Cancer colorectal (du gros intestin) - Examens

Dépistage du cancer colorectal

En Fédération Wallonie-Bruxelles, un Programme organisé de dépistage du cancer colorectal est opérationnel depuis mars 2009 pour la population âgée entre 50 et 74 ans. Aujourd'hui, c'est une compétence régionale.

Le Dr Marc Polus insiste sur l'utilité du dépistage du cancer colorectal

Lisez également l'interview du Prof Coche, parue en mars 2015 dans notre magazine Ensemble contre le Cancer. Le Prof Coche est l'un des initiateurs du programme de dépistage du cancer colorectal en Fédération Wallonie-Bruxelles.

En lire plus sur l'intérêt de réaliser un dépistage du cancer.

Qui est concerné par le dépistage du cancer colorectal ?

Le dépistage du cancer colorectal s'adresse aux hommes et aux femmes âgés de 50 à 74 ans. Il est organisé par la Fédération Wallonie-Bruxelles depuis 2009, et depuis 2014 en Flandre. Pour Bruxelles et la Wallonie, un nouveau test est utilisé depuis février 2016. Il s’agit du test immunologique (iFOBT, pour Immunological Faecal Occult Blood Test) qui est beaucoup plus facile à réaliser que le test Hemoccult® précédemment utilisé. Au lieu de 3 prélèvements de selles, il ne faut plus en réaliser qu’un seul. De plus, le test immunologique est encore plus fiable. Ce test est déjà utilisé en Flandre depuis 2014.

Comment se déroule le dépistage du cancer colorectal ?

Par la recherche dans les selles de traces de sang invisibles à l'oeil nu (test immunologique).

Si vous avez entre 50 et 74 ans et que vous n'avez pas de risque particulier, une lettre d’invitation vous est adressée personnellement :

  • soit dans les deux ans après votre 50ème anniversaire,
  • soit 5 ans après une coloscopie négative.

Dans le courrier, vous serez invité(e) à vous rendre chez votre médecin généraliste afin d’y recevoir le test à faire chez vous. Ce test est gratuit, seule la consultation est à payer. L’avantage de passer par le médecin est que celui-ci peut établir votre profil de risque et donner toutes les explications utiles. Cependant, une fois que vous aurez effectué le test une première fois et si le résultat était négatif, le deuxième test vous sera directement envoyé par la poste. 

Si vous souhaitez réaliser le test de dépistage du cancer colorectal sans attendre la lettre d'invitation, parlez-en à votre médecin traitant.

Désormais, un seul prélèvement de selles suffit. Vous renvoyez ensuite le test par la poste.

Les résultats vous seront transmis ainsi qu’à votre médecin. Dans environ 97 % des cas, le test est négatif (c'est-à-dire qu'on n'a pas détecté de traces de sang) et la personne est rassurée.

Si le test est positif, votre médecin vous proposera de réaliser une coloscopie (ou colonoscopie) pour vérifier la cause du saignement. Celui-ci peut avoir plusieurs causes. S'il s'agit d'une lésion pré-cancéreuse (ou "polype"), elle pourra généralement être enlevée tout de suite pendant l'examen et vous éviterez ainsi qu'elle ne dégénère en cancer. S'il s'agit d'un cancer, celui-ci en est probablement encore à un stade débutant. En faisant le test, vous avez pris les choses à temps avec, à la clé, un traitement plus léger et de meilleures chances de guérison !

Que signifie 'ne pas avoir de risque particulier' ?

Votre médecin généraliste vérifiera votre niveau de risque.

Si le risque est :

  • moyen (c.-à-d. pour les personnes âgées de 50 à 74 ans, asymptomatiques et sans facteurs particuliers), ce test doit se pratiquer tous les deux ans. En cas de résultat positif, votre médecin proposera un examen de l’intérieur du côlon et du rectum (coloscopie).
  • élevé ou très élevé (c.-à-d. pour les personnes ayant des antécédents familiaux ou personnels), votre médecin vous invitera à vous rendre chez le gastro-entérologue pour mise au point et réalisation d'une coloscopie totale.

Plus d'informations à ce sujet sur le site du Centre communautaire de référence pour le dépistage des cancers.

