Médecines non conventionnelles

Qu'est-ce que les médecines non conventionnelles?

Le terme "médecine non conventionnelle" est utilisé pour qualifier des méthodes de soin également appelées médecine douce, médecine complémentaire, médecine naturelle, médecine alternative

Les Anglo-saxons ont remplacé le terme "alternatif" par la formule "unproven method" qui signifie "méthode non prouvée". L'appellation "alternative" fait croire, à tort, qu'il existerait un autre chemin plus rapide, plus efficace ou plus agréable, pour arriver à une guérison. Or, les méthodes non prouvées ne sont pas des itinéraires "alternatifs" qui permettraient d'éviter les inconvénients des traitements "classiques". 

Qu'est-ce qui les différencie de la médecine classique?

La médecine classique fait, grâce aux recherches cliniques, la preuve scientifique de son efficacité et de ses limites.

La médecine non conventionnelle, elle, ne le fait pas.

Faut-il exclure les médecines non conventionnelles?

Doit-on conseiller le recours exclusif à des méthodes non prouvées? La réponse est non. En effet,

  • il n'existe pas de preuves scientifiques de leur utilité
  • il est impossible d'évaluer leur impact (positif ou négatif) en dehors d'études cliniques rigoureuses

Ceci étant, faut-il exclure complètement ces méthodes non prouvées? À nouveau, la réponse est non, pour autant qu'un certain nombre de conditions soient remplies.

Pas n'importe quoi et pas n'importe comment 

Ne pas influencer le malade

La demande doit émaner du malade lui-même. Il peut être très important, sur le plan psychologique, d'avoir la conviction que l'on a mis toutes les chances de son côté. Même si, pour cela, on s'écarte quelque peu des sentiers balisés. Par contre, famille, amis et connaissances, même animés des meilleures intentions, devraient s'abstenir d'influencer le patient en faveur de telle ou telle autre méthode. Sinon, confronté à des messages contradictoires ou confus, le malade risque de ne vraiment plus savoir à qui se fier.

Ne jamais remplacer un traitement classique par un traitement non conventionnel

Une méthode non prouvée s'applique en plus du traitement classique et jamais à la place de ce dernier. En effet, les approches dites alternatives ne peuvent jamais prétendre guérir à elles seules un cancer. Elles ne doivent donc, en aucun cas, prendre la place du traitement classique prescrit par le cancérologue, mais peuvent éventuellement être adoptées par le malade comme traitement d'appoint. 

S'assurer qu'il n'y a pas de risques

S'assurer que la méthode non prouvée est dépourvue de risques pour la santé n'est pas toujours simple, faute d'obtenir des précisions valables sur ce qui est proposé. Attention, par exemple, aux vertus exagérées dont certains parent la nature et les plantes. Souvenez-vous des dégâts des herbes chinoises. La médecine "alternative" n'a parfois de "douce" que le nom.

Se méfier des arnaques

Comme dans toutes les activités humaines, les meilleures intentions peuvent côtoyer les pires. D'aucuns n'hésiteront pas à vous vendre très cher de la poudre de perlimpinpin!

Toujours en parler à votre cancérologue et à votre médecin de famille

Non seulement ils peuvent vous aider à éviter les pièges décrits ci-dessus mais, pour vous soigner au mieux, il est important qu'ils connaissent l'ensemble des traitements que vous suivez.

En effet, certains traitements complémentaires peuvent fortement perturber l'efficacité du traitement classique. Il est donc indispensable d'informer votre cancérologue de tout ce que vous prenez en plus du traitement qu'il vous prescrit.

Phytothérapie et cancer

Parmi les différentes médecines non conventionnelles, la phytothérapie est l’une des plus utilisées par les personnes atteintes de cancer. Il s’agit de préparations diverses à base de plantes : thés, poudres, huiles essentielles... On en trouve dans les pharmacies, dans des magasins spécialisés ou sur internet. Bien que ces produits soient à base de plantes et disponibles en vente libre, ils ne sont pas nécessairement sans danger.

Pas sans effets secondaires

Indépendamment de leur influence potentielle sur les traitements classiques, ils peuvent avoir des effets toxiques et provoquer des effets secondaires. C’est le cas du millepertuis (nausées, maux de tête, hypersensibilité), de l’échinacée (hypersensibilité) ou encore du ginseng (nausées, maux de tête, diarrhées, hypertension artérielle).

