Après des années de baisse du nombre de fumeurs, on constate une augmentation du comportement tabagique depuis 2020

Mardi, 28 Décembre 2021

 

Il est grand temps d'exiger une contribution financière à l’industrie du tabac pour les dégâts majeurs dont elle est directement responsable ! 

Les chiffres de la nouvelle Enquête Tabac de la Fondation contre le Cancer sont publiés, et offrent un aperçu du comportement des Belges en matière de tabagisme et de leur adhésion aux politiques antitabac.

La crise sanitaire a eu un impact considérable sur notre mode de vie et notre bien-être. La dernière Enquête Tabac de la Fondation contre le Cancer confirme ce constat. Les chiffres, collectés en septembre 2021 montrent en effet une prévalence du tabagisme plus élevée que pour l'année 2019 où le COVID-19 n’était pas encore présent. De même, les enquêtes menées par Sciensano dans un cadre plus large, montrent que les comportements à risque tels que la consommation d'alcool, de tabac, de drogues et de somnifères ou de tranquillisants, ont augmenté depuis le début de la crise. Ainsi, comme beaucoup d'autres pays, la Belgique déplore une évolution négative concernant la prévalence du tabagisme

"Environ 50 à 60% des fumeurs ont changé leurs habitudes tabagiques pendant la crise sanitaire. Entre 32% et 39% des fumeurs déclarent fumer davantage par rapport à la période précédant l’arrivée du Covid -19, tandis que seulement 16% à 20% déclarent fumer moins.  La crise a une plus grande influence sur les habitudes tabagiques que sur la consommation d’alcool. »

Source : rapport Sciensano5covid-19.

Il existe un risque réel que ces changements de comportement perdurent et aient des conséquences dommageables sérieuses sur la santé. Des années de vie saine partent ainsi en fumée, au sens propre comme au figuré. Et ce, alors que nos gouvernements -fédéral et flamand-, pour la première fois dans l'histoire, ont inclut la volonté de rendre possible une « génération sans tabac » dans leur accord de coalition. Sans la crise du COVID-19, cette ambition constitue déjà un véritable défi. Avec ces chiffres croissants de la prévalence du tabagisme, la tâche est d’autant plus ardue, et exige de mettre en place de solides nouvelles mesures !

 

Il est grand temps que l’industrie du tabac paie pour les dommages qu'elle cause à la santé.

Même si plus une seule cigarette n'était vendue demain, le comportement actuel des fumeurs aurait des conséquences financières pendant des décennies. Et cela pour tout le monde : pour les fumeurs eux-mêmes, pour les entreprises par l'absentéisme des personnes malades et pour les gouvernements par les énormes coûts de santé liés au tabagisme. Il faut donc que l'industrie du tabac paye pour le lourd tribut qu'elle entraîne sur la société et sur la santé en instaurant une nouvelle contribution financière, selon le principe du "pollueur-payeur". Cela est parfaitement réalisable sur le plan juridique, et les Belges sont très réceptifs à cette idée : 71 % des personnes interrogées dans le cadre de la nouvelle enquête Tabac se sont déclarées favorables à une telle contribution sur l'industrie du tabac.

Le graphique #TobaccoPayUp résume en 10 raisons claires pourquoi il est grand temps que notre gouvernement demande des comptes aux compagnies de tabac et les fasse payer pour les dommages qu'elles causent à la santé. L’industrie du tabac sait à quel point ses produits sont nocifs, mais continue à les fabriquer et à les promouvoir" Suzanne Gabriels, expert Prévention Tabac de la Fondation contre le Cancer.

"Dans une société telle que la nôtre qui protège la santé de ses citoyens , il est inacceptable de permettre à l’industrie du tabac de faire des bénéfices plantureux grâce à des produits qui sont responsables d’un coût sociétal majeur, avec le décès d’un consommateur sur deux. Avec le virus SARS-Cov 2, des mesures politiques sans précédent ont été prises. Qu’attend-on pour le tabac" ? Dr Anne Boucquiau, directrice médicale, Fondation contre le Cancer