Guide des compléments alimentaires

Vous suivez un traitement contre le cancer et vous cherchez des informations concrètes sur les compléments alimentaires (vitamines, plantes, herbes…) ? Ce guide vous fournira des informations sur les 20 compléments les plus fréquemment utilisés ainsi que sur les précautions, avantages et inconvénients liés à leur usage.



Avant d’avoir recours à des compléments alimentaires, nous vous conseillons vivement de lire attentivement les informations essentielles liées à leur utilisation. Nous vous proposons également en téléchargement un tableau récapitulatif des compléments alimentaires illustrant leur double statut ami/ennemi.

Comment utiliser l’application



Faire des recherches sur base d’un complément :

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Faire des recherches sur base d’un traitement :

  • Faites votre choix dans le menu déroulant « Sélectionnez un traitement ».
  • Sous le menu déroulant, vous obtenez la liste de tous les compléments susceptibles d’interférer, de façon positive ou négative, avec le traitement choisi.
  • Vous pouvez ensuite cliquer sur un complément pour obtenir une fiche d’information complète à son sujet.

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Ail

L’ail (Allium sativum) est surtout utilisé en cuisine, mais il est également disponible sous forme de complément alimentaire. La meilleure manière de le consommer est cru et haché. L’ail est également disponible sous forme de complément alimentaire ; de même que la quercétine, considérée comme la substance la plus active contenue dans l’ail (voir ‘quercétine’ dans cette fonctionnalité).

Situations liées aux traitements du cancer

L’ail est souvent consommé par les patients atteints de cancer pour les propriétés de stimulation de l’immunité qu’on lui prête (1,2).

 

Effets négatifs possibles sur les traitements du cancer

L’ail réduit l’effet des traitements à base de tamoxifène (1) (Nolvadex®, Tamizam®, Tamoplex®, Tamoxifen®) et à base de dacarbazine (Dacarbazine®, Medac®) (4,7).

L’ail augmenterait la toxicité des chimiothérapies à base de docetaxel (Docetaxel®, Taxotère®, Tevadocel®) (5), ainsi que des traitements anticancéreux suivants : dacarbazine, campthotécines, cyclophosphamide, inhibiteurs de l’EGFR, taxanes, vinca-alcaloïdes et épipodophyllotoxines (7,8).

Une interaction modérée serait également possible entre l'ail et l'anagrélide (Xagrid®) (6).

Effets secondaires généraux

Consommé en grande quantité, l’ail peut entraîner une sensation de brûlure dans la bouche, des odeurs corporelles, des maux de tête, des flatulences, des vomissements et de la fatigue. Il peut également provoquer des irritations du système gastro-intestinal (2,3).

Interactions avec d’autres médicaments et compléments alimentaires

L’ail peut avoir un effet anticoagulant (2,3) et faire baisser le taux de sucre sanguin. Si vous suivez un traitement « classique » qui présente les mêmes effets (surtout dans le cas de la warfarine (3,5), du fenprocoumon et des salycilates comme l’aspirine (8), il est conseillé d’informer votre médecin que vous consommez de l’ail.

Pour les mêmes raisons, la prudence est de mise lors d’une consommation simultanée de l’ail et d’autres compléments alimentaires faisant baisser le taux de sucre sanguin (aloe vera, bêta-glucanes, co-enzyme Q10, curcuma, gingembre, ginkgo et ginseng) ou ayant un effet anticoagulant (Curcuma, extrait de pépins de raisins/resvératrol, gingembre, ginkgo, ginseng, graines de lin, omega-3 ou acides gras de poisson EPA/DHA, quercétine, vitamine E). Informez toujours aussi votre médecin de ce type de combinaison.

Interrompez la consommation des compléments ail 14 jours avant une intervention chirurgicale (2,3,5).

Les personnes souffrant d’acidité gastrique et de problèmes de thyroïde doivent toujours consulter leur médecin s’ils souhaitent utiliser de l’ail (2).

Dosage pour les adultes

Il est déconseillé de consommer de l’ail en grande quantité ou sous forme de complément alimentaire en combinaison avec des traitements à base de tamoxifène (3) (Nolvadex®, Tamizam®, Tamoplex®, Tamoxifen®) et dacarbazine (7).

Même conseil pour les traitements à base de dacarbazine, campthotécines, cyclophosphamides, inhibiteurs de l’EGFR, taxanes, vinca-alcaloïdes, épipodophyllotoxines et anagrélide (Xagrid®) (6). Renseignez-vous auprès de votre médecin pour savoir si vous suivez l’un de ces traitements.

De manière générale, la quantité quotidienne conseillée équivaut à 4 g (1 gousse = 1 g), ou son équivalent sous forme de jus, d’extrait ou d’huile (1,2). Quand vous le consommez sous forme de complément alimentaire, suivez toujours les indications mentionnées sur l’emballage. En cas de grossesse, tenez-vous en uniquement à un usage culinaire (5).

Références

  1. www.cam-cancer.org
  2. http://umm.edu
  3. www.mskcc.org
  4. www.bcfi.be
  5. www.nlm.nih.gov/medlineplus
  6. Collado-Borrell R. et al.Oral antineoplastic agent interactions with medicinal plants and food: an issue to take into account. J Cancer Res Clin Oncol. 2016 Nov;142(11):2319-30. 
  7. Vandebroek A. Voedingssupplementen. Symposium niet-conventionele kankerbehandelingen, Stichting tegen Kanker, 2011.
  8. Bauvet F. Utilisation des médecines complémentaires et alternatives, en particulier les suppléments alimentaires et les phytothérapies, par les patients en cours de traitement oncologique. Symposium traitements non-conventionnels, Fondation contre le Cancer, 2011.

Ginkgo

Le ginkgo biloba est utilisé depuis longtemps pour traiter différentes affections.

Situations liées aux traitements du cancer

Le ginkgo biloba peut prévenir et réduire la toxicité pour le cœur liée à un traitement à base de doxorubicine (1).

Des études complémentaires sont nécessaires pour vérifier l’hypothétique activité anti-cancéreuse du ginkgo (3).

