Les cliniques du sein : un besoin, une réalité ! |
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Notre pays dispose d'un personnel soignant des plus compétent et d'excellentes infrastructures de soins. L'oncologie est cependant un domaine complexe et très vaste, qui évolue en permanence. Tous les hôpitaux ne sont donc pas en mesure de proposer un traitement de qualité égale pour toutes les formes de cancer. Il est d'ailleurs illusoire, en médecine, de croire qu'il est possible de tout traiter de façon idéale. Comment, dans ces conditions, offrir le meilleur accompagnement médical et psychosocial possible aux malades ? Le développement de véritables centres de référence apparaît comme une piste potentielle, si pas « la » piste à suivre en la matière. En ce qui concerne le cancer le plus fréquent chez les femmes, l'agrément officiel d'un certain nombre de cliniques du sein, sélectionnées sur la base d'exigences qualitatives précises et vérifiables, constitue le meilleur moyen de répondre aux attentes des patientes et des soignants. Synopsis de la situationDans notre pays, plus de 9 000 femmes sont touchées chaque année par le cancer du sein. 22,3 % de ces cancers surviennent chez des femmes de moins de 50 ans et 27,2 % chez des femmes de plus de 70 ans (chiffres de 2003). Le taux de mortalité lié au cancer du sein reste assez élevé (2 416 décès en 1997), plus élevé que dans les pays limitrophes.
Bien que la mortalité diminue (- 0,53 % pour la période 1987-1997), ce recul s'effectue plus lentement que chez nos voisins (- 1,63 % en France dans le département du Bas-Rhin et 1,52 % dans la Sarre, en Allemagne). Ces différences sont imputables à plusieurs facteurs. Elles démontrent qu'il est non seulement possible, mais aussi nécessaire, d'améliorer les choses dans ce domaine. Spécialisation et agrément légal : deux éléments indispensablesEn oncologie, les meilleurs résultats c'est-à-dire les plus hauts taux de guérison, mais aussi la préservation optimale de la qualité de vie des patients sont observés dans des filières qui associent multidisciplinarité, spécialisation et recherche.Cela suppose un niveau de qualité élevé au niveau de chaque maillon de la « chaîne », du dépistage au traitement, sans oublier les disciplines apparentées telles que l'imagerie médicale, l'analyse en laboratoire, la prise en charge psychologique, les soins, la kinésithérapie, etc. Cette qualité doit impérativement s'appuyer sur une pratique soutenue en d'autres termes, un nombre suffisant de patients et, par conséquent, une expérience étendue. En Belgique, un arrêté royal réglemente et organise les soins aux patients cancéreux depuis mars 2003. Il définit ainsi les normes applicables aux « programmes de soins d'oncologie » et aux « programmes de base en oncologie ». Ce texte vise clairement à améliorer la qualité des soins et renforce le caractère multidisciplinaire de la prise en charge. Un arrêté ministériel du 29 mai 2006 fixe également les critères relatifs à l'agrément des médecins spécialisés en oncologie médicale. Toutes ces étapes ont certes constitué des avancées majeures dans la bonne direction, mais ne sont pas suffisantes. Chaque type de cancer exige en effet une approche spécifique et multidisciplinaire, qui doit de surcroît bénéficier des moyens financiers nécessaires. Cliniques du sein agréées : une recommandation scientifique et européenne, suivie d'une réglementation légale Sur la base des recommandations scientifiques adoptées conjointement par la European Society of Mastology (EUSOMA), le Breast Cancer Cooperative Group de l'EORTC et Europa Donna, qui ont été publiées en 2000 dans le European Journal of Cancer, le Parlement européen a adopté en juin 2003 une résolution invitant les États membres à organiser et à décerner un agrément spécial aux cliniques du sein remplissant des critères qualitatifs précis. Idéalement, il faudrait disposer d'une clinique du sein pour 250 000 habitantes (soit une vingtaine en Belgique) et instaurer une coordination centralisée à l'échelon national. Les recommandations européennes parlent notamment de minimum 150 cas de nouveaux cancers opérés par an et par centre, avec au moins 50 opérations par chirurgien. span>Dans notre pays, selon les informations fournies par le ministère de la Santé publique :
Pendant les deux premières années, il faut enregistrer minimum 100 nouveaux diagnostics et traitements par an, puis minimum 150 par an et par centre. Les chirurgiens doivent effectuer au moins 50 opérations par an. La clinique du sein doit en outre :
Dès que cet A.R. entrera en vigueur, seule les établissements agréés pourront encore porter la dénomination « clinique du sein ». Un réel besoin de transparenceLa Fondation contre le Cancer, Europa Donna Belgium et d'autres associations d'aide aux patients sont souvent confrontées aux questions pressantes de malades (et de leurs proches), qui s'interrogent sur le choix toujours assorti de conséquences non négligeables d'un centre de traitement. C'est au médecin traitant qu'incombe la responsabilité de recommander un hôpital ou un spécialiste. Or, cette tâche s'avère bien difficile en l'absence de critères objectifs. La reconnaissance par les pouvoirs publics d'un certain nombre de cliniques de sein, qui répondent à des critères qualitatifs précis et sont soumises à une évaluation régulière sur le plan des résultats, devrait permettre aux patients de poser ce choix de façon beaucoup plus objective. Il s'agit là d'une de leurs attentes les plus pressantes. Cette transparence sur la qualité des centres de traitement ne fait-elle pas partie intégrante des droits des patients ?
Dr Didier Vander Steichel Directeur scientifique
Les cliniques du sein
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| Dernière mise à jour : ( 20-01-2011 ) |












