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tsl_news.jpgUne des attributions de la Ligne Tabacstop consiste à suivre de manière très régulière l’actualité au sujet du tabac.

Sous la rubrique news, il y a plusieurs articles de presse commentés par nos spécialistes.

Vous trouverez notre dernière actualité ci-dessous.
Pour consulter les sujets abordés dans nos news précédentes, cliquez ici.


Dernière actu : Janvier 2012

Une étude met en doute les substituts nicotiniques

Les substituts à la nicotine seraient inefficaces pour arrêter de fumer, affirment les auteurs d'une étude de la Harvard School of Public Health (Etats-Unis). Plus précisemment, les substituts ne donneraient pas de meilleurs résultats à long terme si l’on arrête de fumer sans ces traitements.

Source : La Libre Belgique 11 01 2012

Avis de la Fondation :

Pour établir ce constat, les universitaires ont questionné 787 personnes qui venaient d'arrêter de fumer.  De ce nombre, le tiers a repris en quel¬ques semaines. Parmi les ex-fumeurs qui étaient en rechute après six semaines de sevrage, les chercheurs ont dénombré autant d'utilisateurs de substituts à la nicotine que de personnes qui n'en avaient pas pris.

Que faut-il penser de ces résultats ? Rien d’extraordinaire. On sait en effet que les substituts nicotiniques sont réellement efficaces lorsqu’ils sont utilisés aux doses adéquates, de préférence en association (par exemple, le couplage d’un patche et de comprimés), sur une durée définie par des paramètres précis comme la charge en nicotine des cigarettes et le nombre de cigarettes fumées. Que la prise de substituts nicotiniques doit être modulée, adaptée en fonction de contextes de vie particuliers (stress ou fatigue, par exemple), de la présence ou non d’une co-addiction (alcool, cannabis …). Que des précisions de doses peuvent être apportées par des dosages particuliers dans les urines.

 Un professionnel de la santé  formé à ce type de prise en charge pourra donc utiliser au mieux les substituts nicotiniques.

L’étude publiée dans la revue Tobacco Control n'évalue donc  pas l’efficacité des traitements mais juste le résultat d’une prise de substituts nicotiniques –en vente libre- qui n’est pas toujours simple dans son utilisation.

Enfin et surtout, arrêter de fumer n’est pas qu’une affaire de nicotine… Une prise en charge psychologique et comportementale s’avère nécessaire chez certaines personnes,  pour assurer une rémission la plus longue possible.



Shiazo : un substitut au tabac ?

Le shiazo, récent  moyen d’utiliser la chicha sans consommer du tabac, rencontre pas mal de succès. Le principe qui préside est d’éviter la production de fumée par  combustion du  tabac.

Ce nouveau produit se compose principalement  de pierres poreuses capables de stocker l’humidité. Elles sont mélangées à de la mélasse et à l’un ou l’autre arôme. Une fois chauffées sur le charbon ardent de la chicha, il s’en dégage une vapeur très dense, tiède et aromatisée.

Certains shiazo doivent être préparés de manière artisanale par mélange des différents ingrédients, d’autres sont déjà prêts à l’emploi.

Le principe du shiazo est proche de celui des cigarettes dites électroniques, à la différence que la vapeur produite par ces dernières provient de l’échauffement du propylène glycol. Ici, ce n’est pas le cas. La vapeur provient de la chauffe de l’ensemble arôme-mélasse-pierre pour lesquels cependant on ne dispose pas de tests de toxicité.

Il n’est donc pas possible d’affirmer que le shiazo est sain. Tout comme pour la cigarette électronique, le principe de précaution s’impose également ici.  


Tabagisme et cancer de la vessie chez les femmes

Un cancer en augmentation

Source : Belga- 17 8 2011

Commentaires de la Fondation :

Les études montrent que la fréquence du cancer de la vessie dans la population augmente du fait de l’accroissement  du nombre de femmes qui fument.

Le lien fort entre tabagisme et cancer de la vessie pourrait peut-être aussi indiquer un changement dans la composition des cigarettes au cours des années, en particulier une  augmentation dans la teneur de certaines substances cancérigènes liées au cancer de la vessie.
   