Effets négatifs possibles sur les traitements du cancer

A cause de son effet antioxydant, le gingko pourrait réduire l’action de certains traitements classiques basés sur un effet oxydant. C’est le cas de la radiothérapie, des cyclophosphamides, de la dacarbazine, des analogues du platine, des anthracyclines et de certains antibiotiques antitumoraux tels que la bléomycine et la mitomycine.

Le ginkgo peut interférer avec les chimiothérapies à base de gefitinib (Iressa®) et letrozole (Femara®, Letrozole®) (2,6).

Enfin, le ginkgo augmenterait la toxicité des traitements suivants : dacarbazine, campthotécines, cyclophosphamide, inhibiteurs de l’EGFR, taxanes, vinca-alcaloïdes et épipodophyllotoxines (6,7).

Effets secondaires généraux

Le ginkgo est généralement bien supporté, mais peut cependant causer certains effets indésirables : troubles gastro-intestinaux, maux de tête (1), vertiges, réactions allergiques (de la peau notamment) et, dans certains cas, hémorragies cérébrales (3,4).

Du fait de son effet anticoagulant, il est conseillé de ne pas consommer de ginkgo dans les 36 heures précédant une opération chirurgicale (4).

Interactions avec d’autres médicaments et compléments alimentaires

Le ginkgo peut avoir un effet anticoagulant et faire baisser le taux de sucre sanguin (3). Si vous suivez un traitement « classique » qui présente les mêmes effets, il faut impérativement consulter votre médecin avant d’utiliser le ginkgo (4).

Pour les mêmes raisons, la prudence est de mise lors d’une consommation simultanée de ginkgo et d’autres compléments alimentaires faisant baisser le taux de sucre sanguin (ail, aloe vera, bêta-glucanes, co-enzyme Q10, curcuma, gingembre et ginseng) ou présentant un effet anticoagulant (ail/quercétine, curcuma, extrait de pépins de raisins/resvératrol, gingembre, ginseng, graines de lin, omega-3 ou acides gras de poisson EPA/DHA, quercetine, vitamine E). Informez toujours votre médecin de ce type de combinaison.

Des interactions ont aussi été observées avec certains anticoagulants et anti-inflammatoires, des substances antivirales et des médicaments contre l’épilepsie.

Dosage pour les adultes

La prise de gingko  est à envisager avec prudence quand elle est combinée à certains traitements. C’est le cas de la radiothérapie, des analogues du platine, des anthracyclines et de certains antibiotiques antitumoraux tels que la bléomycine et la mitomycine. Si vous suivez l’un de ces traitements, évitez toute consommation de gingko le(s) jour(s) du traitement ainsi que les deux jours qui le précédent et le suivent.

La prise de ginkgo est déconseillée durant une chimiothérapie à base de gefitinib (Iressa®) et letrozole (Femara®, Letrozole®) (2,6).

Il est également déconseillé d’utiliser le ginkgo en combinaison avec les traitements suivants : dacarbazine, campthotécines, cyclophosphamide, inhibiteurs de l’EGFR, taxanes, vinca-alcaloïdes et épipodophyllotoxines. Consultez votre médecin pour savoir si vous suivez un de ces traitements (7,8).

L’usage du ginkgo est à proscrire durant la grossesse et l’allaitement (4).

La dose journalière normale est de 120 à 240 mg. Respectez ces doses : des quantités de ginkgo biloba plus importantes pourraient potentiellement être cancérigènes (4,5).

 

Références

  1. Yi SY et al. Effect of extract of Ginkgo biloba on doxorubicin-associated cardiotoxicity in patients with breast cancer. Zhongguo Zhong Xi Yi Jie He Za Zhi, 2008 Jan;28(1):68-70, Chinese, PubMed PMID: 18418975.
  2. www.bcfi.be
  3. www.mskcc.org
  4. www.umm.edu
  5. www.cancer-environnement.fr
  6. Vandebroek A. Voedingssupplementen. Symposium niet-conventionele kankerbehandelingen, Stichting tegen Kanker, 2011.
  7. Bauvet F. Utilisation des médecines complémentaires et alternatives, en particulier les suppléments alimentaires et les phytothérapies, par les patients en cours de traitement oncologique. Symposium traitements non-conventionnels, Fondation contre le Cancer, 2011.

Ginseng

Le terme ginseng s’applique à trois plantes différentes, à savoir le ginseng sibérien (Eleuthero ou Eleutherococcus senticosus), asiatique (Panax ginseng) et américain (Panax quinquefolius). Chaque variété a ses spécificités, mais elles sont toutes utilisées pour leurs propriétés toniques, notamment pour les troubles liés à la ménopause ou pour les états de fatigue (1) et d’angoisse. Le ginseng donnerait de l’énergie tout en renforçant la condition et les défenses naturelles (2,3).

Situations liées aux traitements du cancer

Le ginseng – quelle que soit sa variété – semble avoir une action anti-cancéreuse et réduire les effets secondaires des chimiothérapies ainsi que la fatigue. Il améliorerait donc la qualité de vie, le sommeil nocturne et l'appétit des patients atteints de cancer (3,6,9).

Effets négatifs possibles sur les traitements du cancer

Le ginseng peut stimuler la croissance tumorale des cancers hormonodépendants (par exemple du sein ou du corps de l’utérus). Son usage est donc déconseillé en présence de ces cancers (3,4).

Le ginseng augmenterait la toxicité des traitements oncologiques suivants : dacarbazine, campthotécine, cyclophosphamide, inhibiteurs de l’EGFR, taxanes, vinca-alcaloïdes et épipodophyllotoxines (7,8).

Le ginseng pourrait augmenter la toxicité de l’imatinib (Glivec®) pour le foie.

Effets secondaires généraux

Une prise limitée dans le temps est généralement bien supportée. Cependant, une prise prolongée de doses trop importantes peut causer : modifications du rythme cardiaque, nausées, maux de tête, diarrhée, insomnie, nervosité, angoisse, crampes musculaires, seins tendus et sensibles, et saignements vaginaux (1). A forte dose, il peut également causer de l’hypertension artérielle (1,3).

