-Le dépistage systématique du cancer de la prostate a-t-il un sens ? News 07-12-06
-Le lien entre vitamine D et cancer de l’intestin remis en question News 22-11-06
-Dépister un cancer colorectal en avalant une mini-caméra ? News 03-11-06
-La consommation de poisson gras diminuerait le risque de cancer du rein News 02-11-06
-Dépistage du cancer du col de l’utérus News 21-10-06
-Bilan du Mammotest News 27-09-06
-Lien entre le soja et cancer de la prostate : plus complexe qu’on ne pensait… News 21-06-06
-Crèmes solaires : inefficaces contre le risque de cancer de la peau ? News 08-06-06
-Le dépistage systématique du cancer de la prostate remis en question ? News 03-06-06
-Le PSA ne serait pas un test de dépistage idéal pour le cancer de la prostate News 19-05-06
-Moins de cancers du sein chez les femmes allochtones ? News 11-03-06
-L’effet protecteur d’une alimentation pauvre en graisses est remis en question News 14-02-06
-Vitamine D et prévention du cancer News 10-01-06
-Café et diminution de risque de cancer du sein ? News 13-01-06
Le dépistage systématique du cancer de la prostate a-t-il un sens ?
News 07-12-06
D'après l'étude publiée en mai dernier par le Centre Fédéral d'Expertise, le dépistage systématique des cancers de la prostate par dosage sanguin du PSA (Prostate Specific Antigen) fait apparemment plus de tort que de bien. Dans ces conditions, le conseil médical technique prépare actuellement des normes beaucoup plus contraignantes et restrictives pour le remboursement du dosage sanguin du PSA.
Source : De Huisarts ; 02-11-06
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
Le dépistage systématique bénéficie chez beaucoup d'entre nous d'un a priori positif.
Et c'est vrai que dans certains cas bien particuliers (cancer du sein ou du col de l'utérus) il est vivement recommandé.
Mais la situation des tumeurs malignes de la prostate est très particulière.
Beaucoup de cancers prostatiques évoluent extrêmement lentement. Dans ce cas, les séquelles d'un traitement (impuissance, incontinence) peuvent être pires que l'évolution naturelle de la maladie. En d'autres termes, face à ces cancers « dormants », très fréquents chez l'homme âgé, la meilleure solution est souvent de ne rien faire. Mais il est difficile de les en convaincre. En effet, le mot cancer fait encore peur et l'idée qu'un traitement le plus rapide possible est toujours indispensable reste ancrée dans les esprits.
Il est également vrai que certains cancers de la prostate sont plus agressifs que la moyenne et que, pour eux, un traitement sans délais peut s'avérer nécessaire.
Le problème en cas de dépistage systématique, c'est que pour un petit nombre de personnes qui en tireraient effectivement un bénéfice (les patients porteurs d'un cancer prostatique agressif), on risque fort d'inquiéter et de traiter inutilement un grand nombre d'autres personnes chez qui le mieux aurait été de ne rien faire?
Par ailleurs, le dosage du PSA n'est pas idéal pour dépister un cancer de la prostate.
Ce test n'est pas du tout spécifique et l'interprétation de ses résultats n'est pas simple.
On l'utilise actuellement faute de mieux.
Les conditions nécessaires pour encourager un dépistage systématique ne sont donc pas remplies.
Avant d'avoir éventuellement recours au dosage de PSA, il est donc indispensable que le médecin informe très complètement le candidat au dépistage des avantages mais aussi des inconvénients possibles de cette démarche.
Le lien entre vitamine D et cancer de l'intestin remis en question
News 22-11-06
Une récente étude américaine portant sur plus de 50 000 personnes âgées de 40 à 75 ans, suivies pendant une vingtaine d'années, remet en question l'effet protecteur de la vitamine D vis-à-vis du cancer du gros intestin.
Sources : Equilibre, novembre 2006 ; Bodytalk, novembre 2006-11-22
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Les effets de la vitamine D sur notre santé ont déjà fait couler beaucoup d'encre ? et ce n'est pas fini !
