La fumée de cannabis est-elle cancérigène ? |
|
|
|
Lorsque le cannabis est fumé, les substances toxiques produites par la combustion de l’herbe ou de la résine pénètrent dans l’organisme via la bouche, la gorge et les poumons, et y produisent des effets nocifs. A l’heure actuelle, plusieurs études scientifiques font état d’un risque cancérigène lié à cette consommation de cannabis. La grande majorité des gens ignore les dangers réels de la consommation de cannabis et encore moins ses effets cancérigènes. Face à ce manque d’information pouvant s’avérer très problématique, la Fondation contre le Cancer se doit d’informer le grand public, par mesure de précaution. Qu’est-ce que le cannabis ?Le cannabis sativa, aussi appelé chanvre, est une plante utilisée depuis des siècles pour fabriquer de la corde et des vêtements. Aujourd’hui, la plante est consommée pour ses effets euphorisants sous forme de marijuana, de haschich ou d’huile de haschich. Le haschich est souvent beaucoup plus concentré que la marijuana. Le cannabis est généralement fumé. Le haschich et la marijuana peuvent également être ajoutés à des aliments (dans les space-cakes par exemple) ou à des boissons (du thé par exemple). Dans ce cas, un temps plus long est nécessaire pour ressentir des effets euphorisants. Les noms usuels du cannabisLes fleurs séchées sont couramment nommées marijuana, mari, marie-jeanne, ganja, kif, beuh, weed, buzz, herbe ou pot. La résine de cannabis est appelée haschich, hash, teuch ou shit. Comment le cannabis est-il fumé ?Généralement, le cannabis est fumé sous forme de joint : les fleurs séchées ou la résine émiettée sont roulées dans du papier à cigarette. Un joint peut également être réalisé directement avec une feuille de tabac lui donnant un aspect de cigare (le « blunt »). D'autres techniques de consommation utilisent diverses sortes de pipes. Ces moyens de fumer le cannabis visent soit à en augmenter les effets, soit à en diminuer la toxicité. La pipe à eau classique (dénommée aussi narguilé ou shisha), permet de fumer du cannabis tout en refroidissant la fumée. La diminution de la température n’empêche cependant pas la production de substances toxiques. Lorsqu’on fume une pipe de cannabis, le temps de fumage est plus long et les volumes inhalés plus importants. La toxicité et le risque de cancer sont dès lors augmentés ! La vaporisation est une autre méthode d'absorption du cannabis. On peut extraire le THC et les autres cannabinoïdes sous forme de vapeur en chauffant légèrement la plante sans la brûler. Cette méthode aurait l'avantage de ne pas produire les substances toxiques contenues dans la fumée du cannabis lors d'une combustion normale. Nous n’avons cependant pas de données concernant l’éventuelle présence de cancérigènes dans la vapeur, produits par de basses températures. Notons par ailleurs que le cannabis peut-être coupé à l'aide de substances dont l’inhalation peut s’avérer toxique: poudre de verre et sable par exemple. Les substances chimiques en causeLe cannabis contient de très nombreuses substances chimiques dont des cannabinoïdes. La principale substance psychotrope est le delta-9-tétrahydrocannabinol ou THC. C’est celui-ci qui procure une sensation de légère euphorie et qui donne l’impression de « planer ». Les effets peuvent néanmoins varier d’une personne à l’autre, selon les circonstances de consommation et en fonction du type de cannabis consommé. De plus, la fumée du cannabis renferme les mêmes substances cancérigènes que celle du tabac (hydrocarbures aromatiques, nitrosamines, aldéhydes, etc.). Des études scientifiques difficiles à menerLes études déjà réalisées sur les risques de cancers liés au fumage de cannabis sont parfois difficiles à interpréter. D’une part, elles sont « rétrospectives », c’est-à-dire qu’elles sont effectuées chez des patients atteints déjà d’un cancer, à qui l’on pose des questions sur leur consommation passée de cannabis. Cette approche aboutit