Etude des interactions moléculaires au sein de la cellule cancéreuse et identification de nouvelles cibles moléculaires thérapeutiques pour les traitements ciblés
En cancérologie, les médicaments ciblés ont signifié un vrai progrès. Mais pour aller plus loin et dépasser leurs limites actuelles, il faut parvenir à comprendre l’ensemble des fonctionnements et des interactions qui, dans la cellule cancéreuse, vont du gène à la protéine. Tout comme les liens qui existent entre les protéines. Une future plate-forme « interactomique » doit y contribuer.
Le contexte
La biologie moléculaire a permis d’explorer, de découvrir et d’identifier une série de mécanismes et d’altérations qui interviennent dans le processus de cancérisation. Ces avancées ont ensuite ouvert la porte au développement d’une nouvelle génération de médicaments. Dits « ciblés » ou « intelligents », ils visent une anomalie propre aux cellules cancéreuses. Néanmoins, les résultats obtenus avec ces molécules restent encore relativement modestes. Ainsi, certains traitements capables de bloquer une cible spécifique perdent de leur efficacité lorsque la cellule cancéreuse se révèle capable de « contourner » ce blocage, parce qu’elle parvient à activer des voies métaboliques alternatives.
En réalité, la compréhension des mécanismes de la cancérisation reste encore très incomplète. Et au fil des découvertes, ces mécanismes paraissent de plus en plus complexes… Afin de faire progresser les thérapies, il est donc indispensable de continuer les recherches. Tel est l’essence du projet de l’ULg intitulé « Etude des interactions moléculaires au sein de la cellule cancéreuse et identification de nouvelles cibles moléculaires thérapeutiques pour les traitements ciblés ».
Les enjeux
Pour comprendre les mécanismes de cancérisation et développer de nouveaux traitements ciblés, plus efficaces que ceux disponibles actuellement, il est essentiel de parvenir à comprendre l’ensemble des fonctionnements et des interactions qui mènent du gène à la protéine, ainsi que les interactions des différentes protéines entre elles. Mais il s’agit, aussi, d’identifier les protéines qui jouent le rôle de traits d’union entre les différentes voies métaboliques.
Actuellement, on sait que le processus de cancérisation ne se limite pas à des anomalies au niveau de l’ADN de certains gènes. D’autres perturbations se produisent dans l’environnement moléculaire des gènes et elles interviennent dans le processus cancéreux, en raison de leur retentissement sur le fonctionnement de ces gènes. L’étude de la « traduction » de l’ADN en protéines (par l’intermédiaire d’autres molécules dénommées ARN) fait ainsi partie des points à investiguer. C’est le cas, également, des anomalies présentes au niveau des protéines codées par ces gènes et responsables de fonctions bien précises dans ou en dehors de la cellule.
Les bénéfices attendus pour les malades
Des améliorations thérapeutiques sont directement liées à une meilleure compréhension des interactions moléculaires au sein de la cellule cancéreuse et à l’identification de nouvelles cibles à l’intérieur de cette dernière. Ces préalables constituent des étapes importantes : elles permettront des avancées en matière de médicaments «intelligents ».
Les parcours à suivre
Les chercheurs focaliseront leurs travaux sur l’identification des réseaux d'interaction (ensemble d'associations physiques entre des protéines) pouvant être perturbées dans la cellule cancéreuse suite à des perturbations quantitatives ou qualitatives (mutations, fusions etc.) de l’expression de protéines. Ils chercheront à identifier les traits d’union entre différentes voies de signalisation au sein de la cellule cancéreuse. Ils dresseront une cartographie des interactions moléculaires : elle pourra servir de référence aux chercheurs souhaitant tester leurs hypothèses et évaluer in vitro (c-à-d en laboratoire) de nouveaux médicaments anticancéreux.
Les moyens d’agir
Le subside de 620 000 € octroyé par la Fondation contre le Cancer à l’Université de Liège permettra l’achat et le développement d’une plate-forme « interactomique » (c’est-à-dire capable d’étudier les interactions entre macro-molécules au niveau cellulaire). Elle sera constituée d’une station robotisée de criblage d'interactions par double-hybride en levure, d’une station de clonage haut-débit, d’une station de criblage d'interaction in vitro, d’une station de criblage siRNA et petites molécules, ainsi que du matériel de conservation et de data management.
L’ouverture vers des collaborations
Plusieurs équipes de l’ULg, actives dans le domaine des leucémies et des gliomes malins (tumeurs cérébrales) sont directement concernées par ces recherches.
Les chercheurs impliqués sur ce type de travaux dans d’autres universités, qu’elles soient belges (UCL, ULB, UGent…) ou étrangères (Heidelberg, Cambridge, Harvard…), auront également accès à cette plate-forme technique, unique en Belgique.
Coordonnées du responsable de projet
Professeur Franck Dequiedt
Avenue de l’Hôpital 1
GIGA, B34 (+2)
4000 Liège
Tél. : 04 366 44 72
&
Avenue Maréchal Juin 13
5030 Gembloux
Tél. : 081 61 38 88
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