La popularité de la vitamine D date des années 1930, époque où les enfants qui en manquaient souffraient d'une maladie de l'ossification appelée rachitisme. Elle a obtenu ses lettres de noblesse vers 1980 pour le rôle qu'elle joue avec un succès mitigé dans la prévention de l'ostéoporose. Et depuis peu, elle est parfois présentée comme un moyen radical de prévenir le cancer de l'intestin. Certaines études (Mangelsdorf et al) ont ainsi montré que la vitamine D favorisait l'élimination d'une substance toxique provenant du métabolisme des graisses (l'acide lithocholique) et protégeait de l'apparition d'un cancer de l'intestin. D'autres préconisent de courtes expositions au soleil (les rayons UV contribuant à la formation de la vitamine D) ainsi qu'une supplémentation par le biais notamment d'aliments enrichis en vitamines D.
La nouvelle étude américaine vient jeter le doute sur ces recommandations. En effet, dans l'étude qu'ils ont mené depuis 1986 auprès de 51 529 personnes âgées de 40 à 75 ans, les chercheurs ont constaté que les taux élevés de vitamine D étaient systématiquement associés à un IMC (indice de masse corporelle) bas, une activité physique intense, une réduction du tabagisme, une faible consommation de viande et une consommation accrue de fruits, de légumes et de poisson. En d'autres termes, les personnes présentant une concentration sanguine élevée de vitamine D mènent tout simplement une vie plus saine ce qui diminue leur risque de cancer.
Après des années de recherche, la prévention du cancer de l'intestin (et de bien d'autres formes de cancers) est toujours riche en incertitudes. Seule l'obésité et le manque d'activité physique semblent clairement associés à un risque accru de cancer de l'intestin.
Une alimentation équilibrée et une activité physique régulière seraient donc les garants d'une vie plus saine et, notamment, d'une diminution de risque d'apparition de divers cancers comme celui de l'intestin.
Dépister un cancer colorectal en avalant une mini-caméra ?
News 03-11-06
Le service de gastro-entérologie de l'Hôpital Erasme (Bruxelles) vient de présenter les résultats d'une étude pilote concernant une technique non invasive d'exploration du côlon (gros intestin). Cette approche consiste à faire avaler par le patient une capsule munie à ses extrémités d'une micro-caméra. Elle permet d'explorer le côlon et plus seulement l'intestin grêle, dont l'observation demeurait en grande partie impossible par endoscope. Objectif : détecter polypes ou lésions cancéreuses.
Source : Le Vif / L'Express, 20-10-06
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
Le cancer colorectal, l'un des plus fréquents en Belgique, peut être dépisté par recherche de sang microscopique dans les selles et / ou examen du côlon par coloscopie (long tuyau souple introduit par l'anus) CT scan (coloscopie virtuelle). Cette dernière technique est souvent considérée comme peu confortable et invasive. Certains rechignent parfois à s'y soumettre et négligent ainsi un dépistage recommandé aux plus de 50 ans ou même avant pour les personnes dont un ou plusieurs membres de la famille ont souffert de ce type de cancer.
Dés lors, les chercheurs du service de gastro-entérologie de l'hôpital Erasme, en collaboration avec la firme Given Imaging, ont mis au point une nouvelle technique non invasive.
Trente-six patients (âgés de 56 ans en moyenne) ont participé à une étude pilote, menée entre janvier et juin derniers et portant sur un dépistage à la fois par coloscopie et par capsule ingérée. La vidéo-capsule, qui permet l'enregistrement de 4 images par seconde pendant 10 heures, transite par l'estomac et l'intestin grêle avant d'explorer le côlon. Des antennes destinées à recevoir les signaux émis par la capsule sont collées sur l'abdomen du patient. Celui-ci est en plus équipé d'une ceinture qui porte l'enregistreur des données. Durant l'examen, la personne peut vaquer normalement à ses occupations quotidiennes, pour autant qu'elles ne soient pas trop astreignantes. La capsule est ensuite évacuée par les voies naturelles.
Au cours de cette étude, la capsule a permis de détecter plus de 80 % des lésions vues habituellement par coloscopie. La mini-capsule a également pu détecter de très petites lésions, situées dans les plis, et qui peuvent, elles, échapper à l'endoscope.
Ces résultats devront être confirmés par des études portant sur un plus grand nombre de personnes, mais la technique semble déjà plus acceptable et pourrait à terme être utilisée, même à domicile, comme méthode de dépistage du cancer colorectal.
