associée à un moins bon pronostic.
Jusqu'à présent, diverses hypothèses pointaient des taux élevés d'hormones (comme les œstrogènes et le facteur de croissance IGF) pour expliquer cette constatation. Aujourd'hui, l'étude menée au Texas semble indiquer que l'obésité pourrait rendre les tests de dépistage moins sensibles.
Afin de tester cette possibilité, les chercheurs ont étudié l'association entre l'IMC et le taux de PSA auprès de 2 779 hommes sans cancer de la prostate. Ils ont montré que plus l'IMC augmente, plus le PSA diminue, et ce de manière linéaire. Les résultaient étaient valables quels que soient l'âge et l'origine ethnique.
Ceci pourrait expliquer les moins bons résultats du traitement du cancer de la prostate chez les hommes obèses, qui seraient dus à une détection tardive plutôt qu'à des différences biologiques des tumeurs prostatiques.
Si ces résultats se confirment, il serait dès lors souhaitable d'ajuster les valeurs de PSA en cas de dépistage du cancer de la prostate chez les hommes en surpoids ou obèses.
Myélome multiple : un traitement novateur
News 05-02-05
Le myélome multiple (ou maladie de Kahler) est un cancer hématologique qui atteint quelques 500 nouveaux patients par an en Belgique. Il s'agit souvent d'une maladie grave au pronostic sévère, qui affecte souvent le squelette en de multiples endroits. Depuis le 1er février dernier, un traitement novateur a vu le jour : le bortézomide.
Les autorités publiques ont agréé ce médicament avant même la fin des études cliniques tant les résultats se sont avérés enthousiasmants ! Ce médicament est à présent disponible en Belgique et remboursé dans certaines conditions.
Sources : Le Soir, 02-02-05
La Libre Belgique, 02-02-05
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Ces quinze dernières années ont été marquées par une progression notable de la compréhension des mécanismes biologiques conduisant à l'apparition du myélome multiple : mise en évidence des anomalies cytogénétiques, meilleure compréhension des processus de survie et de croissance des cellules malignes dans la moelle osseuse, etc.
Jusqu'à présent, les traitements disponibles ne permettaient généralement que l'obtention de résultats temporaires. Les choses semblent changer aujourd'hui grâce au développement d'un médicament anti-cancéreux plus ciblé. Son développement est lié à la découverte fondamentale du protéasome, qui est une substance que la cellule utilise pour dégrader certaines protéines. Or, la maladie de Kahler se caractérise justement par la production d'une protéine anormale, la paraprotéine. Dès lors, les chercheurs ont tenté de produire une molécule capable d'inhiber le protéasome indispensable aux cellules cancéreuses qui se développent dans la maladie de Kahler.
Les résultats furent excellents, aboutissant même à une rémission complète chez certains patients.
Aujourd'hui, les chercheurs analysent la possibilité d'utiliser ce nouveau traitement dans d'autres formes de cancers.
Pour en savoir plus à propos de la maladie de Kahler, cliquez ici.
Après le danger de l'amiante, celui des fibres réfractaires ?
News 25-01-05
Des experts tirent la sonnette d'alarme à propos des risques liés à l'inhalation des fibres céramiques réfractaires. Celles-ci, largement utilisées dans l'industrie en raison de leur capacité à résister à de très fortes températures, pourraient conduire à des problèmes semblables à ceux rencontrés pour l'amiante.
En Belgique, nous ne sommes pas en mesure d'évaluer actuellement l'ampleur de l'utilisation de ces fibres. Aussi, le Ministre de la Santé publique, Rudy Demotte, a-t-il demandé une enquête sur ce sujet ainsi qu'un avis circonstancié auprès du Conseil supérieur d'hygiène.
Sources : La Dernière Heure, 19-01-05
Het Belang Van Limburg, 20,01-05
Gazet Van Antwerpen, 20-01-05
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Les fibres céramiques réfractaires interviennent comme isolant thermique dans la fabrication de fours industriels, de hauts-fourneaux, de moules de fonderie, de tuyauteries, de câbles mais également dans des applications automobiles (pots catalytiques, par exemple) et aéronautiques, ainsi que dans la protection incendie.
Ce matériau a été développé afin de trouver une solution de remplacement à l'utilisation de l'amiante. Or, ce matériau de remplacement semble induire également un réel risque pour la santé. On connaissait déjà les problèmes d'irritations cutanées et des voies respiratoires supérieures pour les ouvriers engagés dans la fabrication ou l'installation de ce produit. Aujourd'hui, un panel d'experts français en souligne le risque cancérigène.
Depuis 1987 déjà, l'Agence internationale de la recherche sur le cancer (IARC) avait déjà classé les fibres réfractaires (ainsi que d'autres fibres synthétiques) au nombre des « substances pouvant être cancérogènes pour les humains ». (catégorie 2B). Mais cela n'a semble-t-il pas empêché l'utilisation de ce matériau à grande échelle. On estime en effet que 50 000 tonnes de fibres céramiques réfractaires sont utilisées annuellement en Europe. Le nombre de travailleurs exposés à ces composés pourrait se compter en dizaines de milliers.
Peut-être ne dispose t-on pas encore de suffisamment de données épidémiologiques sur ce type de fibres mais les résultats d'études expérimentales indiquent déjà qu'il faudrait rigoureusement contrôler l'utilisation des fibres céramiques réfractaires. D'autant plus qu'on peut déjà les retrouver chez les particuliers puisqu'elles semblent être utilisées pour l'isolation de chauffe-eau domestiques, par exemple.
Y aurait-il un lien entre le diabète et certains cancers ?
News 24-01-05
Une étude coréenne, parue récemment dans la revue scientifique JAMA (Journal of the American Medical Association), semble indiquer que le diabète pourrait accroître le risque de certains cancers.
L'étude épidémiologique a inclus 829 770 hommes et 468 615 femmes de 30 à 95 ans, qui ont été suivis pendant 10 ans. Environ 5 % d'entre eux étaient atteints de diabète. Le taux de décès par cancer (notamment du pancréas) fut de 29 % plus élevé chez les personnes diabétiques, indépendamment de l'usage du tabac et d'alcool.
Sources : JAMA 2005 ; 293 : 235-236
La Libre Belgique, 19-01-05
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
De précédentes études épidémiologiques ont déjà montré que le diabète pouvait avoir une influence sur le risque de développer certains cancers. Ce lien subsiste même après avoir pris en compte la masse corporelle. En effet, on sait que l'obésité est fréquente chez les patients diabétiques et qu'elle représente un facteur de risque connu pour certains cancers.
Cependant, bien qu'intéressante, la démonstration de ce lien ne signifie pas pour autant que le diabète cause le cancer. En effet, d'autres experts évoquent plutôt la possibilité que ce soit le cancer qui induise dans certains cas un diabète.
Par ailleurs, l'étude des perturbations au sein des mitochondries (structures microscopiques situées à l'intérieur de chaque cellule et qui lui fournissent son énergie) semble également une piste à suivre. Des altérations de ces structures cellulaires interviendraient dans de nombreuses maladies, y compris le diabète et certains cancers.
D'autres recherches seront donc nécessaires pour tenter de décrypter le ou les mécanismes impliqués dans ces liens de cause à effet. A l'heure actuelle, il nous semble impossible de trancher objectivement dans ce débat.
L'origine du cancer de l'estomac est peut-être à revoir
News 11-12-04
Une équipe de chercheurs américains (University of Massachusetts Medical School) vient de publier dans la prestigieuse revue Science une découverte surprenante à propos de l'origine du cancer de l'estomac. Les résultats des recherches menées sur des souris ont montré que ce cancer aurait pour origine des cellules dérivées de la moelle osseuse et non des cellules de la paroi gastrique. Si ces données se confirment, cela bouleverserait les théories actuellement admises concernant les cancers de l'estomac.
Source : Artsenkrant, 26-11-04
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
On savait déjà que la bactérie Helicobacter pylori était responsable d'inflammations et d'ulcères de l'estomac pouvant dégénérer en cancer.
Ce que les chercheurs américains viennent de découvrir, c'est que cette inflammation déclencherait l'arrivée en masse de cellules souches de la moelle osseuse pour réparer les dégâts occasionnés par la bactérie au niveau de la muqueuse de l'estomac. Les cellules souches sont des cellules dites «indifférenciées », c'est-à-dire qui ont la possibilité de se transformer en cellules ayant une fonction précise (en cellules épithéliales de la paroi gastrique, par exemple). Cependant, au cours de leur migration, certaines cellules souches se transforment en cellules cancéreuses. Arrivées au niveau de la paroi de l'estomac, elles y développent alors des tumeurs.
Si cette découverte se confirme, il faudrait probablement envisager des modifications au niveau des traitements du cancer de l'estomac, en ciblant plus spécifiquement les cellules souches migrantes. Cela pourrait également avoir des répercussions au niveau d'autres cancers liés à des inflammations chroniques (œsophage, poumons, foie, par exemple). Affaire à suivre donc !
Augmentation des cancers chez les jeunes
News 18-12-04
Les résultats d'une étude menée dans 19 pays européens viennent d'être publiés dans la revue scientifique The Lancet. Ils indiquent une augmentation des cas de cancers chez les enfants et les adolescents depuis 3 décennies. Plus précisément, cette augmentation serait de 1 à 1,5 % par an. La hausse est particulièrement nette pour les leucémies (chez les enfants) et les lymphomes (chez les adolescents).
Source : The Lancet 2004 ; 364 : 2097-2105
Cette information a été relayée par de nombreux médias : La Dernière Heure (11-12-04) ; De Morgen (10-12-04) ;De Standaard (10-12-04) ; Het Volk (10-12-04) ; La Voix du Luxembourg (11-12-04) ; Gazet Van Antwerpen (11-12-04) ; Het Nieuwsblad (10-12-04) ; Het Belang van Limburg (10-12-04).
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
L'étude en question a permis d'analyser 63 registres pédiatriques dans 19 pays d'Europe, de 1970 à 1999. L'analyse a porté sur 113 000 cancers chez les enfants et 18 000 cancers chez les adolescents. Les résultats indiquent sans conteste une augmentation de l'incidence des cancers chez les enfants et les adolescents au cours des dernières décennies et d'une accélération de cette tendance en Europe.
A quoi peut-on attribuer cette augmentation ? La question divise de nombreux cancérologues et épidémiologistes. L'amélioration des techniques de diagnostic et du recensement des cas peut expliquer partiellement cette hausse. Mais des facteurs environnementaux sont de plus en plus accusés. Ainsi, le rôle potentiel des pesticides (dans la leucémie ou les tumeurs du cerveau) ou du benzène (leucémie) a été évoqué. Autres hypothèses possibles : un poids élevé à la naissance qui serait associé à un risque accru de leucémie ou de tumeur cérébrale ou encore une diminution du nombre des infections pendant la petite enfance qui aurait un effet aggravant sur le risque.
Il est bien entendu très difficile de trancher dans ce débat à l'heure actuelle et les causes de cette tendance devront encore être étudiées en détail.
Mais terminons cependant par une note positive car il faut également constater que les traitements se sont très sensiblement améliorés au cours de ces trente dernières années. Les chances de guérison sont spectaculairement à la hausse. Il y a trente ans, seuls 44 % des petits patients atteints d'un cancer affichaient un taux de survie à cinq ans. Ce chiffre est aujourd'hui de plus de 80 % !
Désodorisants, bougies, encens : au banc des accusés !
News 27-11-04
L'association Test Achats et le Bureau européen des consommateurs (Beuc) affirment que les substances chimiques émises par les aérosols, les vaporisateurs, les huiles, les diffuseurs électriques, les bougies parfumées, l'encens, etc. constituent de dangereux polluants intérieurs à réglementer au plus vite.
Sources : (Le Soir, 23-11-04 ; Belga, 22 & 23-11-04 ; Het Nieuwsblad, 23 &24-11-04 ; De Standaard, 23 & 24-11-04 ; Het Volk, 23 & 24-11-04 ; La Dernière Heure, 23-11-04 ; Het Belang van Limburg, 23-11-04 ; DeMorgen, 23-11-04 ; Het Laatste Nieuws, 23-11-04 ; Gazet Van Antwerpen, 23-11-04, Metro, 23-11-04 ; De Tijd, 23-11-04
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Les analyses réalisées par Test Achat et le Beuc ont porté sur des prélèvements d'air réalisés dans une habitation d'un volume moyen après utilisation pendant 1 à 2 heures d'une bougie parfumée, de deux bâtonnets d'encens ou l'ouverture d'un diffuseur liquide. Les résultats obtenus ont montré la présence de substances irritantes, allergènes, voire même cancérigènes.
