1er novembre 2019, l’âge minimum pour acheter du tabac en Belgique passe de 16 à 18 ans. Il était temps ! | Fondation contre le Cancer

1er novembre 2019, l’âge minimum pour acheter du tabac en Belgique passe de 16 à 18 ans. Il était temps !

Mercredi, 30 Octobre 2019

La Fondation contre le Cancer se réjouit de cette mesure : Au 1er janvier 2019, la Belgique était le seul pays de l'Union Européenne où les moins de 18 ans pouvaient encore acheter des cigarettes. Cette mesure, combinée à une omniprésence des points de vente -night shops par exemple- augmente les risques de commencer à fumer chez les jeunes. La Fondation contre le Cancer plaide également pour une réduction du nombre de points de vente et de la visibilité du tabac, pour renforcer cette mesure.

Le tabac, extremement addictif pour les jeunes

Le cerveau des jeunes réagit différemment à la nicotine que celui des adultes. Les recherches portant sur la nicotine et le cerveau des adolescents ont examiné « l’incidence de l'exposition aiguë à la nicotine sur le développement du cerveau. Le noyau central de toutes nos addictions est un petit circuit neurologique qui s’appelle le « circuit de la récompense ». C’est un moteur qui nous donne le goût du plaisir, l’envie d’aller de l’avant en faisant les choses que l’on aime. La vitesse à laquelle la nicotine sensibilise le cerveau adolescent est la plus rapide de toutes les drogues. Ajoutez à cela que le circuit de la récompense est encore plus sensible à l’exposition aux produits psychotropes avant la maturité du cerveau, vers l’âge de 20-25 ans. Tout nous dit, dans la littérature scientifique, que nous devrions absolument protéger nos jeunes de boire, de fumer et de prendre du cannabis au moins jusqu'à l’âge de 20 ans. Avec la nicotine, chez une jeune fille de 16 ans, la dépendance est présente après 3 mois. Et après 6 mois chez le jeune homme. C’est là qu’on prend conscience de la puissance de cette drogue.

Quid des autres pays ? 

Les pays scandinaves avaient été précurseurs en Europe, en relevant la limite à 16 ans dans les années 70, puis à 18 entre 1995 et 1997. Un certain nombre de pays d’Europe de l’est ont fixé l’âge des ventes à 18 ans entre 2002 et 2004. L'Irlande a relevé l'âge de vente à 18 ans en 2002 et de nombreux autres pays européens ont suivi entre 2006 et 2014: Danemark, France, Portugal, Espagne, Angleterre, Écosse et Pays-Bas. Avec le Luxembourg, Malte et l'Autriche, la Belgique a pris du retard jusqu'à devenir le dernier pays de l'UE où la limite d'âge était encore de 16 ans. Un classement peu honorable, qui sera heureusement redéfini dès ce 1er novembre. Cette année, le Royaume-Uni a envisagé pour la première fois une limite d'âge de 21 ans. Aux Etats-Unis, certains États l’ont déjà adopté.

Une interdiction de vente aux moins de 18 ans, pas une interdiction de consommation

La directive 2014/40 / UE dispose que "les États membres devraient être encouragés à empêcher la vente de ces produits aux enfants et aux adolescents, en adoptant des mesures appropriées qui fixent et font respecter les limites d'âge". Dans la majorité des États membres de l'UE, les enfants ne sont pas autorisés à acheter du tabac. Cependant, la consommation de tabac est rarement réglementée et l’âge minimum requis n’est pas fixé… Là où une interdiction d'utilisation pourrait être contre-productive, des mesures visant à réduire l'accessibilité des jeunes aux produits du tabac sont les bienvenues

Une mesure importante, mais pas la seule !

Selon une récente enquête (Sciensano 2018)(*) , nous savons que l’âge moyen de la première cigarette est de 16,6 ans. C’est vers 18,3 ans que l’habitude devient quotidienne. Toutefois, 19% de ceux qui ont déjà fumé quotidiennement ont commencé à le faire avant l’âge de 16 ans, et la majorité (48%) a commencé à fumer tous les jours entre 16 et 18 ans. L’interdiction de vendre du tabac aux jeunes de moins de 18 ans peut donc être une mesure utile si elle s’inscrit dans un ensemble complet de mesures pour faire diminuer l’usage du tabac.

Outre l’augmentation de l’âge, la Fondation plaide en faveur d’une augmentation drastique du prix des produits du tabac, d’une interdiction totale de la publicité, d' une interdiction des présentoirs (interdiction de présenter de manière visible des cigarettes dans les points de vente) et d’une réduction du nombre de points de vente, par exemple l’interdiction immédiate de vendre dans les magasins de nuit, car c’est là que les jeunes de moins de 24 ans s’approvisionnent principalement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Rapport 1 : Résultats tabagisme en Belgique 2019 (PDF et infographiques)