Vers une fin de l’expérimentation animale en Wallonie ? Inquiétude des chercheurs

Vendredi, 7 Juillet 2017

La Région wallonne prépare actuellement un nouveau code pour le bien-être animal. Selon les scientifiques, ce texte met en danger l’avenir de l’expérimentation animale. Il s’agit pourtant d’une étape essentielle dans le développement de nombreux projets de recherche cancérologique. Suite à la lecture de ce nouveau projet de code, les responsables de l’Université de Liège ont réagi par une lettre adressée à toutes les universités et centres de recherche belges ainsi qu’au FNRS (Fonds National pour la Recherche Scientifique). Selon eux, le code « annihile toute possibilité de recherche préclinique sur des médicaments en Région wallonne ».

Source : Le Soir en ligne, 5 juillet 2017 – « La Wallonie veut limiter l’expérimentation animale »

Un maillon indispensable dans la chaîne du progrès

L’expérimentation animale est un thème sensible, qui divise et oppose parfois violemment défenseurs des animaux et scientifiques. A l’heure actuelle, elle reste – malheureusement sans doute – une étape indispensable de la recherche biomédicale, pour lutter efficacement contre de nombreuses pathologies qui touchent aussi bien les hommes que les animaux. 

Il va de soi qu’il faut continuer à améliorer les protocoles expérimentaux et utiliser au mieux les autres méthodes d’investigation rendues possibles par les progrès technologiques (cultures de cellules, modélisation informatique, etc.). Mais ces approches ne permettent pas de remplacer complètement l’expérimentation animale. Ceci est particulièrement vrai en recherche cancérologique, où l’étude des interactions entre cellules cancéreuses et tissus sains joue un rôle déterminant.

Chaque année, 23 000 Wallons sont touchés par le cancer

Dans les laboratoires de recherche contre le cancer, l’expérimentation animale n’est utilisée qu’en l’absence d’alternative. C’est un domaine extrêmement régulé, avec des normes et réglementations très strictes. Un vétérinaire est souvent présent pour s’assurer du bien-être des animaux, et des contrôles réguliers sont effectués par un comité d’éthique indépendant du laboratoire. 

La Fondation ne remet pas en question la nécessité d’un code sur le bien-être animal. Mais la recherche médicale est un domaine particulier, et nous ne comprendrions pas – de même que les 23 000 Wallons touchés chaque année par un cancer et leurs proches – qu’elle soit gravement remise en question par un projet ratissant trop large. 

Du côté du cabinet du ministre de tutelle Carlo Di Antonio (CDH), on précise que le projet de code est toujours « en cours d’affinage » et qu’entre la première et la deuxième lecture, il fera l’objet de concertations. 

La Fondation, et de nombreux scientifiques et chercheurs belges, espèrent que ces concertations permettront d’exclure du nouveau code tout effet pervers au niveau de la recherche biomédicale. 

Visionnez notre 'Question Cancer' consacré à l'expérimentation animale >>