Alimentation complémentaire lors d’un cancer | Fondation contre le Cancer
Alimentation complémentaire

Alimentation complémentaire lors d’un cancer

  1. Qu'est-ce qu'un « supplément nutritionnel » ?
  2. Quand un supplément nutritionnel est-il nécessaire ?
  3. Comment utiliser et conserver une alimentation liquide ?
  4. Comment démarrer et poursuivre une alimentation liquide ?
  5. Combien de temps utiliser une alimentation liquide ?
  6. Que faire si je n'aime pas/plus l'alimentation liquide ?
  7. Remboursement 
  8. Recettes
  9. Références

Qu'est-ce qu'un « supplément nutritionnel » ?

Un « supplément nutritionnel » est un aliment qui complète l'alimentation quotidienne. Il apporte des calories et/ou des protéines supplémentaires et contient des vitamines, des minéraux et des oligoéléments. Certains suppléments nutritionnels sont disponibles avec ou sans fibres.

Il peut s'agir de préparations sous forme de poudre, que l'on ajoute à l'alimentation habituelle.Un « supplément nutritionnel oral » ou une alimentation buvable à des fins médicales sont bien souvent des boissons prêtes à l'emploi, utilisées afin de compléter l'alimentation quotidienne. En cas de grave perte d'appétit, les repas peuvent être remplacés par une alimentation buvable complète et équilibrée. L'alimentation buvable veille ainsi à un apport complet en nutriments.

Par ailleurs, une alimentation par sonde peut également être prescrite comme supplément nutritionnel, en vue de compléter l'alimentation quotidienne. 

Toutes ces formes de suppléments nutritionnels sont disponibles chez le pharmacien et par le biais des services de soins à domicile : Linde Healthcare, Sorgente et Remedus.

N'y recourez pas de votre propre chef : l'alimentation buvable ne peut être utilisée que sous une surveillance (para)médicale. Il convient de toujours demander conseil à votre médecin traitant ou à un(e) diététicien(ne), spécialisé(e) en oncologie. Plusieurs adresses vous sont proposées dans notre carnet d'adresses.

Quand un supplément nutritionnel est-il nécessaire ?

Au cours d’un traitement contre le cancer, certaines personnes éprouvent des difficultés à manger, liées à des causes diverses (comme une tumeur au niveau du tube digestif, des nausées et des vomissements dus au traitement, etc.) et qui se  traduisent par une perte de poids. Mais vous pouvez également constater une perte de poids involontaire, sans avoir l'impression de moins manger.

Dans les deux cas, il convient de réagir sans délai. Au cours du traitement, il est important de prévenir la perte de poids et de masse musculaire, ainsi que toute carence en vitamines, minéraux et oligoéléments.

Dans un premier temps, l'alimentation peut être enrichie en calories et éventuellement en protéines, et complétée ou non par un complément en multivitamines et -minéraux. Divers conseils vous sont dispensés à cet effet dans notre fiche consacrée à la perte de poids involontaire. Il est particulièrement indiqué de parler de la perte de poids dans les plus brefs délais à un(e) diététicien(ne) spécialisé(e) en oncologie, dont vous pouvez trouver les coordonnées dans notre carnet d'adresses. Il/elle formule des conseils personnalisés et peut vous indiquer si des compléments alimentaires sont utiles ou non dans votre cas.

Et s'ils ne vous permettent pas de stabiliser votre poids, on recourt alors à un « supplément nutritionnel oral ». Il s'agit la plupart du temps d'une boisson lactée, semblable à un milkshake. Toutefois, il est également disponible sous d'autres formes, du type jus de fruits, pudding, yaourt, potage, dessert aux fruits, entre autres. Ces suppléments sont disponibles dans divers goûts.

En plus de contenir des vitamines, des minéraux et des oligoéléments, ils sont hypercaloriques et hyperprotéinés dans la plupart des cas. Certains suppléments nutritionnels sont disponibles avec ou sans fibres.

Pour vous aider à faire le bon choix, vous pouvez trouver un(e) diététicien(ne) spécialisée en oncologie en consultant notre carnet d'adresses.

Si cela ne devait pas suffire, il est également possible de recourir à une alimentation par sonde (nasale ou gastrique), la nuit par exemple.  Elle peut être combinée à l'alimentation quotidienne et à une alimentation buvable. Cette forme d'alimentation par sonde propose également une alternative aux personnes qui n'apprécient pas les suppléments nutritionnels oraux ou ne les tolèrent pas.

Comment utiliser une alimentation liquide ?