Le dépistage par test immunologique

Il consiste en une recherche de sang non-visible à l'oeil nu dans les selles.

Un cancer du gros intestin s’accompagne souvent de petites pertes de sang qui ne sont pas toujours visibles à l’œil nu. Ces saignements microscopiques peuvent être découverts par un prélèvement de selles pour réaliser un test immunologique.

Illustration issue du site du CCR : www.ccref.org/contexte-colon.php

Autres examens de dépistage

D'autres examens peuvent être effectués si l'on suspecte la présence d'un cancer colorectal.

Toucher rectal

Un doigt est introduit dans le rectum pour palper sa paroi. Cet examen permet de repérer une tumeur située près de l’anus.

Endoscopie

Un endoscope est un mince tuyau souple contenant un système optique et un système d’éclairage. Cet examen  permet d’observer les parois des cavités du corps ou des organes creux. Si une endoscopie est nécessaire, l’intestin est tout d’abord vidé de son contenu (prise d’un laxatif et suivi d'un régime sans fibres). L’endoscope est ensuite introduit par l’anus.

  • Si l’appareil est remonté jusqu’au sigmoïde, l’examen s’appelle une rectosigmoïdoscopie
  • Si l’entièreté du gros intestin est examinée, on parle de coloscopie ou colonoscopie

Grâce à l’endoscope, on peut prélever un petit morceau de tissu suspect (polype, par exemple). L’échantillon ainsi récolté (biopsie) est examiné au microscope pour déterminer sa nature exacte. L’examen microscopique donnera une certitude quant à la présence d'un cancer colorectal à cet endroit.

Endoscopie

Radiographie ou colo(no)scopie virtuelle (scanner)

L’examen du gros intestin est possible par radiographie classique ou par scanner (coloscopie virtuelle). Les deux techniques supposent la prise préalable de laxatifs et le suivi d'un régime sans fibres pour vider complètement le gros intestin. Ceci est indispensable pour bien visualiser la paroi intestinale et repérer ses éventuelles anomalies. 

Lors de l’examen, de l’air est insufflé dans le gros intestin par une sonde rectale afin de visualiser le mieux possible l’ensemble de la paroi intestinale. En cas de radiographie classique, un produit de contraste est introduit par la sonde rectale. 

Examens de diagnostic

Si le diagnostic de cancer colorectal est posé, le médecin demande d’autres examens afin de préciser le degré de développement local de la tumeur.

Classification tumeurs cancer du côlon

Certains examens donnent une idée de l’envahissement tumoral à l’intérieur de la paroi intestinale (très important pour définir le stade de la maladie) et permettent de repérer des anomalies (éventuelles métastases) dans les ganglions lymphatiques qui entourent le gros intestin :

  • une échographie transrectale (une sonde à ultrasons étant introduite par l’anus) en cas de cancer du rectum
  • un CT-scan ou une résonance magnétique nucléaire (RMN ou IRM) 

Un bilan d’extension est ensuite effectué, à la recherche d’éventuelles métastases à distance du cancer colorectal. Ce bilan comporte un examen du foie (échographie, scanner ou résonance magnétique nucléaire) car lorsqu’un cancer colorectal se généralise, il envahit souvent le foie.

Une radiographie des poumons est également réalisée, surtout dans les cas de cancer du rectum, à la recherche d’éventuelles métastases pulmonaires.

Si un ou plusieurs de ces examens de précision du diagnostic du cancer colorectal vous sont prescrits, n’hésitez pas à demander des explications sur le pourquoi et le comment. En fonction des résultats du bilan ainsi réalisé, des traitements appropriés pourront être proposés.

Lisez-en plus sur le déroulement des différents examens

Dernière adaptation le: 2/03/2017

Témoignages

" Je dois avouer que j’ai toujours eu de la chance côté santé. C’est vrai, j’ai des problèmes de dos et je ne peux plus bouger comme je l’aimerais. Mais j’ai de quoi m’occuper : j’aime les activités culturelles comme les concerts classiques et la danse contemporaine. Je vis sainement, je me sens en bonne santé… Pour mon entourage, tout ne se passe pas aussi bien. "Lire la suite