Première cause évitable de cancer : le tabac

Le tabac est la principale cause évitable de cancer. Si personne ne fumait, cela permettrait d'éviter un cancer sur trois. Le tabagisme passif augmente aussi les risques pour les non fumeurs.

Les conséquences néfastes du tabac

Il existe un lien indéniable entre le fait de fumer et l'apparition de nombreuses sortes de cancer, notamment le cancer du poumon.

Mais ce n'est pas tout... Le tabac accroît aussi le risque de maladies cardio-vasculaires, d'affections pulmonaires, etc. Il réduit aussi la fécondité. En moyenne, le fumeur vit quinze ans de moins que le non-fumeur.

Arrêter de fumer

L'abandon du tabac est le meilleur moyen pour prévenir le cancer. Il faut ajouter à cela les autres bénéfices pour la santé, même à un âge relativement avancé.

Depuis 2012, l’aide au sevrage tabagique est comprise dans la couverture des soins de santé. Un soutien efficace renforce en effet les chances de succès. Le médecin de famille, le gynécologue (dans le cadre d'une grossesse) ou le spécialiste peuvent vous aider. Il en va de même du psychologue. Les tabacologues sont des professionnels qui ont suivi une formation complémentaire spéciale pour accompagner les personnes désireuses de renoncer au tabac.

La Fondation contre le Cancer propose également le service Tabacstop à toute personne désirant arrêter de fumer.

Les effets du tabagisme (actif et passif)

Le tabagisme passif (le fait de se trouver à proximité de quelqu'un qui fume) peut aussi provoquer le cancer du poumon ou des maladies cardio-vasculaires. Chez la femme enceinte, le tabagisme passif augmente le risque de naissance prématurée ou d'enfant mort-né, réduit le poids du bébé à la naissance et favorise ensuite l'asthme chez l'enfant.

Les conséquences du tabac et du comportement tabagique sur la santé sont aujourd'hui bien connues. Le tabac est la principale cause évitable de décès. En moyenne, le fumeur vit quinze ans de moins que le non-fumeur. Sur quatre fumeurs, deux décèdent prématurément à cause du tabac, dont un à un âge moyen.

Le tabac est la première cause de cancer du poumon. Il est à l'origine de 90 % des cas. Le cancer du poumon est rare chez les non-fumeurs. Moins de 1 % des non-fumeurs développent un cancer du poumon. Le tabagisme passif augmente de 20 % le risque de cancer du poumon chez le non-fumeur.

Le tabac accroît aussi le risque de cancers dans la région de la tête et du cou (p.ex. larynx et œsophage), dans l'estomac, l'intestin, le foie, le pancréas, le rein, la vessie, le col de l'utérus...

Associé à un excès d'alcool, le tabac augmente très fortement le risque de cancer dans la région de la tête et du cou (bouche, cordes vocales, oesophage...).

Les effets favorables de l'arrêt du tabac sur la santé se font sentir. Après un an, le risque de maladie cardio-vasculaire chute de moitié. En cinq ans, la probabilité d'un cancer de la bouche ou de l'œsophage est également divisée par deux. Après dix ans, le risque de cancer du poumon n’est plus que deux fois supérieur à celui du non-fumeur.

La recherche scientifique apporte sans cesse de nouveaux éléments concernant les conséquences néfastes du tabac.

Cancer du poumon

Le tabac provoque le cancer du poumon. Sur dix patients atteints d'un cancer du poumon, le tabac est à l'origine de la maladie dans près de neuf cas. Selon certaines indications, les femmes développeraient un cancer du poumon après une exposition moins importante à la cigarette que les hommes. Cela s'explique sans doute par des facteurs hormonaux.

Le cancer du poumon reste plus fréquent chez les hommes. Dans la population masculine, la maladie survient surtout à partir de l'âge de 65 ans. Les femmes sont frappées plus tôt, à partir de 55 ans. D'après les prévisions, vers 2015, le cancer du poumon tuera plus de femmes que d'hommes. Le cancer du poumon se classera très probablement au premier rang des causes de mortalité par cancer chez les femmes, suivi du cancer du sein.