La consommation de poisson gras diminuerait le risque de cancer du rein
News 02-11-06
Une étude suédoise, menée par Alicja Wolk (Karolinska Institute, Stockholm) indique que la consommation régulière à long terme de poisson gras pourrait réduire le risque de cancer du rein. L'étude a été menée pendant une quinzaine d'années auprès de plus de 61 000 femmes âgées de 40 à 76 ans.
Sources : Le Journal du Médecin, 29-09-06 ; JAMA, 2006 ; 296 : 1371-1376
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Ce travail a donc porté sur 61 433 femmes, sans antécédents de cancer à l'entrée dans l'étude. Toutes les participantes ont rempli un questionnaire portant sur leur alimentation. Pendant un suivi moyen de 15,3 années entre 1987 et 2004, les chercheurs ont observé dans ce groupe de femmes la survenue de 150 cas de cancer du rein.
Après ajustement pour prendre en compte l'influence des divers facteurs de risque connus (âge, tabagisme, obésité) de ce cancer, les chercheurs ont observé une corrélation inverse entre la consommation de poissons gras (saumon, hareng, sardines et maquereau) et le risque de cancer du rein, tandis qu'ils n'ont pas retrouvé de lien avec la consommation de poissons maigres (thon, cabillaud et poissons d'eau douce) ou de crustacés.
« Les femmes qui consomment une ou plusieurs portions de poissons gras par semaine présentent un risque inférieur de 44 % de développer un carcinome rénal (la forme la plus répandue de cancer du rein) par rapport à celles qui ne mangent pas de poisson du tout. Celles qui ont mangé du poisson gras pendant dix ans ont un risque inférieur de 74 %, rapportent les auteurs de l'étude.
Ces résultats confortent l'hypothèse selon laquelle la consommation régulière de poissons gras peut abaisser le risque de cancer du rein, peut-être en raison d'un apport alimentaire accru en oméga-3 (acides eicosapentanoïques et docosahexanoïque) ainsi qu'en vitamine D.
Notons cependant que ce travail a porté uniquement sur une population strictement féminine (car issue d'une étude initialement axée sur l'impact de la mammographie en Suède). Il faudra donc vérifier ces résultats auprès des hommes.
De toute façon, la consommation régulière de poissons gras est recommandée en raison de son action bénéfique pour le cœur.
Dépistage du cancer du col de l'utérus
News 21-10-06
Le Centre d'expertise des soins de santé (KCE) recommande une organisation encadrée du dépistage par frottis du cancer du col de l'utérus. Celui-ci permettrait d'éviter, en Belgique, quelques 1400 cancers de ce type par an.
Sources : La Dernière Heure, 13-10-06 ; Vers l'Avenir, 13-10-06 ; Gazet Van Antwerpen, 17-10-06 ; De Standaard, 13-10-06.
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Chaque année, 700 femmes sont encore atteintes d'un cancer invasif du col de l'utérus, cancer qui n'avait pas été détecté à temps par dépistage. Ce cancer sera fatal pour plus d'un tiers de ces patientes. A ces chiffres, il faut encore ajouter quelques 700 autres patientes qui présentent des lésions cancéreuses nettement moins avancées et donc aisément curables.
Selon un rapport publié par le KCE, en collaboration avec l'Institut scientifique de Santé publique, seulement 59 % des femmes de 25 à 64 ans se présentent régulièrement chez leur gynécologue ou leur médecin traitant pour un frottis de dépistage du cancer du col. Mais souvent à une cadence exagérée : en principe un frottis tous les trois ans devrait suffire (pour autant que le dernier frottis ait été normal) alors que, chez la plupart, il s'agit d'un frottis tous les ans. Les autres 41 % ne se présentent jamais ou rarement pour un frottis du col.
Rappelons que le frottis sert à détecter des changements cellulaires au niveau du col de l'utérus. La découverte de lésions précancéreuses ou cancéreuses débutantes permet un traitement précoce particulièrement efficace. D'ailleurs, depuis l'introduction de ce frottis, il y a plus de 25 ans, le taux de décès dus aux cancers du col de l'utérus a décru considérablement. Malgré ces données encourageantes, on constate cependant que des femmes plus âgées, immigrées ou moins favorisées socialement courent un risque plus élevé de développer un cancer du col de l'utérus car elles n'ont bénéficié d'aucun dépistage ou alors de façon trop irrégulière.
« La mortalité due à ce cancer diminuera d'abord par une plus large participation au dépistage et, dans une moindre mesure, par l'amélioration de la qualité des tests » plaident les experts du KCE.