Historiquement, les fabricants de cigarettes ont réussi à séduire les femmes avec des produits du tabac autrefois  appelés "Light". Il faut rappeler que ces cigarettes ne sont pas moins nocives que les classiques et que cette mention est désormais interdite.

Il est facile de confondre les symptômes du cancer de la vessie avec ceux d'une infection de la vessie ou de calculs rénaux. Ces symptômes sont principalement :

  • la présence de sang dans l'urine (le plus commun) ;
  • de la douleur ou des sensations de brûlure au moment d'uriner ;
  • un besoin urgent d'uriner ;
  • des douleurs au bas du dos.

La présence de sang dans les urines n'est pas tout de suite perçue comme inquiétante  par les femmes. Il en est de même pour les cystites.
Si vous constatez l'un de ces symptômes, il est donc important de consulter votre médecin pour en déterminer la cause exacte.

Qu’en est-il du tabagisme passif ? La fumée rejetée par les fumeurs contient des arylamines, connues pour leur pouvoir cancérigène sur la paroi vésicale. Celles-ci peuvent être retrouvées dans les urines des non-fumeurs…

Chez  ces derniers,  la présence dans l’environnement, en particulier professionnel, d’autres substances cancérigènes pour la vessie que le tabac représente un risque cumulatif supplémentaire.


De la fumée colorée pour le tabac

En Belgique, une firme a introduit auprès du ministère de la Santé une demande d'autorisation pour ajouter trois nouvelles substances au tabac des cigarettes.

Source : Le soir 13. 7. 2011

Commentaires de la Fondation:

La firme de tabac a demandé l’autorisation pour trois substances dont la finalité est, bien entendu, de capter l’intérêt des jeunes fumeurs.

L'additif E133 colore la fumée des cigarettes en bleu permettant ainsi au fumeur de se différencier.

L’additif E418 a des effets laxatifs. Or, de nombreuses personnes fument une cigarette pour aller aux toilettes. C’est donc un incitant à la consommation. Cette substance peut également diminuer l'âcreté du tabac qui est un frein au tabagisme des jeunes.

Enfin, le MCT ou Medium Chain Triglycérides se révèle être un coupe-faim. On peut donc imaginer sans peine que cette substance permettra de renforcer l'idée selon laquelle fumer permet de lutter contre les kilos…

Séparément, ces substances s’avèrent inoffensives mais leur présence dans la fumée de cigarette risque de renforcer l’addiction chez les jeunes.

La ministre de la Santé Laurette Onkelinx ne semble pas disposée à donner son accord à la demande des cigarettiers.  Le Conseil supérieur de la Santé doit au préalable rendre son avis auprès de la ministre.



Des poumons fragilisés chez les adolescents fumeurs

Après un an de tabagisme, la fumée de tabac provoque des dégâts sévères aux poumons des jeunes utilisateurs.

Source : le soir 2011

Commentaires de la Fondation :

C’est une étude menée à l’UCL  auprès d’adolescents âgés de 16 ans qui le montre.

Avant même de ressentir de l’essoufflement, la consommation de cigarettes pendant un an d’un paquet par jour attaque les cellules immunitaires des bronches. Les défenses naturelles des poumons s’en trouvent donc bel et bien diminuées.

L’effet sur l’immunité est maximal pour un paquet par jour mais, selon l’étude, débute déjà avec 5 cigarettes.
De plus, les échanges d’oxygène entre les alvéoles pulmonaires et  le sang sont diminués, ce qui a des conséquences néfastes pour l’organisme dans son entièreté.

Les adolescents fumeurs ne ressentent rien , les performances sportives ne sont pas atteintes mais le travail de destruction en profondeur est bien à l’œuvre.

Les plaintes ne viendront que plus tard,  lorsque la situation aura atteint un seuil critique.

Cette étude montre donc que les effets toxiques ne commencent pas après un délai de plusieurs années mais bien d’emblée, après quelques mois déjà.

Il reste à étudier maintenant à ce niveau les conséquences de la consommation de cannabis par les adolescents et les effets du tabagisme passif.

Seul le suivi sur une période des temps des adolescents qui auront arrêté de fumer permettra de constater si ces dégâts sont réversibles ou non. 



Cigarettes ultra-nocives

On sait les cigarettes régulières dangereuses  pour la santé mais les cigarettes illégales à la vente, provenant du marché noir,  sont davantage toxiques. 

