L'European Association for Urology (EAU) a récemment rendu public de nouvelles propositions concernant le dépistage du cancer de la prostate. L'association propose dorénavant d'effectuer un dosage sanguin du PSA chez tous les hommes d'une quarantaine d'année, ceci afin d'établir des valeurs de référence. Si le dosage de PSA est de 1 ou moins, un nouveau test serait effectué après 8 ans. S'il est supérieur à 1, un nouveau test serait effectué dans l'année ou dans les 2 ans qui suivent. Le risque de développer un cancer de la prostate est en effet 8 à 9 fois plus élevé dans ce cas.
Source : De Huisarts, 20-05-10
Commentaire de la Fondation contre le Cancer
Depuis plusieurs années, le débat fait rage entre les partisans et les opposants au dépistage systématique (ou screening) du cancer de la prostate. Il n'existe pas d'arguments valables en faveur d'un screening pour ce type de cancer, contrairement à celui effectué dans le cas du cancer du sein chez les femmes de 50 à 69 ans.
En 2009, une étude européenne a été publiée suite à des examens effectués auprès de 180 000 hommes. Il en ressort que si le dépistage systématique fait effectivement baisser de 27% le risque relatif de décès dû au cancer de la prostate, les résultats ne sont significatifs que dans la tranche d'âge des 55-69 ans. Pour sauver une vie supplémentaire grâce au dépistage, on estime que 1410 hommes doivent s’y soumettre, ce qui signifiera en moyenne un traitement pour 48 d’entre eux. Pour le cancer du sein, chaque vie supplémentaire sauvée grâce au dépistage correspond à 1.000 femmes ayant effectué un dépistage et 6 ayant reçu un traitement, ce qui indique l’efficacité accrue du dépistage du cancer du sein par rapport à celui de la prostate.
Le dépistage systématique du cancer de la prostate pratiqué grâce aux méthodes actuelles n'est pas recommandé. Il comprend un risque de 'surtraitement' en cas de cancer de la prostate, provoquant des séquelles telles que l'incontinence ou l'impuissance. Ce dépistage pourrait devenir un outil intéressant dans l'avenir si des méthodes plus douces et ciblées deviennent disponibles (PCA3, sarcosine...).
Des recherches complémentaires devront déterminer si la proposition actuellement présentée par l'EAU est réalisable et souhaitable. Il reste cependant conseillé aux hommes ayant un historique familial de cancer de la prostate de demander conseil à leur médecin.