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Traitements, effets secondaires et perspectives

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L'hormonothérapie occupe une place importante dans le traitement de ces cancers, soit seule dans les formes avancées, soit occasionnellement en complément d'une chirurgie ou d'une radiothérapie.

Face à une petite tumeur bien localisée, on aura plutôt recours à la chirurgie seule, à la radiothérapie seule, ou à une simple surveillance sans traitement pour les tumeurs peu agressives chez les patients  âgés.

A l'origine, cette hormonothérapie consistait en une castration chirurgicale (ablation des testicules) pénible sur le plan psychologique, ou en l'administration d'hormones féminines (œstrogènes) responsables d'effets secondaires importants (féminisation, problèmes vasculaires).

Des traitements tout aussi efficaces et mieux tolérés sont actuellement disponibles.

La castration chimique :

On peut obtenir un effet identique à l'ablation des testicules non plus par chirurgie, mais par l'administration de substances chimiques qui interfèrent avec la production des hormones masculines (d'où l'appellation castration chimique).
Différents médicaments sont disponibles pour ce faire.
Ils bloquent la sécrétion de LHRH, une hormone produite par l'hypophyse. Cette hormone a pour fonction de stimuler la production d'androgènes (hormones masculines) par les testicules. L'absence de LHRH se traduit par une disparition des androgènes testiculaires. Il en résulte un arrêt de la stimulation hormonale des cellules prostatiques.

L'administration du traitement se fait par injection intramusculaire ou sous-cutanée, soit tous les 28 jours, soit une fois par trimestre.

Les anti-androgènes :

Il s'agit d'une autre catégorie de médicaments qui empêchent la fixation des androgènes sur leurs récepteurs au niveau des cellules de la prostate. Les hormones masculines sont alors incapables d'y exercer leur action.

Ces médicaments se prennent par la bouche en une ou plusieurs doses quotidiennes.

Les anti-androgènes sont utilisés en complément de la castration chimique (cf. ci-dessus). En effet, au début du traitement anti LHRH, on peut observer une brève augmentation des taux d'hormones masculines, avant l'arrêt de leur production testiculaire. Les anti-androgènes, pris pendant cette brève période, permettent d'éviter que cette "bouffée" d'hormones ne stimule la tumeur.

Par ailleurs, une faible partie des androgènes circulant dans le sang (+/- 10%) est originaire non des testicules mais des surrénales (glandes situées au-dessus des reins). Elle n'est donc pas supprimée par la castration chimique. D'où l'intérêt possible de combiner les deux traitements de façon permanente, pour bloquer l'action des androgènes résiduels. Les avantages à long terme de cette approche thérapeutique sont toujours en cours d'évaluation.

Effets secondaires :

La castration chimique s'accompagne principalement de bouffées de chaleur et d'une diminution de la puissance sexuelle ou d'une impuissance. Certains patients rapportent des plaintes diverses (nausées, éruptions cutanées, faiblesse des membres inférieurs, maux de tête?). Dans de rares cas, on constate une sensibilité anormale ou un léger gonflement des seins dû au développement des glandes mammaires (normalement présentes chez l'homme à l'état d'ébauches sous les mamelons). Des troubles passagers de la pression artérielle (hypotension ou hypertension) sont parfois rencontrés.

Les anti-androgènes ne s'accompagnent pas d'une impuissance, mais certains d'entre eux sont responsables d'une infertilité (peu ou pas de spermatozoïdes dans le sperme), réversible après l'arrêt du traitement. Ils entraînent parfois un gonflement des seins (gynécomastie) pouvant s'accompagner d'une hypersensibilité.

Des perturbations du foie ou des troubles de l'humeur ont également été décrits.

Nouvelles perspectives :

De nouveaux modes d'administration de l'hormonothérapie sont en cours d'évaluation, dans l'espoir d'augmenter la durée d'efficacité du traitement et de mieux respecter la qualité de vie des patients. C'est ainsi que la possibilité d'une hormonothérapie intermittente (castration chimique avec ou sans anti-androgènes) est actuellement à l'étude. Si son intérêt se confirme, elle permettrait une amélioration de la qualité de vie pendant les intervalles sans traitement.

 

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