Il est conseillé de cesser toute consommation une semaine avant une opération chirurgicale (4).

Interactions avec d’autres médicaments et compléments alimentaires

Le ginseng peut diminuer l’effet de la morphine (Morphine®, MS Contin®, MS Direct®, Oramorph®) (5); il est donc déconseillé de les combiner (3).

Le ginseng peut avoir un effet calmant, anticoagulant et faire baisser le taux de sucre sanguin (1). Si vous suivez un traitement « classique » qui présente les mêmes effets, il faut impérativement informer votre médecin avant de prendre du ginseng.

Pour les mêmes raisons, la prudence est de mise lors d’une consommation simultanée de ginseng et d’autres compléments alimentaires faisant baisser le taux de sucre sanguin (ail, aloe vera, bêta-glucanes, co-enzyme Q10, gingembre et ginkgo) ou présentant un effet anticoagulant (ail/quercétine, extrait de pépins de raisins/resvératrol, gingembre, ginkgo, graines de lin, omega-3 ou acides gras de poisson EPA/DHA, quercetine, vitamine E). Informez toujours votre médecin de ce type de combinaison.

L’usage combiné de ginseng et d’antidépresseurs à base de phénelzine est à proscrire.

 

Dosage pour les adultes

N’utilisez pas de ginseng en cas de cancer du sein (hormonodépendant) ou du corps de l’utérus, ni lors d’un traitement par imatinib (Glivec®).

Son usage est également déconseillé en combinaison avec des traitements à base de dacarbazine, campthotécine, cyclophosphamide, inhibiteurs de l’EGFR, taxanes, vinca-alcaloïdes et épipodophyllotoxines (7,8). Consultez votre médecin pour savoir si vous suivez un de ces traitements.

Dosages habituels :

  • Ginseng asiatique/américain : 100-200 mg 1 à 3 fois par jour sous forme d’extrait, ou ½ à 2 cuillères à café 3 fois par jour sous forme de teinture.
  • Ginseng sibérien : 2-3 g/jour sous forme de plante ou 2 cuillères à café/jour sous forme de teinture.

Suivez toujours les indications d’emploi présentes sur l’emballage (3).

Le ginseng est déconseillé durant la grossesse et l’allaitement  (3).

Attention à la combinaison alcool/ginseng : le ginseng renforce la somnolence provoquée par l’alcool (4).

 

Références

  1. Morey B. et al. A review of evidence-based practice in nutrition related complementary therapies: improving the knowledge of dietitians. Cancer Forum, Vol 35 Issue 2, 2011.
  2. www.mskcc.org
  3. www.umm.edu
  4. www.nlm.nih.gov/medlineplus
  5. www.bcfi.be
  6. Yennurajalingam S. et al. High-Dose Asian Ginseng (Panax Ginseng) for Cancer-Related Fatigue: A Preliminary Report. Integr Cancer Ther. 2015 Sep;14(5):419-27. doi: 10.1177/1534735415580676. Epub 2015 Apr 14.
  7. Vandebroek A. Voedingssupplementen. Symposium niet-conventionele kankerbehandelingen, Stichting tegen Kanker, 2011.
  8. Bauvet F. Utilisation des médecines complémentaires et alternatives, en particulier les suppléments alimentaires et les phytothérapies, par les patients en cours de traitement oncologique. Symposium traitements non-conventionnels, Fondation contre le Cancer, 2011.
  9. Kim, H., Kim, M. K., Lee, M., Kwon, B. S., Suh, D., & Song, Y. (2017). Effect of red ginseng on genotoxicity and health-related quality of life after adjuvant chemotherapy in patients with epithelial ovarian cancer: A randomized, double blind, placebo-controlled trial. Nutrients, 9(7), 772.

Gui

Les extraits de gui (Viscum album) sont utilisés comme compléments aux traitements du cancer depuis le début du 20ème siècle. Plusieurs extraits de la plante de gui disponibles commercialement (ANOBAViscum®, Cephalektin®, Eurixor®, Helixor®, Iscador®, Isorel®, Lekinol®) sont testés dans le cadre d’études cliniques. Ces extraits sont toujours issus du gui européen. Le gui américain est uniquement utilisé à titre décoratif (1).

Attention : les baies et feuilles de gui « brutes » sont particulièrement toxiques, et même mortelles à hautes doses (2) !

Situations liées aux traitements du cancer

Bien que des recherches supplémentaires soient nécessaires, il semblerait que l'extrait de gui puisse diminuer les effets secondaires du traitement du cancer, améliorer la qualité de vie, réduire la fatigue, améliorer la résistance ainsi que la survie (3,4,5,6,7).

Effets négatifs possibles sur les traitements du cancer

Un usage à long terme peut influencer l’activité des lymphocytes-T (un sous groupe de globules blancs impliqués dans les réactions de défense immunitaire) chez les (ex-)patients atteints de cancer. Si vous consommez du gui depuis longtemps, informez-en votre médecin.

Effets secondaires généraux

Le gui provoque peu d’effets secondaires. Une réaction inflammatoire locale peut parfois se produire en cas d’injection sous-cutanée. Le gui peut aussi causer des (fortes) réactions allergiques et entraîner les effets secondaires suivants chez certaines personnes : symptômes grippaux, tremblements, fièvre, maux de tête, baisse de la tension artérielle, douleurs dans la poitrine, diarrhée et vomissements (2,3).

Interactions avec d’autres médicaments et compléments alimentaires

Le gui peut entraîner une baisse de la tension artérielle, et interagir avec les médicaments contre l’hypertension et l’arythmie cardiaque.

Dosage pour les adultes

Ne consommez pas de gui durant une grossesse ou l’allaitement.

Généralement, l’extrait de gui est utilisé sous forme d’injection sous-cutanée, répétée plusieurs fois par semaine. A ce titre, on peut le considéré comme un médicament, et pas comme un complément alimentaire. 

