L’aluminium dans les déodorants : un risque de cancer ? | Fondation contre le Cancer

L’aluminium dans les déodorants : un risque de cancer ?

Mercredi, 7 Octobre 2015

A la demande du ministère de la Santé, le Conseil Supérieur de la Santé (CSS) publie un avis sur une inquiétude qui ressurgit régulièrement dans la presse : celle du lien supposé entre l’aluminium contenu dans certains produits cosmétiques, et certains cancers, notamment du sein.

Source : rapport N°8866 du Conseil Supérieur de la Santé (CSS) (http://www.health.belgium.be/internet2Prd/groups/public/@public/@shc/documents/ie2divers/19104754.pdf) 

Commentaire de la Fondation contre le Cancer

L’aluminium, source d’inquiétude

L’aluminium est largement utilisé dans bon nombre de produits cosmétiques. A ce titre, il est accusé de provoquer des cancers, et plus spécifiquement lorsqu’il est intégré dans les déodorants (généralement sous forme de chlorohydrate d’aluminium - voir aussi http://www.cancer.be/deodorants-fr) 

Deux types de produits cosmétiques sont produits pour lutter contre la transpiration et ses odeurs désagréables : les antitranspirants et les déodorants. Ces derniers préviennent les odeurs de transpiration résultant de la présence de bactéries par la présence de produits bactéricides et les masquent le cas échéant par des parfums. Quant aux antitranspirants, leur action vise à empêcher la sueur d’atteindre la surface de la peau ; pour ce faire, le gel polymère d’hydroxyde d’aluminium qu’ils contiennent va former un bouchon au niveau des canaux sudoripares. Ils empêchent ainsi de transpirer.

Le fait de les appliquer à proximité du sein et des ganglions lymphatiques, fait craindre une implication de l’aluminium dans l’apparition de cellules cancéreuses, en particulier au niveau du quadrant supéro-latéral (la partie du sein la plus proche de l’aisselle).

Des études rassurantes… mais à confirmer

De nombreuses études scientifiques ont cherché à savoir si ce lien était possible. Les scientifiques du CSS les ont examinées et en arrivent à la conclusion que le niveau de preuve d’une relation entre l’utilisation de déodorant ou d’antitranspirant et l’apparition d’un cancer du sein est faible. Certaines études l’excluent même totalement ; d’autres (beaucoup d’autres !) se sont montrées d’une qualité trop faible pour pouvoir tenir compte de leurs conclusions.

C’est d’ailleurs pour cette raison que le CSS conclut que le lien de causalité entre les déodorants et antitranspirants n’est pas prouvé, ni dans un sens, ni dans l’autre, même si l’absence de lien semble être la plus plausible.

Néanmoins, un risque de réaction cutanée n’est pas à exclure, en particulier si la peau des aisselles est blessée au moment de l’application du produit.

Pour conclure, en l’absence de preuve de risque accru de cancer du sein, mais avec un risque avéré de réaction cutanée dans certains cas, le CSS conseille donc :

  • d’éviter d’utiliser ces produits sur une peau lésée ou juste après s’être épilé ;
  • d’éviter les antitranspirants chez les femmes enceintes ;
  • de ne choisir que les produits contenant peu de sels d’aluminium ;
  • de tenir compte du fait que des produits dits « naturels » peuvent aussi contenir de l’aluminium, comme les déos utilisant les principes de la pierre d’alun, par exemple.

Le CSS souligne par ailleurs que la teneur en sels d’aluminium des déodorants et antitranspirants devrait être mieux indiquée par les fabricants. Mais il encourage également les chercheurs à poursuivre leurs études pour étayer correctement et rigoureusement le risque que l’aluminium par voie percutanée pourrait faire courir en termes de cancer du sein… ou pas !

Pour les autres types d’exposition à l’aluminium, aucune donnée ne vient le mettre en cause lorsqu’il a été ingéré à doses normales. L’aluminium contenu dans les vaccins ne suscite aucune crainte. Quant à l’exposition professionnelle où les travailleurs seraient amenés à en inhaler, elle pourrait être liée à l’apparition de cancers des poumons et de la vessie, mais les conditions de travail exposent à d’autres substances qui pourraient être incriminées.

Conclusion de la Fondation contre le Cancer

Si les produits utilisés sont utilisésdans des conditions normales, on ne doit pas craindre d’augmenter son risque de cancer du sein dans l’état actuel des connaissances.

Si une inquiétude persiste, vous pouvez commencer par de simples mesures d’ hygiène corporelle pour en limiter l’utilisation ou encore opter pour des produits qui  sont exempts d’aluminium. Par ailleurs, : d’autres facteurs de risque évitables avérés liés au cancer du sein, sont à prendre en considération bien avant de se préoccuper des déodorants, comme l’obésité et la consommation d’alcool, notamment .