Explosion des cancers de la peau en Belgique

kind uvJeudi, 31 Mars 2022

Explications illustrées par le livre blanc et l'enquête sur le comportement des Belges face aux UV

 

On les « oublie » souvent dans les statistiques officielles, mais les cancers de la peau sont - et de loin -  les cancers les plus fréquents dans le monde et en Belgique. Ils représentent environ 40 % de tous les cancers détectés aujourd'hu. Une personne sur 5 sera confrontée à un cancer de la peau avant l'âge de 75 ans. En 2019, 45 733 nouveaux cas ont été recensés en Belgique. C'est le seul cancer qui a connu une augmentation aussi significative au cours des deux dernières décennies. Et malheureusement, cette tendance se confirmera car une le nombre de cas va continuer à augmenter au cours des dix prochaines années.

Il est donc grand temps d’y faire face, et d’inverser cette évolution, car la plupart des cancers de la peau peuvent être évités grâce à une protection correcte contre les rayons UV (du soleil et des bancs solaires). La Fondation contre le Cancer appelle donc les gouvernements, fédéral et régionaux, à unir leurs forces pour développer un plan d'action national couvrant la prévention, la détection et le traitement afin que la réaction soit à la mesure du problème. 

Quels sont les défis auxquels nous sommes confrontés ? Quelles actions efficaces devraient être prises à l'avenir ? La Fondation contre le Cancer a réalisé en 2021 un livre blanc sur la situation en Belgique avec des recommandations et a publié une enquête UV avec un aperçu de l'évolution du comportement des Belges, présentant les premiers résultats de 10 ans de prévention contre les UV.

 

Le cancer de la peau est en hausse, la prévention doit être renforcée

Plusieurs études ont mis en évidence les avantages économiques des programmes de prévention du cancer de la peau pour les gouvernements et les citoyens. En effet, les coûts des traitements du cancer de la peau sont énormes et pèsent sur les soins de santé en Belgique.

Par conséquent, la prévention primaire du cancer de la peau doit être une priorité dans les programmes de santé publique. Des efforts accrus sont nécessaires de la part des secteurs public et privé. Le retour sur investissement a été prouvé dans des publications scientifiques en Belgique et dans d'autres pays. Il est impossible d'empêcher la hausse actuelle, mais il est possible de la ralentir. Moins il y aura de cancers de la peau, moins les coûts humains et financiers seront élevés.

La prévention fait-elle une différence ?

Tous les deux ans, la Fondation contre le Cancer suit l'évolution des connaissances, de l'attitude et du comportement des Belges en matière de protection contre les UV.  Pour obtenir un changement de comportement, nous essayons d'influencer le plus grand nombre de facteurs possible (voir le modèle I-Change en annexe). Les résultats de la dernière enquête, réalisée par Ipsos fin 2020, indiquent qu'il reste encore beaucoup de travail à faire mais aussi que nous pouvons déjà nous réjouir de quelques succès.

Les résultats les plus frappants de l'enquête UV

Quelles sont les modifications des connaissances, de la perception des risques et de l'attitude?

  • En général, les Belges ont une bonne connaissance des dangers de l’exposition au soleil et des mesures de prévention, cette connaissance reste stable mais certaines idées fausses persistent.
  • Il est frappant de constater que les plus de 45 ans sont clairement mieux informés sur les mythes que les moins de 35 ans. Les femmes évitent mieux les pièges des idées reçues , elles sont aussi mieux informées des risques permanents.
  • Les principales fausses croyances selon lesquelles le pré-bronzage sur un banc solaire permet de préparer la peau avant une exposition au soleil, et que la crème solaire à indice de protection élevé permet de rester plus longtemps au soleil sont très tenace.
  • Le grand public ne réalise pas assez que même un léger coup de soleil peut endommager la peau de façon définitive.

 

Qu'en est-il du comportement des Belges ?

  • L'utilisation des bancs solaires a diminué de près de moitié en 10 ans, passant de 14% à 8% de la population.
  • Le soutien à l'interdiction de l’usage commercial des bancs solaires reste supérieur à 50 % mais a diminué ces dernières années ; sans doute en raison d’une diminution des avertissements
  • La protection des enfants est deux fois meilleure que celle des adultes, mais elle est encore loin d'être suffisante, notamment pour les activités en extérieur telles que jeux et sports.
  • De toutes les manières de se protéger, la crème solaire est la plus connue mais la moins efficace.
  • Le rôle protecteur des vêtements, des chapeaux ou des lunettes de soleil n'est pas bien assimilé par les adultes.
  • Le pourcentage de coups de soleil chez les adultes, mais aussi chez les enfants, est très élevé et les brûlures solaires graves ont augmenté ces dernières années. Il y a encore trop de coups de soleil en Belgique, surtout en comparaison avec d'autres pays. Cela touche deux fois moins les enfants que les adultes car ils sont davantage protégés. Les chiffres pour les adultes restent stables, avec une exception en 2017 pour les coups de soleil légers. Les brûlures solaires lourdes et modérées ont augmenté. Il pourrait bien y avoir un lien avec le nombre d'heures d'ensoleillement (bons ou mauvais étés et le nombre de vacances au soleil).
  • 40 % de la population belge effectue un contrôle annuel chez un dermatologue. Il est particulièrement important que les personnes à risque se fassent contrôler à temps. Pour la détection, il convient de faire une distinction entre les patients à haut risque et ceux à faible risque, afin de ne pas allonger les listes d'attente chez les dermatologues mais de pouvoir détecter à tempsles personnes présentant des lésions suspectes.
  • Les mesures prises par les secteurs et les entreprises comptant de nombreuses personnes travaillant en extérieur sont loin d'être suffisantes.
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Changements structurels et organisationnels (politique et programme)

 

De plus en plus de mesures structurelles et durables sont mises en place. La Fondation contre le Cancer s’engage fortement dans cette voie

  • La Fondation contre le Cancer plaide pour un plan d'action national élaboré par le gouvernement et les parties prenantes afin de garantir une approche durable telle que celle qui existe aux Pays-Bas.
  • En outre, la présence de distributeurs de crème solaire, de structures d'ombrage et d'ombre naturelle (arbres) dans les lieux déterminés (terrains de jeux, aires de pique-nique, installations sportives, etc.) peut faire toute la différence. La protection ne dépend plus seulement du comportement mais aussi de l’accès aux mesures de prévention par une adaptation de l'environnement.
  • La Fondation contre le Cancer collabore également avec l'enseignement (Écoles fûtées au soleil) les associations sportives et les entreprises pour encourager la prévention des UV.

Les défis sont de taille ! La Fondation contre le Cancer s'engage pleinement sur ce terrain, mais le gouvernement doit de son côté, accorder une plus grande priorité à la prévention du cancer de la peau.  Dans certaines régions et certains secteurs, les premières initiatives ont été entamées, mais leur mise en œuvre pourrait être meilleure et plus rapide.