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Introduction

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Lors d'une étude publiée en 1775, le médecin londonien Percivall Pott observait une prévalence élevée de cancer du scrotum chez les hommes qui avaient été ramoneurs de cheminées dans leur enfance. C'était la première fois qu'une corrélation semblait établie entre un agent de l'environnement professionnel et la cancérogenèse. Un siècle plus tard, des scientifiques allemands ont constaté une incidence élevée du cancer de la vessie chez des travailleurs exposés aux amines aromatiques (produits chimiques utilisés dans l'industrie des colorants et des pigments). Depuis lors, de nombreuses études ont révélé une fréquence plus élevée de cancers parmi des groupes de travailleurs exposés à certaines substances ou agents. Par exemple, le rôle de l'amiante dans la genèse de certains cancers d'origine professionnelle a été clairement reconnu.

Aujourd'hui, la proportion de cancers d'origine professionnelle en Belgique peut être raisonnablement estimée à au moins 4 % de l'ensemble des tumeurs malignes (7 % chez l'homme et 1 % chez la femme), ce qui correspond à environ 1600 cas par an. Or, à peine une centaine d'entre eux est reconnue chaque année par le Fonds des Maladies Professionnelles. La faible proportion de cancers indemnisés se justifie surtout par le petit nombre de demandes en réparation parvenant à l'organisme assureur. Plusieurs raisons expliquent cette situation :

- les manifestations pathologiques induites par les cancers professionnels sont en général identiques aux cancers d'autres étiologies, ce qui n'incite pas nécessairement à rechercher une origine liée à l'activité professionnelle ;

- en raison du long délai entre l'exposition et le diagnostic du cancer (pouvant atteindre de 10 à 40 ans), les cancers professionnels sont souvent découverts longtemps après cessation de l'activité professionnelle en cause, ce qui rend la procédure et la recherche de preuves particulièrement difficiles.

- les médecins ne sont pas suffisamment sensibilisés à l'intérêt de connaître le passé professionnel de leurs patients et pensent rarement à rechercher l'origine professionnelle éventuelle d'un cancer survenant notamment après la cessation d'une activité ;

- le patient lui-même n'a pas toujours une connaissance précise des expositions nocives qu'il a subies, d'autant plus qu'elles ont souvent été multiples ;

- le caractère rébarbatif des démarches administratives et la crainte de certains examens d'expertise poussent des patients gravement malades à renoncer à toute démarche ;

- certains malades ne peuvent prétendre à une indemnisation du Fonds des Maladies Professionnelles parce qu'ils ne font pas partie des catégories de bénéficiaires prévues par la loi ;

- enfin, la liste belge des maladies professionnelles est relativement difficile à interpréter dans le libellé de certaines rubriques et il n'est pas toujours facile d'établir une relation entre l'affection du patient et l'un des nombreux toxiques mentionnés dans la liste officielle.

Face à ces observations, il semblait utile qu'un état des lieux soit établi.

C'est pourquoi, la Fondation contre le Cancer (à l'instar d'associations étrangères telle la Ligue Nationale française contre le Cancer dont elle s'est inspirée) a souhaité éditer un document dont l'objectif est double :

- fournir une aide aux médecins peu familiarisés à la problématique des cancers d'origine professionnelle, afin d'aider les patients confrontés à la complexité des démarches à effectuer ;

- stimuler les actions de prévention sur les lieux de travail.

La Fondation espère ainsi venir en aide aux intéressés en leur fournissant un accès clair aux informations utiles à leurs démarches. 

Vous pouvez commander la brochure en cliquant ici.

Dernière mise à jour : ( 21-11-2011 )
 

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