Source : Agence Belga mai 2011

Commentaires

La composition chimique de cigarettes de contrebande, saisies par la douane, a été analysée .
 
Les recherches ont porté sur la teneur en nicotine, en goudron, ainsi que la quantité de monoxyde de carbone. Un contrôle des mentions portées par les étiquettes a également été effectué.
 
Pour ces cigarettes provenant du marché clandestin, aucun échantillon n'était conforme aux normes.
 
Certains échantillons contenaient jusqu'au double de la teneur autorisée en monoxyde de carbone ou en goudron.
D'autres paquets contenaient moins de nicotine qu’indiqué sur l'emballage.  Cela a pour conséquence que le fumeur pourrait être tenté d’ inhaler plus profondément la fumée pour compenser, et donc d'absorber une quantité de monoxyde de carbone et de goudron plus élevée.
 
Une situation d’autant plus alarmante que la popularité du tabac illégal auprès des adolescents semble à la hausse, en raison principalement de leur coût moindre.

Et on sait par de nombreuses études que le faible prix des cigarettes incite les jeunes à fumer davantage.


Toute forme de tabagisme augmente le risque de cancer du sein

Après la ménopause, les femmes risquent davantage de développer un cancer du sein si elles ont été fumeuses actives ou même passives.

Source : BMJ 2011 ; 342d1016

Commentaires

L’étude a porté sur plus de 80.000 femmes aux Etats-unis, âgées de 50 à 79 ans. En cas de tabagisme actif, le risque de cancer du sein était accru de plus de 15%. Le risque était encore plus élevé chez les femmes qui ont commencé tôt à fumer et/ou ont beaucoup fumé.
Les femmes qui ont été exposées longtemps au tabagisme passif, en milieu de travail ou à la maison, présentaient un risque de cancer du sein après la ménopause de plus de 30% !

Les auteurs soulignent toutefois que ces derniers résultats doivent être confirmés par d’autres études.
Le cancer du sein est le premier cancer chez la femme dans le monde. La fumée du tabac contient des agents cancérigènes, tels que des hydrocarbures aromatiques polycycliques,des acides aminés aromatiques et des N-nitrosamines.

Pour information, d’autres études réalisées précédemment ont montré que le tabagisme actif ou passif augmentait le risque de cancer du sein chez les femmes préménopausées cette fois. Le tabagisme doublerait les probabilités d’être un jour atteint de la maladie.

Toutes ces constatations  soulignent la nécessité d’éviter de commencer à fumer et en tout cas d’encourager l’abandon du tabagisme à tous les âges.


Le tabac est-il une des causes du psoriasis

Le psoriasis est une maladie de la peau inflammatoire chronique évoluant par poussées. Elle peut s’accompagner d’importantes répercussions esthétiques,  relationnelles et psychologiques.

Sa cause est inconnue, mais il existe une prédisposition génétique nécessitant un ou plusieurs éléments déclenchant. 
Actuellement, le lien entre tabac et psoriasis a été clairement mis en évidence.

La faute aux nombreuses substances toxiques présentes dans la fumée de cigarette qui affaiblissent le système immunitaire. Ce qui a pour conséquence, par ailleurs, de favoriser certaines infections de la gorge, dont celles à streptocoques, qui entraînent des poussées de psoriasis.
La fumée contient également des radicaux libres très irritants pour la peau qui la fragilisent davantage.

Une étude a été menée aux Etats-Unis chez près de 80. 000 femmes, suivies durant plusieurs années. D’après les résultats de cette recherche, le risque de déclencher un psoriasis serait nettement augmenté, en comparaison avec la population féminine non-fumeuse. Et plus l’on fume, plus ce risque est aggravé.

En revanche, après 20 ans d’arrêt du tabac, la probabilité de développer un psoriasis retrouve un niveau comparable à celui d’un non-fumeur.

Le tabagisme passif constitue également une menace pour cette maladie de la peau.

Dans ce contexte, l’exposition  passive du fœtus à la cigarette pendant la grossesse augmente  la probabilité de déclencher plus tard un psoriasis. Lorsque l’exposition se déroule durant l’enfance, l’éventualité d’un psoriasis est encore augmentée.

 A l’âge adulte, le tabagisme passif induit de toute façon des  risques supplémentaires de psoriasis.