Ces résultats ne sont pas étonnants en ce qui concerne les bougies et l'encens. En effet, toute combustion entraîne la production de substances pouvant être toxiques : acroléine, formaldéhyde, acétaldéhyde, etc. Mais ne cédons pas à la panique pour autant. En effet, il faut garder à l'esprit que l'utilisation d'une bougie parfumée ou d'une baguette d'encens risque peu de mettre la santé en danger. Par ailleurs, rappelons-nous une règle d'hygiène de base qui consiste à aérer régulièrement les pièces d'habitation où nous vivons, que ce soit en présence ou non d'encens ou de bougies parfumées. Ce geste simple résoudra bien des problèmes de pollution intérieure.
Quant aux données concernant l'utilisation de désodorisants ou de diffuseurs électriques, elles méritent peut-être plus d'attention. Une fois de plus, l'utilisation occasionnelle de ces produits risque peu d'être réellement néfaste pour la santé. Mais l'utilisation excessive de désodorisants ou de diffuseurs électriques branchés 24h sur 24, pourrait effectivement nuire à la santé des personnes les plus sensibles comme, par exemple, les femmes enceintes, les jeunes enfants, les personnes asthmatiques, etc. En effet, chez ces personnes, la concentration excessive de substances incriminées peut provoquer des irritations des yeux et des voies respiratoires supérieurs. L'exposition aux substances cancérigènes (benzène, styrène, naphtalène, acétaldéhyde, etc.) mérite également une attention particulière. Une réglementation plus stricte à leur égard est certainement souhaitable.
Image : PhotoAlto - Matthieu Spohn
Cetuximab et radiothérapie : une combinaison efficace pour traiter certains cancers
News 27-11-04
La récente réunion de l'ESTRO (Société européenne pour l'oncologie et la radiothérapie) fut l'occasion de présenter des données encourageantes pour le traitement de certains cancers de la tête et du cou, notamment les cancers du larynx. L'originalité de l'étude consistait à combiner une radiothérapie à l'administration d'un médicament, le cetuximab, afin d'amplifier le caractère destructeur des rayonnements ionisants envers les cellules cancéreuses.
Sources : Le Soir, 19-11-04, De Huisarts, 11-11-04
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
L'étude en question a été menée par l'équipe du Professeur Jordi Girald de l'hôpital Vall d'Hebron de Barcelone auprès de 424 patients atteints d'un cancer du larynx à un stade avancé.
Le point de départ de cette étude fut une observation faite il y a quelques années en laboratoire. Des cellules mises en culture se sont avérées être nettement plus sensibles aux effets des radiations lorsqu'elles étaient pré-traitées par le cetuximab. Ce dernier est un anticorps capable de se fixer sur des récepteurs (EGFR) présents en grande quantité à la surface de certaines cellules cancéreuses. Des chercheurs et des médecins ont dés lors tenté de tirer profit de cet effet synergique en utilisant le même principe chez des patients ne répondant que faiblement à une radiothérapie «classique ».
Les premières données cliniques semblent particulièrement encourageantes puisque la survie médiane des patients ainsi traités a été doublée, sans augmentation d'effets secondaires néfastes (si ce n'est une légère inflammation de la peau là où le rayonnement est appliqué). Si ces résultats se confirment, ce nouveau concept pourrait être testé pour traiter d'autres tumeurs caractérisées elles aussi par une sur-expression du récepteur EGFR (les cancers pulmonaires notamment).
Amélioration du traitement du cancer du côlon
News 13-11-04
Le Congrès annuel de la Société européenne d'oncologie médicale (ESMO) a été l'occasion de présenter les résultats d'une étude axée sur un traitement plus efficace du cancer du côlon. Les experts ont effectivement montré que l'administration d'une nouvelle chimiothérapie après la chirurgie permettait de réduire de 25 % le risque de rechute.
Source : La Meuse, 04-11-04
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Le cancer colorectal est le troisième cancer en terme de fréquence chez l'homme et le deuxième chez la femme. Dans deux tiers des cas, son traitement implique une ablation chirurgicale partielle du côlon. Cependant, plus de 30 % des patients devront faire face à une récidive. Ceci s'explique notamment par le fait que ce cancer est encore trop souvent détecté à un stade tardif, c'est-à-dire à un moment où des métastases se sont déjà développées (l'organe cible étant souvent le foie).
Face à cette situation, les scientifiques ont testé un nouveau traitement permettant d'améliorer significativement la survie de ces patients. Dans ce contexte, les résultats présentés récemment à l'ESMO s'avèrent tout à fait encourageants.
La nouvelle approche thérapeutique consiste à administrer une chimiothérapie après l'intervention chirurgicale afin d'éliminer d'éventuelles cellules cancéreuses indécelables au moment de la résection et qui risquent de migrer vers d'autres organes (métastases). Cette chimiothérapie, dite adjuvante, combine deux principes actifs pour en accroître encore l'efficacité : la 5-Fluorouracile (5-FU) et l'oxaliplatine.
Plus de 2000 patients ont participé à cette étude internationale, dont 135 belges. Après trois années de suivi, ce nouveau traitement a ainsi permis de réduire le risque de rechute de 25 %.
Un bémol toutefois : comme de nombreuses autres chimiothérapies, ce traitement n'est pas dénué d'effets secondaires. En effet, quelque 12 % des patients ont déclaré souffrir de neuropathie (Perte de sensibilité et/ou douleurs d'origine nerveuse au niveau des pieds et des mains). Mais ces symptômes ont disparu après la fin des traitements.
Obésité et cancer : le lien se précise
News 06-11-04
Le lien entre l'obésité et le risque de cancer du sein (en post-ménopause) est établi depuis quelques années déjà. Une récente étude américaine (dont les résultats ont été présentés au cours du congrès de l'American Society for Therapeutic Radiology and Oncology) apporte une pierre de plus à l'édifice. Elle montre que les femmes présentant un cancer du sein à un stade précoce courent un risque plus élevé de métastases, de récidive après traitement, et de décès lorsqu'elles souffrent d'obésité.
Source : Le Journal du Médecin, 22-10-04
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
L'étude a été menée au Fox Chase Cancer Center de Philadelphie. Le Dr Penny Anderson a recruté 2010 femmes présentant un cancer du sein à un stade précoce. Parmi ces patientes, 452 avaient un poids normal, 857 un excès pondéral et 701 étaient obèses. Dans les deux premiers groupes, la survie à cinq ans fut de 92 % contre 88 % dans le troisième. De plus, dans le groupe des patientes obèses, le nombre de femmes ayant développé des métastases à distance était plus important et les récidives étaient plus précoces.
L'explication de ce phénomène n'est pas encore très claire. Certains scientifiques pensent que ce sont des changements hormonaux qui pourraient être à la base de cet excès de mortalité par cancer. Ils évoquent ainsi notamment une surproduction d'œstrogènes à partir du tissu graisseux.
D'autres études ont déjà montré que les sujets obèses présentent également un risque accru de développer d'autres types de cancers (œsophage, côlon, rectum, foie, estomac, etc.). Mais ces informations ne semblent pas toucher l'opinion publique. Dès lors, ne serait-il pas temps que les pouvoirs publics se lancent dans des campagnes de sensibilisation à cette problématique ? Face à ce véritable fléau que représente l'obésité dans nos sociétés occidentales, la prévention devrait être une priorité absolue.
Herceptin et cancer du poumon : un traitement à reconsidérer !
News 03-11-04
Plusieurs études cliniques visant à tester le médicament Herceptin auprès de patients atteints d'un cancer du poumon non à petites cellules ont été abandonnées à cause de la trop faible efficacité du traitement. Or, un groupe de chercheurs bruxellois (du Ludwig Center for Cancer Research) estiment que ces études doivent être reconsidérées car un petit nombre de patients (4%) pourraient répondre favorablement au nouveau traitement.
Source : Le Journal du Médecin, 12-10-04
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
L'Herceptin est un anticorps dirigé contre une protéine (ERBB2) exprimée sélectivement à la surface de certaines cellules cancéreuses. Cet anticorps est capable de bloquer ERBB2 et empêcher ainsi la division de la cellule cancéreuse. Mieux encore, l'Herceptin attire sur la cellule cancéreuse sur laquelle il se fixe des macrophages qui vont la détruire (Les macrophages sont des globules blancs dont le rôle est d'éliminer les corps étrangers qui se sont introduits dans l'organisme).
Ce médicament a été testé avec succès auprès de patientes atteintes d'un cancer du sein métastasé et qui présentaient une sur-expression d'ERBB2. Il a ensuite été testé chez des patients souffrant d'un cancer du poumon non à petites cellules. Mais comme ces dernières études n'ont pas donné les résultats escomptés, elles ont été abandonnées.
Or, l'équipe du Professeur Francis Brasseur vient de montrer (article publié dans Nature 2004 ; 431 :525-526) qu'à peine 4 % des 120 tumeurs qui avaient été analysées sur-exprimaient cette fameuse protéine ERBB2. C'est pourquoi, ils estiment qu'il est nécessaire de reconsidérer les études abandonnées précocement. En effet, il n'est pas du tout exclu qu'un sous-groupe de patients (ceux qui présentent cette fameuse protéine en excès) puissent bénéficier de résultats cliniques encourageants grâce à cette molécule.
Millepertuis et cancer : attention aux interactions !
News 30-10-04
Un communiqué de l'agence Belga met en garde contre l'utilisation du Millepertuis et les risques d'interférences avec un traitement du cancer.
Selon les données publiées dans la revue Pharmacotherapy, il semblerait que ce produit diminuerait sensiblement les effets de la chimiothérapie et induirait également une résistance à certains traitements.
Source : Belga, 25-10-04
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Le Millepertuis est une plante médicinale couramment utilisée pour lutter contre la dépression. Or, l'origine naturelle d'une plante ne signifie pas qu'elle présente uniquement des effets bénéfiques pour la santé.
Le principe actif du Millepertuis, l'hypericium, est utilisé dans des préparations médicinales pour combattre la dépression. Malheureusement, il entraîne aussi des effets secondaires indésirables : hypersensibilité de la peau et des yeux à la lumière, mais également certaines interactions avec divers médicaments : digoxine (utilisée dans le traitement de l'insuffisance cardiaque), théophylline (utilisée dans le traitement de l'asthme), indinavir (utilisé dans le traitement d'infection à VIH), anticoagulants oraux, ciclosporine (utilisé contre le rejet des greffes), et même certains contraceptifs oraux.
De plus, le Millepertuis agit au niveau du foie. Une enzyme hépatique impliquée dans la dégradation de certains médicaments, et notamment ceux utilisés dans les chimiothérapies, est activée par le Millepertuis. Il en résulte une diminution du taux sanguin de ces médicaments et une baisse de leur efficacité. Cette perte d'efficacité peut atteindre 40 % après seulement trois semaines de traitement au Millepertuis en association avec une chimiothérapie.
Le Millepertuis, bien que vendu sans ordonnance, doit être considéré comme un médicament à part entière. Il faut donc éviter d'en prendre sans avis médical et, si vous êtes en chimiothérapie, demandez au préalable l'avis de votre cancérologue.
Les races sont-elles déterminées génétiquement ?
News 30-10-04
Des chercheurs de l'Institut National Américain de la Santé (NIH) viennent de publier les résultats d'une étude mettant en évidence le fait que la notion de race dans l'espèce humaine n'est pas déterminée génétiquement. Les résultats de cette étude sont publiés dans la revue scientifique «Nature Genetics ».
Source : De Tijd, 27-10-04
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Depuis plusieurs siècles, l'Homme a tenté d'ordonner la nature et les êtres vivants en établissant des catégories, des groupes, des ordres. Appliquées à l'Homo sapiens, ces classifications allaient marquer pour longtemps les esprits. La couleur de la peau, notamment, est encore fréquemment source de conflits entre différentes populations.
Or, il apparaît de plus en plus clairement que la couleur de la peau (et donc l'appartenance à une race donnée) n'est pas déterminée par un gène précis. En d'autres mots, il n'existe pas de gènes « raciaux ». Les travaux de l'équipe de chercheurs du NIH appuient cette affirmation. Blancs,noirs ou jaunes, nous produisons tous de la mélanine (pigment cutané) mais en quantité variable. Ce n'est donc pas la présence ou l'absence d'un gène qui fait la différence mais plutôt son mode d'expression !
Il en va de même pour la relation entre l'appartenance à une race et le risque de développer telle ou telle maladie. Sauf exception, la santé des individus est en fait peu influencée par leurs gènes mais bien plus par leur alimentation et leur mode de vie (lesquels peuvent bien sûr être différents d'une population à l'autre ? mais cette relation n'est en rien liée à leur patrimoine génétique.).
Une telle affirmation scientifique mettra-t-elle enfin un terme aux nombreux préjugés concernant l'appartenance ethnique de tel ou tel individu ?
Anémie et cancer : un lien souvent sous-estimé
News 19-10-04
Une étude européenne récente (ECAS : European Cancer Anemiae Survey), menée auprès de 15 367 patients sur une période de 6 mois, montre que l'anémie est un phénomène fréquent chez les patients atteints de cancer. Elle altère significativement leur qualité de vie et n'est pas toujours suffisamment prise en charge.
