1er août - Journée mondiale du cancer du poumon

LongkankerVendredi, 30 Juillet 2021

La Fondation contre le Cancer bat le rappel face au cancer le plus répandu et le plus mortel au monde

Le cancer du poumon dans le monde et en Belgique

Avec environ 1,8 million de décès par an, le cancer du poumon est non seulement le plus répandu, mais aussi le plus mortel au niveau mondial, (Globocan - IARC, 2018). Et la situation empire puisque d'ici 2030, il fera 2,45 millions de morts par an ! Le cancer du poumon tue chaque année plus de personnes que les cancers du sein, du côlon et de la prostate réunis. (Goldcopd.org/world-lung-cancer-day)

En Belgique, le cancer du poumon est la première cause de mortalité par cancer, avec près de 6500 décès par an. Il s'agit du troisième cancer le plus fréquent avec 8815 nouveaux cas en 2018 (données de la Fondation Registre du cancer, 2020). Si, jusqu’ici, il touchait surtout des hommes de plus de 65 ans, les choses sont en train de changer rapidement. Actuellement, on assiste à une nette augmentation des cas chez les femmes, dès l’âge de 55 ans.

 

 

Prévention : sans tabac on éviterait près de 9 cas sur 10 !

La meilleure des préventions est évidemment de ne jamais commencer à fumer. Mais les fumeurs peuvent également réduire très fortement ce facteur de risque en arrêtant de fumer. Pour les y aider, la Fondation contre le Cancer met à disposition Tabacstop, le service gratuit pour l’arrêt tabagique, financé par les autorités. Le cancer le plus mortel, et le plus répandu au monde serait donc évitable dans 90 % des cas si le tabac disparaissait totalement. Pour Suzanne Gabriels, experte en prévention tabac à la Fondation contre le Cancer, "Afin de mettre un terme aux conséquences désastreuses de l’épidémie de tabagisme, tant pour le fumeur que pour la société, il est urgent que les responsables politiques adoptent un plan antitabac ambitieux."

Dépistage : un espoir pour les « gros fumeurs »

Contrairement au cancer du sein, du côlon et du col de l'utérus, il n'existe pas encore de programme de dépistage pour le cancer du poumon en Belgique. Pourtant, lorsqu’il est découvert tardivement (dans deux tiers des cas), c'est un cancer avec un mauvais pronostic de guérison. Or, chez les « gros fumeurs », le dépistage précoce par scanner à faible dose pourrait vraiment faire la différence et augmenter fortement les chances de guérison. Les études cliniques l’ont largement démontré. Malheureusement, tous les fumeurs ne sont pas concernés par ce dépistage. Sur base des études scientifiques, il n’est actuellement recommandé que chez les «gros fumeur». Chez eux, ce dépistage permet de réduire de 20 à 24% la mortalité par cancer du poumon.

Aux Etats-Unis, ce dépistage est déjà recommandé depuis 2015. Aux Pays-Bas, on étudie également la possibilité de le mettre en place. À quand son organisation en Belgique ? la Fondation contre le Cancer invite les ministres de la santé à suivre le mouvement !

Mais attention, le dépistage ne remplacera jamais la mesure la plus efficace face au cancer du poumon, à savoir l’arrêt tabagique !

Traitements des cancers du poumon : enfin des progrès importants !

Le trio « classique » chirurgie, radiothérapie, chimiothérapie s’est récemment élargi grâce à l’arrivée des traitements ciblés et de l’immunothérapie. Ces nouveaux venus permettent d’améliorer enfin - et parfois très sensiblement - le pronostic de nombreux malades. Et c’est tant mieux. Mais il y a deux bémols. D’une part leur coût, qui devrait inciter les pouvoirs publics à investir résolument dans la prévention. Et d’autre part, le fait que ces traitements ne sont pas efficaces chez tous les patients ou face à tous les types de cancers du poumon. Donc, si nous assistons aujourd’hui à une petite révolution dans le traitement de certains de ces cancers, énormément de recherches fondamentales et cliniques restent nécessaire pour étendre le champ d’action et augmenter encore l’efficacité des traitements ciblés et de l’immunothérapie.

Projets de recherche de la Fondation contre le Cancer

Grâce à la générosité de ses donateurs, la Fondation contre le Cancer finance les équipes de recherche les plus performantes, pour mieux comprendre le cancer et trouver de meilleurs traitements.

Entre 2010 et 2020, la Fondation contre le Cancer a financé 8 équipes de recherche sur le cancer du poumon pour un montant total de 1.741.897 euros.

Parmi les initiatives soutenues dans ce domaine, l’équipe du Professeur Patrick Flamen de l’Institut Jules Bordet bénéficie d’un soutien de près de 300.000 euros sur 4 ans pour mener à bien un projet de recherche visant à identifier les patients atteints de cancer du poumon qui pourront être traités par immunothérapie. :  "Grâce aux derniers développements en PETscan, nous pouvons analyser les fibroblastes (cellules de soutien) qui entourent la tumeur et qui diminuent l’efficacité de l’immunothérapie. Notre objectif est d'évaluer avant et pendant le traitement la présence des fibroblastes tumoraux. En combinaison avec l’évaluation d'ADN circulant (matériel génétique relargué par les cellules cancéreuses) et d’autres paramètres, nous pourrions alors mieux personnaliser et optimaliser le traitement des patients atteints de cancer pulmonaire. "

"On le voit, les choses bougent et l’espoir est là. Mais il reste énormément à faire, pour renforcer la prévention et organiser le dépistage, et pour soutenir la recherche afin de continuer à améliorer les traitements. Sans oublier que le moyen le plus sûr d’éviter ce cancer redoutable restera toujours d’éviter son facteur de risque numéro 1, à savoir le tabac" conclut le Dr Didier Vander Steichel, directeur médical et scientifique de la Fondation contre le Cancer.