Abandonner la cigarette est une démarche parfois problématique car  le tabac est souvent perçu comme un moyen d’évacuer le stress. Or, il est lui-même un facteur susceptible de déclencher des poussées de psoriasis.

De nombreux fumeurs atteints de psoriasis ne souhaitent donc pas renoncer à ce moyen de contrôle inadéquat.

Etant donné ces difficultés et le fait que le tabac est un puissant facteur de risque de psoriasis, il est recommandé de chercher de l’aide pour l’arrêt du tabac auprès d’un professionnel de la santé.


Les hommes atteints d’un cancer du poumon présentent des taux de nicotine élevés dans les ongles

Les ongles pourraient devenir un marqueur simple permettant de détecter le risque de cancer du poumon.

Source : American Journal of Epidemiology March 2 2011

Commentaires de la Fondation

Une étude américaine a mesuré les niveaux de nicotine dans des coupures d'ongle d'orteil à la fois chez des fumeurs et des non-fumeurs. On a constaté que des niveaux de nicotine élevés étaient associés à un risque 3 fois plus élevé de cancer du poumon.
Cette constatation a été effectuée chez des hommes atteints d’un cancer du poumon comparativement à un groupe témoin d’ hommes sans cancer du poumon.

Les ongles des pieds contenant les plus grandes quantités de nicotine étaient associés à un  plus haut risque de cancer du poumon.

Un moyen classique d'évaluer l'exposition au tabagisme passif est de détecter la nicotine dans les cheveux.  Or, lors du développement du fœtus, les cheveux et les ongles sont formés à partir des mêmes cellules. C’est la raison pour laquelle les chercheurs de l’université de Californie on pensé à étudier également les ongles.

Les ongles des orteils peuvent être stockés à température ambiante pendant des années, la nicotine y demeurant pendant un temps très long.

Les conclusions de cette étude  s’imposent aussi bien chez les fumeurs actifs que chez les non-fumeurs exposés passivement à la fumée  du tabac.

Pour information, les chercheurs ont également montré que les taux de nicotine des ongles permettaient de prédire le risque de maladie cardiaque chez les femmes.   


Interdire les cigarettes mentholées?

Une vaste étude américaine mandatée par un comité d’experts de la santé arrive à la conclusion que les cigarettes au goût mentholé sont plus dangereuses pour la santé que les cigarettes classiques.

Source : SudPresse- 29 mars 2011

Qu’est-ce qui pose problème avec le menthol ? Plusieurs choses. D’abord, la fumée mentholée est plus agréable lors de l’inhalation, ce qui séduit beaucoup de jeunes. Et plus on commence à fumer tôt, plus le risque de développer une maladie liée au tabac augmente.
De plus, la douceur du menthol pousse le fumeur à tirer plus fort à chaque bouffée, donc à aspirer plus de fumée toxique. Les substances chimiques pénètrent donc plus profondément dans les poumons et provoquent des cancers des petites bronches et des alvéoles, plus difficiles à guérir.
Enfin, le menthol est considéré comme étant un additif visant à accroître la dépendance au tabac, tout comme les sucres, le chocolat ou le miel présents dans les cigarettes dites « douces ». L’arrêt tabagique avec les cigarettes mentholées semble effectivement plus difficile.

La revue scientifique « Addiction » a publié une série d’études sur les cigarettes mentholées. La consommation de ce type de cigarettes est plus élevé chez les afro-américains et les jeunes adultes. Des campagnes de marketing pour la consommation de cigarettes mentholées seraient d’ailleurs spécifiquement organisées dans les populations minoritaires.

Selon les experts, les conclusions de ces études devraient inciter les autorités sanitaires américaines (la FDA) à interdire ces cigarettes.

Mais si c’est le cas, alors il faudrait également interdire la vente de bien d’autres cigarettes qui contiennent également des additifs…

En 2009,  la FDA a interdit le clou de girofle et les cigarettes aromatisées aux fruits dans le cadre d'un effort national visant à réduire le tabagisme chez les adolescentes. 

A cette occasion, l'omission du menthol, l'additif le plus populaire, laisse de nombreux experts perplexes…


Mères fumeuses, bébés malformés

Les mères qui fument pendant le premier trimestre de la grossesse sont nettement plus à risque de donner naissance à un bébé souffrant de certaines malformations cardiaques.