La Belgique connaît quelques initiatives isolées de dépistage dans certaines provinces flamandes. L'approche méthodique a pourtant fait la preuve de son efficacité puisqu'à l'étranger une participation au dépistage qui atteint au moins 80 % se traduit par une réduction supplémentaire de mortalité.
Le KCE estime qu'une partie du budget déjà consacré aux diverses prestations en rapport avec le dépistage du cancer du col pourrait être utilisée de manière plus efficace dans un dépistage plus méthodique. Les exemples étrangers nous montrent la voie.
Bilan du Mammotest
News 27-09-06
Selon le dernier rapport national de l'Agence Intermutualiste (AIM-IMA), il apparaît que 56 % des femmes de 50 à 69 ans ont bénéficié d'un dépistage du cancer du sein en 2003-2004. Avant que le dépistage à grande échelle ne soit lancé, elles étaient 38 %. L'évolution est donc nette ? mais encore insuffisante.
Sources : La Dernière Heure, 21-09-06 ; Le Soir, 21-09-06 ; Vers l'Avenir, 21-09-06
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Rappelons que le programme national de dépistage du cancer du sein s'est donné pour objectif d'offrir la possibilité, pour les femmes âgées de 50 à 69 ans, de se soumettre gratuitement et tous les deux ans à un Mammotest (mammographie de dépistage) destiné à déceler d'éventuelles anomalies. Les femmes sont invitées à participer à ce projet soit par leur médecin, soit par courrier.
Sur base des données fournies par les organismes assureurs, l'Agence Intermutualiste vient de procéder à une évaluation de l'impact de ce programme auprès de la population cible, à savoir les femmes âgées de 50 à 69 ans. Les informations obtenues couvrent la période s'étalant du 1er janvier 2001 au 31 décembre 2004.
D'une manière générale, il apparaît que 6 femmes sur 10 ont bénéficié d'un dépistage. Mais les chiffres présentent des divergences entre les différentes régions. Ainsi, c'est la Flandre qui connaît la plus forte progression avec une couverture qui passe de 33 % à 56 %. L'évolution n'est que de 4 % à Bruxelles (47 % à 51 %) et de 11 % en Wallonie (45 % à 56 %). Par ailleurs, les francophones, contrairement aux néerlandophones, continuent à privilégier la mammographie diagnostique payante plutôt que le Mammotest qui, outre sa gratuité, présente l'avantage d'un contrôle de qualité avec double lecture des résultats par un radiologue indépendant.
Le Mammotest (mammographie de dépistage) n'est donc pas encore totalement entré dans les mœurs mais l'évolution nous semble clairement positive. L'objectif est de parvenir dans les années à venir à toucher 75 % des femmes entre 50 et 69 ans.
Lien entre le soja et cancer de la prostate : plus complexe qu'on ne pensait?
News 21-06-06
Frank Comhaire, professeur émérite de l'Université de Gand, met en garde contre un enthousiasme excessif à propos du soja et de son influence sur les maladies cardiovasculaires ainsi que sur le cancer de la prostate. Il cite dans ce cadre une étude japonaise qui a décelé la présence d'une quantité d'isoflavones de soja (dont on pensait qu'ils protégeaient contre le cancer de la prostate) plus importante chez les hommes atteints d'un cancer de la prostate que chez les hommes ne souffrant pas de cette maladie. Ces résultats ont soulevé des doutes quant à l'effet protecteur du soja contre le cancer de la prostate mis en évidence lors d'études antérieures.
Source : Het Nieuwsblad, 04-06-2006
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
Dans les études 1,2 mentionnées par le Professeur Comhaire, les concentrations de génistéine, de daidzéine et d'équol, provenant du soja, ont été mesurées chez des patients atteints d'un cancer de la prostate et chez des hommes ne souffrant pas de cette affection. Les chercheurs ont constaté que la concentration d'isoflavones (génistéine et daidzéine) était supérieure chez les patients atteints d'un cancer de la prostate.
L'explication réside probablement dans le fait que les patients atteints de cancer sont moins aptes à transformer ces isoflavones en équol, la substance qui semble à présent offrir la plus grande protection, et pas les isoflavones en tant que tels, comme on le pensait auparavant.