Le gui absorbé par voie orale ne semble avoir aucune utilité en cas de cancer.

Utilisez toujours le gui sous contrôle de votre médecin (1).

Références

  1. http://nccam.nih.gov
  2. www.mskcc.org
  3. Morey B. et al. A review of evidence-based practice in nutrition related complementary therapies: improving the knowledge of dietitians. Cancer Forum, Vol 35 Issue 2, 2011. 
  4. Del Fabbro B. et al. Nutrition and the Cancer Patient. Oxford University Press, 2010.
  5. www.umgcc.org
  6. www.cam-cancer.org
  7. Oei, S. L., Thronicke, A., & Schad, F. (2019). Mistletoe and Immunomodulation: Insights and Implications for Anticancer Therapies. Evidence-Based Complementary and Alternative Medicine, 2019.

Houblon

Le terme ‘houblon’ est généralement utilisé pour désigner les inflorescences de la plante du même nom. C’est lui qui donne à la bière sa saveur amère et ses arômes. Il est aussi utilisé sous forme de complément alimentaire, comme traitement d’appoint contre les troubles de l’humeur, l’insomnie et les symptômes de la ménopause (1).

Situations liées aux traitements du cancer

Jusqu’à présent, l’utilisation du houblon en cas de cancer a uniquement été l’objet d’études en laboratoire. Il semble jouer un rôle dans  la prévention du cancer, et il freinerait le développement des tumeurs existantes. Les extraits de houblon contenant de l’acide tétrahydro iso-alpha auraient un effet anti-inflammatoire, mais des recherches complémentaires sont nécessaires pour vérifier cette hypothèse (1).

Combiné à la valériane, le houblon semble apporter une amélioration du sommeil et de la qualité de vie en cas d’insomnie (2,3) (voir la fiche concernant la valériane).

Effets négatifs possibles sur les traitements du cancer

Les dérivés du houblon sont utilisés pour soulager les symptômes de la ménopause. Cela semble indiquer qu’ils ont un effet légèrement similaire aux œstrogènes. Même si l’on manque d’études à ce sujet, il est donc plus prudent de ne pas consommer ce type de dérivés en cas de cancers hormono-dépendants (4, 5, 6). Par contre, la concentration en houblon des compléments utilisés contre l’insomnie est très faible, et ceux-ci peuvent être utilisés sans danger en cas de cancers hormono-dépendants.

Les jets de houblon utilisés pour la cuisine ne contiennent pas de composés oestrogéniques. Ils peuvent donc être consommés en toute sécurité, même en cas de cancers hormono-dépendants.

Par contre, la consommation de bière est déconseillée. Ce n’est pas une source idéale de substances houblonnées. En effet, l’alcool augmente le risque de différents types de cancers, mais il peut de plus avoir un impact négatif sur les traitements. L’alcool peut aggraver l’inflammation des muqueuses et d’autres effets secondaires causés par les traitements classiques.

Il peut aussi favoriser le développement d’un nouveau cancer, réduire les chances de survie en cas de cancers de la tête et du cou, et augmenter le risque de rechute en cas de cancer du sein hormono-dépendant (7).

Effets secondaires généraux

La consommation de compléments à base de houblon semble ne provoquer que peu ou pas d’ effet secondaire. Cependant, vu le peu d’études disponibles, il est sans doute préférable d’éviter toute consommation durant la grossesse et l’allaitement.

Interactions avec d’autres médicaments et compléments alimentaires

Les connaissances sont très limitées actuellement sur les possibles interactions entre le houblon avec d’autres médicaments ou compléments alimentaires.

Dosage pour les adultes

N’utilisez pas de compléments à base de houblon en situation de cancer hormono-dépendant, de grossesse ou d’allaitement (4, 5, 6).

A l’heure actuelle, il n’existe pas de recommandations précises en termes de dosage idéal. Ne dépassez en aucun cas  les indications et dosages indiqués sur l’emballage.

Références

  1. www.mskcc.org
  2. Dimpfel W. et al. Sleep improving effects of a single dose administration of a valerian/hops fluid extract - a double blind, randomized, placebo-controlled sleep-EEG study in a parallel design using electrohypnograms. Eur J Med Res. 2008 May 26;13(5):200-4.
  3. Morin CM. et al. Valerian-hops combination and diphenhydramine for treating insomnia: a randomized placebo-controlled clinical trial. Sleep. Nov 1 2005;28(11):1465-1471.
  4. Possemiers S. et al. The prenylflavonoid isoxanthohumol from hops (Humulus lupulus L.) is activated into the potent phytoestrogen 8-prenylnaringenin in vitro and in the human intestine. J Nutr. Jul 2006;136(7):1862-1867.
  5. Erkkola R. et al. A randomized, double-blind, placebo-controlled, cross-over pilot study on the use of a standardized hop extract to alleviate menopausal discomforts. Phytomedicine. 2010 May;17(6):389-96.
  6. Heyerick A. et al. A first prospective, randomized, double-blind, placebo-controlled study on the use of a standardized hop extract to alleviate menopausal discomforts. Maturitas. May 20 2006;54(2):164-175.
  7. Rock C. et al. Nutrition and Physical Activity Guidelines for Cancer Survivors. CA Cancer J Clin 62:242-274, 2012.

Millepertuis (herbe de la Saint Jean)

L’herbe de la Saint Jean – ou millepertuis (Hypericum perforatum) – est une plante utilisée depuis des siècles en médecine naturelle. Elle est notamment utilisée pour traiter les états d’anxiété et les dépressions légères, mais également pour ses propriétés antivirales, antibactériennes et anti-inflammatoires (1,2).

Situations liées aux traitements du cancer

L’herbe de la Saint-Jean est souvent prise par les patients pour lutter contre les humeurs dépressives (1,2).

 

Effets négatifs possibles sur les traitements du cancer

Le millepertuis (ainsi que les extraits d’hypericum et d’hypericine) pourrait diminuer l’efficacité de certaines chimiothérapies, notamment celles à base de docetaxel (Docetaxel®, Taxotere®, Tevadocel®), d’imatinib (Glivec®), d’irinotecan, (Campto®, Irinosin®, Irinotecan®) et de métothrexate (Emthexate®, Ledertrexate®, Metoject®, Metothrexate®).