Source : Journal du Médecin- 14 mars 2011

Commentaire :

Dans le cadre d’une étude portant sur plusieurs milliers de bébés, près de la moitié d’entre eux présentaient des malformations cardiaques qui n’étaient pas causées par un problème de santé sous-jacent !

Les chercheurs ont interrogé les parents de ces enfants afin de savoir à quel moment les mères avaient fumé au cours de la grossesse, sachant que le premier trimestre est particulièrement à risque pour le foetus exposé à des substances chimiques.

Effectivement, les mères qui signalaient avoir fumé entre le mois précédant la grossesse et la fin du premier trimestre mettaient au monde plus souvent des bébés atteints de malformations cardiaques congénitales, particulièrement une anomalie appelée « communication interventriculaire », une ouverture anormale dans la paroi centrale du cœur.

Ce risque était nettement plus élevé chez les femmes qui fumaient plus de 25 cigarettes par jour durant les premiers stades de la grossesse ou avant la conception.

L'objectif « zéro cigarettes » pendant la grossesse permet également de protéger le nouveau-né d'autres types de malformations, notamment au niveau des doigts ou des orteils (doigts ou orteils collés, palmés, absents ou surnuméraires).

Pour ce type d’anomalie, le risque augmente déjà à partir d’une cigarette par jour quotidiennes et est ensuite directement proportionnel au nombre de cigarettes fumées.

Si le risque s'accroît dès une cigarette quotidienne, il est fort probable que l'exposition à la fumée des autres- le tabagisme passif- soit au moins aussi problématique…

Ajoutons à la liste avérée des malformations dues au tabagisme maternel la fente faciale (bec-de-lièvre) et les anomalies de la forme du crâne.

Il est donc impératif d'aider les femmes à arrêter de fumer le plus rapidement possible, au mieux avant leur grossesse…



Tabagisme passif: plus de 600 000 morts chaque année

Le tabagisme passif est responsable de plus de 600 000 décès chaque année dans le monde, dont 165 000 chez des enfants, selon des estimations publiées par la revue médicale britannique The Lancet.

Source : AFP- 26.11.10

Commentaires de la Fondation contre le Cancer

Les enfants -petits en particulier- sont les premières victimes du tabagisme passif dans la mesure où ils ne peuvent pas se soustraire à la principale source d'exposition : leurs parents qui fument à la maison. La fragilité de leur système immunitaire accroît les risques de complications.

Si on ajoute ces 600.000 morts aux 5,1 millions de décès attribuables chaque année au tabagisme actif, on arrive à un total de 5,7 millions de décès dus au tabac annuellement !

C'est la première étude. Cette étude menée notamment par  l'Organisation mondiale de la santé (OMS) évaluant l'impact global du tabagisme passif a utilisé des données de 2004, les plus récentes disponibles dans l'ensemble des 192 pays analysés.

40% des enfants, 33% des hommes et 35% des femmes non-fumeurs étaient exposés au tabagisme passif en 2004. Selon les estimations de l'étude, cette exposition a causé 379.000 décès par maladie cardiaque, 165.000 par infections des voies respiratoires basses, 36.900 par crise d’asthme et 21.400 par cancer du poumon. Soit un total de 603.000 décès causés par le tabagisme passif.

Les enfants durement touchés

Les chercheurs ont estimé que 165.000 enfants de moins de 5 ans meurent chaque année d'infections respiratoires basses (pneumonies) dues au tabagisme passif. Les deux-tiers de ces décès s’observent en Afrique et en Asie du sud.

Alors que les décès d'enfants attribués au tabagisme passif se concentrent sur les pays à revenus faibles ou moyens, les décès d'adultes se répartissent sur l'ensemble des pays.



Novembre 2010


Perte de l’audition liée au tabagisme passif

Les médecins savent que les personnes qui fument peuvent endommager leur audition. Une étude publiée récemment suggère qu’il en est de même pour le tabagisme passif.

Source : Eosmagazine 16 novembre 2010

Commentaires de la Fondation contre le Cancer

L’étude américaine impliquant plus de 3.000 adultes a montré que la fumée de tabac inhalée passivement peut perturber le flux sanguin dans les petits vaisseaux de l'oreille interne.