Ces études montrent que la consommation de soja peut favoriser la réduction du risque de cancer de la prostate, mais que cette diminution dépend de la capacité de l'individu à transformer les isoflavones en équol. Moins l'organisme en est capable, plus le rôle protecteur du soja est réduit. Cette capacité s'avère varier fortement d'une personne à l'autre au sein d'une même population, mais également d'une population à l'autre.
Des études complémentaires à ce sujet sont donc nécessaires. Toutefois, nous disposons ainsi de nouvelles données indiquant d'une part que la relation entre alimentation et cancer est complexe et, d'autre part, que de nombreux facteurs peuvent influencer le risque d'apparition d'un cancer.
1 Hideyuki et al., Is daidzein non-metabolizer a high risk for prostate cancer ? A case controlled study of serum soybean isoflavone concentration, Japanese Journal of Clinical Oncology 32 : 296-300, 2002.
2 Hideyuki et al., Comparisons of percent equol producers between prostate cancer patients and controls : case controlled studies of isoflavones in Japanese, Korean and American residents, Japanese Journal of Clinical Oncology 34 : 86-89, 2004.
Crèmes solaires : inefficaces contre le risque de cancer de la peau ?
News 08-06-06
L'été se profilant à l'horizon, un certain nombre de médecins mettent la population en garde contre le faux sentiment de sécurité que procure l'application de crèmes solaires face aux cancers de la peau.
Source : Le Soir Magazine, 31-05-06
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
Chaque année, le nombre de cancers de la peau augmente de façon préoccupante. Le mélanome malin, qui est la forme la plus agressive des cancers cutanés, a même triplé en 45 ans dans certains pays nordiques comme la Suède et la Norvège. En Belgique, le mélanome touche quelques 1000 à 1200 personnes chaque année.
La cause principale de cette augmentation de cancers de la peau est bien connue : une exposition solaire excessive et mal protégée.
Qu'en est-il des crèmes solaires sensées protéger contre les rayons nocifs du soleil ? Elles ont un effet protecteur relatif, mais pas du tout absolu ! La crème solaire agit comme un filtre qui arrête une partie des rayons A et B. Ceux qui sont impliqués dans le vieillissement prématuré de la peau et dans le développement de cancers cutanés. Mais les produits solaires laissent malgré tout passer une proportion plus ou moins importante de rayons nocifs. De plus, pour être réellement efficace, ils devraient être appliqués en couches épaisses sur la peau ? chose que personne ne fait en réalité. Enfin, l'application de produits solaires s'accompagne généralement d'une plus longue durée d'exposition au soleil et donc d'une accumulation de rayons nocifs pour la peau.
Par ailleurs, les mentions d'indices de protection que l'on retrouve sur les produits solaires sont peu claires. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle la Commission européenne souhaite uniformiser cet étiquetage sur base de tests qui seraient bien standardisés. Mais est-ce vraiment cela qui assurera une prévention efficace ? Il s'agit certes d'une initiative positive qui doit être encouragée mais elle sera certainement insuffisante.
La seule prévention efficace vise en fait un changement de comportement basé sur des principes excessivement simples :
- Réduire les durées d'exposition au soleil même lorsqu'on utilise une crème solaire.
- Eviter les expositions entre 11 et 16 heures.
- Mettre des lunettes solaires, de vêtements protecteurs et un chapeau si possible à larges bords.
Le dépistage systématique du cancer de la prostate remis en question ?
News 03-06-06
Le centre fédéral d'expertise des soins de santé (KCE) vient de publier un rapport un rapport sur les performances du dosage du PSA dans le dépistage systématique du cancer de la prostate. Les conclusions de ce rapport sont claires : chez l'homme asymptomatique en bonne santé, la mesure systématique du PSA n'est actuellement pas justifiée.
Source : Le Journal du Médecin, 19-05-06
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Les tumeurs malignes de la prostate sont la forme de cancer la plus fréquente chez l'homme. Depuis la fin des années 80, le dosage sanguin du PSA a été largement utilisé pour dépister ces cancers.
Malheureusement, le PSA n'est pas du tout spécifique du cancer prostatique. Son taux sanguin peut également augmenter dans une série d'autres situations : hyperplasie bénigne de la prostate, prostatite, cytoscopie ou uréthroscopie récente, biopsie de la prostate, exercice physique intense dans les 48 heures précédant la prise de sang, etc. De plus, les résultats peuvent varier de 15 à 20 % selon la technique et les normes du laboratoire.
