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Les suppléments d'acides gras de poisson sur la sellette

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De hautes doses d'acides gras de poisson provenant de suppléments alimentaires pourraient faire augmenter le risque d'inflammation et de cancer du côlon. Cet effet a été observé lors d'une étude menée sur des souris. Il serait plus marqué lorsqu'une maladie ou un processus cancéreux est déjà en cours de développement dans les intestins. Cette donnée contraste avec les informations habituelles relatives aux suppléments d'acides gras de poisson (plus connus sous le nom d'acides gras omega-3 ou huile de poisson). En effet, ces derniers sont généralement loués pour leurs effets positifs sur l'organisme, en particulier au niveau du coeur et des articulations. Les chercheurs appellent donc à la prudence, surtout pour les personnes présentant un risque accru de cancer du côlon, par exemple du fait d’un risque héréditaire.

Source : Cancer Research ; 70(20); 7960–9. American Association for Cancer Research

Commentaire de la Fondation contre le Cancer

Ce n'est pas la première fois que des suppléments alimentaires semblent avoir un effet plus nocif que bénéfique pour la santé. Le Fonds mondial de Recherche contre le Cancer (FMRC) déconseille d'ailleurs de consommer des suppléments alimentaires dans le but de se protéger du cancer. Le FMRC considère que leur action protectrice contre le cancer est insuffisament prouvée, et que certains peuvent même entraîner des effets indésirables. Bien que l'étude mentionnée ci-dessus ait été menée sur des animaux de laboratoire, et pas (encore) sur des humains, elle semble néanmoins corroborer la recommandation du FMRC.

Les acides gras de poisson ont cependant déjà prouvé leur utilité, essentiellement par leurs propriétés anti-inflammatoires. D’autres études, menées dans le cadre de la prévention du cancer, avaient également montrées un effet protecteur, même dans le cas du cancer du côlon. Toutefois, ces études portaient surtout sur la prise de doses normales, et non pas de hautes doses comme c'est le cas dans l'étude évoquée ci-dessus.

Intégrer régulièrement du poisson au menu reste donc utile. Deux à trois portions de 150g de poisson par semaine suffisent. Mais pas plus : en cas de consommation plus importante, les inconvénients peuvent prendre le pas sur les avantages. Il faut savoir qu’aujourd’hui la chair de poisson concentre souvent des substances toxiques issues de la pollution environnementale : métaux lourds, PCB, dioxines, etc. Certaines espèces semblent plus touchées que d’autres par ce phénomène. C'est le cas de l'espadon et de certaines variétés de thon et de saumon. D'autres, par contre, en contiennent nettement moins, comme le maquereau, l'anchois, la sardine, la dorade, le bar ou la sole. Un bon conseil est de préférer les petits poissons aux gros. Et bien entendu, il faut varier au maximum.

Pour ceux qui n'apprécient pas le poisson, le recours aux suppléments en omega-3 reste envisageable. Mais ne prenez jamais l'initiative de votre propre chef ! Consultez toujours un médecin, un pharmacien ou un diététicien ; ils pourront vous aider à faire les bons choix.

En savoir plus ?

www.cancer.be > Prévention et dépistage > Prévention > Alimentation > Aliments et cancer

Dernière mise à jour : ( 13-10-2010 )
 

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