Des chercheurs israéliens viennent de publier dans la très sérieuse revue scientifique The British Journal of Cancer les résultats d’une étude indiquant qu’un test de l’haleine pourrait permettre détecter certains types de cancers. L’année dernière, des résultats préliminaires indiquaient qu’une telle détection était possible dans le cas de cancers du poumon. Aujourd’hui, l’étude a été élargie aux cancers du sein, de la prostate et du colon.
Sources :British Journal of Cancer (2010), 542-551 ; Belga, 11-08-10 ; Le Soir, 11-08-10 ; L’Echo, 12-08-10 ; Gazet van Antwerpen, 12-08-10 ; Het Laatste Nieuws, 12-08-10 ; La Dernière Heure, 12-08-10 ; l’Avenir, 12-08-10 ; La Capitale, 12-08-10 ; Het Nieuwsblad, 12-08-10.
Commentaires de la Fondation contre le Cancer
L’année dernière, cette même équipe de chercheurs israéliens avaient annoncé qu’un test de l’haleine pouvait permettre de détecter un cancer mais seuls des tests préliminaires avaient été concluants pour des cas de cancers du poumon. L’équipe a alors persévéré dans cette voie originale de recherche et des essais ont été menés auprès de 177 volontaires âgés de 20 à 75 ans, atteints de différents types de cancers (poumon, sein, prostate ou colon) ou indemnes de maladie. Les analyses ont été effectuées dans des conditions standardisées, dès l’établissement du diagnostic par les approches conventionnelles (imagerie et biopsie) et avant application de tout traitement.
Sur quoi se basent ces tests d’haleine ? On sait que les cellules cancéreuses présentent des modifications chimiques de certains composants de leur membrane. Ces modifications entraînent la formation de composés organiques volatils (COV). De précédents travaux ont montré que ces COV peuvent se détecter à la surface des cellules cancéreuses mais aussi dans l’haleine des patients. En effet, au niveau des poumons, une partie des COV présents dans le sang passe dans l’air que la personne respire.
Pour détecter ces COV, des senseurs ont été mis au point à partir de nanoparticules d’or recouvertes de molécules organiques réactives. L’air expiré par les sujets est mis en contact avec le senseur pendant 5 minutes et la concentration de divers composés est mesurée. Les résultats montrent qu’il est possible de distinguer ainsi les individus sains de ceux atteints d’un cancer et, mieux encore, de distinguer les différents types de cancers dont sont atteints les patients ayant participé à l’étude.
Ces résultats sont bien entendu tout à fait préliminaires et devront être vérifiés auprès d’un plus grand nombre d’individus. Mais s’ils se confirmaient, nous aurions à disposition un nouvel outil d’aide au dépistage précoce de différents types de cancers, à la fois non invasif et peu coûteux. Un bémol toutefois. Si un cancer est détecté plus précocement grâce à cette technologie innovante, il devra encore pouvoir être localisé avec précision avant d’envisager un traitement.