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Traitements

Traitements du cancer de l'intestin grêle

Le problème des cancers de l'intestin grêle est qu'ils peuvent se développer en toute discrétion. Ils évoluent sans manifester des symptômes reconnaissables. Aussi, lorsque "tombe" le diagnostic, ces cancers sont souvent à un stade avancé.

Comme dans tout cancer, c'est une équipe multidisciplinaire qui déterminera le traitement en fonction du profil spécifique de chaque patient : grade, stade, emplacement de la tumeur, symptômes, histoire médicale du patient, etc.

L'arsenal thérapeutique qui est à la disposition de l’oncologue repose sur :

Cependant, le type de tumeur peut exiger des options thérapeutiques spécifiques.

Dans certains cas, la tumeur peut être enlevée en totalité grâce à une intervention chirurgicale : on parle de résection. Une partie de l’intestin grêle et de ses tissus avoisinants sont alors éliminés. Cette option est la plus pratiquée en cas de sarcome. Le sarcome s’étend rarement, et va peu coloniser les ganglions lymphatiques.

Lorsque la tumeur s’est développée dans la partie inférieure du duodénum (près du jéjunum) ou lorsque la tumeur située dans le jéjunum ou l’iléon est bien localisée (ou s’est très peu propagée) on peut pratiquer une résection intestinale segmentaire. La tumeur ainsi qu’une partie de l’intestin grêle sont alors réséqués, avec une marge chirurgicale. Cela signifie qu’une partie de tissu sain est également enlevée autour de la tumeur, par sécurité.

Si la tumeur s’est développée dans l’intestin grêle à proximité de l’estomac (partie supérieure du duodénum par exemple), il peut être utile de procéder à une intervention plus lourde.
Elle consiste à enlever la partie de l’intestin grêle touchée, la tête du pancréas, la vésicule biliaire, le pylore, une partie du canal cholédoque, ainsi que les ganglions lymphatiques avoisinants.
Cette intervention peut donner des effets secondaires, notamment des troubles nutritionnels et digestifs.

Lorsque la tumeur se situe dans la partie de l’iléon la plus proche du côlon, on peut alors procéder à une hémicolectomie droite. La partie touchée par le cancer est réséquée, ainsi que le caecum, et éventuellement l’appendice, le côlon ascendant (qui se trouve sur le côté droit de l’abdomen), la courbure du côlon au niveau du foie ainsi qu’une partie du côlon transverse.

Une autre option consiste à procéder à une dérivation chirurgicale, afin de soulager les symptômes d’une occlusion intestinale causée par la tumeur. La partie où se situe la tumeur est contournée, et les aliments peuvent encore circuler. Cette option est choisie lorsque la tumeur ne peut être complètement réséquée et que le cancer s’est déjà propagé à d’autres organes. Il s’agit d’une option pour soulager le malade dans le cadre de traitements palliatifs.

Des effets secondaires peuvent suivre n’importe laquelle de ces techniques chirurgicales : douleurs, constipation, diarrhée… Il est toujours préférable d’en parler à son chirurgien.

Les médicaments de chimiothérapie tuent les cellules cancéreuses en multiplication rapide. Elle est surtout utilisée en cas d’adénocarcinome. Elle est moins employée contre les tumeurs neuroendocrines par exemple, sauf lorsqu’elles sont à un stade avancé ou métastatique.

Ces médicaments de chimiothérapie peuvent être administrés seuls ou en combinaison, par voie intraveineuse ou orale (les médicaments sont avalés). C’est l’oncologue qui sera chargé de choisir la (ou les) molécule(s) la(es) plus efficace(s).

La chimiothérapie peut consister en une chimioembolisation, en particulier pour traiter directement les métastases au niveau du foie. Le produit de chimiothérapie est mélangé à une substance huileuse, et les deux sont injectés dans l’artère hépatique en vue de la bloquer. La tumeur sera privée d’apport sanguin, donc d’oxygène et de nutriments nécessaires à sa survie. Le foie, quant à lui, reste approvisionné via la veine porte. Le traitement chimiothérapeutique peut alors agir plus longtemps qu’une chimiothérapie classique. Cette embolisation de l’artère peut être réalisée plusieurs fois, afin de réduire la taille de la tumeur et éventuellement la supprimer ensuite par intervention chirurgicale.

La chimiothérapie peut également endommager les cellules saines. C’est pourquoi elle cause des effets secondaires (http://www.cancer.be/le-cancer/effets-secondaires-des-traitements-du-cancer)  qui peuvent être importants, comme de la fatigue, des nausées et des vomissements, des troubles intestinaux (diarrhée), des douleurs, une perte d’appétit, une chute des cheveux… Ces effets disparaissent progressivement à la fin de l’administration de la chimiothérapie.

La chimiothérapie est dite adjuvante lorsqu’elle suit la chirurgie. Elle est dite néoadjuvante lorsqu’elle la précède, dans le but de faire diminuer la taille de la tumeur. Elle est palliative lorsqu’elle vise à soulager les douleurs ou diminuer l’intensité des symptômes d’un cancer à un stade avancé.

La radiothérapie est plutôt utilisée pour diminuer les symptômes de la maladie.