Cela a comme conséquence de diminuer l’apport d'oxygène à cette partie de l’oreille et de conduire à une accumulation de déchets toxiques, causant des dommages à l’audition.

Ce mécanisme est différent de celui qui altère l’audition du fait de l'exposition au bruit ou au vieillissement de l’organisme.

Pour évaluer l'exposition au tabagisme passif, on a dosé la cotinine, une substance dérivée de la nicotine et qui est présente dans l’organisme des personnes soumises à la fumée des autres.

Les personnes exposées passivement à la fumée de tabac avaient des tests d’ audition moins performants que les non fumeurs et avaient du mal à suivre une conversation en présence d’un bruit de fond.

On ne peut pas déterminer le volume de fumée passive nécessaire pour accroître le risque de perte auditive mais il semble que le seuil de dommages est très faible.

Le tabagisme actif peut lui aussi provoquer une surdité précoce. Plus la consommation de tabac est élevée, plus le dommage auditif est important. Pour information, une alimentation trop grasse contribue elle aussi à cette perte auditive.

La pratique d'une activité physique régulière semble par contre réduire le risque de surdité en stimulant la circulation sanguine au niveau de l'oreille interne.



Juillet 2010

La Ligne Tabac-Stop devient... Tabacstop !

Depuis sa création, la Ligne Tabac-Stop n'a cessé d'évoluer afin d'offrir toujours plus de conseils, de soutien et de disponibilité aux personnes désireuses d'arrêter de fumer. Au départ 'simple' numéro d'appel gratuit (0800 111 00), ce service s'est rapidement étoffé avec l'ouverture d'un site internet et la possibilité de profiter d'un accompagnement personnalisé à l'arrêt en ligne. Afin d'être plus en phase avec notre époque, la Ligne Tabac-Stop devient donc Tabacstop, en se parant pour l'occasion d'un nouveau logo.



Juin 2010


Petits ou gros fumeurs, une affaire de génétique !

Vous éprouvez des difficultés particulières pour arrêter de fumer ? Des variations génétiques individuelles semblent avoir une influence sur le nombre de cigarettes fumées quotidiennement. Et par conséquent sur le niveau de dépendance au tabac ainsi que ses conséquences néfastes pour la santé.

Source : Belga & La Libre Belgique, 28-04-10
   

Commentaires de la Fondation contre le Cancer

Des chercheurs ont découvert de petites variations génétiques sur les chromosomes 8 et 19 qui augmentent chez les fumeurs le nombre de cigarettes fumées quotidiennement.

Ces variations génétiques sont fréquentes et entraînent chez les fumeurs une petite augmentation de la quantité de cigarettes fumées (par exemple, de l'ordre d'une demi-cigarette par jour), mais aussi une hausse du risque de cancer du poumon.

De précédentes études avaient déjà mis en évidence des variations génétiques associées au risque de cancer du poumon, situées sur le chromosome 15. D’autres études ont permis d’identifier sur ce même chromosome des variations génétiques liées à la quantité de cigarettes fumées.

La consommation de cigarettes consommées par un fumeur dépendrait directement d’un gène chargé de dégrader la nicotine dans l’organisme. Cette découverte pourrait ouvrir des pistes de sevrage tabagique plus individualisées.

La nicotine est le principal agent responsable de la dépendance au tabac. Très active sur le cerveau, cette substance est inactivée après un certain temps dans l’organisme et se transforme alors en cotinine. Suite à cette transformation, la chute des taux de nicotine dans le sang et le liquide céphalo-rachidien (entourant le cerveau) et la moelle épinière est à l'origine du besoin plus ou moins intense de reprendre une cigarette.

A l'origine de la dégradation de la nicotine en cotinine, on retrouve une enzyme qui est synthétisée par un gène particulier, le CYP2A6. Or, certains fumeurs possèdent des anomalies sur ce gène. Chez ces personnes, la dégradation de la nicotine est rapide, ce qui entraîne de plus grandes consommations de cigarettes.

A l’inverse, la combinaison de deux variations particulières est associée à une  consommation journalière plus basse. D’autres combinaisons sont également possibles et entraînent d’autres niveaux de consommation.