De plus, il peut interagir avec divers traitements contre le cancer, d’autres chimiothérapies et hormonothérapies (1,3,4,5).
 

Effets secondaires généraux

L’herbe de la Saint-Jean provoque généralement peu d’effets secondaires. Cependant, elle peut causer : bouche sèche, fatigue, agitation, nausée, maux de tête, éruption cutanée et réaction d’hyper-sensibilité (p.ex. au soleil) (1,2,3).

Interactions avec d’autres médicaments et compléments alimentaires

Une prise combinée de millepertuis et d’antidépresseurs « classiques » peut causer un ‘syndrome sérotoninergique’ lié au surdosage médicamenteux. Il se manifeste par des tremblements, de la diarrhée, des raideurs musculaires, un état de confusion et une baisse de la température corporelle. Dans les cas extrêmes, il peut même mener au décès.

Combiné au ginkgo biloba, il peut générer des symptômes maniaques chez les personnes dépressives.

L’herbe de la Saint-Jean peut également renforcer l’effet de certains antidouleurs : morphine (Morphine®, MS Contin®, MS Direct®, Oramorph®) et oxycodone (OxyContin®, OxyNorm®, Targinact®).

Elle peut aussi interagir avec divers médicaments tels que les contraceptifs, les médicaments anti-rejet (administrés après une greffe), certains médicaments administrés contre le SIDA, les anticoagulants, les médicaments pour le cœur, pour les migraines, pour les allergies, pour les maladie auto-immunes et les anti-acides.

Le millepertuis peut influencer l’action de certains médicaments pré-opératoires. Arrêtez toute consommation au moins deux semaines avant une opération chirurgicale (1,2,4).

Dosage pour les adultes

L’herbe de la Saint-Jean est à proscrire en cas de chimiothérapie, surtout celles à base d’imatinib (Glivec®), d’irinotecan ( Campto®, Irinosin®, Irinotecan®), de docetaxel et de métothrexate (Emthexate®, Ledertrexate®, Metoject®, Metothrexate®) (1,2,3,4).

Elle est déconseillée durant la grossesse et la période d’allaitement (1).

Dans les autres cas de figure, on conseille généralement 3 doses quotidiennes sous forme de tablettes ou de capsules de 300mg (standardisées à 0,3% d'extrait d'hypercine)  ; et ce durant une période de 4 à 6 semaines.

Respectez toujours les conseils d’utilisation indiqués sur l’emballage. Une prise prolongée de doses massives peut causer des réactions très fortes à la lumière solaire (1).

Si vous souhaitez arrêter d’utiliser l’herbe de la Saint-Jean, il est conseillé de le faire progressivement (1).

Références

  1. http://umm.edu
  2. http://nccih.nih.gov
  3. www.bcfi.be
  4. www.cam-cancer.org
  5. Collado-Borrell R. et al.Oral antineoplastic agent interactions with medicinal plants and food: an issue to take into account. J Cancer Res Clin Oncol. 2016 Nov;142(11):2319-30. doi: 10.1007/s00432-016-2190-8. Epub 2016 Jun 17.

Resvératrol

Le resvératrol est un antioxydant surtout présent dans les pépins, les queues et la peau des raisins. La peau de raisins contient les plus grandes concentrations de resvératrol. Les raisins roses et rouges en contiennent plus que les blancs. Le vin (rouge) contient donc également du resvératrol, mais ses effets bénéfiques potentiels sont dans ce cas contrecarrés par l’alcool.

Situations liées aux traitements du cancer

Les patients atteints de cancer utilisent le resvératrol principalement pour les effets anti-inflammatoires, antioxydants et l’activité anti-cancer qu’on lui prête.

Ces effets ont principalement été étudiés dans un cadre préventif. Les effets sur le cancer lui-même doivent encore être étudiés chez l’homme.

Des recherches ont déjà été menées en laboratoire et sur des animaux. Elles semblent indiquer une activité anti-cancer, qui viendrait renforcer le traitement. Le resvératrol pourrait également limiter les dégâts au cœur causés par la Cisplatine et la Doxorubicine (1).

 

Effets négatifs possibles sur les traitements du cancer

A cause de son effet antioxydant, le resvératrol pourrait réduire l’action de certains traitements classiques basés sur un effet oxydant. C’est le cas de la radiothérapie, des cyclophosphamides, de la dacarbazine, des analogues du platine, des anthracyclines et de certains antibiotiques antitumoraux tels que la bléomycine et la mitomycine (6).

Le resvératrol augmenterait la toxicité pour le corps des traitements anticancéreux suivants : dacarbazine, campthotécines, cyclophosphamide, inhibiteurs de l’EGFR, taxanes, vinca-alcaloïdes et épipodophyllotoxines (6).

Même recommandation en ce qui concerne un usage de resvératrol en même temps qu’un traitement au bortezomib (Velkade®) pour le myélome multipe (3).

Il n’est pas conseillé de boire du vin rouge sous prétexte de bénéficier d’un apport de resveratrol. Non seulement l’alcool augmente le risque de développer différents types de cancers, mais sa consommation est également à éviter durant un traitement contre le cancer. En effet, dans ce contexte, la consommation d’alcool peut provoquer des inflammations de la muqueuse buccale, aggraver certains effets secondaires, augmenter le risque d’être atteint d’un autre cancer, réduire les chances de survie en cas de cancer de la tête et du cou ou, encore, augmenter les risques de rechute en cas de cancer du sein hormono-dépendant (2,4).

Effets secondaires généraux

Le resvératrol est généralement bien toléré. Il peut cependant causer les effets secondaires suivants : diarrhée, troubles gastro-intestinaux (5).

Interactions avec d’autres médicaments et compléments alimentaires

Le resvératrol peut exercer un effet anticoagulant (1). Si vous suivez un traitement « classique » qui présente les mêmes effets, il est conseillé d’informer votre médecin que vous utilisez du resvératrol.

