Et si la protonthérapie améliorait l’immunothérapie ?

Et si la protonthérapie améliorait l'immunothérapie ?Lundi, 6 Août 2018

Une équipe de chercheurs du Namur Research Institute for Life Science a fait une découverte qui pourrait contribuer à lutter plus efficacement contre le cancer. Elle a montré, en laboratoire, que la protonthérapie améliore les résultats de l’immunothérapie en renforçant le système immunitaire en général, et les macrophages en particulier.

Sources : Cell Death & Disease, Genard et al, 2018 ; 9 : 728 ; Communiqué de presse de Narilis, 31-07-18

Commentaires de la Fondation contre le Cancer

Alors que le premier centre de Protonthérapie en Belgique est en pleine construction sur le campus Gasthuisberg à Louvain, les chercheurs de NARILIS (institut de recherche né de la collaboration entre l’UNamur et le CHU UCL Namur) planchent déjà sur un projet de recherche visant à accroître l’efficacité de l’immunothérapie par l’administration d’une irradiation par protons.

Le système immunitaire est constitué de cellules particulièrement malléables, tels les macrophages (M) par exemple, capables de jouer des  rôles opposés. Si leur rôle premier consiste à détruire les intrus (bactéries, virus…) ou les cellules qui dysfonctionnent (rôle des macrophages de type  M1), ils peuvent aussi être des alliés des cellules cancéreuses en les aidant à se développer et se disséminer (rôle des macrophages de type M2). Parfois même, ils peuvent être « domptés » par la cellule cancéreuse. Celle-ci va les intégrer, les modifier pour qu’ils perdent leur action anti-tumorale et aller jusqu’à les utiliser pour freiner l’action du système immunitaire ! Ces macrophages sont alors nommés TAM’s, pour tumor-associated macrophages. 

Ce détournement des macrophages est l’une des raisons pour lesquelles l’immunothérapie peut échouer : le système immunitaire est contré par les cellules cancéreuses qui retournent certains de ses propres acteurs contre lui…

Ce que l’équipe namuroise a découvert, c’est que ces TAM’s sont plus sensibles à la protonthérapie que les macrophages qui jouent encore leur rôle anti-tumoral. Mieux : cette exposition à une irradiation par protons est capable de reprogrammer les macrophages M2 en macrophage M1, afin de booster leur action anti-tumorale.

Cette découverte est très encourageante, mais il ne s’agit encore que de tests in vitro (en laboratoire). Il faudra encore montrer ce rôle favorable de la protonthérapie in vivo. En attendant, combiner cette technique d’irradiation avec l’immunothérapie constitue une nouvelle piste de progrès…