Le PSA est donc utilisé faute de mieux.
Ces dernières années, différentes études, dont celle publiée par le KCE, ont remis en question l'utilité du dépistage systématique du cancer de la prostate par dosage du PSA. Ce dépistage pose deux problèmes non négligeables :
- en cas de faux positif (PSA augmenté en l'absence d'un cancer de la prostate) des examens complémentaires seront néanmoins nécessaires pour préciser le diagnostic (échographie transrectale, ponctions).
- lorsqu'un petit cancer de la prostate est découvert au dépistage, son traitement risque parfois d'entraîner des inconvénients pires (incontinence, impuissance) que l'évolution naturelle de la maladie.
Jusqu'à présent, les études scientifiques ne montrent pas clairement si les bénéfices d'un dépistage systématique (augmentation de l'espérance de vie et de la qualité de vie) dépassent ses inconvénients potentiels.
Que proposer dès lors à la population masculine ?
Face à de telles incertitudes, il faut avoir l'honnêteté de reconnaître les faiblesses et inconvénients du dépistage par PSA. Dans l'état actuel des connaissances, ce dépistage ne devrait pas être pratiqué de façon systématique mais bien se décider au cas par cas, après une information complète des candidats.
A moyen terme, la solution résidera probablement dans la découverte de nouveaux marqueurs plus spécifiques.
Le PSA ne serait pas un test de dépistage idéal pour le cancer de la prostate
News 19-05-06
Ces dernières années, de nombreuses personnes semblent considérer que la détermination du taux de PSA sanguin constitue un test fiable pour le dépistage du cancer de la prostate. C'est la raison pour laquelle ce test est fréquemment réalisé (souvent à la demande des patients, mais sans que des informations complémentaires soient transmises quant aux inconvénients potentiels de ce test). Aujourd'hui, certains scientifiques affirment que le test PSA ne serait pas un outil idéal pour assurer un dépistage de routine du cancer de la prostate chez des hommes sains.
Sources : Artsenkrant/Journal du Médecin 5/05/06 ; De Standaard 16/05/06 ; De Morgen 15/05/06
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
Le PSA (antigène prostatique spécifique) est une protéine dont le taux sanguin peut augmenter en cas de cancer de la prostate. Ce type de cancer étant le premier par ordre de fréquence chez les hommes, on espérait que le dosage sanguin de cette protéine permettrait de dépister efficacement cette forme de cancer.
Le recours régulier à une recherche de PSA a, semble-t-il, effectivement participé à l'augmentation de l'incidence du cancer de la prostate, sans que l'on observe toutefois un impact en termes de mortalité due à cette maladie. L'efficacité clinique du test PSA dans le cadre du dépistage du cancer de la prostate chez des hommes sains n'est pas encore démontrée. L'un des problèmes majeurs liés à ce test est qu'il entraîne une augmentation du nombre de biopsies de la prostate (prélèvement de tissu par ponction) et le traitement d'un certain nombre de cancers de la prostate qui n'auraient pas du l'être en réalité. Les conséquences peuvent aussi bien être d'ordre psychique que physique.
Le Centre fédéral d'expertise des soins de santé a réalisé un Health Technology Assessment (évaluation de la technologie sanitaire) et a aboutit à la conclusion que le test PSA n'était pas un test de dépistage fiable pour le cancer de la prostate. Si un tel test est toutefois demandé, il est impératif de bien informer le patient des inconvénients potentiels.
Moins de cancers du sein chez les femmes allochtones ?
News 11-03-06
Les résultats d'une étude menée aux Pays-Bas auprès de 16 000 femmes indiquent que les femmes turques et marocaines (immigrées de première génération) présentent un risque 3 à 5 fois moindre de développer un cancer du sein que la population générale. Certaines habitudes culturelles expliqueraient l'existence de ce facteur protecteur.
Sources : 7 Dimanche, 26-02-06 ; Weekkrant, 23-02-06
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Les chercheurs hollandais ont étudié les données relatives à 16 000 femmes résidant aux Pays-Bas. Parmi celles-ci, ils ont constaté que les femmes d'origine turque et marocaine présentaient une proportion de cancer du sein bien moins importante que dans la population générale (où ce risque est évalué à environ 10 %). Plus précisément, les Marocaines et les Turques résidant aux Pays-Bas sont respectivement 5 et 3 fois moins touchées que la moyenne générale.
