L’Alliance pour une Société sans Tabac salue la décision du gouvernement d’augmenter les accises sur les produits du tabac

tabacMardi, 3 Novembre 2020

L’année prochaine, un paquet de cigarettes coûtera environ 7,50 euros (contre 6,80 euros actuellement). Le prix du paquet de tabac à rouler dépassera quant à lui les 11 euros (contre 9,70 euros aujourd’hui). Ces hausses s’expliquent par la décision du gouvernement belge d’augmenter considérablement les accises sur les produits du tabac. Une bonne nouvelle selon l’Alliance pour une Société sans Tabac, la hausse des prix étant la mesure la plus efficace pour réduire la consommation de tabac. L’Alliance salue cette décision du ministre des Finances et du ministre de la Santé publique, qui aura également un effet positif sur la santé en général. Celle-ci s’imposait d’ailleurs de toute urgence, le tabac étant encore responsable de 14 000 décès dans notre pays chaque année.

Le tabagisme est une addiction tenace qui provoque une immense souffrance personnelle et sociale. Dans notre pays, près de 40 personnes meurent encore du tabac chaque jour. Le tabagisme se classe ainsi au rang de première cause de mortalité évitable. 300 000 Belges souffrent par ailleurs d’une maladie liée au tabac.

D’après l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), la Banque mondiale et la littérature scientifique, l’augmentation des accises sur les produits du tabac est la mesure la plus efficace pour en réduire la consommation. Des prix plus élevés incitent en effet les fumeurs à arrêter de fumer et constituent un moyen de dissuasion supplémentaire pour les non-fumeurs et les jeunes. Ils réduisent en outre le risque de recommencer à fumer chez ceux qui ont renoncé au tabac et incitent les fumeurs à diminuer leur consommation.

Une augmentation de prix aux effets bénéfiques

Si l’industrie du tabac maintient ses prix nets actuels, cette hausse des accises devrait se traduire par une augmentation de plus de 10 % du prix du paquet de cigarettes et de plus de 15 % du prix du paquet de tabac à rouler. En 2021, un paquet de cigarettes coûtera donc 7,50 euros environ. Pour un paquet de tabac à rouler, les fumeurs devront débourser un peu plus de 11 euros. Si l’industrie du tabac décide au contraire de réduire ses marges bénéficiaires et ses prix nets, ces hausses devraient être légèrement inférieures. Il s’agit donc de hausses substantielles, ce qui est fondamental pour véritablement améliorer la santé publique. Les augmentations mineures n’ont en effet (pratiquement) pas d’impact sur les comportements, le tabac étant un produit trop addictif. C’est pourquoi l’OMS estime qu’il faut frapper fort , et c’est précisément ce qu’a fait le gouvernement à travers cette augmentation. Des études

internationales révèlent que dans les pays dans lesquels le niveau de prospérité est élevé, une hausse de prix de 10 % permet de diminuer la consommation moyenne de tabac de 4,8 %.

Les groupes socioéconomiques défavorisés particulièrement sensibles aux hausses de prix

D’aucuns arguent souvent que les groupes socioéconomiques défavorisés sont les plus durement touchés par ces hausses de prix. L’impact de ces augmentations sur leur budget familial est en effet supérieur, avec un risque de renforcer la pauvreté. Mais si l’on analyse les effets de l’augmentation des accises de manière plus large, on observe au contraire des effets positifs au niveau social.

Le tabac est l’une des principales causes des inégalités sociales en matière de santé. Cette addiction est plus fréquente chez les travailleurs peu qualifiés et les personnes à plus faibles revenus que chez les personnes à revenus plus élevés. La consommation de tabac étant particulièrement nocive pour la santé, la différence de comportement tabagique s’illustre aussi dans les écarts importants des chiffres de morbidité et de mortalité. Il en résulte des frais médicaux plus élevés, des incapacités de travail plus nombreuses et des pertes de revenus. Les groupes socioéconomiques défavorisés sont par ailleurs plus sensibles aux hausses de prix des produits du tabac. Ils sont donc plus enclins à modifier leur comportement. Une hausse des accises aura donc un effet sur la santé plus important chez les groupes socioéconomiques défavorisés, ce qui se traduira également par une réduction des dépenses.

À travers cette hausse des accises, le gouvernement fait donc une avancée majeure dans la réduction des inégalités sociales en matière de santé. Pour réduire davantage cet écart, il est également important de mettre en oeuvre des programmes qui aident les groupes de fumeurs vulnérables à arrêter de fumer (pharmacothérapie, soutien comportemental, campagnes…) afin qu’ils parviennent réellement à se défaire de leur mauvaise habitude. L’Alliance compte sur le gouvernement pour intensifier de tels efforts au cours de la prochaine législature.

Une hausse des prix bénéfique à la fois pour les jeunes et pour la société

Le meilleur remède contre le tabac, c’est bien évidemment de ne jamais commencer. Si nous voulons endiguer l’épidémie de tabagisme, il est donc essentiel d’éviter que les jeunes ne commencent à fumer. Près de 90 % des fumeurs de longue durée ont en effet commencé à fumer avant l’âge de 21 ans. La hausse des accises peut également jouer un rôle à ce niveau. Les jeunes ayant moins d’argent, ils sont en effet plus sensibles aux prix que les adultes. Des prix plus élevés permettent donc d’éviter que les jeunes ne se mettent à fumer.

Pour finir, cette hausse des accises est également une excellente nouvelle pour la société au sens large. Car si le tabac provoque une grande souffrance humaine, il coûte également énormément à la société. Environ 13 milliards d’euros par an, selon l’étude SOCOST menée il y a quelques années. De l’argent que nous pourrions utiliser différemment. L’Alliance pour une Société sans Tabac salue donc la décision du gouvernement belge de miser pleinement sur l’amélioration de la santé publique à travers cette hausse substantielle des accises. Elle appelle le ministre de la Santé publique et le ministre des Finances à poursuivre les efforts annoncés au cours des prochaines années. Nous avons tous à y gagner.

L’Alliance pour une Société sans Tabac est une initiative, de la Fondation contre le Cancer, Kom op tegen Kanker, de la Ligue Cardiologique Belge, du Fonds des affections respiratoires, du Service d’Étude et de Prévention du Tabagisme, de l’Observatoire de la Santé du Hainaut, du Vlaams Instituut Gezond Leven, de la Vlaamse Vereniging voor Respiratoire Gezondheidszorg en Tuberculosebestrijding et du Gezinsbond. L’Alliance pour une Société sans Tabac souhaite des mesures visent à préserver les enfants d’un premier contact avec le tabac pour prévenir leur addiction tabagique et à mieux aider les fumeurs dans leur sevrage. Des dizaines d’associations médicales et d’organisations actives dans le domaine de la santé ont signé une charte à travers laquelle elles s’engagent, en collaboration avec leurs membres, à faire de la première génération sans tabac une réalité.