Source : Le Journal du Médecin, 01-10-04
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
L'anémie est une complication fréquente chez les patients atteints de cancer. C'est le plus souvent une conséquence de la maladie et de son évolution ou des traitements spécifiques, en particulier la chimiothérapie et/ou la radiothérapie.
L'ECAS montre qu'une anémie bénigne (taux d'hémoglobine entre 10 et 11,9 g/dl) altère déjà la qualité de vie de près d'un patient sur quatre (les valeurs normales se situent vers 12 g/dl pour la femme et 13 g/dl pour l'homme). Elle entraîne une fatigue, un affaiblissement, une diminution de la capacité d'effort, ce qui retentit sur le bien-être physique et la qualité de vie. Bien sûr, plus le niveau d'hémoglobine baisse, plus la qualité de vie des patients se détériore.
Or, il existe des traitements efficaces pour lutter contre ce type d'anémie. Ainsi, la transfusion sanguine constitue le traitement traditionnel en cas d'anémie aiguë. Mais, récemment, le développement de l'erythropoïétine humaine recombinante (EPO) a permis de réaliser d'importants progrès dans le traitement de l'anémie. Il s'agit d'une protéine (facilement disponible dans le milieu sportif) capable de stimuler la production de globules rouges et, par conséquent, du taux d'hémoglobine.
L'étude ECAS montre cependant que l'administration d'EPO ne commence généralement que quand l'hémoglobine passe en dessous de la barre des 9 g/dl. Cela signifie que l'on attend que la qualité de vie du patient soit fortement altérée avant d'envisager un traitement.
Un lien entre le cancer du sein et le mélanome ?
News 19-10-04
Une étude publiée dans la revue scientifique «International Journal of Cancer » semble indiquer que le cancer du sein et le mélanome seraient étroitement liés, suggérant l'existence d'un processus génétique commun.
Sources : Le Généraliste, 06-10-04
Référence de l'étude : Gao W, Tsao H, et coll. Association between female breast cancer and cutaneous melanoma. International Journal of Cancer, 20 septembre 2004, vol 111, p 792-794
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
L'étude épidémiologique menée par l'équipe du Dr Tsao du Massachusetts General Hospital de Boston (USA) a montré que les femmes portant la mutation génétique BRCA2, prédisposant au développement du cancer du sein, ont un risque accru de mélanome, tandis que celles qui présentent une anomalie sur le gène CDKN2A, prédisposant au mélanome, ont un risque accru de cancer du sein.
Les chercheurs ont dés lors suggéré que les voies impliquées dans le développement des deux types de cancers se chevauchent et que les survivants d'une forme de cancer sont alors susceptibles de développer l'autre forme. Pour tester cette hypothèse, ils ont suivi des patientes qui avaient été enregistrées entre 1973 et 1999 et comparé le nombre de cas observés à celui attendu.
Les résultats montrent que les survivantes du mélanome avaient un risque augmenté de 11 % de développer un cancer du sein. Chez les patientes survivantes d'un cancer du sein, le risque de présenter un mélanome augmentait de 16 %.
Bien sûr, ces résultats doivent être confirmés par des études complémentaires et le lien génétique éventuel doit être analysé plus finement. Dans l'intervalle cependant, la surveillance des patientes concernées doit tenir compte de ces données épidémiologiques. Insistons également sur le fait qu'il s'agit de patientes présentant une prédisposition héréditaire à ces formes de cancers. Cela ne concerne donc pas l'ensemble de la population.
Le Prix Nobel de chimie 2004
News 09-10-04
Le prix Nobel de chimie a été décerné aux Israéliens Aaron Ciechanover et Avram Hershko et à l'Américain Irwin Rose pour leurs recherches dans un domaine peu exploré jusqu'ici : la destruction sélective des protéines intracellulaires.
Leurs conclusions pourraient contribuer à la mise au point de traitements pour des maladies telles que le myélome multiple ou la mucoviscidose en permettant d'identifier la façon dont l'organisme se débarrasse des protéines indésirables présentes dans ces affections.
Source : La Libre Belgique, 07-10-04
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
Le prix Nobel de chimie 2004 touche de près à la médecine, plus particulièrement à la lutte contre le cancer.
Les chercheurs s'intéressaient jusqu'ici à la synthèse des protéines, domaine déjà récompensé par cinq Nobel. Mais les trois lauréats de cette année ont apporté des informations cruciales sur l'un des grands processus cycliques de la cellule : la dégradation sélective des protéines.
De qui s'agit-il ?
Parallèlement à la synthèse des protéines, qui sont renouvelées en permanence, se produisent des processus de dégradation. Les travaux des trois lauréats permettent de comprendre, au niveau moléculaire, comment la cellule contrôle la destruction de certaines protéines, processus indispensable à l'équilibre métabolique de la cellule. Les protéines vouées à la destruction semblent être «étiquetées » et acheminées vers des protéasomes, structures intracellulaires qui servent littéralement de poubelles, où elles sont mises en pièces avant d'être recyclées.
Ciechanover, Hershko et Rose ont identifié «l'étiquette » qui donne le signal de destruction des protéines indésirables. Il s'agit en fait d'une autre protéine dénommée «ubiquitine », que l'on retrouve dans la plupart des organismes vivants (d'où son nom). Cette découverte a déjà aboutit à l'élaboration, en Israël, d'un produit dénommé Velcade qui, au niveau des premiers essais cliniques, montre déjà une certaine efficacité dans le traitement de patients atteints de myélome multiple.
Cancer de la prostate : analyser les risques à long terme !
News 25-09-04
L'alternative entre traitement précoce et simple surveillance continue à susciter de nombreuses controverses au sein du monde médical en ce qui concerne les cancers de la prostate. L'argument principal en défaveur d'un traitement agressif est basé sur la lente évolution de ce cancer dans un grand nombre de cas. Mais une étude récente, publiée dans l'American Journal of Medical Association, semble bouleverser ces certitudes, du moins pour les malades ayant une longue espérance de vie.
Source : La Semaine Médicale, 09-09-01
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
Des chercheurs suédois (équipe de Jan-Erik Johansson) ont suivi, pendant 21 ans, 223 patients atteints d'un cancer précoce de la prostate. Ils ont constaté qu'après une première période stable d'une quinzaine d'années, la progression de la maladie cancéreuse se faisait agressive dans le long terme avec développement de métastases. Ainsi, à la fin de la période de suivi, 17 % des patients étaient atteints d'un cancer généralisé, alors que leur maladie était restée stable durant les 10 à 15 premières années. Le nombre de patients dont la survie se déroulait sans aucune progression de leur cancer diminuait de 45 % à 15 ans de suivi, pour chuter à 36 % après 20 années de suivi. Enfin, la mortalité due au cancer de la prostate était multipliée par 3 entre les 15 premières années de suivi et les 5 à 6 années suivantes.
Cette étude indique qu'il est nécessaire de traiter même les cancers peu agressifs lorsque l'espérance de vie est supérieure à 15 ans au moment du diagnostic.
La controverse trouve son origine dans le fait que l'évolution du cancer de la prostate est très variable. Dans certains cas, il s'agit d'une maladie peu agressive.Dans d'autres cas, l'évolution du cancer de la prostate peut être fulminante. Que faire dès lors ? Traiter ou ne pas traiter ?
La solution à ce délicat problème pourrait se situer dans une meilleure identification des tumeurs présentant un profil d'évolution agressive. En effet, diverses équipes de recherche tentent actuellement d'identifier les marqueurs génétiques de l'agressivité des tumeurs. On peut espérer que ces efforts permettront de mieux reconnaître les tumeurs à potentiel évolutif et de pouvoir ainsi proposer un traitement efficace aux patients répondant à ce critère. Ces travaux de recherche trouvent toute leur importance lorsque l'on sait que le cancer de la prostate a aujourd'hui détrôné le cancer du poumon puisqu'il est devenu la première cause de cancer chez l'homme.
Un pas de plus dans la lutte contre les métastases
News 11-09-04
Des chercheurs hollandais (Nederlands Kanker Instituut, Amsterdam) ont mis en évidence un gène impliqué dans le développement des métastases : le gène TrkB. Celui-ci permettrait aux cellules cancéreuses de disséminer à distance et de résister à la mort cellulaire programmée (aussi appelée apoptose). Cette découverte ouvrirait la voie vers de nouveaux moyens de lutte contre la formation des métastases.
Sources : Het Laatste Nieuws, 27-08-04
Het Volk, 27-08-04
Het Nieuwsblad 27-08-04
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Des études précédentes avaient montré que le gène TrkB était sur-exprimé (ç-à-d produit en quantités anormales) dans des cancers du pancréas, de la prostate ou des tumeurs de Wilms (rein) et que des mutations de ce gène était présentes dans des cancers colorectaux. Mais la fonction deTrkB n'était pas connue, ce qui est chose faite aujourd'hui.
Les chercheurs hollandais ont récemment montré que, chez la souris, des cellules sur-exprimant ce gène étaient capables d'infiltrer des vaisseaux sanguins et de coloniser des organes à distance. Selon eux, cela indiquerait qu'une inactivation (par voie médicamenteuse) spécifique de ce gène TrkB pourrait freiner le pouvoir métastatique de certaines tumeurs.
Bien que ces découvertes soient encourageantes, il ne s'agit encore que de résultats préliminaires, obtenus uniquement sur des souris de laboratoire. Il n'est donc pas dit que ces résultats pourront être reproduits chez l'homme. Par ailleurs, le mécanisme de formation des métastases est complexe et implique l'activation (ou l'inactivation) de bien d'autres gènes et donc de divers systèmes d'activation de la formation des métastases. Aussi, si on parvient à bloquer un seul d'entre eux, on peut s'attendre à ce que les cellules cancéreuses échappent au traitement en tentant d'emprunter d'autres voies parallèles.
En d'autres termes, les travaux des chercheurs hollandais ouvrent bien de nouvelles perspectives de recherche dans le domaine du traitement des métastases mais il est encore trop tôt pour imaginer une application thérapeutique chez l'homme. D'autres pistes doivent encore être investiguées.
Le cancer de la prostate en augmentation
News 08-09-04
Depuis peu, le cancer de la prostate est devenu le chef de file des cancers chez l'homme. Ainsi, en 1998, le Ministère de la santé recensait 5 129 nouveaux cas de cancers de la prostate en Belgique contre 2 739 en 1995. Même si ce cancer est aujourd'hui mieux connu, le besoin d'information demeure une réalité pour prévenir la maladie le plus tôt possible.
C'est pour cette raison qu'une nouvelle campagne d'information a démarré récemment en collaboration avec divers partenaires (AstraZeneca, Fondation contre le Cancer, Société Belge d'Urologie, Wetenschappelijke Vereniging van Vlaamse Huisartsen). Celle-ci vise le grand public, les médecins et les pharmaciens.
Sources :
La Dernière Heure, 01-09-04
Het Nieuwsblad, 01-09-04
La Meuse, 02-09-04
De Tijd, 01-09-04
Het Belang van Limburg, 01-09-04
Het Volk, 01-09-04
De Standaard, 01-09-04
Le Soir, 02-09-04
Gazet van Antwerpen, 02-09-04
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Le cancer de la prostate a aujourd'hui détrôné le cancer du poumon puisqu'il est devenu la première cause de cancer chez l'homme : 23,5 %, suivi de celui du poumon (19,6 %), puis du côlon (12 %) et de la vessie (6 %).
Les facteurs de risque sont l'âge (bien que des cas surviennent chez des hommes de plus en plus jeunes), l'hérédité (deux fois plus de risque si le père en fut atteint lui aussi), la race et l'alimentation (trop riche en graisse animale).
Cependant, la maladie peut le plus souvent être diagnostiquée avant que les symptômes n'apparaissent. Une augmentation du taux de PSA peut être une indication d'un cancer prostatique (taux normal = moins de 4 ng/ml). Néanmoins, d'autres pathologies, telle une hyperplasie bénigne de la prostate, peuvent également être responsables d'une concentration sanguine élevée de PSA. Un toucher rectal chez le médecin peut également permettre de vérifier que le volume de la prostate n'est pas en augmentation. Un examen régulier est conseillé à partir de 50 ans. Plus tôt la maladie est diagnostiquée, plus grandes sont les chances de guérison définitive.
Des renseignements complémentaires sont disponibles sur le site www.astrazeneca.be ainsi que sur le site de la Fondation (www.cancer.be). Une brochure d'information est mise gratuitement à disposition et peut-être obtenue en téléphonant au 070 22 22 10.
Stations essence et risque de leucémie chez l'enfant
News 04-09-04
Une étude française publiée dans le numéro de septembre de la revue américaine Occupational and Environmental Medicine, semble indiquer que vivre près d'un garage ou d'une station essence pourrait fortement augmenter le risque de leucémie infantile.
