Un test sanguin pour dépister le cancer de l’intestin ? |
|
|
|
Lors d’un récent congrès médico-scientifique qui s’est tenu à Berlin, la société belge OncoMéthylome a présenté les résultats de ses recherches concernant un nouveau test de dépistage des cancers colorectaux par prise de sang. Si ce test est validé, il pourrait venir compléter la panoplie des examens de dépistage.
Commentaires de la Fondation Belge contre le CancerLe cancer colorectal touche environ un individu sur 17 durant sa vie et est la deuxième cause de mortalité par cancer en Europe et aux Etats-Unis. Il touche principalement les adultes de plus de 50 ans. Mais les symptômes passent généralement inaperçus au début de la maladie. On estime que moins de 40 % des patients sont diagnostiqués à un stade précoce. Or, c’est à ce stade que les chances de guérison sont les plus importantes. C’est pourquoi, à partir de 50 ans, les adultes devraient se soumettre régulièrement à un dépistage. Les examens usuels étant actuellement la recherche de sang occulte dans les selles et la coloscopie. Mais les approches proposées actuellement présentent divers inconvénients. La coloscopie permet d’examiner directement l’intérieur du côlon et du rectum. L’examen permet en outre le retrait des polypes précancéreux. Mais la technique est invasive, coûteuse, exige une préparation des intestins et nécessite des praticiens hautement qualifiés. Quant au test sanguin réalisé à partir d’un échantillon de selles (Hemoccult), il permet de détecter la présence de traces microscopiques de sang, non visibles à l’œil nu. Il est moins invasif et peu coûteux mais certains patients rechignent à manipuler eux-mêmes l’échantillon de selles et à l’envoyer ensuite par la poste pour analyse. Sans compter que le test détecte également la présence de sang non liée au cancer colorectal (en jargon médical, on dit que le test est peu spécifique). Dès lors, des chercheurs tentent de mettre au point un nouveau test de dépistage précoce qui serait efficace, moins cher et plus facile à mettre en œuvre. C’est ainsi qu’une équipe de la firme belge OncoMéthylome a présenté les résultats préliminaires d’une étude qui vise à détecter deux anomalies génétiques (SYNE1 et FOXE1) présentes dans le sang de patients atteints d’un cancer colorectal. Ces deux anomalies sont fortement liées au cancer colorectal et sont rarement présentes chez des individus indemnes de tumeurs. Réalisée auprès de 193 patients atteints d’un cancer colorectal et chez 686 témoins, la recherche de ces deux gènes anormaux, au départ d’une simple prise de sang, a montré une sensibilité (nombre de malades correctement identifiés par l’examen) de 56 % et à une spécificité de 91 % (autrement dit 9 % des tests étaient positifs chez des non-malades). Toutefois, ces résultats chutent respectivement à 41 et 80 % aux stades précoces de la maladie (stades 1 et 2). Bien que prometteurs, ces résultats devront être encore nettement améliorés avant qu’un tel dépistage par prise de sang puisse être utilisé en routine. |
|
| Dernière mise à jour : ( 12-10-2009 ) |