souvent à une minimisation de la consommation (imprécision de la mémoire, difficulté d’avouer la consommation d’un produit interdit…). D’autre part, ces études ne prennent pas toujours en compte le mode de consommation de la fumée de cannabis. Or, la température élevée de la fumée, l’importance du volume de fumée inhalé, l’inhalation plus profonde et la durée de rétention accrue de la fumée sont autant d’éléments à prendre en considération. De plus, les joints sont généralement consommés jusqu’au bout, précisément là où la concentration de goudrons cancérigènes est particulièrement élevée. Enfin, il n’est généralement pas précisé si le cannabis consommé l’était sous forme d’herbe ou de résine, ni quelle était sa concentration en THC dont on sait que les teneurs actuelles sont plus élevées que dans les années soixante, ce qui modifie le comportement de " fumage" . Tous ces éléments devront être pris en considération dans les prochaines études portant sur le cannabis et les cancers. Les cancers dus au cannabisL’effet cancérigène de la fumée de cannabis est plus que probable. Ainsi, une récente étude néo-zélandaise (1) indique que la consommation de cannabis augmente le risque de cancer du poumon, sans que cela soit dû au tabac simultanément présent dans le joint. Selon cette même étude, le risque cancérigène associé au cannabis est proportionnel à l’intensité et à la durée de sa consommation. Nous insistons donc sur le fait que ce n’est pas la présence de tabac dans le joint qui serait responsable d’un cancer du poumon mais bien la combustion du cannabis lui-même. Même si de son côté, la combustion du tabac est évidemment cancérigène. Par ailleurs, un volumineux rapport français (2), reprenant les résultats de nombreuses études sur les liens existant entre le fumage de cannabis et le cancer, mentionne des cas de cancers du poumon, de la bouche, de la gorge. En particulier, des cas de cancers de la langue, de l’amygdale ou du larynx ont été constatés chez de jeunes fumeurs exclusifs de cannabis. Il a également été rapporté des cas de cancers chez des enfants exposés indirectement au cannabis fumé par la mère, tels le rhabdomyosarcome (cancer du muscle) ou certaines leucémies. Le risque de cancer de la prostate était également augmenté chez les fumeurs de cannabis. Le saviez-vous ?La fumée de cannabis contient des goudrons cancérigènes identiques à ceux présents dans la fumée de tabac. Mais leur concentration est nettement plus importante dans la fumée de cannabis. Comme effet indirect de la fumée de cannabis, notons que le THC pourrait dilater les bronches et, de cette manière, favoriser un passage plus important de substances cancérigènes. De même, le cancer de la gorge qui se développe précocement chez certains fumeurs de cannabis pourrait être favorisé par une fumée bien plus chaude que celle du tabac. Du cannabis utilisé dans le traitement du cancer ?Le THC est parfois utilisé dans le traitement du cancer, pour améliorer la qualité de vie du malade en cas de douleur ou de vomissements. Dans cette indication, on peut proposer du THC sous forme de médicament et non pas en fumage ! Besoin d’aide ou d’informations supplémentaires?Si vous souhaitez obtenir davantage de précisions sur la toxicité du cannabis, si vous avez décidé de vous informer sur les moyens d’arrêter ou de modifier votre consommation ou si vous cherchez les coordonnées d’un centre ou d’un professionnel de la santé susceptible de vous aider, voici plusieurs adresses utiles:
Ligne Tabac-Stop : 0800 111 00 (numéro gratuit)ou cliquez ici Références
(1). S. Aldington, M. Harwood, B. Cox, M. Weatherall, L. Beckert, A. Hansell, A. Pritchard, G. Robinson, R. Beasley on behalf of the Cannabis and Respiratory Disease Research Group Cannabis use and risk of lung cancer: a case–control study (2) Rapport d’expertise de l’INSERM 2001- Bulletin du cancer Vol 93, N. 2, 163-70, fev. 2006
|
|
| Dernière mise à jour : ( 10-08-2009 ) |