Sources : La Dernière Heure, 21-08-04
Het Belang van Limburg, 21-08-04
De Morgen, 21-08-04
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
L'étude, réalisée dans quatre villes françaises (Nancy, Lille, Lyon et Paris), est basée sur 280 cas de leucémie aiguë d'enfants, pour les tiers âgés de 2 à 6 ans, et un groupe contrôle de 285 enfants non atteints. Sur les 280 cas de leucémies, 17 concernent des enfants qui habitaient près d'un garage ou d'une station service (contre 7 enfants dans le groupe témoin).
Les expositions professionnelles au benzène (substance présente dans l'essence) sont des facteurs établis de leucémie chez l'adulte, mais à des doses beaucoup plus élevées que celles émanant des garages ou des stations essence actuelles. C'est la raison pour laquelle l'utilisation du benzène est aujourd'hui sévèrement réglementée.
Dans l'environnement, les stations essence et les garages constituent des sources potentielles d'émissions de benzène. Mais ce type d'exposition était jugée relativement faible jusqu'à présent. C'est pourquoi les résultats de l'étude française interpellent et nécessiteront bien sûr des confirmations par des recherches ultérieures.
Chaque année, 4 nouveaux cas de leucémie apparaissent pour 100 000 enfants dans les pays développés. Comme il y a peu de facteurs de risque connus pour cette maladie, nous nous trouvons face à une piste de recherche qui doit être étayée.
Utilisation de cannabis dans le traitement de tumeurs
News 01-09-04
L'équipe du Professeur Guzman (Université Complutense, Madrid) vient de publier dans la revue scientifique Cancer Research les résultats d'une étude relative aux effets des cannabinoïdes (principes actifs de la plante Cannabis) sur le traitement d'une tumeur particulièrement agressive du cerveau, à savoir le glioblastome multiforme. L'administration intratumorale de ces substances a induit, chez la souris de laboratoire, une destruction sélective des cellules cancéreuses.
Sources : Le Soir, 26-08-04
Cancer Research 64, 15-08-04
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Au cours de ces dernières années, diverses études ont montré que les cannabinoïdes ralentissent la croissance de différents types de tumeurs. L'équipe du Professeur Gluzman a établi récemment que ces substances étaient notamment capables d'inhiber l'angiogenèse chez la souris. Il s'agit d'un processus de formation de nouveaux vaisseaux sanguins capables d'irriguer une tumeur. Dès lors, le fait de freiner l'irrigation du cancer aboutit à un réel étouffement de la tumeur qui voit sa taille régresser de manière spectaculaire.
Bien que tout à fait préliminaires, ces découvertes pourraient poser les bases d'un nouvel espoir de traitement d'un cancer au pronostic particulièrement sévère.
Reconstruction du larynx après un cancer
News 02-08-04
Au sein de la KULeuven, l'équipe du professeur P. Delaere a mis au point une technique permettant à certains patients atteints d'un cancer du larynx de parler, d'avaler et de respirer normalement après une opération.
Sources : De Standaard 17/7/04 p. 18
La Dernière Heure 17/7/04 p. 4
Het Nieuwsblad 17/7/04 p. 2
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
Dans le passé, les patients atteints d'un cancer des cordes vocales subissaient fréquemment une laryngectomie totale. Du coup, ces patients ne pouvaient plus respirer par la bouche et par le nez. Aussi effectuait-on une opération consistant à pratiquer une ouverture dans le cou, à laquelle on fixait la trachée-artère. Pour parler, il fallait utiliser un petit appareil placé dans le cou, permettant une voix de type oesophagienne.
Le professeur Delaere a réussi à relever de cinq centimètres la trachée-artère pour l'amener à l'endroit même où l'on a retiré une partie du larynx. Pour assurer l'irrigation sanguine, il prélève un morceau de tissu de l'avant-bras, le greffe autour de la trachée-artère et le relie aux vaisseaux sanguins du cou. Ainsi, les patients peuvent continuer à respirer et à sentir par la bouche et le nez. Il leur est encore possible de parler si l'on parvient à sauver une des deux cordes vocales lors de l'opération, même si la voix est plus faible et plus rauque.
Cette technique ne peut toutefois pas être utilisée chez tous les patients atteints d'un cancer du larynx, mais seulement auprès d'1 patient sur 5, chez qui le larynx ne doit pas être complètement enlevé.
Nous insistons à nouveau sur l'importance de la prévention dans ce type de cancer : à savoir éviter de fumer. En effet, plus de 90 % des cancers du larynx apparaissent chez des fumeurs. Le risque augmente encore si en plus de fumer, on consomme trop d'alcool.
Amiante : briser le mur du silence
News 17-07-04
Parmi les 250 ouvriers de l'ancienne entreprise Coverit à Harmignies, on compte aujourd'hui 102 morts et 44 malades. La cause de cette véritable hécatombe semble bien être l'amiante. En effet, l'entreprise installée sur le site d'Harmegnies dès années 20 fabriquait des plaques ondulées en amiante-ciment ainsi que des tuyaux et des ardoises également à base d'amiante. Aujourd'hui, deux anciens collègues de ce site industriel tirent la sonnette d'alarme afin de briser le mur du silence qui entoure cette problématique.
Source : La Meuse, 13-07-04
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
On s'attend dans les années à venir à une véritable explosion du nombre de victimes de l'amiante. Très en vogue dans les années 70, ce matériau d'isolation a accompagné la vie professionnelle de nombreux Belges qui sont entrés ou entrent encore progressivement dans l'âge de la retraite. En Belgique, des centaines de nouvelles victimes vont vraisemblablement apparaître chaque année. D'après les estimations épidémiologiques, on s'attend même à ce que ce fléau atteigne son summum entre 2010 et 2020.
La dangerosité de l'amiante est connue depuis le début des années 1900 ! On sait en effet que les fibres d'amiante pénètrent dans l'organisme par inhalation et qu'elles vont se loger définitivement dans les alvéoles pulmonaires. Il est impossible de les éliminer avec pour conséquences l'apparition d'asbestose, de cancer du poumon, de la plèvre (mésothéliome) ou du larynx. En 1946, a été crée le «Règlement pour la protection du travail » dans lequel l'amiante a été classé parmi les produits les plus cancérigènes. Dès cette date, aucune entreprise en Belgique ne pouvait dès lors ignorer la dangerosité du matériau. Celles qui en faisaient usage devaient en avertir l'Etat qui, en retour, était chargé de les contrôler. Cela n'a jamais été fait et ce n'est qu'à la fin des années 90 que l'amiante a été interdit dans notre pays.
Aujourd'hui, parmi les victimes de l'amiante, seuls les salariés travaillant ou yant travaillé dans une entreprise qui cotise au Fonds des Maladies Professionnelles peuvent bénéficier d'une indemnisation après reconnaissance de leur cas par le FMP. Mais rien n'est prévu pour les indépendants ni pour les victimes «environnementales » (contaminées hors milieu professionnel). Deux propositions de lois ont déjà été déposées pour créer un fonds d'indemnisation des victimes de l'amiante ? sans succès jusqu'ici.
Depuis décembre 2000, une association, ABEVA (Association Belge des Victimes de l'Amiante), hébergée au sein même de la Fondation, milite pour que toutes les catégories de victimes de l'amiante et leurs proches aient droit à une réparation intégrale de leur préjudice. Vous pouvez les contacter :
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Myélome multiple : de nouveaux traitements à l'étude
News 03-07-04
Jusqu'à présent, la thérapie habituelle face à un myélome multiple commence par une chimiothérapie comportant de la vincristine, de la doxorubicine et de la dexaméthasone. Plus tard, les patients bénéficient d'une transplantation de moelle osseuse. Avec ces deux traitements, on obtient généralement de bons résultats, mais les rechutes restent malgré tout fréquentes. D'où l'intérêt de deux nouveaux traitements actuellement à l'étude : le CC 5013 (un analogue de la thalidomide mais présentant moins d'effets secondaires) et le bortezomib. Après un an de recul, les résultats obtenus s'avèrent encourageants tant en termes de qualité de vie que de pourcentage de rémission complète.
Source : La Libre Match, 30-06-04
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Egalement connu sous le nom de maladie de Kahler, ce cancer se caractérise par la prolifération maligne de plasmocytes (cellules spécialisées dans la sécrétion d'anticorps) dans la moelle osseuse. Ces cellules malignes sécrètent des substances qui favorisent la destruction du tissu osseux. Il en résulte une décalcification en divers endroits du squelette, ce qui donne naissance à des points de moindre résistance au niveau de l'os. De (petites) fractures peuvent aisément se produire à ces endroits de moindre résistance. Les reins finissent aussi par être atteints et une anémie sévère s'installe. Les malades sont alors extrêmement fatigués, souffrent du dos et ne bénéficient plus d'une protection efficace contre les infections.
Les deux nouveaux traitements cités ci-dessus, et testés actuellement aux Etats-Unis (Dana-Farger Cancer Institute de Boston), semblent déjà induire une rémission importante chez un tiers des malades en rechute avec un myélome résistant. Ces traitements permettent également aux patients d'avoir une qualité de vie nettement meilleure et moins de douleurs. Bien qu'il s'agisse d'essais cliniques préliminaires, les premiers résultats s'avèrent tout à fait encourageants.
Notons également que la Fondation soutient financièrement un groupe de chercheurs belges qui tente de décrypter les mécanismes cellulaires impliqués dans le développement de cette maladie. Il s'agit de l'équipe du Dr Karine Vanderkerken (Vrije Universiteit Brussel) qui essaie d'identifier les sous-populations de cellules qui migrent dans la moelle osseuse et induisent la maladie. Une fois ces cellules clairement identifiées, les chercheurs pourront mettre au point différentes techniques permettant d'enrayer la prolifération de ces cellules dans la moelle osseuse.
Du neuf dans le traitement de certaines formes de cancers de la prostate
News 03-07-04
Les résultats de deux études cliniques axées sur le traitement du cancer avancé de la prostate ont été présentés lors du congrès américain d'oncologie (ASCO) à la Nouvelle Orléans. Elles montrent toutes les deux qu'il est possible d'améliorer la survie et la qualité de vie des patients atteints d'un cancer de la prostate devenu résistant au traitement hormonal. Ces résultats pourraient redonner espoir à des milliers d'hommes dans le monde.
Sources : La Libre Belgique, 30-06-04
Le Journal du Médecin, 29-06-04
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Le cancer de la prostate est le troisième plus fréquent au monde et le sixième en terme de mortalité chez les hommes. En 2000, 5128 nouveaux cas de cancers de la prostate ont été constatés en Belgique et 1881 patients ont succombé à cette maladie.
L'augmentation du nombre de cas (incidence) constatée dans tous les pays industrialisés est en partie due au vieillissement de la population et à un dépistage de plus en plus actif.
Si ce cancer s'étend au-delà de la prostate (rechute après un traitement à visée curative ou diagnostic tardif), les patients peuvent bénéficier d'une hormonothérapie. Lorsque leur tumeur ne répond plus au traitement hormonal, la chimiothérapie devient alors le traitement de choix. Les résultats présentés à l'ASCO ont montré le bénéfice d'une chimiothérapie parTaxotère, une molécule utilisée jusqu'à présent dans le traitement de certains cancers du sein et du poumon.
Les patients intégrés dans des études cliniques ont été divisés en deux groupes, certains recevaient du Taxotère, d'autres de la mitoxantrone (chimiothérapie de référence), toujours en association avec de faibles doses de corticoïdes. Les personnes traitées par la première molécule ont montré une bien meilleure amélioration de la qualité de vie et nettement moins de douleurs. Les résultats sont particulièrement positifs sur les douleurs dues à des métastases osseuses. En outre, leur durée de vie s'est allongée de trois mois en moyenne. « Or, vivre 3 mois supplémentaires dans ce type de pathologie est remarquable, soulignait le professeur Daniel Petrylak (New York). Cela permet à ces patients d'atteindre encore certains objectifs de vie qu'ils ne pouvaient plus espérer auparavant ».
Depuis le 19 mai 2004, l'indication du Taxotère dans le traitement des tumeurs de la prostate a été retenue par la Food and Drug Administration américaine. Bientôt, l'Agence européenne du médicament devrait faire de même.
Traitement hormonal substitutif difficile à évaluer
News 30-06-04
Le Dr Alain Tamborini est responsable du centre de surveillance de la ménopause au sein de l'hôpital européen Georges Pompidou à Paris. Il estime que les résultats des récentes études américaines à propos du traitement hormonal substitutif (THS) de la ménopause ne sont pas transposables telles quelles en France.
Source : La Recherche, juillet-août 2004, n°377
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Une étude américaine récente, Women's Health Initiative (WHI) avait montré un risque accru de cancer du sein et de maladies cardio-vasculaires lié au THS prescrit aux Etats-Unis. Ce traitement était proposé aux femmes ménopausées afin de lutter contre l'ostéoporose et les bouffées de chaleur. L'annonce de ces résultats avait mis le monde médical en émoi et de nombreuses femmes avaient arrêté immédiatement ce type de traitement.