L’irradiation est « externe », c’est-à-dire que l’appareil envoie les rayons à travers la peau, à l’endroit où se situe la tumeur. Ce qui peut provoquer une légère brûlure sur la peau, mais aussi provoquer de la fatigue, des troubles de la motilité de l’intestin (les contractions qui visent à faire avancer les aliments dans l’intestin), voire des troubles gastriques. Ces effets disparaissent néanmoins à la fin des traitements.

Les traitements par immunothérapie visent à stimuler le système immunitaire pour qu’il se charge de la destruction des cellules cancéreuses. Les exemples les plus connus sont les vaccins ou les anticorps monoclonaux, ou encore les injections d'interféron.

La thérapie par interféron est notamment utilisée contre les tumeurs neuroendocrines métastatiques, ou pour soulager les symptômes qu’elles provoquent (diarrhée, palpitations, respiration difficile, douleurs abdominales…).

Il appartient à l’oncologue de déterminer au cas par cas  si ces traitements sont indiqués.

Autres types de traitements

D’autres traitements dit "ciblés" comme l’imatinib vont venir bloquer les facteurs de croissance des cellules tumorales. Ce traitement est utilisé également pour diminuer la taille de la tumeur, avant chirurgie. L’imatinib peut aussi être administré comme traitement après chirurgie, si le risque de récidive est élevé.

Une autre approche vise à empêcher les cellules cancéreuses de stimuler de nouveaux vaisseaux sanguins. C’est ce que l’on appelle des traitements antiangiogéniques.

Récidives, rémission et guérison

On parle de rémission complète lorsque plus aucun signe de présence du cancer ne peut être observé, et qu’il ne provoque plus de symptômes. Cette rémission peut être temporaire ou permanente. Une rémission permanente est une autre façon de parler de guérison

Lorsque le cancer de l’intestin grêle récidive, il peut se développer soit au même endroit que le cancer initial (récidive locale), soit à proximité (récidive régionale), soit encore à un autre endroit du corps (métastase ou récidive à distance). Les examens médicaux devront de nouveau être réalisés, pour déterminer à quel type de cancer on a affaire (grade, stade…) et définir le schéma thérapeutique à adopter. Celui-ci peut donc différer du premier.

Le traitement des métastases peut également passer par la résection chirurgicale des tissus touchés, la cryochirurgie (par le froid) ou encore l’ablation par radiofréquence.

Les pistes de recherche

Bien que rares, les cancers de l’intestin grêle ne sont pas oubliés par la recherche. Cependant, celle-ci n’est pas aisée à mener, vu le petit nombre de patients qui pourraient être inclus dans les études. Les recherches en cours portent sur différents thèmes :

  • Diminuer le risque
    • Via une ablation du duodénum ou en analysant la fréquence du dépistage et le traitement par endoscopie pour les personnes qui ont des antécédents de polypose adénomateuse familiale (PAF).
    • Via l'établissement de profils génétiques des tumeurs. Ces profils permettraient aux médecins d'adopter le schéma thérapeutique le plus adapté en fonction de l'agressivité de la tumeur.
       
  • Améliorer le diagnostic
    • Via de nouvelles méthodes comme l'entéroscopie à simple ou double ballon ou l'échographie.
       
  • Améliorer le traitement
    • Via une chimiothérapie adjuvante (après la chirurgie) dans le cas d'adénocarcinome.
    • Via l'association d'une chirurgie de cytoréduction (réduction du volume de la tumeur afin de supprimer toute maladie visible) et d'une chimiothérapie hyperthermique intra péritonéale (diffusion d'un produit de chimiothérapie dilué dans le ventre, dans lequel la température est temporairement augmentée à 42-43°C).
    • Des recherches sont menées pour trouver des traitements qui vont augmenter la radiosensibilité des cellules cancéreuses afin d'améliorer l’efficacité de la radiothérapie.

 
Références :

  1. http://www.kankerregister.org/Les_chiffres_du_cancer
  2. Endocr Relat Cancer. 2016 Feb;23(2):93-100. doi: 10.1530/ERC-15-0442. Epub 2015 Nov 24.
  3. Surg Clin North Am. 2015 Dec;95(6):1261-9, vii. doi: 10.1016/j.suc.2015.08.001. Epub 2015 Oct 23.
  4. Gastroenterol Res Pract. 2016;2016:9686815. doi: 10.1155/2016/9686815. Epub 2015 Dec 24.
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Sources :

Dernière adaptation le: 22/05/2017

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Jacqueline a les yeux rieurs et respire la joie de vivre. Malgré les épreuves qu’elle a rencontrées, elle transmet un message positif dès qu’on franchit la porte de son appartement à Bruxelles, où elle a emménagé avec son mari en 1971. Ils n’ont pas eu d’enfants. Ensemble, ils ont beaucoup voyagé et elle a pu à ses côtés profiter de la vie et découvrir le monde. Mais à chaque départ en voyage avec son mari, elle pensait à laisser un message sur la table du salon, pour indiquer à qui leurs biens devaient être légués, au cas où il leur arriverait quelque chose...Lire la suite