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De quoi s'agit-il ?

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Le dépistage génétique en cancérologie est un sujet de plus en plus souvent évoqué par les malades ou leurs proches. Mais de quoi s'agit- il? Comment et chez qui un dépistage génétique est-il effectué ? Quels sont les cancers concernés ? Autant de questions auxquelles nous essaierons de répondre dans cette fiche.





Génétique et cancer

Il faut distinguer deux aspects différents au niveau des facteurs génétiques qui influencent l'apparition d'un cancer :


- Dans la grande majorité des cas, un cancer résulte d'une cascade d'altérations génétiques au sein d'une cellule, qui conduisent au développement d'une tumeur. Mais ces anomalies ne sont pas présentes dans l'ensemble des cellules de l'individu et ne peuvent donc pas se transmettre de génération en génération. Dans ce cas, il n'y a donc pas de prédisposition héréditaire.

- Il existe cependant des familles au sein desquelles certaines formes de cancer apparaissent anormalement fréquemment, si bien que l'on peut parler d'une prédisposition héréditaire. Celle-ci intervient dans environ 10 % de l'ensemble des cas de cancer.

Il est important de bien  comprendre qu'une mutation génétique n'implique pas automatiquement l'apparition du cancer, mais elle peut augmenter fortement le risque de développer la maladie.





Quels sont les cancers à transmission héréditaire ?

Il existe certaines formes de cancers pour lesquelles la transmission héréditaire est plus fréquente.


- Certains cancers du sein et des ovaires se manifestent plus fréquemment chez plusieurs générations d'une même famille. Une mutation génétique héréditaire (BRCA1 ou BRCA2) peut en être responsable : elle augmente le risque d'une femme d'avoir un cancer du sein et augmente aussi son risque de cancer des ovaires. C'est pourquoi les deux risques sont souvent estimés ensemble.


- La polypose adénomateuse familiale colique. Il s'agit d'une rare forme héréditaire du cancer du côlon (un individu sur 10 000) se manifestant par la présence de centaines de polypes au niveau du gros intestin. Chez les individus touchés, ces polypes intestinaux dégénèrent habituellement en cancer de l'intestin entre l'âge de 25 et 40 ans. Cette pathologie représente toutefois moins de 1 % de l'ensemble des cancers de l'intestin.


- Le syndrome de von Hippel-Lindau. Chez les personnes atteintes, les capillaires (les plus petites ramifications des vaisseaux sanguins), forment de petits « nœuds » ou angiomes. Cela occasionne des dommages aux tissus environnants, par exemple une pression sur le cerveau ou la moelle épinière, ou des hémorragies (au niveau de la rétine, elles peuvent provoquer des troubles de la vision). Des kystes bénins apparaissent au niveau des vaisseaux sanguins du cervelet, de l'œil, du pancréas et des reins. Au niveau des reins, ces kystes peuvent dégénérer en cancer à un âge moyen.


- Un autre exemple est celui du xeroderma pigmentosum. Les malades ont des mutations qu'ils ont reçues de leurs ascendants et qui inactivent le fonctionnement des systèmes de réparations de l'ADN. Dès leur plus jeune âge, ces patients vont accumuler des mutations provoquées simplement par les rayons ultraviolets du soleil. Ces mutations conduisent au déclenchement de cancers de la peau très précoces.


- Le cancer médullaire de la thyroïde dû à une anomalie génétique dans le cadre du syndrome de néoplasie endocrinienne multiple. Il s'agit d'une tumeur qui secrète de grandes quantités de thryrocalcitonine. Le gène responsable, RET, code pour un facteur de croissance spécifique des cellules C de la thyroïde.
Un dosage régulier de la thyrocalcitonine est nécessaire pour un diagnostic précoce, avant l'évolution du cancer en dehors de la thyroïde.


- D'autres types de cancer peuvent aussi se développer plus souvent au sein d'une même famille : rétinoblastome (cancer de la rétine de l'œil observé chez l'enfant), syndrome de Li et Fraumeni (les porteurs sont prédisposés à des tumeurs variées), tumeur de Wilms (tumeur du rein chez l'enfant), etc.






Qui est concerné par le dépistage génétique ?

Seules les personnes dont l'histoire familiale fait supposer la présence d'une forme héréditaire de cancer sont concernées par un dépistage génétique. Il n'est pas question de proposer un dépistage génétique en présence d'un cas isolé.

Par contre, on peut l'envisager si l'on constate trois cancers identiques dans une même famille et si l'un d'entre eux au moins atteint une personne inhabituellement jeune (avant 50 ans pour le cancer du côlon par exemple).

Autre exemple : le fait que deux femmes apparentées soient atteintes d'un double cancer (sein et ovaire).





Comment se déroule un dépistage génétique ?

Divers centres spécialisés proposent des consultations dites de « génétique » où l'on peut rechercher la présence ou non de gènes de prédisposition à certains cancers (Il existe 8 centres de génétique agrées en Belgique).

Le dépistage génétique débute toujours par l'analyse génétique de la personne atteinte du cancer.

Avant de consulter un généticien du cancer (oncogénéticien), il est important de demander l'avis du médecin traitant car :

1° : les tests de prédisposition génétiques sont encore limités ;

2° : ils ne sont utiles que s'il existe des arguments laissant penser qu'une personne est porteuse d'une  mutation ;

3° il faut savoir que la pratique de ces tests n'est pas sans conséquence :

- l'absence de mutation ne signifie pas l'absence totale de risque. On se retrouve simplement confronté au même risque que la population générale.
- La présence d'une telle mutation conduira le médecin à proposer à son patient des solutions variables suivant le type de cancer, pouvant aller d'une surveillance étroite (sein) à des opérations importantes (côlon).


Se greffent sur ces attitudes une immense inquiétude familiale et des problèmes délicats de contacts ou non avec les autres membres de la famille.


En pratique

Il est indispensable de débuter la recherche chez la personne atteinte par le cancer. Une simple prise de sang suffit. L'analyse des gènes se réalise au départ des globules blancs et dure en moyenne 3 mois, voire plus.

Ce temps peut paraître long, mais il illustre la complexité et la méticulosité du travail d'analyse en laboratoire. Lorsqu'une mutation est identifiée chez la personne malade, on vérifie alors dans un deuxième temps, toujours par prise de sang, si l'anomalie a été transmise ou non à ses descendants.





Importance du suivi psychologique

Avec le résultat du test génétique, le médecin pourra soit rassurer quand la mutation est absente, soit proposer une prise en charge spécifique. A chacune des consultations, l'oncogénéticien détaille les avantages et les inconvénients de la reconnaissance d'une mutation. Lourde de conséquences, la révélation d'une prédisposition à développer un cancer doit s'accompagner d'un soutien psychologique. Une surveillance rapprochée, examen clinique et mammographie dans le cas du sein par exemple, doit être dans le même temps orchestrée.
 

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