Aujourd'hui le Dr Tamborini s'interroge sur la validité des résultats de ces études car, dit-il, les œstrogènes utilisés aux Etats-Unis ne le sont presque pas en France. De plus, les Américaines avaient en moyenne 63 ans au début de l'étude, avec un tiers d'obèses, plus exposées aux maladies cardio-vasculaires que les françaises sous THS, moins fortes et plus jeunes (entre 50 et 65 ans). Enfin, les Américaines ont reçu de fortes doses d'hormones pendant plus de cinq ans, alors que les Françaises suivent en général leur traitement moins longtemps et avec des doses plus faibles.
La situation française étant probablement comparable à la situation belge, nos experts se demandent aujourd'hui s'il était bien opportun de ne plus prescrire le THS comme premier traitement dans la prévention de l'ostéoporose. Le THS ne devrait peut-être plus être donné de façon systématique et la dose et la durée du traitement pourraient être réduits. Mais il faut également tenir compte du fait que ce traitement reste le plus simple, le plus efficace et le moins coûteux dans les premières années qui suivent la ménopause.
Le débat est donc loin d'être clos sur le sujet. De nouvelles études visant à réévaluer les bénéfices et les risques liés à l'utilisation du THS s'avèrent nécessaires.
Augmentation des cas de cancers du sein chez l'homme
News 25-06-04
Selon une étude publiée par la revue scientifique «American Cancer Society», le nombre de cas de cancers du sein chez l'homme a augmenté de 26 % en 25 ans aux Etats-Unis.
Même si le risque reste faible, cette augmentation d'incidence semble préoccupante car elle pourrait être liée à l'obésité.
Source : Artsenkrant/ Le Journal du Médecin, 08-06-04
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
Selon l'étude précitée, l'American Cancer Society estime à 1400 le nombre d'hommes qui ont développé un cancer du sein en 1998 aux Etats-Unis. Cela représente 0,76 % de l'ensemble des nouveaux cas de cancers du sein pour cette année-là et 0,2 % de tous les cancers du sein chez l'homme.
Il s'agit donc d'un cancer relativement rare. Cependant, l'augmentation d'incidence constatée entre 1973 et 1998 est significative et les experts tentent d'en identifier la cause.
Jusqu'à présent le corps médical avait émis l'hypothèse que l'hérédité, l'exposition aux radiations ionisantes (rayons X, etc.)ou une histoire de maladie bénigne du sein constituaient des facteurs de risque plausibles. Plus récemment, une prédiposition génétique (liée à la mutation du gène BRCA2) a également été associée à un risque élevé de cancer du sein chez l'homme.
Aujourd'hui, certains chercheurs pensent que l'obésité pourrait également jouer un rôle important dans l'augmentation des cas de cancers du sein constatée chez l'homme. En effet, le tissu gras est capable de produire de faibles quantités d'œstrogènes, lesquels peuvent avoir une influence néfaste sur la croissance des cellules cancéreuses dans le tissu mammaire (pour autant bien sûr qu'il s'agisse d'un cancer hormono-dépendant).
Comme il s'agit d'un cancer rare, l'organisation d'un dépistage systématique ne justifie pas. Cependant, si un homme constate une anomalie au niveau du sein (grosseur, écoulement, saignement, etc.), il doit consulter son médecin sans tarder. En effet, il semble que, contrairement à l'attitude de nombreuses femmes, les hommes tardent à consulter dès l'apparition d'une anomalie. C'est probablement ce qui explique que le cancer du sein chez l'homme est souvent détecté à un stade déjà avancé de la maladie, annonçant alors un pronostic plus sévère.
Un cocktail de prébiotiques et probiotiques pour freiner le développement d'une tumeur ?
News 25-06-04
Le projet SYNCAN (Synbiotics and Cancer Prevention in Humans) a vu le jour il y a environ cinq ans. Des chercheurs de sept pays d'Europe ont étudié l'effet d'un cocktail de prébiotiques et probiotiques* sur l'évolution de tumeurs cancéreuses. Les premiers résultats de leurs analyses révèlent qu'un tel cocktail peut ralentir le développement des tumeurs, non pas seulement chez les animaux, mais aussi chez l'être humain.
Sources: Het Medisch Weekblad, 2004-06-10
La Semaine Médicale, 2004-06-10
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
Soulignons d'emblée qu'il s'agit ici d'une conclusion provisoire car l'analyse des résultats est encore en cours. Il semblerait cependant qu'un effet inhibiteur sur le développement de certaines tumeurs ait été mis en évidence dans cette étude. Le cocktail de prébiotiques et de probiotiques a été testé sur des sujets atteints d'un cancer du colo-rectal, suite à études menées sur des animaux qui avaient déjà confirmé cette hypothèse.
D'après ces résultats, un rôle important pourrait être attribué à certains (ou certaines combinaisons de) prébiotiques et probiotiques, tant au niveau de la prévention qu'à celui du traitement de patients atteints de cancer. Mais il est clair qu'il faut à présent attendre les résultats définitifs ET l'explication du mécanisme qui sous-tend l'effet inhibiteur mis en évidence. Les espoirs sont toutefois bien présents !
* Probiotiques : micro-organismes vivants, telles certaines bactéries, qui vivent dans l'estomac et l'intestin grêle, et exercent une influence positive sur la flore intestinale et/ou la fonction intestinale.
* Prébiotiques : substances (autres que des micro-organismes) présentes dans l'alimentation, qui ne sont pas digérées et qui influencent la croissance et/ou l'activité de micro-organismes dans l'intestin grêle.
Une chimiothérapie plus efficace dans le cancer du poumon
News 11-06-04
Le 5 juin dernier, des cancérologues réunis au Congrès de l'ASCO (American Society of Clinical Oncology) à la Nouvelle Orléans (Louisiane) ont présenté les résultats d'une étude clinique axée sur le traitement du cancer du poumon le plus fréquent (cancer du poumon non à petites cellules)
Un nouveau médicament, l'erlotinib (Tarceva), a amélioré de 40 % la survie de patients se trouvant à un stade avancé du cancer du poumon le plus courant et pour lequel les autres traitements étaient sans effet.
Sources : Vers l'Avenir, 08-06-04
Het Belang van Limburg , 07-06-04
Het Laatste Nieuws, 07-06-04
Belga, 05-06-04
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
L'étude a été menée auprès de 731 patients chez qui la maladie continuait à progresser malgré l'application d'une chimiothérapie traditionnelle. 488 d'entre eux ont reçu le nouveau médicament. Ils ont vu leur survie et leur qualité de vie s'accroître significativement. La progression de la maladie s'est ralentie et les sympômes tels que la toux, les difficultés respiratoires ou la douleur ont diminué. Les effets secondaires de ce nouveau traitement ont été limités à certaines réactions cutanées et à une diarrhée.
Le médicament a pour cible le récepteur du facteur de croissance épidermique (récepteur EGF). Ce récepteur est exprimé en excès dans de nombreuses tumeurs, dont 40 à 80 % des cancers du poumon non à petites cellules. L'erlotinib, en se fixant à ce récepteur, bloque la transmission du signal de croissance des cellules cancéreuses.
Il s'agit donc d'un traitement très ciblé qui, contrairement à la chimiothérapie traditionnelle, n'atteint pas les cellules saines. Mais il ne peut toutefois être efficace que chez les patients présentant un excès de récepteurs EGF à la surface des cellules cancéreuses.
Si les premiers résultats prometteurs de cette étude clinique (actuellement en phase III) se confirment, un certain nombre de patients atteints de la forme la plus fréquente de cancer du poumon pourraient voir leur survie significativement augmentée et leur qualité de vie nettement améliorée.
Des substances cancérigènes dans les préservatifs ?
News 09-06-04
Selon une étude publiée par l'office d'inspection chimique de la ville de Stuttgart (Allemagne) une grande majorité de préservatifs commercialisés en Allemagne présenteraient des taux élevés de nitrosamine, une substance cancérigène reconnue.
Sources : La Dernière Heure, 29-05-04
Grenz Echo, 29-05-04
De Standard, 29-05-04
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Selon cette étude, réalisée sur 32 marques de condoms, 29 présentaient un taux anormalement élevé de nitrosamines. Les nitrosamines, utilisées pour améliorer l'élasticité des préservatifs, pourraient pénétrer dans le corps par les muqueuses. Selon l'étude sus-mentionnée, la concentration de cette substance cancérigène pourrait, dans certains cas, atteindre 0,6 mg par kilo. Soit 6 fois plus que la limite autorisée pour les tétines de bébés.
Il va de soi que les autorités sanitaires devront réagir si ces analyses se confirment.
Mais soyons clairs : il n'y a pas péril en la demeure ! En effet, les taux de nitrosamines pouvant pénétrer par cette voie dans l'organisme sont excessivement faibles. Gardons également à l'esprit que l'on retrouve des nitrosamines dans un certain nombre d'aliments, mais aussi dans la cigarette ? à des taux 10 000 fois plus élevés que dans les préservatifs.
Il n'en reste pas moins vrai que cette information pourrait porter un coup aux campagnes de prévention contre le SIDA notamment. Notre message est donc clair : le préservatif reste l'un des moyens les plus sûrs de prévenir les maladies sexuellement transmissibles. Il n'est pas question de déconseiller son utilisation.
Le brevet sur le gène BRCA1 est suspendu
News 04-06-04
Le Bureau européen de l'octroi des brevets (European Patent Office ou EPO) a décidé de suspendre le brevet de l'entreprise américaine Myriad Genetics sur le gène du cancer du sein BRCA1.
Les tests réalisés en Belgique pour déterminer si une femme est porteuse de ce gène restent payants mais à un coût beaucoup plus abordable.
Sources :
- Belga, 18-05-04
- Gazet van Antwerpen, 19-05-04
- De Morgen, 19-05-04
- De Tijd, 19-05-04
- De Standaard, 19-05-04
- Het Laatste Nieuws, 19-05-04
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Le brevet octroyé par l'EPO en 2001 à Myriad Genetics (une jeune société américaine) donnait à l'entreprise le monopole absolu sur les recherches relatives à ce gène, ce qui impliquait, depuis le 10 octobre 2001, que tous les tests sur ce gène du cancer du sein devaient être envoyés aux Etats-Unis pour analyse. Cette situation avait pour conséquence une multiplication du prix par 14, soit environ 3000 € au lieu de 292 €.
Les 8 centres belges spécialisés en hérédité humaine ont toutefois continué illégalement à réaliser les tests pour protester contre cet état de fait. Le 22 février 2002, les ministères belges de la Santé publique, des Affaires sociales et de l'Economie avaient décidé de s'opposer à la licence tout comme d'ailleurs la Fondation contre le Cancer. Cette demande vient de recevoir une réponse favorable de l'EPO.
Rappelons que ces tests génétiques permettent de dépister, chez les patientes à risque, la présence du gène BRCA1, responsable de cancers héréditaires du sein (et dans une moindre mesure, de cancers héréditaires des ovaires).
En fait, c'est la réglementation européenne des brevets sur les découvertes génétiques qui est mise en cause, la question de la propriété de nos gènes étant posée. Il y a une différence énorme entre une découverte (découvrir quelque chose qui existe déjà), qui doit être dans le domaine public, et une invention (créer quelque chose de neuf), qui donne droit à une protection par un brevet. Cette question est loin d'être simple car il convient de reconnaître les travaux de recherche fondamentale permettant de découvrir nos gènes et d'être à l'origine d'autres recherches sur leurs applications thérapeutiques. A défaut, les laboratoires de recherche publics seront défavorisés par rapport à ceux des grands industriels qui disposent des moyens pour développer tests et médicaments.
La question est essentielle pour notre santé de demain, la médecine prédictive devenant une réalité grâce aux découvertes génétiques.
Une nouvelle anomalie génétique qui double le risque de cancer du sein
News 29-05-04
Le journal ?De Tijd? de ce 18 mai annonce la découverte d'une nouvelle anomalie génétique prédisposant au cancer du sein.
Une équipe de chercheurs coordonnée par l'université de Cambridge a étudié le gène ?CHEK2? auprès de 20.000 femmes en Angleterre, Hollande, Allemagne, Finlande et Australie.
Ces chercheurs ont constaté que les femmes porteuses d'un gène CHEK2 anormal avaient deux fois plus de risque de développer un cancer du sein, indépendamment d'éventuels antécédents familiaux.
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
Avec plus de 7.000 nouveaux cas de cancers du sein par an en Belgique, environ 1 femme sur 11 sera confrontée à la maladie au cours de sa vie.
3 cancers du sein sur 4 se déclarent chez des femmes de 50 ans ou plus et l'âge reste le premier facteur de risque.
Dans 5% à 10% des cas, une prédisposition génétique intervient dans le développement de ces cancers. Des anomalies situées sur les gènes BRCA1 et BRCA2 sont d'ailleurs connues depuis une dizaine d'années déjà.
