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Un nouveau marqueur pour prédire l’agressivité du cancer de la prostate ?

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News 18-03-09

L’équipe du Dr Arul Chinnaiyan (Université du Michigan, USA) vient de publier, dans la célèbre revue scientifique Nature, les résultats d’une étude portant sur la découverte d’un marqueur qui permettrait de distinguer les cancers de la prostate les plus agressifs de ceux évoluant plus lentement. Si ces données se confirment, elles pourraient déboucher sur la mise au point d’un nouveau test urinaire qui complèterait efficacement l’arsenal diagnostic dont dispose actuellement les urologues.

Sources : Nature, 12-02-09 ; 457 (7231) ; Le Soir, 10-03-09

Commentaires de la Fondation contre le Cancer

Les tests de dépistage du cancer de la prostate sont loin de faire l’unanimité au sein de la communauté médicale. Jusqu’à présent, c’est le taux sanguin de PSA (Prostate Specific Antigen) qui est le plus utilisé. Mais ce test n’est ni très sensible, ni très spécifique puisqu’il ne permet pas, à lui seul, de faire la distinction entre des atteintes bénignes de la prostate et un cancer. Par ailleurs, lorsqu’un cancer prostatique est découvert, la difficulté est de déterminer s’il s’agit d’une tumeur à développement rapide, qui requiert un traitement non dépourvu d’effets secondaires, ou d’une tumeur à évolution lente, ne nécessitant pas pareil traitement.

La découverte d’un nouveau marqueur permettant de déterminer l’agressivité d’un cancer de la prostate pourrait dès lors être d’une grande utilité. Dans ce contexte, Arul Chinnaiyan et ses collègues ont comparé des prélèvements (biopsies, urines, sang) provenant de patients atteints de cancer de la prostate à différents stades d’évolution de la maladie et les ont comparés aux échantillons obtenus auprès d’individus sains. Ils ont ainsi découvert une substance, la sarcosine, en quantité beaucoup plus importante dans les formes agressives de cancer de la prostate, en particulier dans les urines. Plus précisément, les taux de sarcosine étaient élevés dans 79 % des prélèvements de cancer de la prostate avec métastases et dans 42 % de ceux de cancer débutant. En revanche, la sarcosine n’a été détectée dans aucun des échantillons de patients indemnes de cancer.

La sarcosine, qui provient du métabolisme d’un acide aminé, la glycine, est trouvée en concentrations de plus en plus importantes au fil de la progression du cancer de la prostate, et de la survenue de métastases. De plus, elle a également été mise en évidence dans des lignées cellulaires humaines de cancers prostatiques, mises en culture dans les laboratoires de recherche. Et lorsque les chercheurs ont ajouté de la sarcosine à des cultures de cellules prostatiques humaines normales, celles-ci sont devenues cancéreuses et ont commencé à se multiplier de manière anarchique dans les boîtes de culture.

Cet ensemble de données laisse à penser que la sarcosine jouerait un rôle clé dans la transformation et l’agressivité des cellules prostatiques cancéreuses.

Ces résultats doivent bien sûr être confirmés avant de pouvoir mettre au point un test de détection urinaire. D’autre part, cette découverte du rôle de la sarcosine impliquée dans les processus liés au pouvoir envahissant des cancers pourrait aussi constituer une cible pour de futurs nouveaux traitements.

 

 

Dernière mise à jour : ( 28-04-2009 )
 

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