Le caramel est-il cancérigène ?

Vendredi, 29 Août 2014

Une récente étude de l’Institut Scientifique de Santé Publique (ISP) analyse de près la toxicité potentielle d’un colorant largement utilisé dans l’industrie agro-alimentaire : le caramel. Si sa version naturelle sans additifs (composée d’un mélange d’eau et de sucre) est sans danger, il n’en va pas de même pour les différentes formes industrielles. Faut-il dès lors bannir cet additif ?

Sources : Le caramel, un colorant pas si anodin mais omniprésent dans notre alimentation, Presscenter, Institut scientifque de Santé Publique,21-08-14. Communiqué de presse Fevia: l'industrie alimentaire insiste sur le fait que l'utilisation du caramel est sûre.

Commentaire de la Fondation contre le Cancer

Seules les formes industrielles sont pointées du doigt

Le colorant caramel est connu en tant qu’additif sous la dénomination E150 et il en existe 4 sous-types (a, b, c et d). Ce sont les sous-types b, c et d qui sont aujourd’hui pointés du doigt car ils sont additionnés d’ammoniac et/ou de sulfites. Ces additifs ont pour but de leur assurer des propriétés esthétiques et olfactives attractives lorsqu’ils sont synthétisés de manière industrielle. Lorsque l’aliment qui en contient est soumis à une cuisson, ces additifs provoquent la formation de nouvelles substances (de la classe des methylimidazoles) dont certaines sont classées par le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) comme « potentiellement cancérigènes ».

Le point de vue de la l’EFSA et de la Fevia

L’Agence Européenne de la Sécurité Alimentaire (EFSA) et la Fédération belge de l’industrie alimentaire (FEVIA) relativisent quelque peu ces propos alarmants car, d’une part, il n’existe pas de preuves formelles de la nocivité des additifs E150 b,c,d et, d’autre part, les doses maximales fixées par l’EFSA sont 100 fois inférieures aux limites de toxicité démontrées.

Faut-il réellement s’en inquiéter ?

Sur base des données actuellement disponibles, il n’y a pas lieu de s’inquiéter. D’autant plus que l’ISP propose une nouvelle méthode  d’analyse des substances néoformées dans les aliments contenant du caramel industriel.  Toutefois,  la prudence sera requise en ce qui concerne les enfants. En effet, les tests de toxicité ont été réalisés chez des adultes. Par ailleurs, du fait de leur faible poids, les enfants atteignent beaucoup plus vite les quantités maximales à ne pas dépasser. Il faudra donc veiller à ce qu’ils ne consomment pas trop d’aliments riches en caramel industriel.

Une alimentation variée pour limiter les risques

Il n’est malheureusement pas possible d’exclure tout risque lié à la consommation de caramel pour l’ensemble de la population. Les personnes ayant une alimentation déséquilibrée, incluant trop de denrées contenant les additifs E150, b, c et d, atteignent rapidement la limite quotidienne maximale conseillée. Cela pourrait donc présenter un  risque pour leur santé. Une fois de plus, en matière d’alimentation et de prévention du cancer, tout peut se résumer à un conseil : optez pour une alimentation saine et variée ! C’est le meilleur moyen de réduire les risques au minimum, et de pratiquer la prévention au maximum…

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