Un dépistage génétique est possible lorsqu'on suspecte la présence d'un gène BRCA anormal. Il est même actuellement au centre d'une véritable guerre commerciale entre Europe et Etats Unis, portant sur la question de savoir si ces gènes peuvent ou non être brevetés. Si tel était le cas, la firme commerciale détentrice de ce genre de brevet pourrait demander des sommes astronomiques pour toute recherche concernant ce gène, en ce compris l'utilisation de tests de dépistage! La Fondation s'est associée à un large mouvement de protestation des scientifiques européens qui demandent que soit garanti le libre accès à ce dépistage génétique pour toutes les femmes concernées.
La découverte d'un nouveau gène prédisposant au cancer du sein rend ce combat encore plus d'actualité. En effet, une anomalie génétique peut dans certains cas être transmise de génération en génération ou, au contraire, apparaître de façon isolée chez un individu.
Pour faire la différence, pour déterminer le profil de risque individuel et pour décider le cas échéant d'un suivi particulier, le dépistage génétique est alors un outil précieux.
La poursuite des recherches en génétique est donc essentielle, pour autant qu'elle soit menée au bénéfice des patients et non dans le seul but de profits commerciaux.
La lutte continue !
News 17-05-04
Un magazine américain dresse un tableau pessimiste de l'impact qu'ont eu les développements enregistrés ces dernières années dans le domaine des traitements du cancer. ?Nous sommes en train de perdre la bataille contre le cancer?, conclut le magazine.
Source : De Tijd 13-05-04
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
De toute évidence, la réaction de ce journaliste américain est exagérément pessimiste. D'un autre côté, il est vrai qu'une certaine presse publie régulièrement des articles pas trop enthousiastes sur de nouveaux ?remèdes miracles' contre le cancer. Ce n'est malheureusement pas aussi facile... Il existe plusieurs types de cancers différents, si bien qu'il n'est pas très réaliste d'espérer trouver un seul médicament pour les guérir tous. La lutte contre le cancer est menée à coups de petites victoires, ce qui demande beaucoup de temps, d'énergie et d'argent. Nous avons parcouru beaucoup de chemin dans le traitement du cancer ces dernières années, mais la bataille est loin d'être terminée. Il faudra encore consentir bien des efforts dans de nombreux domaines. Notre Fondation en est elle aussi consciente. Le soutien de nos donateurs nous permet chaque année de consacrer une somme considérable à la recherche scientifique contre le cancer. Pour la période 2003-2006, notre Fondation a octroyé 10.250.000 euros (soit plus de 400 millions BEF) à 49 équipes de recherche dans notre pays, qu'il s'agisse d'études fondamentales menées en laboratoire ou d'études cliniques menées auprès de patients.
Grâce aux efforts continus du monde scientifique, le traitement du cancer s'est sensiblement amélioré depuis quelques années et est appliqué de manière beaucoup plus ciblée et individuelle. Cela signifie que la qualité de vie comme les chances de survie ont augmenté chez un grand nombre de patients, mais pas encore chez tous. La différence statistique n'est peut-être pas vraiment spectaculaire d'une année à l'autre, mais, quand on songe que, en 1960, 35% à peine des patients atteints de cancer étaient encore en vie 5 ans après le diagnostic, alors que leur pourcentage a aujourd'hui grimpé à plus de 64% (et même plus de 90% pour certaines formes de cancer), il y a tout de même de quoi être modérément optimiste.
À côté des efforts déployés en faveur d'un meilleur traitement du cancer, il ne faudrait surtout pas négliger l'importance d'une prévention et d'un dépistage plus efficaces.
Une analogie entre la cicatrisation et le cancer ?
News 29-04-04
Les mécanismes qui jouent un rôle dans la cicatrisation normale pourraient être impliqués dans la survenue de certains cancers. Des chercheurs de l'université de Stanford (USA) ont identifié plusieurs gènes exprimés pendant le processus de cicatrisation ainsi que dans certaines tumeurs malignes.
Source : Le Journal du Médecin, 16-04-04
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Les cellules cancéreuses partagent certaines caractéristiques avec les cellules normales présentes au niveau d'une plaie en cours de cicatrisation. On y retrouve de nombreuses divisions cellulaires, une invasion du tissu sain environnant et la capacité d'induire la formation de nouveaux vaisseaux sanguins (angiogenèse).
Des chercheurs américains ont pu identifier un certain nombre de gènes qui sont exprimés lors de la cicatrisation mais également au cours de certains processus cancéreux. Ces gènes ont été retrouvés dans des cellules cancéreuses du foie ou de la prostate. Dans d'autres tumeurs, comme celles du sein, du poumon ou de l'estomac par exemple, ces mêmes gènes sont rarement exprimés. Mais lorsqu'ils le sont, le pronostic est alors nettement plus sévère.
Au départ de cette découverte, de nouvelles approches diagnostiques ou pronostiques pourraient être envisagées. Par ailleurs, les études permettant de décrypter les mécanismes d'action liés à l'expression de ces gènes pourraient faire espérer également de nouvelles stratégies thérapeutiques. En effet, en limitant l'action de ces gènes en présence d'un cancer, on pourrait peut-être ralentir ou bloquer la progression des tumeurs.
Une découverte importante dans la lutte contre la leucémie
News 28-04-04
Un groupe de chercheurs américains a établi le «profil génétique » de patients souffrant d'une forme grave de leucémie : la leucémie myéloïde chronique. Ils sont ainsi parvenus à identifier les patients nécessitant un traitement très agressif pour lutter plus efficacement contre cette maladie.
Source : Belga, 14-04-04
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
L'équipe du Professeur Pollack (Université de Stanford, Etats-Unis) a analysé les cellules cancéreuses provenant de 116 adultes touchés par une leucémie myéloïde chronique. Au cours de leurs travaux, ils ont analysé l'activité de 26 260 gènes et ils sont parvenus à mettre en évidence quelque 133 gènes actifs, étroitement liés à la durée de la survie des patients.
C'est ce qu'on appelle l'établissement du «profil génétique des tumeurs ». Par cette nouvelle approche, il devient possible de définir différentes classes à l'intérieur d'un même type de cancer, ces différents sous-groupes présentant des pronostics différents. Cette technique, qui connaît actuellement un véritable essor, permettra aux médecins d'identifier les patients qui ont besoin du traitement le plus agressif.
Depuis une décennie, l'explosion de la recherche en génétique humaine (cartographie des gènes, analyse des marqueurs, etc.) a ouvert la voie à de nouvelles approches thérapeutiques. Aujourd'hui, alors que le génome humain est presque entièrement décrypté, nous entrons dans l'ère du traitement «sur mesure », adapté aux particularités génétiques de chaque tumeur, plus rationnel, plus efficace?
La société Eternit fête ses 100 ans !
News 09-02-05
A l'occasion de son centième anniversaire, la société Eternit publie un ouvrage reprenant les grandes étapes de sa propre histoire. On y apprend notamment que la société, principale firme de production et de commercialisation de l'amiante dans notre pays jusqu'il y a peu, a consacré quelques 100 millions d'euros à la recherche de matériaux de substitution à l'amiante. Une reconversion économique apparemment réussie, mais ?
Sources : De Standaard, 07-02-05
La Libre Belgique, 07-02-05
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
Rappelons qu'Eternit installa ses premières usines en 1905 le long du canal de Willebroek à Haren (Bruxelles). Après la première guerre mondiale, un besoin de diversification se fait sentir. Elle déménage à Kapelle-op-den-Bos puis s'étend à Tisselt.
La société se porte bien. Elle emploie aujourd'hui 700 personnes en Belgique. Tout en gardant sa nationalité belge, elle se développe au sein du groupe Etex qui emploie 12 000 personnes dans le monde et compte 70 filiales dans 34 pays.
Derrière ce tableau économiquement idyllique, il ne faudrait pas perdre de vue le fait qu'Eternit a produit de l'amiante-ciment pendant de nombreuses années. Or, la dangerosité de l'amiante était connue depuis le début des années 1900. En 1946, a été créé le «Réglement pour la protection du travail » dans lequel l'amiante a été classé parmi les produits les plus cancérigènes. Dès cette date, aucune entreprise ne pouvait plus ignorer la dangerosité du matériau.
Cela n'a toutefois pas empêché la fabrication, l'importation et/ou la diffusion de produits contenant de l'amiante jusqu'à la fin des années 90 !
Aujourd'hui, les perspectives sont inquiétantes en Europe pour les cancers liés à l'amiante, qu'il s'agisse des mésothéliomes (cancers de la plèvre et/ou du péritoine spécifiquement liés à l'amiante) ou des cancers du poumon.
Pour les mésothéliomes, l'épidémiologiste anglais Julian Peto, se basant sur les données de six pays d'Europe occidentale, avance le chiffre de 250 000 décès en Europe de l'Ouest d'ici à 2030 (Lancet, 30 janvier 1999). Le pic sera atteint vers 2020. En Belgique, le nombre de décès prématurés dus à l'amiante pourrait atteindre 1200 à 1500 cas par an pour les seuls cancers du poumon autour des années 2010 à 2020.
Pour fêter son centenaire n'aurait-il pas été plus judicieux qu'Eternit accorde une aide financière substantielle à la création d'un fonds d'aide aux victimes de l'amiante ?
A méditer certainement !
Première mondiale à Bruxelles : 11 mois après une greffe de tissu ovarien, une jeune femme guérie d'un cancer est enceinte !
News 27-04-04
L'équipe du Professeur Jacques Donnez (Cliniques universitaires Saint-Luc, Bruxelles) ont permis à une jeune femme guérie d'un lymphome de bénéficier d'une greffe de tissu ovarien et d'attendre un enfant.
A 3 mois de grossesse, la maman et le bébé se portent bien !
Sources : La Dernière Heure, 21-04-04 ; La Libre Belgique, 21-04-04 ; La Meuse, 21-04-04 ; De Morgen, 21-04-04 ; De Standaard, 21-04-04 ; Het Laatste Nieuws, 21-04-04 ; Gazet van Antwerpen, 21-04-04 ; Het Nieuwsblad, 21-04-04 ; Het Volk, 21-04-04 ; Het Belang van Limburg.
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Actuellement, les traitements du cancer conduisent de plus en plus souvent à la guérison. Cependant, les séquelles de la chimiothérapie ou de la radiothérapie ne sont pas négligeables. Elles peuvent, par exemple, entraîner une stérilité chez la femme en âge de procréer. Celle-ci est due à la destruction d'une proportion importante des follicules ovariens pendant la chimio- et la radiothérapie.
L'exploit médical réalisé par l'équipe de Saint-Luc va redonner de l'espoir à de nombreuses patientes. L'objectif est de prélever du tissu ovarien avant tout traitement dirigé contre le cancer.
C'est ce qui a été réalisé chez une jeune femme atteinte d'un lymphome de Hodgkin en 1997. La patiente, alors âgée de 25 ans, se voit proposer une congélation de son propre tissu ovarien avant le démarrage d'une chimiothérapie et d'une radiothérapie.
Il y a un peu plus d'un an, la jeune femme sort victorieuse de son combat contre la maladie. Désireuse de fonder une famille, la greffe du tissu ovarien a lieu en février 2003. Quatre mois plus tard, la fonction ovarienne est redevenue normale et en janvier 2004, soit 11 mois après l'autogreffe, le test de grossesse s'avère bel et bien positif.
Notons cependant que d'autres solutions peuvent être envisagées afin de préserver les possibilités d'une future maternité : la congélation d'embryons avant le traitement ou la stimulation ovarienne. Cette deuxième solution prend du temps et retarde la mise en œuvre de la thérapie anticancéreuse, avec les risques que cela implique (prolifération des cellules cancéreuses, par exemple)
Le Professeur Donnez, initiateur du programme, estime qu'en 2010 une femme (en âge de procréer) sur 250 aura survécu à un cancer. Le succès de l'autogreffe du tissu ovarien cryopréservé redonnera donc l'espoir à de nombreuses futures maman.
Prothèses mammaires et risque de cancers
News 16-04-04
Les patientes qui envisagent de se faire placer une prothèse pour augmenter la taille ou modifier la forme de leurs seins se posent souvent la question de se savoir si cette opération leur fait courir un risque accru de développer un cancer du sein. Une vaste étude américaine menée auprès d'un million de femmes, suivies pendant 7 ans, permet d'apporter une réponse à cette interrogation.
Source : La Semaine Médicale, 18-03-04
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
Jusqu'à présent, la réponse était fort controversée. C'est ce qui a conduit l'équipe du Professeur Miglioretti à mener une vaste étude auprès de patientes ayant subi leurs examens mammographiques entre janvier 1995 et octobre 2002.
Les résultats montrent que le pronostic de cancer du sein n'était pas plus péjoratif chez les femmes qui se sont fait poser des implants mammaires à titre esthétique que chez les femmes n'ayant pas subi ce type d'intervention chirurgicale. Chez les femmes porteuses de prothèses mammaires, la sensibilité de la mammographie est toutefois légèrement défavorisée par l'intervention car les implants sont radio-opaques. Cet inconvénient est aujourd'hui contourné par l'utilisation d'une méthode particulière qui vise à déplacer le tissu mammaire vers l'avant alors que l'implant est refoulé vers l'arrière au moment de la mammographie.