Là où le problème devient plus grave, c’est lorsqu’une phytothérapie interagit avec les traitements contre le cancer, notamment les chimiothérapies. Le cas le plus connu est celui du millepertuis (ou herbe de la Saint-Jean). Cet antidépresseur et anxiolytique léger est disponible en vente libre, et il est parfois utilisé sans connaissance de cause, pour réduire le stress des patients atteints de cancer. Pourtant, il peut réduire l’efficacité de nombreuses chimiothérapies.

D’autres plantes vont, à l’inverse, accroître la toxicité de ces traitements. C’est le cas de l’ail, du ginko biloba, de l’échinacée, du ginseng, de l’extrait de pépin de raisin ou encore du thé vert. L’usage de ces plantes est donc à décourager chez les patients en cours de chimiothérapie.

Des produits trop peu contrôlés

Il faut également savoir que les produits de phytothérapie ne subissent pas les mêmes contrôles de qualité que les médicaments classiques et ne sont généralement pas accompagnés d’une posologie indiquant les effets secondaires ou interactions possibles avec d’autres produits, de même que les contre-indications éventuelles. Leur qualité et leur dosage peuvent aussi varier fortement.

Parlez-en à votre médecin !

La prudence est donc de mise, mais il ne faut pas pour autant rejeter en bloc la phytothérapie ! Elle peut effectivement être intégrée, en tant que complément aux traitements contre le cancer, pour améliorer la qualité de vie des patients. Il est indispensable d’aborder la question des médecines non conventionnelles avec son oncologue, et nous vous conseillons de communiquer à votre praticien la liste des suppléments de plantes utilisés, en plus de celle des médicaments traditionnels.

Consultez notre guide des compléments alimentaires

Ce guide vous fournira des informations sur les 20 compléments les plus fréquemment utilisés ainsi que sur les précautions, avantages et inconvénients liés à leur usage en cas de cancer.

Et l’homéopathie ?

L’homéopathie utilise des substances extrêmement diluées. Cela ne signifie pas pour autant que l’on peut y recourir par soi-même : un avis médical reste indispensable avant d’envisager un traitement homéopathique, que ce soit pour soutenir les traitements classiques ou en atténuer les effets secondaires.

Agir sur le corps et l’esprit

D’autres méthodes non conventionnelles visent le bien-être des patients. Ainsi, par ses effets relaxants, le massage favorise la détente musculaire mais aussi nerveuse. Un atout de poids pour les personnes atteintes de cancer, dont le corps et le mental sont mis à rude épreuve par le stress, la douleur ou encore les traitements. La sophrologie, quant à elle, utilise la détente physique et mentale pour apprendre à vivre mieux (mieux respirer, etc.). Elle aide à mieux gérer le stress, les émotions et le sommeil. Dans la même optique, des cours de Mindfulness (ou pleine conscience) peuvent aider les malades à gérer leur stress. Il s’agit d’apprendre, grâce à des exercices de méditation notamment, à porter son attention sur ce qui vient, moment après moment, sans jugement de valeur.

Si massages, sophrologie et pleine conscience n’ont pas d’effet direct sur la guérison, ils permettent d’apaiser le corps et l’esprit, et d’être ainsi mieux armé pour affronter cette épreuve qu’est le cancer. De nombreux patients qui y ont recours disent même ressentir moins de douleurs physiques. Ces méthodes présentent aussi peu de risque d’interaction avec les traitements. Toutefois, il est toujours conseillé d’en parler d’abord à son médecin et de s’adresser à des thérapeutes spécialisés pour les personnes atteintes de cancer, qui pourront ajuster les soins en conséquence.

Témoignages

Christiane, en rémission d'un cancer du sein
Le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez les femmes. En Belgique, environ 10 000 femmes doivent faire face à ce diagnostic chaque année. Mais l’appellation « cancer du sein » englobe en fait plusieurs types de tumeurs distincts, correspondant à des réalités bien différentes en termes de diagnostic, de traitement et de vécu pour la patiente. Christiane nous raconte son histoire.Lire la suite