Ce constat s'explique par le fait que ces femmes ont généralement plus d'enfants que les femmes occidentales, que leurs grossesses se déroulent souvent à un âge plus précoce et qu'elles allaitent plus longtemps leurs enfants.
Cette étude confirme donc ce que l'on savait déjà à propos des facteurs de protection vis-à-vis des cancers du sein (multiparité, première grossesse avant l'âge de 25 ans) et allaitement de plus de 6 mois).
Cependant, le facteur protecteur décrit ci-dessus ne concerne que les immigrées de première génération. En effet, Les filles de ces femmes adoptent généralement le mode de vie occidental et présentent dès lors rapidement un risque de cancer équivalent à celui du reste de la population.
Notons enfin que le dépistage systématique du cancer du sein, dont le but n'est pas d'éviter ce cancer, permet d'augmenter significativement ses chances de guérison chez les femmes de 50 à 69 ans. A cet égard, la communication vers le public doit encore être améliorée, notamment vis-à-vis des populations immigrées, afin d'obtenir le bénéfice attendu en terme de santé publique.
L'effet protecteur d'une alimentation pauvre en graisses est remis en question
News 14-02-06
Récemment, le Journal of the American Medical Association a fait état d'une étude réalisée par la Rockefeller University de New York, selon laquelle une alimentation pauvre en matières grasses n'offrirait pas de protection accrue contre le cancer et les maladies vasculaires. L'étude a été réalisée auprès de 49.000 femmes âgées de 50 à 79 ans, suivies pendant 8 ans. Après ce laps de temps, il est apparu que le nombre de cancers du sein, de cancers de l'intestin, de maladies cardiovasculaires et d'accidents vasculaires cérébraux n'était pas inférieur dans le groupe qui avait adopté un régime pauvre en graisses.
Les chercheurs concluent dès lors que, pour aider à prévenir le cancer et les maladies cardiovasculaires, les directives générales en matière d'alimentation saine doivent être respectées, en veillant à limiter les graisses (essentiellement animales) saturées et à consommer davantage de fruits et de légumes.
Sources : Belga, 2006-02-08 ; De Morgen, 2006-02-09 ; Het Belang van Limburg, 2006-02-09 ; Gazet
van Antwerpen, 2006-02-09
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
L'étude a suscité de nombreuses réactions de la part du monde médical, qui met en doute les résultats présentés. Il a notamment été souligné que la teneur en matières grasses prévue dans le régime pauvre en lipides de ces femmes n'était pas suffisamment faible, qu'elles avaient consommé trop peu de fruits et de légumes et qu'une période de 8 ans n'était pas assez longue pour étudier le lien entre l'alimentation et l'apparition d'un cancer.
La Fondation partage cet avis. Il convient en outre de souligner que l'étude concernait une population exclusivement féminine ; par conséquent, ses conclusions ne peuvent pas être étendues aux hommes. De plus, la teneur de toutes les graisses dans l'alimentation a été réduite, même des graisses communément qualifiées de « bonnes » telles que les graisses insaturées présentes dans les huiles végétales et le poisson, ce qui peut avoir faussé les résultats. Enfin ? et c'est incontestablement l'élément le plus important - , le rôle des graisses dans l'augmentation possible de la fréquence de certains cancers serait en majeure partie indirect. Une consommation trop élevée de matières grasses accroît en effet le risque de surpoids. Or, on sait avec certitude que le surpoids est un facteur d'augmentation du risque pour plusieurs types de cancer.
Vitamine D et prévention du cancer
News 10-01-06
Une étude américaine récente, publiée dans l'American Journal of Public Health, indique qu'un supplément quotidien en vitamine D diminuerait le risque de développer un cancer du colon, du sein et de l'ovaire. Les chercheurs qui ont mené cette étude indiquent également que certains groupes de population ? les habitants du Nord-Est des Etats-Unis et ceux d'origine afro-américaine ? présentent un risque plus élevé de carence en vitamines D. En effet, le corps produit naturellement cette vitamine lorsqu'il est exposé aux rayons UVB du soleil. De ce fait, une peau très pigmentée ou un climat peu ensoleillé représente autant de freins à la production naturelle de la vitamine D.
