Ados fumeurs : il est temps d’agir !

La Belgique figure parmi les pays qui luttent le moins contre le tabagisme chez les jeunes.Lundi, 15 Octobre 2018

 

L’étude européenne SILNE-R, menée dans 7 villes européennes, a livré ses résultats. Ce projet financé par l’Union Européenne, vise à évaluer les effets des législations liées au tabac. Des élèves de 7 écoles de Namur et environs ont été sondés et représentaient les jeunes Belges.

Il ressort des résultats que la Belgique est mauvais élève. 18% des jeunes interviewés de 3e et 4e secondaires interrogés fument au moins une fois par semaine (contre 11% dans la moyenne des 7 villes européennes) et 2 Belges sur 10 affirment avoir déjà goûté au cannabis, contre 1 Européen sur 10.

Mais ce qui est interpellant, c’est l’analyse des effets de la législation : selon les chercheurs, notre pays figure parmi ceux qui luttent le moins contre le tabagisme chez les jeunes. Ainsi, des 7 Etats participant à l’étude, la Belgique est la seule à autoriser la vente des produits du tabac à partir de 16 ans, contre 18 ans partout ailleurs.

Autre constat : la cohérence entre les règles et leur application. Ainsi 35% des jeunes Namurois interrogés seulement estiment que l’interdiction de fumer est strictement respectée dans leur école ; 29% voient des professeurs fumer dans l’enceinte de l’école et 73% voient des élèves faire de même. Enfin, à proximité directe des écoles, 99% de ces jeunes voient des gens fumer.

L’exemplarité des professeurs et éducateurs est un autre élément important souligné dans ce rapport, les jeunes y voyant un manque de crédibilité du personnel enseignant lorsqu’ils fument devant les élèves, de l’injustice car ils ne peuvent pas fumer, et un rôle d’exemplarité négative.

Quant aux normes sociales, les jeunes pensent que fumer est normal, puisque beaucoup de gens, dont des adultes référents, fument…

Le commentaire de la Fondation contre le Cancer

La Fondation contre le Cancer s’investit pour que les jeunes ne soient plus en contact permanent avec les produits du tabac, les fumeurs, la fumée, en particulier via Générations sans Tabac. Cette initiative lancée par l’Alliance pour une société sans tabac (mise sur pied par la Fondation contre le Cancer en collaboration avec 8 autres partenaires), a pour objectif de faire en sorte que les enfants et les jeunes puissent évoluer dans un environnement sans tabac.

Générations sans Tabac encourage les initiatives locales ayant pour but d’interdire de fumer dans les lieux publics fréquentés par les enfants et les jeunes. Car dénormaliser le tabac est un moyen redoutable pour limiter le nombre de fumeurs et, on l’espère, parvenir à voir naître la première génération sans tabac dès 2019.

En 2012 déjà, la Fondation avait mené une enquête sur les points de vente à proximité des écoles et démontré que les jeunes étaient trop confrontés aux publicités pour du tabac sur les façades des librairies et autres points de vente. Depuis, la législation n’a pas évolué. Ce manque de cohérence entre les messages de santé publique et la législation saute d’ailleurs aux yeux des jeunes, qui sont par ailleurs influencés par ces messages.

Les recommandations qui accompagnent ce rapport sont sans équivoque et vont dans notre sens : les chercheurs préconisent de ne pas autoriser les points de vente à proximité des écoles et d’augmenter les contrôles pour assurer le respect de la législation par les revendeurs. Ils recommandent d’interdire la vente de tabac aux moins de 18 ans, mais aussi toute forme de publicité pour les produits du tabac. Nous ajouterons : en ce compris l’affichage sur les devantures et dans les points de vente.

En un mot comme en cent : il est grand temps d’agir !