Dépistage systématique du cancer du sein : plus de bénéfices que d’inconvénients

Mardi, 14 Juillet 2015

Le dépistage systématique du cancer du sein chez les femmes de 50 à 69 ans, par mammographie effectuée tous les deux ans, est efficace. De nombreuses études l’ont montré. Ce dépistage permet de faire baisser la mortalité d’environ 40% dans ce groupe d’âge.

Cette influence positive est encore plus marquée chez les femmes qui continuent à se faire dépister entre 70 et 74 ans. C’est la conclusion d’une analyse de la littérature scientifique sur le sujet, menée par 29 experts internationaux issus de 16 pays.

Ces experts ont notamment confirmé que :

  • La mammographie permet de dépister des cancers du sein à un stade débutant, stade auquel la maladie passerait sinon inaperçue mais risquerait déjà d’avoir des conséquences négatives pour les femmes atteintes.
  • La réduction de la mortalité obtenue par le dépistage systématique du cancer du sein est supérieure au risque  de développer un cancer du sein suite à l’exposition aux rayons X des mammographies successives.
  • Toutefois, une mammographie « faussement  positive » (c’est-à-dire ayant conclu à la présence d’un cancer alors qu’il n’y en avait pas) a des conséquences psychologiques négatives à court terme.

Sources: IARC Handbooks of Cancer Prevention: Benefits of mammography screening outweigh adverse effects for women aged 50–69 years; Communiqué de presse du 03-06-15

Commentaire de la Fondation contre le Cancer

Chances de guérison accrues en cas de détection précoce

Le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez la femme. On compte 10 000 nouveaux cas chaque année dans notre pays. 75% des diagnostics sont effectués après 50 ans. Plus le cancer est détecté et traité à un stade précoce, plus les chances de guérison sont importantes. Elles peuvent atteindre 90% dans le cas de tumeurs détectées à un stade débutant.

Une toute petite tumeur ne peut pas être vue ni sentie au toucher, et elle ne cause pas de gêne ou de symptôme. Elle peut par contre être détectée grâce à une mammographie (radiographie des seins).

Le dépistage organisé par les autorités – mammographie tous les 2 ans entre 50 et 69 ans – est utile pour les femmes présentant un risque normal de cancer du sein. En cas de risque accru (par ex. en présence d’une mutation héréditaire des gènes BRCA 1 ou 2), un dépistage individualisé est nécessaire.

Inconvénients : examens de diagnostic et traitements superflus, risques liés aux radiations

Tout acte médical présente des inconvénients potentiels. C’est donc aussi le cas de la mammographie.

Citons en premier lieu les « faux positifs ». Dans ce cas,  la radiographie montre des anomalies qui pourraient signer la présence d’un cancer, mais après examens complémentaires, on constate que ce n’est pas le cas. La femme concernée aura donc vécu une période d’inquiétude et d’angoisse inutile en attente des résultats définitifs. Des examens complémentaires sont en effet indispensables, comme par exemple une biopsie (prélèvement d’un morceau de tissu du sein), pour confirmer ou non le diagnostic de cancer. Ces examens peuvent avoir des effets secondaires déplaisants, même s’ils sont rares : saignement, infection… Sans parler de leur coût.

Il peut aussi arriver qu’un cancer soit effectivement détecté – et traité – alors qu’en définitive, il ne se serait jamais étendu (on parle de cancer « dormant »). Jusqu’à présent, on ne parvient pas encore à prédire avec certitude l’évolution de certaines tumeurs. Dans ces conditions, on préfère ne pas prendre le risque de laisser le cancer se développer et un traitement est appliqué. Au risque de traiter un cancer qui serait resté dormant…  En le traitant, on expose alors la patiente à des complications éventuelles et à des frais importants et on parle dans ce cas de sur-traitement.

Enfin, il faut garder à l’esprit que chaque mammographie expose les seins à des rayons X qui augmentent le risque de développer ultérieurement un cancer. Ce risque – ainsi que le coût de l’examen – sont deux  raisons pour lesquelles le dépistage systématique des femmes âgées de 40 à 49 ans n’est pas conseillé par les autorités. Par contre, entre 50 et 69 ans, les avantages d’un dépistage systématique dépassent largement le risque de cancer causé par les rayonnements. L’évaluation menée par les 29 experts (voir début de l’article) vient encore de le confirmer.

Conclusion : plus de bénéfices potentiels que de risques

L’étude en question montre que la balance penche du côté des avantages du dépistage systématique, même si des inconvénients existent. Dans notre pays, toutes les femmes de 50 à 69 ans peuvent effectuer gratuitement, tous les deux ans, une mammographie de dépistage. Ce dépistage systématique répond aux critères de qualité préconisés par les recommandations internationales. Chaque femme doit pouvoir évaluer les avantages et inconvénients potentiels en toute connaissance de cause avant de décider de participer (ou non) à ce dépistage. En cas de doute, le mieux est d’en parler à son médecin.

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