Sources : La Dernière Heure, 31-12-05 ; Gazet Van Antwerpen, 31-12-05, Het Volk, 30-12-05 ; Het Nieuwsblad, 30-12-05 ; Het Laatste Nieuws, 29-12-05.
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Rappelons tout d'abord que la vitamine D possède une double origine : elle est apportée par l'alimentation (huile de foie de morue, saumon, anchois, jaune d'œuf, jambon, champignons, etc.) et synthétisée par l'organisme au niveau de la peau sous l'action des rayons ultraviolets. Ainsi, ce n'est que pour des sujets s'exposant très peu au soleil (situation exceptionnelle en Europe) que la vitamine D constitue un nutriment indispensable. Après avoir été fabriquée au niveau de la peau ou apportée par l'alimentation, la vitamine D est mise en réserve dans le foie, les muscles et la graisse pour être ensuite utilisée à la demande au cours des périodes hivernales.
Les chercheurs californiens (équipe du professeur Garland) qui ont mené l'étude précitée ont examiné les résultats d'une centaine de travaux analysant le lien entre vitamine D et prévention de divers types de cancers. Ils mettent ainsi en évidence un effet protecteur des suppléments en vitamines D face au risque de cancers du côlon, du sein et de l'ovaire. Les résultats sont par contre discordants en ce qui concerne le cancer de la prostate.
Quelle attitude adopter face à ces résultats parfois contradictoires ?
Pas question de sa lancer tête baissée dans la prise incontrôlée de suppléments de vitamine D. Par le passé, un apport important de certaines vitamines chez des individus à risque a parfois eu l'effet inverse de celui recherché !
Nous pensons qu'une alimentation équilibrée et variée, ainsi qu'une exposition raisonnable aux rayons du soleil (pas d'exposition excessive, ni de séances de bancs solaires !), devraient nous apporter suffisamment de vitamine D.
Enfin, n'oublions pas non plus qu'à haute dose, la vitamine D peut être elle-même toxique, notamment en provoquant une augmentation trop importante du taux de calcium dans le sang, entraînant alors des dommages au niveau des reins.
Café et diminution de risque de cancer du sein ?
News 13-01-06
Selon une étude réalisée par l'université de Montréal auprès de 1 700 femmes dans 4 pays, le café pourrait réduire le risque de cancer du sein chez les femmes génétiquement prédisposées à développer ce type de maladie - en l'occurrence, les femmes qui présentent une anomalie au niveau des gènes BRCA1 ou BRCA2.
Les résultats de ces travaux montrent que le risque diminuerait de 50 % à partir de 6 tasses de café (décaféiné ou non) par jour et ce pourcentage pourrait atteindre 70 % pour une consommation exclusive de café contenant de la caféine.
L'effet protecteur serait imputable à l'influence de la caféine sur le système endocrinien, mais aussi à la présence de substances anticancérigènes dans le café telles que les phytoestrogènes et les diterpènes. Des études complémentaires sont en cours afin de déterminer les mécanismes précis.
Sources : Forum, lettre d'information électronique de l'Université de Montréal (Canada) Vol. 40, n°11 - Novembre 2005
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Outre l'effet protecteur mentionné ci-dessus, le café jouerait également un rôle utile contre le cancer des ovaires, du foie et du pancréas. A propos de ce dernier, on a toutefois enregistré une hausse du nombre de cas lorsqu'il s'agit de café décaféiné... Le café semble également bénéfique contre les maladies d'Alzheimer et de Parkinson, ainsi que le diabète de type 2.
À l'instar des chercheurs canadiens, la Fondation contre le Cancer n'est cependant pas favorable à l'idée d'encourager une consommation excessive de café, même chez les femmes qui présentent une prédisposition génétique au cancer du sein.
Des études antérieures ont en effet révélé qu'une consommation excessive (plus de cinq tasses de café par jour) augmenterait le risque de cancer de la vessie. Par ailleurs, le café peut également contribuer à augmenter la tension artérielle chez des personnes déjà atteintes d'hypertension.
Vu les nombreuses informations contradictoires et dans l'attente de disposer d'éléments plus précis en la matière, il est donc conseillé de s'en tenir à cette règle immuable : tout est permis, mais avec modération...
Vous voulez en savoir plus à propos du lien entre café et cancer ? Consultez notre rubrique Prévention / Facteurs de risque et conseils pratiques / Alimentation / Sujets spécifiques...