Une vaste étude clinique est actuellement en cours pour tester un vaccin thérapeutique contre le cancer du poumon (non à petites cellules). Pas moins de 10 000 patients participeront à cet essai (dont une centaine de patients belges). L’objectif est d’éviter une rechute après l’ablation chirurgicale de la tumeur pulmonaire. Les premiers résultats, obtenus auprès d’environ 200 patients suivis pendant 4 ans, s’avèrent encourageants.
Sources : Belga, 08-02-10 ; Le Soir, 09-02-10 ; Gazet van Antwerpen, 08-02-10 ; Het Belang van Limburg, 08-02-10 ; De Morgen, 09-02-10 ; Het Laatste Nieuws, 09-02-10.
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
Les vaccins curatifs contre le cancer sont un type d’immunothérapie anticancéreuse dont le but est de combattre une maladie (le cancer) déjà présente dans l’organisme. Il s’agit donc d’une approche bien différente du traditionnel vaccin préventif qui, lui, vise à nous protéger contre des maladies auxquelles nous pourrions être exposés ultérieurement (rougeole, rubéole, coqueluche, grippe, etc.).
Les premiers vaccins contre les cancers ont été mis au point par une équipe belge, celle du Professeur Thierry Boon, véritable pionnière en la matière. Les chercheurs avaient découvert que les cellules cancéreuses du mélanome (un cancer agressif de la peau) portaient à leur surface des antigènes tumoraux. Il s’agissait de petites «antennes» pouvant être reconnues par le système de défense immunitaire de l’organisme, pour autant que celui-ci apprenne à les identifier correctement et à éliminer les cellules en question, après l’administration d’un vaccin thérapeutique par exemple.
Par la suite, on a découvert que de tels antigènes tumoraux (appelés MAGE3) étaient également détectés à la surface des cellules cancéreuses de patients atteints d’autres types de cancer, dont celui du poumon non à petites cellules. Il semblerait qu’un patient sur 3, atteint d’un cancer du poumon non à petites cellules, serait porteur de tels antigènes tumoraux.
L’entreprise pharmaceutique GlaxoSmithKline s’est alors lancée dans un premier essai clinique incluant près de 200 patients atteints d’un cancer du poumon (non à petites cellules). Après 4 ans de suivi et l’obtention de résultats très positifs, c’est à présent une étude clinique de grande ampleur qui démarre (phase III). Celle-ci inclura pas moins de 10 000 patients issus de 400 hôpitaux répartis dans le monde entier, dont une centaine de patients belges.
Après l’ablation chirurgicale de la tumeur, chaque patient inclus dans l’étude recevra soit le vaccin, soit le placebo, pendant une période de 27 mois. Ni les médecins, ni les patients ne sauront qui reçoit le véritable vaccin et qui reçoit le placebo. Cette information ne sera rendue disponible qu’après la fin de l’étude, afin que les résultats puissent être analysés de la manière la plus objective possible. Au terme du traitement, chaque patient bénéficiera d’un bilan de santé, et ce pendant les 5 premières années suivant l’injection initiale, afin de s’assurer qu’il n’y a aucune récidive du cancer. Ensuite, les patients seront contactés par téléphone jusqu’à 10 ans après le début du traitement afin d’évaluer l’évolution à long terme.
Si les résultats positifs se confirment dans cette phase de l’étude clinique, l’approche vaccinale pourrait être utilisée avec d’autres antigènes tumoraux, ce qui pourrait permettre de traiter divers cancers. Elle serait également susceptible d’être proposée à différents stades d’évolution de la maladie. C’est dire si l’espoir des chercheurs et des malades est immense. Mais pas de précipitation : toutes ces possibilités doivent être évaluées dans le cadre d’essais cliniques rigoureux, afin de déterminer leur efficacité.