Une étude montre par ailleurs que ce même gène CYP2A6 affecte directement le niveau de nicotine à atteindre chez des personnes qui prennent une substitution nicotinique, tel un patch.

Toutes ces constatations pourraient mener à un ajustement basé sur le profil génétique lorsque la méthode de sevrage utilise les substituts nicotiniques.



Mars 2010

Arrêter de fumer en cas de cancer du poumon a du sens

Les patients atteints d'un cancer du poumon diagnostiqué à un stade précoce doubleraient leurs chances de survie s'ils s'arrêtent de fumer, par comparaison avec ceux qui continuent à fumer.  

Source: British Medical Journal- 21 janvier 2010

Commentaires de la Fondation :

Dans notre pays, le cancer est la seconde cause de mortalité, après les maladies cardiovasculaires. Le tabac est lié à un tiers de tous les cas de cancer, si bien que chaque année, des milliers de personnes meurent dans notre pays de leur tabagisme.

En Belgique, on enregistre chaque année près de 7.000 nouveaux cas de cancer du poumon. Il s'agit du cancer le plus fréquent chez l'homme et du troisième chez la femme. Alors que chez l'homme on constate une stabilisation du nombre de nouveaux cas, ils sont en nette augmentation chez la femme.

A ce titre, la Belgique détient le triste record des décès dus au cancer du poumon chez les hommes dans l'Union européenne.

Il existe différentes formes de cancer du poumon en fonction du type de cellule bronchique en cause. D'après l'aspect des cellules à l'examen microscopique, on parle soit d’un cancer à "petites cellules", soit d’un cancer "non à petites cellules". Ce dernier est le plus fréquent.

Le type de cancer du poumon détermine le choix des traitements, tout comme le degré d'extension de la maladie.

La fumée chaude du tabac altère progressivement  le revêtement des bronches. Petit à petit, la toux devient le seul recours pour éliminer  partiellement mucus et particules provenant de la fumée de tabac. A un stade évolué de tabagisme, la poursuite de l'irritation va transformer profondément la paroi des bronches et provoquer une transforamtion de la muqueuse, qui risque d’aboutir au cancer. Ces transformations se font plus ou moins rapidement selon les individus.
 
Les résultats d’une analyse de plusieurs études réalisée à l'université de Birmingham au Royaume-Uni suggèrent que cela vaut la peine de proposer un traitement d'aide à l'arrêt du tabac aux patients dont le cancer du poumon a été diagnostiqué précocement.

Au cours de leur vie, les fumeurs ont un risque vingt fois supérieur de développer un cancer du poumon, comparé aux non fumeurs. Mais on ignorait si le fait d'arrêter de fumer après le diagnostic de cancer présentait encore un quelconque bénéfice.

Les données de cette analyse, qui méritent cependant d'être complétées par d'autres études, montrent que ceux qui abandonnent le tabac doubleraient leurs chances de survie s'ils s'arrêtent de fumer, par comparaison avec ceux qui continuent à fumer. 

Contrairement à ce que l’on pense souvent, il n'est jamais trop tard pour s'arrêter de fumer, même quand on a un cancer du poumon.


janvier 2010

Arrêt tabagique : les méthodes les plus efficaces

Actuellement, quatre méthodes d’aide au sevrage tabagique ont montré leur efficacité: le traitement de substitution nicotinique (TSN), la varénicline (Champix), le bupropion (Zyban) et les thérapies cognitives et comportementales.

Source : Le Concours Médical, 15-01-10

Commentaire de la Fondation contre le Cancer

De nombreuses méthodes sont aujourd’hui proposées aux personnes désireuses d’arrêter de fumer. Mais comment choisir le traitement le mieux adapté à chacun ?
Le Docteur Anne-Laurence Le Faou fait le point sur quatre méthodes validées dans l’aide au sevrage tabagique.

La méthode la plus ancienne et la mieux évaluée concerne le traitement de substitution nicotinique ou TSN. Elle est souvent prescrite chez des patients souffrant de pathologies telles que maladie coronarienne, broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO), insuffisance rénale  ou encore chez les personnes souffrant d’anxiété ou de dépression. Un suivi médical est indispensable pour adapter les doses et choisir la forme d’administration la plus adéquate.