Pour les mêmes raisons, il convient d’être prudent lors d’un usage combiné avec d’autres compléments alimentaires ayant un effet anticoagulant (ail/quercétine, chardon-Marie, curcuma, extrait de pépins de raisins, gingembre, ginkgo, ginseng, graines de lin, omega-3 ou acides gras de poisson EPA/DHA, quercétine, vitamine E). Informez toujours votre médecin de ce type de combinaison.

Arrêtez toute consommation avant une intervention chirurgicale.

 

Dosage pour les adultes

La prise de resvératrol est à envisager avec prudence quand elle est combinée à certains traitements. C’est le cas de la radiothérapie, des analogues du platine, des anthracyclines et de certains antibiotiques antitumoraux tels que la bléomycine et la mitomycine. Si vous suivez l’un de ces traitements, évitez toute consommation de resvératrol le(s) jour(s) du traitement ainsi que les deux jours qui le précédent et le suivent (6).

L’utilisation de resvératrol est déconseillée durant les traitements anticancéreux suivants : dacarbazine, campthotécines, cyclophosphamide, inhibiteurs de l’EGFR, taxanes, vinca-alcaloïdes et épipodophyllotoxines, Bortezomib®. Renseignez-vous auprès de votre médecin pour savoir si vous suivez l’un de ces traitements (6).

Sinon, la dose habituelle de resvératrol est de 10-50 mg par jour. Respectez toujours les indications de l’emballage.

Références

  1. www.mskcc.org​
  2. Chen FP et al. Impact of lower concentrations of phytoestrogens on the effects of estradiol in breast cancer cells. Climacteric. 2015 Mar 5:1-8. [Epub ahead of print]
  3. Popat R et al. Phase 2 study of SRT501 (resveratrol) with bortezomib for patients with relapsed and or refractory multiple myeloma.Br J Haematol. 2013 Mar;160(5):714-7. doi: 10.1111/bjh.12154. Epub 2012 Dec 4
  4. Rock C. et al. Nutrition and Physical Activity Guidelines for Cancer Survivors. CA Cancer J Clin 62:242-274, 2012.
  5. http://nccam.nih.gov
  6. http://umm.edu

Soja/isoflavones/phyto-oestrogènes

Le soja (haricots et produits dérivés du type lait de soja, yaourt, tofu…) contient des isoflavones telles que la génistéïne, la daidzéïne et la glycétéïne. Les isoflavones sont parfois appelées phyto-œstrogènes ou œstrogènes végétaux, car ils sont comparables aux hormones oestrogéniques féminines (1). Notons que c’est la raison pour laquelle le soja et les isoflavones sont utilisées – surtout sous forme de compléments – afin d’atténuer les symptômes de la ménopause (2).

Situations liées aux traitements du cancer

Le soja en tant que tel ou sous forme de compléments est surtout consommé par des femmes atteintes d’un cancer du sein à cause de ses prétendues propriétés protectrices contre cette forme de cancer. Ces spéculations se basent sur le fait que ces cancers sont moins fréquents en Asie qu’en Occident, mais ne tiennent pas compte du fait que la protection conférée par le soja ne semble valable que quand il est consommé dans l’enfance (1).

Les isoflavones sont parfois conseillés afin de lutter contre le bouffées de chaleur ('vapeurs') consécutives à un cancer du sein. Mais leur efficacité dans ce contexte n'est pas vraiment prouvée (1,2).

Si les compléments alimentaires à base de soja sont déconseillés dans le cadre de certains cancers et traitements (voir ci-dessous), il semble par contre que la consommation de soja dans l’alimentation durant le traitement ne pose pas de problèmes, même en cas de cancer hormono-dépendant. Pour les femmes atteintes d’un cancer du sein après la ménopause, ou d’un cancer du sein non hormono-dépendant, le risque de mortalité ou d’apparition d’un nouveau cancer du sein serait plus faible. Pour celles atteintes d’un cancer du sein hormono-dépendant et traitées par hormonothérapie, la consommation de soja via l’alimentation ne présente pas d’inconvénient. Cette consommation pourrait même diminuer le risque de mortalité générale, que le traitement soit basé ou non sur le tamoxifène (Nolvadex®, Tamizam®, Tamoplex®, Tamoxifen®) ou l’anastrozole (Anastrozol(e)®, Arimidex®, Anastrarom®) (1,2,3,6,7,8,9).

Effets négatifs possibles sur les traitements du cancer

Les compléments alimentaires à base de soja contiennent souvent de doses élevées d’isoflavones. Par manque d’études scientifiques sur ce sujet, ils sont par prudence déconseillés en cas de cancers hormono-dépendants du sein, de l’utérus ou des ovaires. Il en va de même lors d’un traitement à base de tamoxifène (Nolvadex®, Tamizam®, Tamoplex®, Tamoxifen®) et de létrozole (Femara,Letrozole) (1,2). Comme précisé dans le paragraphe précédent, la consommation de soja dans le cadre de l'alimentation ne pose aucun problème.

Effets secondaires généraux

Il n’y a pas d’effets secondaires connus liés à la consommation de soja en tant qu’aliment, excepté bien entendu pour les personnes qui y sont allergiques (3).

Interactions avec d’autres médicaments et compléments alimentaires

La consommation de soja dans le cadre de l’alimentation n’interfère pas avec les médicaments et les compléments alimentaires.

Dosage pour les adultes

Les compléments de soja, d’isoflavones et de phyto-oestrogènes sont déconseillés, surtout en cas de traitement pour cancer hormono-dépendant ou à base de tamoxifène (Nolvadex®, Tamizam®, Tamoplex®, Tamoxifen®) et de létrozole (Femara®,Letrozole®).

Dans le cadre de l’alimentation, il est conseillé de consommer au maximum 2 produits contenant/à base de soja par jour (tels que lait de soja, graines de soja, yaourt, tofu, tempé et alternatives végétariennes à la viande). Une portion correspond environ à 1 yaourt au soja, 1 verre de lait de soja ou 85 g de substitut de viande…(1) Cela correspond à maximum 80 mg d’isoflavones ou 26 g de protéines de soja par jour.

