5 mythes concernant le cancer du sein

Mardi, 30 Juin 2015

Le Washington Post a publié récemment un article portant sur 5 mythes largement répandus concernant le cancer du sein.

  1. Le cancer du sein serait surtout une maladie familiale.
  2. Le risque de cancer du sein augmenterait avec l’usage de la pilule contraceptive.
  3. Plus la taille des seins est importante, plus le risque de cancer serait élevé.
  4. Les femmes devraient procéder chaque mois à une auto-palpation de leurs seins.
  5. Il faudrait plus d’argent pour la recherche sur le cancer du sein.

Sources : The Washington Post – ‘Five myths about breast cancer’ – 8 mai 2015

Commentaire de la Fondation contre le Cancer

1.    Cancer du sein et hérédité

Le cancer du sein survient en effet plus fréquemment dans certaines familles que dans d’autres. Mais la forme héréditaire du cancer du sein, due à une mutation des gènes BRCA1 et/ou 2, ne représente que 5 à 10 % du total des cancers du sein. Les femmes atteintes de cette mutation présentent un risque nettement accru de développer un cancer du sein. Mais la grande majorité des cancers du sein ne sont donc pas de nature héréditaire.

2.    Cancer du sein et pilule contraceptive

Un usage précoce (juste après le début de la puberté) et/ou de longue durée de la pilule pourrait faire légèrement augmenter le risque de cancer du sein. Néanmoins, ce ne serait le cas que pour les pilules à forte teneur en œstrogènes. Il ne faut donc pas surestimer ce risque !

3.    Volume des seins et risque de cancer

Les résultats des études actuellement publiées à ce sujet sont assez contradictoires. Il n’est donc pas possible de se prononcer avec certitude à l’heure actuelle.

4.    Auto-palpation mensuelle des seins

L’auto-palpation systématique des seins n’est plus recommandée. En effet, des études scientifiques ont montré que cette méthode n’augmentait pas la survie en cas de cancer du sein. La raison en est simple : seul un cancer déjà relativement avancé peut être détecté au toucher. De plus, l’auto-palpation peut mener à des examens complémentaires superflus (mammographie, biopsie…), alors qu’aucun cancer n’est présent.

Par contre, il est recommandé aux femmes d’être vigilantes. Une modification soudaine (rétraction de la peau, écoulement par le téton, rougeur, etc.), remarquée à l’examen visuel, est suffisante pour motiver une visite chez un médecin.

La seule méthode valable de dépistage systématique du cancer du sein reste la mammographie (mammotest). Elle doit être effectuée tous les deux ans chez les femmes de 50 à 69 ans. Les recommandations sont différentes pour les femmes présentant un risque accru et qui doivent bénéficier d’un suivi individualisé.

5.    Plus d’argent pour la recherche sur le cancer du sein ?

Plus d’argent pour la recherche nous semble toujours souhaitable. Mais aux Etats-Unis, la recherche sur le cancer du sein bénéficie déjà de 8 fois plus de fonds et de 2 fois plus de financement des autorités que celle sur le cancer du poumon. Pourtant, plus de femmes y meurent chaque année du cancer du poumon que du cancer du sein. Certains se demandent si ceci ne serait pas une conséquence de l’attention plus marquée que portent les médias à la problématique des cancers du sein. Par ailleurs, ce financement est lié aux avancées importantes obtenues en matière de diagnostic et de traitement des cancers du sein au cours des 10 à 15 dernières années. Un tel succès n’est pas encore au rendez-vous pour les patients atteints d’un cancer du poumon… mais les choses pourraient changer prochainement grâce notamment aux avancées de l’immunothérapie dans ce domaine. Affaire à suivre donc !

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