L’immunothérapie : les chercheurs trouvent !

Immunothérapie-Lymphocyte TMercredi, 16 Mai 2018

Vaincre le cancer : voilà une quête qui dure depuis des générations. La chirurgie a longtemps été la seule option. Puis sont venues en renfort la radiothérapie et la chimiothérapie. Avec l’immunothérapie, l’option choisie a été d’aider notre système immunitaire à mieux reconnaître et lutter plus efficacement contre les cellules cancéreuses. Et les résultats positifs arrivent peu à peu, grâce à la recherche !

L’immunothérapie fait beaucoup parler d’elle ces dernières années. Mais les différentes annonces d’avancées dans ce domaine sont le fruit de décennies de recherche fondamentale et appliquée. Des travaux en partie financés par la Fondation contre le Cancer depuis 1998.

1998 : année de la découverte de la présence d’antigènes tumoraux à la surface des cellules cancéreuses. Il s’agit de protéines anormales fabriquées par les cellules cancéreuses. Lorsqu’une de ces cellules meurt, ces protéines anormales sont libérées, elles se propagent dans le sang et vont alerter le système immunitaire. Celui-ci  envoie des lymphocytes T (une catégorie de globules blancs)  se « connecter » à l’antigène tumoral circulant. Une fois la connexion établie, on dit que le lymphocyte est « activé », car il est dorénavant capable de reconnaître spécifiquement ces antigènes tumoraux. Les lymphocytes T activés transitent par la circulation sanguine et lorsqu’ils entrent en contact avec des cellules cancéreuses porteuses de ce même antigène tumoral, ils sont capables de les identifier et de les détruire. Et toute une série d’autres mécanismes de défense immunitaire, utilisant diverses catégories de cellules, peuvent également être mobilisés pour éliminer la tumeur.

Vers le vaccin thérapeutique

Si tout fonctionnait parfaitement, les cancers n’auraient donc aucune chance de se développer. Malheureusement, les cellules tumorales peuvent mettre au point des mécanismes de défense pour échapper au système immunitaire. C’est pourquoi les chercheurs ont tenté de développer des vaccins thérapeutiques pour stimuler le système immunitaire, mais sans grand succès jusqu’à ce que de nouvelles voies d’études soient investiguées au fil des années. Et depuis 2010, année où l’anticorps « anti-CTLA4 » a fait la preuve de son efficacité dans certains cas de mélanomes métastatiques avancés, tout s’est accéléré.

Chercher de nouvelles voies

Un coup d’accélérateur essentiel a eu lieu en 2013, avec la découverte d’un autre antigène tumoral appelé PD-L1. Cette protéine produite par les cellules cancéreuses se lie à un récepteur présent à la surface des lymphocytes T et parvient de ce fait à les inactiver ! Ce mécanisme favorise donc la multiplication des cellules tumorales qui ont réussi à rendre les lymphocytes T inoffensifs… Aussi, de nouveaux traitements ont été développés qui empêchent cette liaison entre la protéine anormale et le récepteur au niveau des lymphocytes. Ces nouveaux traitements ont été approuvés dès 2015 et donnent de bons résultats face à certains cancers du poumon et leucémies aiguës. Ensuite, les lymphomes ont également été traités par immunothérapie et des recherches se poursuivent pour lutter contre d’autres types de cancers par cette voie. Cette piste suscite bien des espoirs et peut révéler encore bien des secrets des cellules tumorales, ce qui devrait permettre de mieux les combattre… 

Ainsi, une équipe de l’UCL a mis en lumière une protection développée par les cellules cancéreuses contre l’immunothérapie. On vous explique : les cellules tumorales sont capables de rassembler autour d’elles des cellules particulières appelées PMD-MDSC et qui fabriquent un type de protéine appelée FAS-Ligand. Ce ligand est capable de s’accrocher à des récepteurs présents à la surface des lymphocytes-T pour les détruire. Ces cellules PMD-MDSC et leur production de FAS-Ligand ont normalement pour rôle de réguler la population de lymphocytes-T lorsqu’ils ont fini leur travail. Mais les cellules cancéreuses ont été capables de détourner ce rôle normal en leur faveur. Elles provoquent la production de FAS-Ligand pour tuer les lymphocytes T avant qu’ils n’aient eu le temps de s’attaquer aux cellules tumorales ! 

Des recherches pour contrer cette activité des PMD-MDSC sont en cours et pourraient aboutir bientôt à une forme de traitement. Jusqu’à ce qu’un autre mécanisme de résistance des cellules tumorales ne soit découvert… Mais tant qu’ils auront les moyens d’y travailler, les chercheurs seront là pour trouver des solutions !

Découvrez ici toutes les recherches liées à l’immunothérapie qui ont reçu un financement de la Fondation contre le Cancer.