Les auteurs de l'étude concluent que la pose d'implants mammaires n'augmente pas le risque de développement ultérieur d'un cancer du sein mais la vigilance et donc le dépistage reste de mise pour ces femmes-là comme pour les autres.
Chez la femme américaine, le cancer du poumon tue plus que celui du sein !
News 16-04-04
Aux Etats-Unis, le cancer du poumon a dépassé le cancer du sein comme première cause de mortalité par cancer chez la femme. Cette annonce vient d'être publiée dans la revue scientifique américaine JAMA (Journal of the American Medical Association). Les auteurs de l'étude estiment même que le cancer du poumon sera la maladie épidémique du 21è siècle dans le monde entier pour le sexe féminin.
Sources : La Meuse, 14-04-04
Belga, 13-04-04
Le Soir, 14-04-04
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Les auteurs de l'étude publiée dans le JAMA ont montré, qu'entre 1990 et 2003, le nombre de nouveaux cas de cancer du poumon chez les femmes américaines a augmenté de 60 %, alors que cette incidence restait relativement stable chez l'homme.
Cette constatation alarmante est certainement due à l'augmentation des habitudes tabagiques chez les femmes au cours des dernières décennies.
Cependant, un autre élément semble également intervenir. En effet, il semblerait que la femme soit plus vulnérable que l'homme au cancer du poumon. Ceci s'expliquerait en partie par l'action des œstrogènes, les hormones féminines. Ainsi, les cellules cancéreuses du poumon auraient davantage de récepteurs d'hormones œstrogènes que les cellules normales du poumon. Les femmes seraient dès lors plus susceptibles de développer certaines formes de cancers du poumon (appelées adénocarcinomes).
Les chercheurs lancent un véritable cri d'alarme vis-à-vis des fumeuses et des futures fumeuses. Des campagnes anti-tabac doivent continuer à être menées pour tenter d'enrayer ce phénomène dont les débuts se remarquent déjà en Europe.
Cancer : quand la pollution tue
News 03-04-04
Le cancérologue français Dominique Belpomme estime que la dégradation de l'environnement serait responsable de 75 à 80 % des cancers. Tous les ans, 28 000 Belges souffriraient d'un cancer dû à la pollution de l'environnement et 16 900 en mourraient.
Source : Tendances, 25-03-04
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Bien que l'impact de la pollution de l'environnement ne puisse être nié, ces chiffres paraissent plus qu'excessifs. On est d'ailleurs en droit de se demander sur quelles données ce cancérologue se base pour diffuser de telles affirmations tonitruantes.
Revenons en aux chiffres clairement établis. En Belgique, on enregistre 41 000 nouveaux cas de cancers par an. Cette maladie provoque le décès de 28 000 personnes, dont 6 800 suite à des tumeurs du poumon principalement causées par le tabac.
La communauté scientifique internationale (dont les épidémiologistes Doll et Peto) estime que +/- 10 % des cancers seraient liés aux environnements nocifs, notamment certaines expositions professionnelles. Une grande majorité des cancers seraient par contre influencés par à des comportements nocifs, dont 30 % au tabac et 30 à 35 % à une mauvaise alimentation et à la consommation abusive d'alcool.
Nous sommes dès lors bien loin des chiffres annoncés par le Professeur Belpomme. Mais, même s'ils sont controversés, ces chiffres auront le mérite d'attirer l'attention sur un problème que la société ne peut effectivement négliger : la dégradation de l'environnement et l'impact que celui-ci peut avoir sur notre santé.
Ce constat ne devrait cependant pas modifier nos objectifs dans le domaine de la prévention des cancers car le tabac reste bien l'ennemi numéro 1. Viennent ensuite la protection face aux ultraviolets, la consommation modérée de boissons alcoolisées, promotion d'une alimentation saine et équilibrée, la pratique d'exercices physiques réguliers et l'amélioration de certaines conditions de travail afin de réduire au maximum les risques d'exposition aux substances cancérigènes.
Dernière réflexion : il est plus facile d'accuser l'environnement que de changer nos comportements erronés. Est-ce la (mauvaise) raison pour laquelle les propos du Prof Belpomme reçoivent un tel accueil ?
Augmentation des cancers chez l'enfant
News 03-04-04
Les cancers de l'enfant de moins de 15 ans représentent environ 1 % de l'ensemble des cancers. Au cours de ces dernières années, on a remarqué une augmentation des cas de cancers parmi cette population jeune. C'est notamment le cas de la leucémie qui semble présenter une hausse de 15 à 20 % au cours des 30 dernières années. Pour certains experts, l'impact de la pollution ne peut être écarté.
Source : Le Journal du Médecin, 16-03-04
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Bien que ces chiffres paraissent inquiétants, il faut souligner, qu'en Belgique, nous ne disposons pas d'une évaluation précise dans ce domaine. En effet, contrairement à des pays tels que l'Allemagne, la France, les USA, le Canada ou les pays scandinaves, la Belgique ne dispose pas d'un registre spécifique aux cancers de l'enfant.
Une part de l'augmentation des cas de cancers chez l'enfant est certainement due à une meilleure détection des tumeurs. C'est notamment le cas des cancers du système nerveux central qui ont bénéficié de l'apport de l'imagerie médicale (résonance magnétique, par exemple) depuis le début des années 80.
Pour les leucémies, le problème est plus complexe car il n'existe pas de facteur environnemental clairement identifié. Les recherches menées sur l'impact des champs électromagnétiques et des pesticides ne sont actuellement pas concluantes. On ne peut toutefois pas écarter la possibilité d'un lien avec la pollution environnementale. La piste la plus intéressante étant l'accroissement du nombre de voitures à essence depuis une cinquantaine d'années. Or, le benzène est clairement identifié comme étant un composé cancérigène.
Nous devons donc rester vigilants face à ce problème et mettre en place les outils nécessaires à l'identification des causes probables de l'augmentation des cas de cancers chez l'enfant (mais aussi dans la population adulte).
Prothèses du sein et risque de cancer ?
News 31-03-04
Les prothèses augmentent-elles le risque de cancer du sein ?
Cette question est souvent posée par les patientes qui envisagent de se faire poser une prothèse pour augmenter ou modifier la forme de leurs seins. Jusqu'à présent, la réponse n'était pas évidente. Aujourd'hui, une vaste étude américaine permet d'y voir plus clair.
Source : Le Quotidien, 20-03-04
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Aux Etats-Unis, depuis 1962, entre 1,5 et 2 millions de femmes ont eu recours à des implants mammaires, pour des raisons esthétiques dans 80 % des cas.
Mais jusqu'à présent, la réponse à la question concernant les risques éventuels de cancer du sein était controversée.
Récemment, une étude menée auprès d'un million de patientes a permis de répondre à cette interrogation. L'étude (publiée dans le Journal of the American Medical Association en janvier 2004) fut menée par l'équipe du Dr Diana Miglioretti (Seattle) auprès de patientes ayant effectué un dépistage par mammograpies entre le 1 janvier 1995 et le 15 octobre 2002.
Les résultats ont montré que la sensibilité de la mammographie est légèrement diminuée par la pose d'implants mammaires. Cette intervention n'augmente toutefois pas le risque de cancer. En effet, l'étude n'a constaté aucune différence significative dans les caractéristiques des tumeurs (fréquence ?, stade, taille, état des récepteurs aux œstrogènes, état des ganglions) entre les femmes ayant subi la pose d'implants mammaires et les autres.
La vigilance reste toutefois de mise et il est conseillé aux femmes porteuses d'implants mammaires de se soumettre régulièrement aux examens mammographiques de dépistage.
Le thé vert ralentirait le développement du cancer
News 26-03-04
Des chercheurs japonais ont découvert que le thé vert pourrait ralentir le développement de tumeurs cancéreuses. L'équipe de recherche de l'université de Kyushu, à Kukuoka, a traité, en laboratoire, des cellules cancéreuses provenant de patients souffrant de cancers du poumon, et ce au moyen de l'EGCG, une des composantes du thé vert. Ils ont constaté un ralentissement significatif du développement des cellules cancéreuses. L'EGCG se fixerait sur certaines protéines présentes dans les cellules en question, ce qui aurait pour effet d'en freiner le développement. La quantité d'EGCG utilisée en laboratoire correspond à une consommation quotidienne de 2 à 3 tasses de thé vert?
Sources : Het Belang van Limburg, 16/03/2004
Belga, 15/03/2004
Metro, 16/03/2004
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
Depuis quelques années déjà des indices existent selon lesquels le thé, le vert comme le noir, exercerait un effet préventif contre le cancer. Ceci serait particulièrement le cas pour le thé vert, consommé principalement en Chine, qui aurait un effet bénéfique sur le cancer de l'estomac. Des études complémentaires doivent encore préciser les effets favorables de la consommation régulière de thé. Toutefois, le fait que le thé, et plus spécialement le thé vert, ait un effet sur le processus cancéreux lui-même est une donnée tout à fait nouvelle. Mais, puisqu'il ne s'agit encore que d'une « première », d'autres recherches sont nécessaires pour corroborer ces conclusions initiales. De toute façon, la consommation de 2 à 3 tasses de thé vert par jour est totalement inoffensive pour la plupart des gens. Pour quiconque veut agir préventivement, ou pour le patient atteints de cancer qui souhaite commencer à boire ce thé, il n'y a donc aucun problème. Quoi qu'il en soit, il est toujours recommandé que le patient évoque le sujet avec son médecin.
Avastin : un nouveau traitement prometteur
News 05-03-04
Les autorités pharmaceutiques américaines de la FDA (Food and Drug Administration) viennent d'autoriser la commercialisation d'un nouveau médicament contre le cancer : l'Avastin. Celui-ci est issu des recherches menées depuis près de 30 ans par le Dr Judah Folkman (Harvard Medical School, Boston) et son équipe dans le domaine de l'anti-angiogenèse. L'objectif est de freiner le processus cancéreux en s'opposant à la formation de nouveaux vaisseaux formés en périphérie de la tumeur qui contribuent à sa croissance en l'irriguant.
La firme qui a mis au point la molécule (Genentech) espère maintenant obtenir l'aval rapide des autorités européennes pour que tous les patients puissent en bénéficier.
Sources : La Meuse, 01-03-04
Het Belang Van Limburg, 28-02-04
Het Laatste Nieuws, 01-03-04
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
Les traitements contre le cancer vivent actuellement une véritable révolution. Grâce aux progrès de la génétique et de la biologie moléculaire, la médecine dispose aujourd'hui de composés inimaginables il y a dix ans.
Bien que les traitements phares en cancérologie restent basés sur le trépied chimiothérapie, chirurgie et radiothérapie, de nouvelles molécules présentant une action beaucoup plus ciblée et spécifique apparaissent. Après le Taxotère, l'Iressa et le Glivec, c'est aujourd'hui le cas de l'Avastin. Celui-ci vise la destruction des vaisseaux sanguins qui alimentent la tumeur cancéreuse, aboutissant alors à une réelle «asphyxie » de cette dernière.
Actuellement, l'Avastin a été testé auprès de patients atteints d'un cancer métastasé du côlon et du rectum en association avec la chimiothérapie. Plusieurs études sont en cours pour tester son efficacité sur d'autres cancers (sein, poumon, pancréas).
Par cette approche, le Dr Judah Folkman espère freiner efficacement le processus cancéreux et transformer le cancer en une «simple » maladie chronique, qui pourrait se traiter de manière moins agressive et en ambulatoire.
Seule ombre au tableau : le coût d'un tel traitement ? qui risque bien d'être exorbitant !
Un lien entre la prise d'antibiotiques et le cancer du sein ?
News 21-02-04
Une étude menée à l'Université de Washington et publiée dans le Journal of the American Medical Association établit un lien statistique entre la consommation chronique d'antibiotiques et l'augmentation du risque de cancer du sein chez la femme.
Source : La Dernière Heure, 18-02-04
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
L'étude a été menée auprès de 10.000 femmes (2000 patientes atteintes ou ayant développé un cancer du sein et 8000 femmes en bonne santé) dont le dossier médical a été suivi pendant 17 ans.
Les chercheurs ont montré l'existence d'un lien entre la consommation d'antibiotiques pendant de longues périodes et le développement du cancer du sein. Ainsi, il semble que la prise d'antibiotiques pendant plus de 500 jours (au cours de la période étudiée) augmente le risque d'un facteur 1.5.
Les chercheurs impliqués dans l'étude insistent toutefois sur le fait qu'il ne s'agit ici que d'une association et non d'une preuve de cause à effet. D'autres facteurs pourraient expliquer l'existence de ce lien. Ainsi par exemple, il est possible que les antibiotiques, administrés à hautes doses, perturbent le système immunitaire de l'organisme. La prise chronique de tels médicaments peut en effet altérer la flore intestinale en détruisant des bactéries protectrices présentes dans l'intestin. Cette perte de protection vis-à-vis de substances toxiques pourrait ouvrir la voie au développement d'un processus cancéreux.
