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Travail de nuit et cancer du sein : quel lien ?

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News 23-01-09

Au Danemark, une dizaine de femmes atteintes d’un cancer du sein ont reçu une indemnisation car leur maladie pourrait être due à un travail de nuit prolongé.
En cause : la diminution de la production de l’hormone mélatonine.
Sensible à l’exemple danois, la FNV néerlandaise [fédération néerlandaise des syndicats] a instauré un point de contact destiné aux femmes atteintes d’un cancer du sein et ayant presté au moins dix années de travail de nuit.
L’Institut néerlandais de lutte contre le cancer estime que l’action de la FNV est prématurée.

Source : Métro, 06-01-09

Commentaire de la Fondation contre le Cancer

Le travail de nuit en shift interrompt le rythme circadien (notre horloge biologique naturelle) car il perturbe le cycle du sommeil. Ce faisant, il altère également certaines  fonctions biologiques en mettant le système immunitaire sous pression, en réduisant la production de l’hormone mélatonine et en altérant probablement certains gènes, ce qui peut aboutir à la production de cellules anormales.

En Europe et en Amérique, le travail de nuit en shift concerne 15 à 20 % de la population dans les secteurs des soins de santé, de l’industrie, de la communication, de l’hôtellerie et du tourisme essentiellement.

Six  études épidémiologiques sur huit, menées dans différentes régions géographiques, et surtout deux études indépendantes effectuées auprès du personnel soignant de nuit ont mis en évidence un risque modérément augmenté de cancer du sein chez les travailleuses prestant de nuit depuis longtemps, par rapport à celles qui travaillent de jour.

Ces études comportent néanmoins des limites, à savoir des facteurs confondants (tels que une substitution hormonale ou la consommation d’alcool, par exemple) ainsi que des imprécisions dans la définition du travail de nuit en shift. Par ailleurs, plusieurs études ne se sont focalisées que sur une profession en particulier.
Toutefois, différentes recherches menées sur des animaux de laboratoire ont également montré une augmentation du risque de survenue et de développement de tumeurs.

En se basant, d’une part, sur les évidences limitées chez l’être humain de la carcinogénicité du travail de nuit en shift (incluant donc le travail de nuit) et, d’autre part, sur les modèles animaux qui révèlent à suffisance le caractère cancérigène de l’exposition limitée à la lumière du jour au profit des heures les plus sombres de la journée – la nuit biologique –, l’IARC a désormais classé le travail de nuit en shift dans la catégorie 2A, c’est-à-dire potentiellement cancérigène pour l’homme. (IARC=International Agency for Research on Cancer).
Il existe donc un lien entre les prestations de nuit de longue durée et l’augmentation de l’incidence du cancer du sein. Néanmoins, sur base des données actuellement disponibles, il n’est pas clairement démontré que le travail de nuit constitue une cause directe de cancer du sein. Cette thématique exige donc de poursuivre des recherches dans ce domaine.

La Fondation contre le Cancer s’exprimera à ce propos lors du 3e Congrès de Nuit de la NVKVV, l’association professionnelle flamande réunissant le personnel soignant et les sages-femmes, organisé le 26 mars 2009. Si vous souhaitez davantage d’informations sur ce congrès, cliquez ici.

 

Dernière mise à jour : ( 28-04-2009 )
 

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