La consommation de soja dans l’alimentation est sans danger durant la grossesse ou l’allaitement, mais les compléments à base de soja sont à proscrire (4).

Références

  1. Vogel J. et al. Handboek voeding bij kanker, Utrecht: de Tijdstroom, 2012.
  2. www.bcfi.be
  3. www.mskcc.org
  4. http://umm.edu
  5. Eakin A. et al.Clinical Inquiry: Does high dietary soy intake affect a woman's risk of primary or recurrent breast cancer?J Fam Pract. 2015 Oct;64(10):660-2.
  6. Fritz H. et al. Soy, red clover, and isoflavones and breast cancer: A systematic review. PLoS ONE. 2013;8:547
  7. Shike M et al. The effects of soy supplementation on gene expression in breast cancer: A randomized placebo-controlled study. J. Natl. Cancer Inst. 2014;106.
  8. Fang Fang Zhang et al. Dietary isoflavone intake and all-cause mortality in breast cancer survivors: The Breast Cancer Family Registry. Cancer. 6 March 2017.
  9. Wiśniewska I. et al. The pharmacological and hormonal therapy of hot flushes in breast cancer survivors. Breast Cancer. 2016 Mar;23(2):178-82.

Valériane

La valériane (Valeriana officinalis) est une plante surtout utilisée en cas de troubles du sommeil, d’angoisses, de maux de têtes, de dépression, d’arythmies cardiaques et de tremblements. Elle est disponible sous plusieurs formes de compléments alimentaires : capsules, tablettes, extrait, thé (1).

Situations liées aux traitements du cancer

Les personnes atteintes de cancer prennent généralement de la valériane pour soulager les troubles du sommeil (2).

Elle aurait également une action antioxydante (5,6).

Effets négatifs possibles sur les traitements du cancer

La valériane peut influencer l’effet du tamoxifène (Nolvadex®, Tamizam®, Tamoplex®, Tamoxifen®) et des traitements oncologiques suivants : dacarbazine, campthotécines, cyclophosphamides, inhibiteurs de l’EGFR, taxanes, vinca-alcaloïdes et épipodophyllotoxines (3,5,6).

A cause de son effet antioxydant, la valériane pourrait réduire l’action de certains traitements classiques basés sur un effet oxydant. C’est le cas de la radiothérapie, des cyclophosphamides, de la dacarbazine, des analogues du platine, des anthracyclines et de certains antibiotiques antitumoraux tels que la bléomycine et la mitomycine (3,5,6). 

Effets secondaires généraux

La valériane peut provoquer des effets secondaires légers, comme une fatigue le matin suivant sa consommation, des maux de tête, des vertiges et des maux d’estomac (1).

Interactions avec d’autres médicaments et compléments alimentaires

La valériane peut renforcer l’effet d’autres compléments alimentaires présentant des propriétés analogues (par ex. le millepertuis); mais aussi celui de l’alcool, des antidépresseurs classiques, des calmants et des somnifères.

Elle peut également interagir avec les produits utilisés en anesthésie. Ne consommez donc pas de valériane dans les deux semaines qui précèdent une opération chirurgicale. (2)

Dosage pour les adultes

La prise de valériane est à envisager avec prudence quand elle est combinée à certains traitements. C’est le cas de la radiothérapie, des analogues du platine, des anthracyclines et de certains antibiotiques antitumoraux tels que la bléomycine et la mitomycine. Si vous suivez l’un de ces traitements, évitez toute consommation de valériane le(s) jour(s) du traitement ainsi que les deux jours qui le précédent et le suivent (3,5,6).

La valériane ne peut pas être utilisée en combinaison avec le tamoxifène (Nolvadex®, Tamizam®, Tamoplex®, Tamoxifen®) et les traitements oncologiques suivants : dacarbazine, campthotécines, cyclophosphamides, inhibiteurs de l’EGFR, taxanes, vinca-alcaloïdes et épipodophyllotoxines. Renseignez-vous auprès de votre médecin afin de savoir si une de ces substances fait partie de votre traitement (3,5,6).

Il est déconseillé de consommer de la valériane durant la grossesse et l’allaitement (4).

Un usage limité dans le temps (4 à 6 semaines) est généralement sans danger. Par contre, on connaît peu les effets (secondaires) d’une consommation de longue durée (1). Une telle consommation pourrait s’avérer toxique pour le foie.

Suivez toujours les indications de dosage repris sur l’emballage, quelle que soit la forme sous laquelle vous la consommez. 

Des symptômes de sevrage peuvent se manifester lors de l’arrêt de la consommation de valériane. Il est conseillé de réduire progressivement les doses pendant 1 à 2 semaines, jusqu’à l’arrêt complet (2,4).

Références

  1. http://nccih.nih.gov
  2. www.mskcc.org
  3. www.bcfi.be
  4. http://umm.edu
  5. Bauvet F. Utilisation des médecines complémentaires et alternatives, en particulier les suppléments alimentaires et les phytothérapies, par les patients en cours de traitement oncologique. Symposium traitements non-conventionnels, Fondation contre le Cancer, 2011.
  6. Vandebroek A. Voedingssupplementen. Symposium niet-conventionele kankerbehandelingen, Stichting tegen Kanker, 2011.

Vitamine E

La vitamine E est une vitamine végétale liposoluble. La forme de vitamine E la plus active est l’alpha-tocophérol ; elle joue un rôle important en tant qu’antioxydant, c’est-à-dire comme substance agissant contre l’oxydation. Celle-ci conduit à la formation de radicaux libres (substances chimiques agressives) dans notre organisme, lesquels sont nuisibles et peuvent, par exemple, contribuer au développement de cancers. On trouve la vitamine E principalement dans les huiles végétales, les noix, les œufs, le foie, les produits à base de céréales complètes et les légumes-feuilles.