Le bupropion (Zyban) a montré une réelle efficacité après sept à neuf semaines de traitement mais n’est pas dénué de contre-indications et d’effets secondaires (risque de convulsions par exemple).

Les résultats obtenus par l’administration de varénicicline (Champix) semblent légèrement supérieurs à ceux obtenus par le Zyban mais nécessitent généralement une durée de traitement plus longue (12 semaines en moyenne). Des effets indésirables ont également été notés dans ce type d’aide au sevrage : nausées, insomnies, rêves anormaux, maux de tête. Le Champix est par ailleurs contre-indiqué chez les patients en dialyse (insuffisance rénale), chez l’enfant et l’adolescent de moins de 18 ans ainsi que chez la femme enceinte ou qui allaite.

Précisons également que le bupropion et la varénicline sont tous deux soumis à la prescription médicale, tandis que les substituts nicotiniques sont librement délivrés dans les pharmacies.

Enfin, les thérapies dites « cognitivo-comportementales » semblent également efficaces et permettent au candidat au sevrage de réagir face à des situations à haut risque telles que devant la télévision, au téléphone, face à une situation de stress ou pour couper la faim.

Mais finalement, lequel de ces traitements choisir ? Globalement, on peut dire que les traitements médicamenteux sont indiqués chez les personnes dépendantes afin de diminuer les symptômes du sevrage physique mais elles doivent être associées à un soutien psychologique et comportemental efficace.

En définitive, le choix du traitement se fera notamment en fonction du niveau de consommation tabagique, des antécédents médicaux et psychologiques du fumeur, du risque d’effets indésirables, de l’existence de contre-indications éventuelles et des tentatives précédentes d’arrêt tabagique.

Pour plus d’informations, vous pouvez contacter gratuitement la Ligne Tabacstop en formant le 0800 111 00, tous les jours ouvrables entre 15 et 19 heures

 


août 2009

C’est certain, le tabac est mauvais pour le cerveau!

Tout le monde connaît les dommages occasionnés par le tabac au système respiratoire des fumeurs et de leur entourage. Mais la cigarette est aussi mauvaise pour le cerveau et elle peut favoriser l’installation d’une démence.

Source : J Neurol Neurosurg Psychiatry, online août 2009

Commentaire de la Fondation contre le Cancer

Des chercheurs ont suivi pendant dix ans 11.000 personnes âgées de 46 à 70 ans afin d’étudier chez elles le développement d’une démence. Ils ont constaté que le tabagisme, l’hypertension artérielle et le diabète, trois causes majeures de troubles cardiovasculaires, étaient associés à ce diagnostic.

Le risque de démence était plus important pour les personnes ayant continué de fumer entre 55 et 69 ans.

L’étude a aussi démontré que l’installation tôt dans la vie des facteurs de risque constatés-dont le tabagisme- augmentait davantage les chances de développement d’une démence.

Et de conclure : ce qui est mauvais pour le cœur, l’est également pour le cerveau.

Une autre étude hollandaise, menée sur plus de 6000 personnes pendant 7 ans (*), a montré que les fumeurs augmentaient leur risque de développer la maladie d'Alzheimer et d'autres types de démences. 

Les dommages occasionnés au cerveau par le tabagisme sont particulièrement profonds: le quotient intellectuel des fumeurs semble décroître de manière plus rapide que celui des non-fumeurs.

De même, selon une étude américaine (**), le fait de fumer tend à accroître les dommages cérébraux occasionnés par la consommation d'alcool.

Les causes précises de ces altérations cérébrales ne sont pas connues avec précision. L’une des hypothèses retenues serait que le tabac endommage les vaisseaux sanguins cérébraux. Moins bien alimenté en oxygène, le cerveau s'abimerait plus rapidement, conduisant notamment à la démence.

(*)C. Reitz, MD, PhD, T. den Heijer, MD, PhD, C. van Duijn, PhD, A. Hofman, MD, PhD and M.M.B. Breteler, MD, PhD. Neurology, 2007.
(**) Jennifer M. Glass, Kenneth M. Adamsa, Joel T. Nigg, Maria M. Wonga, Leon I. Puttler, Anne Buu, Jennifer M. Jester, Hiram E. Fitzgerald and Robert A. Zucker. Drug and alcohol dependance, april 2008.

 

Dernière mise à jour : ( 07-02-2012 )