Cancer du sein chez l’homme : mettons fin à l’inégalité !

Les hommes ne bénéficient pas de l'égalité de remboursement de leurs traitements du cancer du sein.Lundi, 22 Octobre 2018



Chez l’homme, le cancer du sein est un cancer rare, 92 nouveaux diagnostics par an en Belgique. Heureusement, les traitements s’améliorent de mois en mois. Pourtant, les hommes ne peuvent pas toujours profiter des traitements optimaux. En effet, certains traitements ne sont remboursés qu’à des conditions que seules les femmes peuvent remplir… 

Or en cas d’échec ou en complément d’un traitement classique, heureusement remboursé par la sécurité sociale, il y a le problème du traitement complémentaire : certains qui pourraient être efficaces chez l’homme ne sont pas remboursés par la sécurité sociale. Vu leur coût, certains hommes ne peuvent tout simplement pas recevoir le traitement le plus optimal, faute d’argent. Un comble dans un pays comme la Belgique… Les hommes font donc l’objet de discrimination.

C’est ce que pointe l’Institut pour l’Egalité des femmes et des hommes en association notamment avec la Fondation contre le Cancer (à laquelle se sont joint d’autres associations partenaires : Kom op tegen Kanker, Borstkanker Vlaanderen vzw, Borstkankerman, Belgian Society of Medical Oncology)

Remboursement nécessaire

En effet, la décision de l’INAMI d’octroyer ou non un remboursement repose sur l’examen d’études scientifiques attestant de l’efficacité des traitements. Or, la majorité de ceux indiqués contre un cancer du sein sont étudiés chez les femmes (et ces études n’apportent donc pas ou peu de preuves de leur efficacité chez l’homme…). Leurs indications sont aussi rigoureusement définies : certains médicaments sont par exemple enregistrés pour lutter contre le cancer du sein chez les femmes (mentionnées explicitement), ou sont à donner avant/après la ménopause. Ces conditions excluent de facto les hommes.

Certes, il est possible pour les hommes exclus de recourir à un remboursement via le Fonds Spécial de solidarité de l’INAMI. Mais ces démarches supplémentaires retardent l’accès au traitement. Une autre solution est de temporairement placer ces traitements pour les hommes dans une catégorie de remboursements « fourre-tout » : l’INAMI intervient alors, malgré le manque d’études scientifiques, et ce sous la responsabilité du médecin prescripteur. Cette solution est d’application pour certains traitements (comme le letrozole) et d’autres devraient suivre dès la rentrée (anastrozole et fulvestrant). Reste encore à voir si in fine, la part payée par le patient sera équivalente à celle déboursée par les femmes…

Ajoutez à ces inégalités le diagnostic tardif fréquent (le médecin ne pense pas d’emblée à un cancer du sein chez un homme…) et vous comprendrez que les hommes sont nettement moins bien lotis que les femmes face au cancer du sein. La Fondation, ainsi que les autres organisations, ont demandé à la ministre de la Santé que cette situation injuste soit résolue afin que chacune et chacun puisse bénéficier du meilleur traitement possible dès le début de la maladie.