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La vaccination préventive des cancers du col utérin est-elle remise en question ?

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Le journal « Le Soir » titre, ce 3 janvier, en première page, sur une mise en cause de la vaccination préventive des cancers du col de l’utérus. En juillet dernier, le journal « Le Monde » s’était déjà fait l’écho de critiques similaires en France, mettant l’accent sur de prétendus risques de ces vaccins.

Faut-il en conclure que cette vaccination est dangereuse voire inutile ?

Commentaire de la Fondation contre le cancer :

Les vaccinations ont toujours eu de virulents détracteurs qui ont raison sur un seul point: aucun acte médical n’est totalement dépourvu de risques ou d’inconvénients potentiels. La vaccination n’échappe pas à cette règle. Mais le propre d’une bonne médecine est précisément de veiller à ce que les bénéfices potentiels dépassent le plus largement possible les risques inévitables. Et les vaccins ont infiniment plus d’avantages que d’inconvénients !

Alors, pourquoi cette polémique à répétition concernant les vaccins contre les cancers du col utérin ?

Peut-être parce que 10 à 20 ans peuvent s’écouler entre l’installation d’une infection par certains virus HPV et le développement d’un cancer du col de l’utérus. Ce délai très long explique pourquoi il n’a pas encore été possible de constater une diminution du nombre des cancers du col utérin grâce à la vaccination. Rien d’étonnant à cela. C’est seulement d’ici une dizaine d’années que les chiffres devraient être concluants. Ce qui est d’ores et déjà certain, c’est que la vaccination offre une protection de longue durée contre ces virus. L’on a par ailleurs constaté en Australie une diminution des anomalies précancéreuses liées à ces virus chez les femmes vaccinées. Ces données scientifiques confirment donc l’intérêt de cette vaccination.

Qu’en est-il de ses risques éventuels ?

Un très grand nombre de jeunes filles et jeunes femmes ont d’ores et déjà été vaccinées de par le monde. Parmi une telle population, il est statistiquement inévitable qu’un certain nombre de maladies ou même de décès se produisent. Mais est-ce suffisant pour établir un lien de cause à effet ? Certainement pas ! C’est seulement si l’on constatait une fréquence anormalement élevée d’un événement quelconque chez les femmes vaccinées qu’un lien causal pourrait être recherché. Différents organismes de surveillance sanitaire suivent attentivement la situation pour ces vaccins comme pour tous les autres et n’ont, à ce jour, pas constaté de phénomène anormal. Rien ne justifie donc les propos alarmistes relayés par certains médias.

Qu’en est-il, dans ces conditions, de la critique remettant en cause l’utilité de cette vaccination ?

Là encore, rien de neuf. Il est connu, depuis le lancement de ces vaccins, que la protection qu’ils confèrent avoisine les 70%. Ce qui est loin d’être négligeable, mais ne dispense pas les femmes vaccinées de continuer à se faire dépister par frottis.

Bref, cette vaccination reste recommandée, tout comme le dépistage.

Dr D. Vander Steichel, directeur médical et scientifique

Dernière mise à jour : ( 05-01-2012 )
 

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