Le cancer du poumon est rare chez les non-fumeurs. Moins de 1 % des non-fumeurs décèdent d’un cancer du poumon. Le tabagisme passif, cependant, favorise aussi le cancer du poumon. Aussi conseille-t-on aux non-fumeurs d'éviter au maximum d'inhaler la fumée de la cigarette des autres.

Cancer de la bouche, de la gorge, de l'œsophage et du larynx

Les tumeurs cancéreuses de la bouche, de la langue, de la gorge, de l'œsophage et du larynx sont plus fréquentes chez les fumeurs. Le cancer de la bouche, par exemple, frappe deux à quatre fois plus de fumeurs que de non-fumeurs. Le risque augmente encore davantage lorsque le tabagisme est combiné avec une consommation régulière d'alcool (trois verres par jour ou plus), une mauvaise hygiène buccale ou une irritation de longue durée de la mâchoire.

Ces cancers restent plus fréquents chez les hommes que chez les femmes. Ils surviennent souvent après l’âge de 50 ans. Parmi les patients souffrant de cancer de l'œsophage et du larynx, on assiste à une augmentation du nombre de femmes.

Cancer de l’estomac, du foie et du pancréas

La recherche scientifique a montré que le tabac accroît le risque de cancer de l’estomac, du foie et du pancréas. La maladie survient plus souvent chez les hommes que chez les femmes, et généralement après le soixantième anniversaire.

Le cancer du foie frappe chaque année plus de 500 personnes, des hommes en légère majorité. Chez eux, le diagnostic est souvent posé après l'âge de soixante ans, et dix ans plus tard chez les femmes. En Belgique, tous les ans, on détecte un cancer du pancréas chez quelque 1.650 personnes. Ce type de cancer frappe indifféremment les deux sexes, le plus souvent après soixante ans.

Cancer du rein et de la vessie

Le fumeur court une fois et demie plus de risque de développer un cancer du rein que le non-fumeur. Ce cancer survient plus souvent chez les hommes que chez les femmes, à tous les âges, mais surtout entre 55 et 75 ans.

Le tabac est le principal facteur de risque du cancer de la vessie. Le cancer de la vessie est quatre fois plus fréquent chez les hommes. Il se déclare généralement après l'âge de soixante ans. Sur dix hommes qui succombent à un cancer de la vessie, il faut incriminer le tabac dans cinq cas environ. On compte aussi une fumeuse sur trois femmes décédées du cancer de la vessie.

Cancer du col de l'utérus

Dans la pratique, on constate que le cancer du col de l'utérus est plus fréquent chez les fumeuses que chez les non-fumeuses. Les papillomavirus humains (HPV) jouent un rôle dans l'apparition de cette forme de cancer. À terme, une infection chronique par HPV peut entraîner des anomalies précancéreuses du col de l'utérus. Généralement, l'organisme élimine ces cellules anormales. S'il n'y parvient pas, les cellules en question finiront par devenir cancéreuses. Le tabac affectant le système immunitaire, le corps a plus de mal à se débarrasser d'une infection par HPV. Chaque année, en Belgique, environ 650 cancers du col de l'utérus sont diagnostiqués, souvent après l'âge de cinquante ans.

Cancer de la vulve

Le cancer de la vulve (lèvres) est également plus courant chez les fumeuses. Comme dans le cancer du col de l'utérus, le papillomavirus humain (HPV) est incriminé. Le tabac affectant le système immunitaire, le corps a plus de mal à se débarrasser d'une infection par HPV. Dans notre pays, environ 180 femmes par an développent un cancer de la vulve. Plus de la moitié d'entre elles ont dépassé l'âge de 70 ans.

Leucémie myéloïde aiguë

Le tabac est en cause dans un cas de leucémie myéloïde aiguë sur cinq. Les substances cancérigènes de la fumée du tabac aboutissent dans la circulation sanguine, où elles provoquent des dommages. En Belgique, tous les ans, on diagnostique une leucémie myéloïde aiguë chez quelque 300 personnes. Ce type de cancer est plus fréquent chez les hommes. Il touche le plus souvent des adultes.

Témoignages

Le cancer survient dans la vie de Christelle alors qu’elle et son mari envisagent d’avoir un second enfant. Elle témoigne de son combat contre la maladie, de ses conséquences sur sa vie familiale et du soutien que lui ont procuré les services de la Fondation.Lire la suite