Chirurgie

De quoi s’agit-il ?

La chirurgie oncologique est l’ablation d’une tumeur par un chirurgien lors d’une opération. Les noms de certaines opérations vous semblent peut-être confus. Ils font référence à la technique utilisée :

  • On parle de chirurgie laser quand le chirurgien opère au laser et non pas au scalpel.
  • On parle de cryochirurgie quand on utilise le froid extrême pour détruire des tissus anormaux.
  • On parle de chirurgie endoscopique quand des « scopes » (petits tubes d’observation) sont utilisés pour atteindre la tumeur par des petites incisions ou cavités naturelles dans le corps, comme l’œsophage.
  • On parle de chirurgie robotique quand on opère à l’aide d’un ordinateur qui commande de petits instruments à distance. Cette technique aide le chirurgien à manœuvrer avec précision. La chirurgie robotique permet également d’atteindre des endroits difficiles d’accès par des incisions plus petites, en comparaison avec la chirurgie traditionnelle ouverte et endoscopique.

Quel est le principe ?

Dans la plupart des cas, le chirurgien enlève la tumeur et des tissus qui l’entourent. L’élimination de ces tissus voisins aide à empêcher la réapparition de la tumeur. Le chirurgien peut aussi enlever quelques ganglions lymphatiques proches.

L’équipe chirurgicale

Une équipe chirurgicale est un groupe de professionnels hautement qualifiés dirigé par un chirurgien. Le type de chirurgien dépend du stade du cancer et du type de cancer (chirurgien généraliste, urologue, uro-oncologue, neurochirurgien, etc.).

L’équipe compte également un anesthésiste, un infirmier formé en anesthésie et d’autres infirmiers qui assistent le chirurgien pendant l’opération. Des infirmiers se trouvent aussi en salle de réveil pour surveiller les patients après l’opération. Avec divers médecins, pharmaciens, travailleurs sociaux, nutritionnistes ou diététiciens, physiothérapeutes, psychologues, etc., l’équipe chirurgicale fait à son tour partie de la consultation oncologique multidisciplinaire (COM).  La COM est une consultation entre les prestataires de soins concernés par le patient individuel. En rassemblant les connaissances et l’expertise des professionnels de différentes disciplines, un plan diagnostique et thérapeutique spécifique est établi.

Comment se déroule le traitement ?

Avant l’opération, vous vous rendez à la consultation du chirurgien, qui vous examine et vous informe des avantages et des risques potentiels de l’opération.

Selon l’opération, vous subissez une anesthésie locale, régionale ou générale. Pendant l’opération, le tissu retiré est, dans la mesure du possible, envoyé à un pathologiste. Celui-ci analyse la surface du tissu pour déterminer si elle est exempte de cellules cancéreuses. Si elle ne l’est pas, il faut retirer davantage de tissu. Le pathologiste peut également fournir une réponse quand on ne sait pas avec certitude si le tissu à retirer est malin ou non.

Souvent, des ganglions lymphatiques sont aussi retirés lors de la même opération puis sont analysés par le pathologiste. Le premier ganglion lymphatique auquel les cellules cancéreuses se propagent est appelé « ganglion sentinelle ». Pour l’identifier, des produits spéciaux sont injectés à proximité de la zone de tumeur. L’analyse pathologique du ganglion sentinelle permet d’évaluer la probabilité que les autres ganglions lymphatiques contiennent des cellules cancéreuses. L’analyse du ganglion sentinelle n’est pas encore possible pour tous les types de cancer. Aujourd’hui, elle est pratiquée pour déterminer le stade du cancer du sein et du mélanome. Des études sont menées actuellement pour déterminer si la technique du ganglion sentinelle peut être utile pour beaucoup d’autres cancers.

Où dois-je me rendre pour une opération et comment y serai-je préparé ?

Pour une opération, soit vous êtes admis à l’hôpital (vous y passez la nuit) soit vous pouvez rentrer chez vous le même jour (traitement ambulatoire). Le choix entre ces deux possibilités dépend du type de chirurgie. Informez-vous bien sur ce point. Voici quelques-unes des questions que vous pouvez poser au chirurgien ou au personnel qui va participer à votre opération :

  • Combien de temps va durer l’intervention ?
  • Quelle expérience mon médecin a-t-il du traitement de mon type de cancer ?
  • Combien de temps dois-je rester à l’hôpital ?
  • Vais-je perdre beaucoup de sang ?
  • Devrai-je subir une radiothérapie ou chimiothérapie après l’opération ?
  • Quels sont les effets secondaires de l’opération ?
  • Que puis-je faire pour atténuer ces effets secondaires ?
  • Quand vont-ils se manifester ?
  • Y a-t-il des effets secondaires que je dois immédiatement signaler ?
  • Est-il probable que je garde des problèmes physiques permanents suite à l’opération ?
  • Combien de temps durera mon rétablissement ?

Analyses

Des analyses doivent être effectuées avant l’opération (prise de sang, électrocardiogramme, etc.) pour déterminer l’état de santé général du patient.

Anesthésie

  • Généralement, l’anesthésiste rend visite au patient le soir précédant l’opération. Pour le patient, c’est l’occasion de poser les questions qu’il a oubliées lors de son contact avec le chirurgien.
  • Sur base des résultats des analyses, l’anesthésiste choisit le médicament le plus adapté pour endormir le patient.
  • L’anesthésiste surveille le patient pendant toute la durée de l’opération, jusqu’à son réveil complet. 