Les compléments de vitamines E en contiennent souvent des doses importantes. Ils ont de ce fait des propriétés différentes de la vitamine E présente naturellement dans l'alimentation, d’où la nécessité d’une attention particulière.

Situations liées aux traitements du cancer

La vitamine E est l’un des compléments les plus utilisés en cas de cancer. Cette vitamine semble renforcer l’effet de la radiothérapie et de la chimiothérapie (1). En ce qui concerne spécifiquement la radiothérapie, la vitamine E pourrait reduire la formation de fibrose durant une radiothérapie (4).

Un apport supplémentaire en vitamine E peut diminuer les bouffées de chaleur causées par une hormonothérapie, surtout à base de tamoxifène (Nolvadex®, Tamizam®, Tamoplex®, Tamoxifen®) (2,3).

Un apport supplémentaire en vitamine E peut potentiellement réduire/prévenir la neuropathie périphérique (douleurs nerveuses) lors d’un traitement à base de cisplatine ou de paclitaxel. Cependant, pour obtenir cet effet, des doses élevées sont nécessaires, ce qui n’est pas sans danger. Toute prise doit donc être faite en accord – et avec le suivi – du médecin traitant (4,8).

Pour les cancers de la tête et du cou, un apport supplémentaire en vitamine E peut réduire certains effets secondaires liés à la radiothérapie tels que l’inflammation des muqueuses buccales ou les atteintes osseuses (2,4).

En cas de leucémie (aiguë), et pour divers autres types de cancers, des études ont montré que la vitamine E réduisait la toxicité pour les nerfs et les inflammations buccales (mucites) dues à la chimiothérapie, surtout lors de l’utilisation de cisplatine (1,3,4,5).

La vitamine E (400 mg/jour) semble également prévenir la perte d’audition résultant d’un traitement au cisplatine (9).

Effets négatifs possibles sur les traitements du cancer

Les compléments de vitamine E contenant des doses supérieures aux apports journaliers recommandés peuvent avoir un effet néfaste et toxique quand ils sont pris durant un traitement contre le cancer (2).

A cause de son effet antioxydant, la vitamine E pourrait réduire l’action de certains traitements classiques basés sur un effet oxydant. C’est le cas de la radiothérapie, des cyclophosphamides, de la dacarbazine, des analogues du platine, des anthracyclines et de certains antibiotiques antitumoraux tels que la bléomycine et la mitomycine (4). 

Effets secondaires généraux

Des doses supérieures aux apports journaliers recommandés peuvent provoquer fatigue, vertiges, léthargie, mal de tête, problèmes de vision, éruption cutanée, thrombophlébite et accident vasculaire cérébral (3).

Interactions avec d’autres médicaments et compléments alimentaires

Il n’y a pas d’interactions tant que les apports journaliers recommandés sont respectés. A forte dose, la vitamine E peut interagir avec certains médicaments utilisés pour réguler la pression sanguine et la coagulation, et sa consommation est donc à éviter (2,4).

Pour les mêmes raisons, la prudence est de mise lors d’une consommation simultanée avec d’autres compléments alimentaires ayant un effet anticoagulant (ail/quercétine, chardon-Marie, curcuma, extrait de pépins de raisins/resvératrol, gingembre, ginkgo, ginseng, graines de lin, omega-3 ou acides gras de poisson EPA/DHA, quercétine). Informez toujours votre médecin de ce type de combinaison.

La vitamine E peut faire augmenter le risque d’hémorragie durant et après une opération chirurgicale. Arrêtez d’en consommer 2 semaines avant l’intervention (6).

 

Dosage pour les adultes

La prise de vitamine E est à envisager avec prudence quand elle est combinée à certains traitements. C’est le cas de la radiothérapie, des analogues du platine, des anthracyclines et de certains antibiotiques antitumoraux tels que la bléomycine et la mitomycine. Si vous suivez l’un de ces traitements, évitez toute consommation de vitamine E le(s) jour(s) du traitement ainsi que les deux jours qui le précédent et le suivent (4).

Il est préférable de respecter les apports journaliers recommandés (AJR), soit environ 20 IU (International Units) ou 15 mg. Le maximum à ne pas dépasser correspond à 400 IU/268 mg par jour. Une prise supérieure présente des effets toxiques et peut augmenter le risque de décès (3,4).

Une étude récente a montré que la consommation, pendant plusieurs années, de fortes doses de vitamine E (400 IU / jour) augmentait significativement la mortalité chez les patients traités par radiothérapie dans le cadre d’un cancer de la tête et du cou. La prudence est donc de mise (7).

Références

  1. Vogel J. et al. Handboek voeding bij kanker, Utrecht: de Tijdstroom, 2012.
  2. Morey, B. et al. A review of evidence-based practice in nutrition related complementary therapies: improving the knowledge of dietitians.  Cancer Forum,  Vol 35 Issue 2, 2011.
  3. www.mskcc.org
  4. www.cam-cancer.org
  5. Del Fabbro B. et al. Nutrition and the Cancer Patient.  Oxford University Press, 2010.
  6. http://ods.od.nih.gov
  7. Bairati I. et al. Antioxidant vitamins supplementation and mortality: a randomized trial in head and neck cancer patients. Int J Cancer. 119: 2221-2224, 2006.
  8. Brami C. et al. Natural Products and Complementary Therapies for Chemotherapy-Induced Peripheral Neuropathy: A Systematic Review. Crit Rev Oncol Hematol. 2016 Feb; 98: 325–334.
  9. Villani V et al. Vitamin E neuroprotection against cisplatin ototoxicity: Preliminary results from a randomized, placebo-controlled trial. Head Neck. 2016 Apr;38 Suppl 1:E2118-21. 

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Cette application a été réalisée par la Fondation contre le Cancer. Elle a été développée sous la supervision du docteur An Vandebroek, oncologue médicale à la ZNA Antwerpen, et du docteur Fanny Bauvet, oncologue médicale à l’Hôpital Sainte-Anne Saint-Remi de Bruxelles. Le contenu des différentes fiches a également été validé par le Fonds Anticancer.



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