Cela ne signifie pas pour autant que nous devons nous débarrasser des antibiotiques, mais plutôt que nous devons les utiliser à meilleur escient. En effet, de nombreuses infections virales (rhume, grippe, etc.) sont encore traitées par le biais d'antibiotiques qui s'avèrent totalement inefficaces puisque l'agent en cause est un virus et non une bactérie.
Enfin, il est clair que l'étude précitée nécessite un complément d'investigations, aux dires même de l'équipe ayant mené ces travaux. Nous suivrons donc la publication de nouveaux résultats dans ce domaine avec la plus grande attention.
Le type de mort cérébrale laisse des traces
News 12-02-04
Le journal De Standaart de ce 6 février publie une information en apparence très éloignée de la cancérologie. A la recherche de gènes anormalement actifs en cas de maladie psychique, Richard Myers et ses collègues de l'université de Stanford en Californie ont fait une découverte inattendue : en cas de mort subite ou, au contraire, de mort lente, les cellules cérébrales activent des gènes très différents.
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
La mort cérébrale n'a rien à voir avec un cancer et pourtant, cette découverte n'est pas sans rapport avec un domaine de recherche important en cancérologie. De nombreux efforts sont faits pour connaître la ?carte d'identité génétique? des tumeurs. Autrement dit, il s'agit de déterminer quels gènes sont exprimés dans les cellules cancéreuses par rapport à ceux actifs dans les cellules normales. Ceci permettra d'identifier avec beaucoup plus de précision le type particulier de chaque cancer, ce qui est capital pour proposer un traitement parfaitement ciblé.
La découverte des chercheurs américains confirme indirectement l'utilité d'étudier les gènes exprimés dans les cellules pour en savoir davantage sur leur histoire.
Mais ils mettent également le doigt sur un autre problème : le type de mort cellulaire (brutale ou progressive) semble bien influencer l'expression des gènes.
Ceci pourrait avoir des conséquences pour toutes les études génétiques au départ de prélèvements tissulaires. En effet, on peut se demander dans quelle mesure la manière dont on prélève ces tissus, la rapidité avec laquelle on les fixe, sans parler des perturbations tissulaires avant le prélèvement sont susceptibles d'influencer les résultats?
Voici un nouveau défi à relever pour les chercheurs!
Inquiétudes à propos de la consommation de saumon
News 19-01-04
Il ressort d'une étude réalisée à l'université d'Albany, dans l'État de New York, aux États-Unis, que le saumon d'élevage renferme nettement plus de dioxines et de substances cancérigènes que ses congénères sauvages. Les chercheurs vont jusqu'à recommander de ne pas consommer de saumon d'élevage plus de deux fois par mois.
Cette annonce a déchaîné de nombreuses réactions en Europe et en Amérique. Tant la ?Food and Drug Administration' ? l'organisme américain qui contrôle les produits alimentaires ? que diverses autorités européennes en la matière qualifient ces résultats de trompeurs et affirment qu'il n'y a aucune raison de s'inquiéter.
Sources: Belga, 9 janvier 2004
De Standaard, 10 janvier 2004
Het Laatste Nieuws, 10 janvier 2004
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
Les dioxines et autres substances cancérigènes, telles que les PCB, le toxaphène et la dieldrine, sont surtout présentes dans la partie grasse du poisson. C'est pourquoi les poissons gras comme le saumon en contiennent une proportion plus importante que les poissons maigres. À cela s'ajoute le fait que les poissons d'élevage reçoivent une nourriture relativement grasse, contenant déjà elle-même une certaine quantité de dioxines et substances diverses.
Cela ne signifie pourtant pas nécessairement que les normes acceptables sont effectivement dépassées. Une analyse récemment réalisée sur le sujet en Belgique a même révélé que toutes les normes étaient respectées.
Il faut en outre tenir compte des nombreux avantages propres aux poissons gras, qui sont riches en acides gras omega-3, auxquels on attribue de nombreuses propriétés bénéfiques pour la santé.
Pour l'heure, nous maintenons donc que les poissons gras peuvent sans problème continuer de figurer au menu une fois par semaine. Si vous êtes grand amateur de poisson, mieux vaut toutefois alterner les espèces grasses et maigres. Vous n'aurez alors rien à craindre.
Les déodorants responsables de certains cancers du sein ?
News 16-01-04
Une équipe de l'université de Reading, en Grande-Bretagne, vient de publier les résultats d'une étude montrant l'existence d'un lien entre l'utilisation de déodorants et l'apparition de cancers du sein.
Cette annonce a également été publiée dans de nombreux journaux belges, provoquant un léger vent de panique auprès des lecteurs.
Sources :
- La Nouvelle Gazette, 13-01-04
- La Capitale, 13-01-04
- Het Belang van Limburg, 12-01-04
- De Morgen, 13-01-04
- Gazet Van Antwerpen, 12-01-04
- Het Laatste Nieuws, 12-01-04
- Het Nieuwsblad, 12-01-04
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Il y a quelques mois de cela, une soi-disant information scientifique mettait en garde contre l'usage des anti-sudorifiques (ç-à-d empêchant la transpiration), réputés être une cause majeure de cancer du sein. L'absence de données scientifiques rigoureuses et les arguments avancés par les personnes publiant ce genre d'information nous avaient rapidement permis de conclure que cette annonce n'avait pas de fondement scientifique.
Cependant, une équipe de chercheurs britanniques, estimant qu'il n'y a pas de fumée sans feu, s'est penchée sur ce type de problématique. Ils ont étudié 20 tumeurs mammaires humaines et ont découvert, dans 18 d'entre elles, des traces de parabens, un produit utilisé dans la composition des déodorants.
Que penser de la publication de ces résultats ? Tout d'abord, une étude portant sur un si petit nombre d'échantillons ne nous paraît pas réellement significative. Mais, fait plus étonnant, cette étude ne semble pas avoir comporté l'analyse d'échantillons témoins, c'est-à-dire de tissus sains.
Par ailleurs, le parabens est utilisé en tant que conservateur pour empêcher la croissance des champignons et des bactéries. On le retrouve dans la composition de bien d'autres substances comme par exemple des crèmes dépilatoires, des crèmes solaires, des lotions après rasage, des bâtons de rouge à lèvre, des teintures capillaires, des gouttes nasales, ophtalmiques et auriculaires ainsi qu'au niveau de certains aliments (jambon, jus de fruits, sirops, viandes hachées, etc.). Or, jusqu'à présent, le parabens ne semble pas avoir provoqué de problèmes particuliers de santé suite à l'utilisation des produits précités.
Enfin, ce n'est pas parce que l'on retrouve des traces de parabens dans des tumeurs du sein que le lien de cause à effet est démontré ? loin de là.
Mais des études menées sur un plus grand nombre d'échantillons, incluant des échantillons contrôles (ç-à-d du tissu sain), devraient permettre de faire le point sur la question.
Dans l'intervalle, nous pensons qu'il n'y a pas de réelle raison de s'alarmer.
Image : PhotoAlto - David Laurens
Utiliser le virus du rhume pour traiter un cancer de la peau ?
News 14-01-04
Les chercheurs de l'université de Newcastle en Australie ont découvert que le virus commun du rhume (coxsackievirus) est capable de détruire les cellules du mélanome, un cancer de la peau particulièrement agressif.
La découverte a été publiée début janvier dans le Clinical Cancer Research, une revue de l'Association américaine pour la recherche contre le cancer. Les résultats semblent prometteurs chez les animaux et sur cellules humaines cultivées en laboratoire.
Sources : - La Libre Belgique, 08-01-04
- La Dernière Heure, 08-01-04
- Le Soir, 08-01-04.
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Le Professeur Shafren (Université de Newcastle, Australie) semble avoir montré que les cellules du mélanome pouvaient être détruites en leur injectant le virus du rhume. En se développant, ce virus détruirait les cellules cancéreuses et la taille du mélanome diminuerait en quelques semaines avant de finalement disparaître. Les chercheurs espèrent également que le virus circulera ensuite dans l'organisme pour tuer les cellules cancéreuses qui auraient disséminé au départ de la tumeur d'origine (métastases).
Si ces résultats (obtenus jusqu'à présent uniquement sur des cellules cultivées en laboratoire et sur des animaux) se confirment, des essais cliniques seront alors rapidement menés chez l'homme.
Cette nouvelle a de quoi susciter de réels espoirs dans le traitement du mélanome dont le nombre de nouveaux cas par an (incidence) augmente de manière inquiétante en Australie et dans les pays occidentaux. Attendons cependant les résultats des essais cliniques avant de crier victoire !
Notons enfin qu'une autre voie de recherche est menée pour traiter ce cancer : celle du vaccin thérapeutique. Nos chercheurs se sont déjà distingués à plusieurs reprises dans ce domaine (Equipes des professeurs Thierry Boon (UCL), Kris Thielemans(VUB) et Thierry Velu (ULB), notamment) et des essais cliniques sont déjà en cours dans plusieurs hôpitaux universitaires.
EMSY : un chaînon manquant entre les cancers du sein héréditaires et non-héréditaires ?
News 08-01-04
Des chercheurs de l'Université de Cambridge (Grande-Bretagne) ont découvert un nouveau gène qui serait impliqué dans certains cancers non-héréditaires du sein (et de l'ovaire).
Si leurs résultats se confirment, il serait alors possible d'affiner le diagnostic des cancers du sein (héréditaires versus non héréditaires et agressifs versus moins agressifs) et de proposer d'emblée, à un plus grand nombre de patientes, les traitements les plus adaptés.
Source : Le Journal du Médecin, 19-12-03
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
Les mutations des gènes BRCA1 et 2 provoquent des cancers du sein (et de l'ovaire). Cela fait bientôt près de 8 ans que les chercheurs ont fait cette constatation. Ils ont découvert que ces gènes contribuent normalement la réparation de l'ADN endommagé afin que les cellules concernées ne deviennent pas cancéreuses. Les femmes qui sont porteuses d'une forme mutée de ces gènes perdent cette capacité de réparation et courent dès lors un risque de développer un cancer du sein (ou de l'ovaire).
Cependant, les cancers attribuables à ces mutations génétiques ne représentent que 5 % de tous les cas. Les 95 % restants sont dits sporadiques et se développent chez les femmes ne possédant pas d'antécédents familiaux particuliers.
C'est en tentant de comprendre pourquoi les gènes BRCA n'étaient pas impliqués dans les cancers sporadiques que les chercheurs de Cambridge ont découvert un nouveau gène qu'ils ont appelé EMSY. Celui-ci serait responsable de 13 % des cas de cancers du sein sporadiques (et 17 % des cancers de l'ovaire). Pour une raison encore inconnue, il est fabriqué en trop grande quantité et produit beaucoup trop de protéines. Celles-ci se lieraient aux protéines produites par les gènes BRCA2 et bloqueraient de ce fait les capacités réparatrices de ces dernières.
Cette découverte pourrait avoir un intérêt diagnostic immédiat car il semble que les femmes présentant une expression accrue de EMSY développent un cancer du sein plus agressif.
'Business Incubateur' et 'Photon Pump' :
Attention arnaque !
En surfant sur Internet, l'un de nos lecteurs nous a renseigné un site hautement suspect.
Il y est question d'un appareil permettant de prélever une certaine quantité de sang, de le soumettre à l'action de rayons ultraviolets, puis de le réinjecter au malade.
Cette technique prétend offrir une solution face aux maladies cardiaques, respiratoires, dégénératives, infectieuses (SIDA compris) et certains cancers!!!
Rien que cela?
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
Il n'est pas toujours facile de faire le tri dans les informations diffusées sur Internet.
Ici, heureusement, le doute n'est pas permis : il s'agit d'une arnaque pure et simple.
Ceci nous donne l'occasion de rappeler certains critères pour tester la crédibilité d'une information prétendument médicale ou scientifique.
Distinguer ce qui est sérieux de ce qui ne l'est pas est avant tout affaire de bon sens.
La médecine scientifique sait qu'elle n'est pas toute puissante. Elle ne prétend ni tout expliquer, ni tout guérir.
Méfiez-vous, par contre, des discours simplistes du style "toutes les maladies ont la même origine" ou "tel traitement est radical face à toutes les maladies".
Vouloir mettre dans le même sac des affections aussi différentes que celles évoquées dans la publicité pour la "Photon Pump" n'a aucun sens.
Prudence aussi face aux promesses folles de ceux qui prétendent vous sauver envers et contre tout, sans autre inconvénient que le coût (souvent exorbitant) du traitement "miracle".
Un brin de réflexion suffit généralement à faire la part des choses.
Malheureusement, la peur de la maladie fait parfois perdre le plus élémentaire bon sens, au moment où l'on en aurait tout particulièrement besoin.
D'où l'importance d'établir une solide relation de confiance avec son médecin. Il faut oser lui poser n'importe quelle question et exprimer librement toutes ses craintes. Son rôle consiste aussi à vous conseiller et à vous guider, pas seulement à vous soigner?