  • Donnez toujours la priorité à une alimentation classique et veillez à ce que le supplément nutritionnel n'entrave pas votre appétit. Il convient dès lors de ne pas le prendre avant ou pendant un repas, mais comme dessert ou entre les repas, 2 heures avant le repas suivant. Le moment idéal est le soir, après le dernier repas et avant le coucher.
  • Bien agiter avant emploi.
  • L'alimentation buvable peut être chauffée sans toutefois être bouillie.
  • Il n'est pas nécessaire de consommer un sachet ou un pot en une seule fois. Consommez-le à petites doses tout au long de la journée. Entretemps, remettez-le à chaque fois au réfrigérateur, où il peut être conservé pendant 24 heures après ouverture.
  • Si vous ne parvenez pas à consommer la quantité d'alimentation buvable totale prescrite en une seule journée, signalez-le à votre diététicien(ne). Il se peut qu'une alternative concentrée soit la solution.

Comment conserver une alimentation liquide ?

  • Dans son emballage d'origine fermé, il n'est pas nécessaire de mettre l'alimentation buvable au réfrigérateur.
  • Tenez compte de la date de péremption.
  • Consommez un produit ouvert à température ambiante dans les 2 heures. Dans le réfrigérateur, un produit ouvert peut être conservé pendant 24 heures et au congélateur, pendant 1 semaine.

Comment démarrer et poursuivre une alimentation liquide ?

  • Commencez par des goûts doux (fruits des bois, pêche...) ou du type chocolat/café/cappuccino.
  • Consommez l'alimentation buvable froide (sortie du réfrigérateur, avec des glaçons).
  • Commencez par consommer des petites quantitiés, par ex. 50 ml à la fois, 3 à 5 fois par jour.
  • Consommez une petite quantité à chaque fois que vous prenez vos médicaments.
  • Variez les goûts et les textures (boisson, jus, yoghurt, pudding...). L'offre est assez diversifiée, n'hésitez pas à demander conseil à votre pharmacien ou livreur à domicile.
  • Faites des (cubes) de glace avec votre préparation, si ce mode de consommation est plus agréable pour vous.
  • Prenez votre alimentation liquide dans le courant de la soirée, après le dernier repas de la journée.
  • Ne prenez pas votre alimentation liquide juste avant ou juste après un repas.
  • Ne prenez pas votre alimentation liquide juste après une séance de radiothérapie. Attendez quelques heures.
  • Nous vous proposons de nombreuses recettes dans lesquelles vous pouvez inclure votre aliment liquide.

Combien de temps utiliser une alimentation liquide ?

Au cours du traitement

Il est recommandé de consommer un supplément nutritionnel aussi longtemps que cela permet une stabilisation ou une ré-augmentation de votre poids, jusqu’à revenir à  votre poids idéal d'avant la maladie. Quand le poids d'avant votre maladie est de nouveau atteint, vous pouvez progressivement arrêter le supplément nutritionnel.

Au terme du traitement 

Quand tous les traitements sont terminés, il est indiqué de poursuivre la prise de supplément nutritionnel jusqu'à ce que vous retrouviez votre poids idéal d'avant la maladie. C'est seulement à ce moment-là que vous pouvez arrêter progressivement le supplément nutritionnel.

Il est préférable de procéder à un arrêt progressif du supplément nutritionnel. En effet, il est possible que le poids reste inchangé si le supplément nutritionnel est réduit de moitié mais il peut repartir à la baisse si le supplément est arrêté d'un coup...

Que faire si je n'aime pas/plus l'alimentation liquide ?

Une enquête de la Fondation contre le Cancer menée auprès de diététicien(ne)s et de personnes atteintes de cancer indique que près de la moitié des patients arrêtent l'alimentation buvable de façon prématurée. Pour environ 60 % d’entre eux, le goût et le développement d'une aversion sont les principales raisons motivant l'arrêt. Des altérations gustatives et olfactives sont fréquentes au cours d'un traitement contre le cancer. Ce sont essentiellement les vitamines, les minéraux et les oligoéléments contenus dans l'alimentation buvable qui seraient à la base d'une mauvaise perception gustative. Mais l'évolution de la maladie et le(s) traitement(s) peuvent également induire ce genre d'altération. La vaste gamme de saveurs des alimentations buvables semble ne pas y apporter de solution.