À jeun

Pour éviter le risque de nausée provoquée par l’anesthésie, il est demandé au patient de ne rien boire ni manger pendant les heures précédant et suivant l’opération. 

Quels sont les effets secondaires ?

Comme tous les traitements du cancer, la chimiothérapie comporte des avantages, des risques et des effets secondaires. Vous devez en être informé avant de subir ce traitement.

Un traitement chirurgical peut entraîner des complications causées par l’opération, par les médicaments utilisés ou par votre état de santé général. Le temps nécessaire pour se rétablir diffère pour chaque type de chirurgie et pour chaque personne opérée. Il est normal de se sentir fatigué ou faible pendant un moment. De manière générale, une opération plus complexe augmente les risques d’effets secondaires. Les petites opérations et biopsies comportent normalement moins de risques que les opérations plus importantes. La douleur à l’endroit de l’incision est le problème le plus fréquent. Les infections à cet endroit et les réactions aux médicaments utilisés pour endormir la zone (anesthésie locale) sont également possibles.

Les effets secondaires fréquents de la chirurgie oncologique sont les suivants :

  • Douleurs
  • Saignements
  • Caillots de sang en cas d’immobilisation de longue durée
  • Dommages à des tissus voisins
  • Réactions aux médicaments
  • Dommages à d’autres organes
  • Fatigue
  • Perte d’appétit
  • Infections (à l’endroit de l’incision, infection pulmonaire, etc.)
  • Gonflement autour de l’endroit de l’opération
  • Suintement de liquide à l’endroit de l’opération
  • Coups bleus (ecchymoses) autour de l’endroit de l’opération
  • Rétablissement lent des autres fonctions corporelles

En fonction du type de chirurgie, d’autres aspects doivent être pris en considération. Des problèmes peuvent notamment survenir au niveau de l’image physique, par exemple en cas d’urostomie (ablation de la vessie et placement d’une sortie urinaire artificielle par une jonction entre la vessie et la peau) ou de colostomie (jonction entre le côlon et la peau, pratiquée lorsque les selles ne peuvent plus être éliminées par l’anus).

Demandez à votre médecin quels effets secondaires vous êtes susceptibles de rencontrer. Il existe diverses façons de gérer les effets secondaires, tous les hôpitaux ne proposent pas les mêmes solutions. Signalez toujours les effets secondaires à l’équipe chirurgicale afin qu’elle puisse vous proposer plusieurs options de traitement.

Vous trouverez sur notre site davantage d’informations et de méthodes pour gérer ces effets secondaires.

La chirurgie affecte-t-elle l’alimentation ?

Certains traitements du cancer peuvent entraîner comme effets secondaires des difficultés à s’alimenter et à digérer normalement. Parmi les effets secondaires fréquents figurent les altérations de goûts, la bouche sèche, la bouche endolorie, la salive épaisse, la nausée, les vomissements, la diarrhée, la constipation, la perte de poids, la perte d’appétit et la prise de poids.

Il est très important de suivre une thérapie alimentaire durant le traitement. Cette thérapie peut comporter les éléments suivants :

  • Un régime à base d’aliments cuits, car les fruits et légumes crus peuvent contenir des bactéries nuisibles ;
  • Des instructions à suivre en matière de sécurité des aliments ;
  • Un régime adapté en fonction du type de greffe et de l’endroit où le corps est touché par le cancer ;
  • Une alimentation parentérale durant les premières semaines de la greffe, dans le but d’obtenir suffisamment de calories, de liquides, de protéines, de minéraux et de vitamines nécessaires au rétablissement.

Après une opération, l’organisme a besoin d’énergie et de nutriments pour guérir les blessures, lutter contre les infections et se rétablir. Une alimentation saine est essentielle avant et après l’opération. Le patient doit ingérer suffisamment de nourriture et de liquides. Les conseils et recommandations de diététiciens et/ou nutritionnistes peuvent être utiles à cet égard. La sous-alimentation du patient avant l’opération peut entraîner des problèmes lors de la période de rétablissement, par exemple une mauvaise guérison ou des infections.

Après une opération, il est normal que le patient ait mal, soit fatigué et/ou perde l’appétit. À cause de ces symptômes, certains patients ne sont pas en état de manger normalement pendant une courte période. Quand l’intervention a eu lieu dans le système gastro-intestinal, les effets secondaires peuvent durer des semaines, voire des mois.

Les opérations à la tête ou au cou peuvent entraîner des problèmes au niveau de la mastication, de la déglutition et de la formation de salive, ainsi qu’à la vue, au goût et à l’odeur de nourriture.

Accompagnement du patient

Le traitement complet est éprouvant pour le patient, tant physiquement qu’émotionnellement. Il est très important qu’il bénéficie de soins infirmiers et médicaux optimaux, ainsi que d’une attention et d’un accompagnement particuliers.

Lors du séjour à l’hôpital, il est possible d’être assisté par un psychologue, un travailleur social ou un conseiller spirituel. Le médecin traitant peut conseiller les patients quant aux possibilités d’encadrement et d’accompagnement qui existent en dehors des hôpitaux.

 

 
Dernière adaptation le: 28/07/2017

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