Ci-dessous vous trouverez quelques conseils qui peuvent améliorer le goût d’une alimentation buvable:

  • Consommez une petite quantité à chaque fois que vous prenez vos médicaments.
  • Si vous n'aimez pas un supplément nutritionnel en particulier, testez d'autres saveurs et d'autres textures (jus de fruit, pudding, yaourt, soupe, dessert fruité, etc.). Changez régulièrement : vos préférences peuvent évoluer au cours du traitement. Informez-vous auprès de votre fournisseur.
  • Consommez l'alimentation buvable froide (sortie du réfrigérateur, avec des glaçons) si le goût vous pose problème.
  • Si la quantité à consommer constitue un problème, consommez l'alimentation buvable à petites doses tout au long de la journée. Il existe sur le marché des variétés plus concentrées, permettant d’en consommer  de plus faibles quantités. Demandez à votre pharmacien ou votre diététicien(ne)  s'il existe une telle alternative à l'alimentation buvable qui vous a été prescrite.
  • Certains fabricants proposent des variantes salées si vous n'aimez pas le goût sucré de l'alimentation buvable. Demandez à votre pharmacien ou votre diététicien(ne) s'il existe une telle alternative à l'alimentation buvable qui vous a été prescrite.
  • Consultez nos recettes : vous y trouverez des recettes pour transformer votre supplément nutritionnel en en-cas  de façon à obtenir des goûts moins prononcés et plus variés.
  • Préparez vous-même l'alimentation buvable ou faites-la préparer par un membre de votre famille ou l'un de vos amis. Complétez-la d'un supplément en multivitamines et minéraux que vous prendrez en comprimés. Demandez à votre diététicien(ne) ou oncologue le supplément adéquat. Deux recettes de base vous sont présentées dans ce document.
  • Changez de goût le plus souvent possible : moins vous variez et plus rapidement vous risquez de développer une aversion.
  • Pour davantage de variation gustative, ajoutez de temps à autre de l'eau pétillante ou du ginger-ale (par ex. Canada Dry®) à l'alimentation buvable sous forme de jus fruité.
  • Si l'alimentation buvable est trop sucrée pour vous, optez dès lors pour un supplément alimentaire au goût neutre et agrémentez-le selon vos goûts (par ex. sirop, fruits, poudre de café, etc.).
  • Si les alimentations buvables sous la forme de boisson lactée vous paraissent trop sucrées, ajoutez-y du café soluble ou du café « normal ».
  • Pour vous débarrasser d'un goût déplaisant ou d'une sensation collante dans la bouche après avoir consommé l'alimentation buvable, buvez quelques gorgées d'une autre boisson que vous appréciez (eau (pétillante), café, thé, jus, etc.).
  • Si l'odeur est trop prononcée, consommez l'alimentation buvable directement dans son emballage d’origine à l'aide d'une paille.

Si, malgré ces conseils, vous ne parvenez pas à poursuivre la consommation de  supplément buvable, signalez-le sans délai à votre oncologue ou à votre diététicien(ne). Vous pourrez évaluer ensemble si une alimentation complémentaire, par sonde pendant la nuit par exemple, peut constituer une alternative. L’une des priorités au cours du traitement contre le cancer est la stabilité pondérale et l'interruption de la perte de poids, de quelque manière que ce soit !

Remboursement

Une enquête de la Fondation contre le Cancer menée auprès de diététiciens et de patients atteints de cancer indique que près de la moitié des patients arrêtent l'alimentation buvable de façon prématurée. Pour environ 60 % d’entre eux, le prix est l'une des principales raisons motivant l'arrêt. 

 

En Belgique, l'INAMI n'intervient pas dans ces frais. Bien qu'il soit très limité, certaines mutualités et quelques assurances complémentaires proposent parfois un remboursement partiel. Informez-vous à cet égard.

Si le prix vous pose  problème, une alternative consiste à réaliser vous-même le supplément nutritionnel, à l'aide de nos recettes.

Recettes

Cliquez ici pour voir les recettes aux supplements nutritionnels oraux.

Pour constituer ce dossier, la Fondation contre le Cancer a collaboré avec Bénédicte Defever, spécialiste en nutrition et diététicienne, forte d'une expérience de plusieurs années en alimentation clinique, incluant les suppléments nutritionnels. 

Références

Pour constituer ce dossier, la Fondation contre le Cancer a collaboré avec Bénédicte Defever, spécialiste en nutrition et diététicienne, forte d'une expérience de plusieurs années en alimentation clinique, incluant les suppléments nutritionnels.

Autres références :

  • Bloch A. et al. Eating well, Staying well During and After Cancer. American Cancer Society, 2004.
  • Del Fabbro B. et al. Nutrition and the Cancer Patient.  Oxford University Press, 2010.
  • Vogel, J. et al. Handboek voeding bij kanker, Utrecht: de Tijdstroom, 2012.
Dernière adaptation le: 18/02/2019

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Marcus a décidé de devenir Ami de la Fondation pour encore mieux soutenir la lutte contre le cancer. Une cause qui le mobilise d'autant plus depuis que son épouse a été touchée par un cancer du sein.Lire la suite