Le cancer du col de l’utérus répertorié dans le monde entier

cancer du col de l’utérus répertorié dans le monde entierMardi, 10 Décembre 2019
 

La Belgique aussi doit respecter les directives de l’OMS

 
En 2018, environ 570.000 femmes dans le monde ont développé un cancer du col de l’utérus et 311.000 femmes sont décédées des suites de la maladie. C’est ce qui ressort d’une étude réalisée par Sciensano avec le soutien de la Fondation contre le Cancer et en collaboration avec l’International Agency for Research on Cancer (IARC). En 2018, 640 femmes en Belgique ont appris qu’elles étaient atteintes d’un cancer du col utérin et 235 femmes sont décédées de la maladie. Cela fait du cancer du col de l’utérus le 4e cancer le plus important chez les jeunes femmes dans notre pays. Sciensano lance un appel pour un dépistage organisé dans toutes les régions du pays.
 

Dépistage et habitudes sexuelles déterminent le nombre de cas

 
Sur les 570.000 femmes confrontées à un cancer du col utérin dans le monde, presque 85% des cas proviennent de pays à faibles revenus. La situation socio-économique d’un pays influence le nombre de cancers du col de l’utérus : plus le pays est riche, moins ce type de cancer y est présent. Dans les pays disposant d’un bon dépistage (comme l’Amérique du Nord, l’Europe occidentale, la Nouvelle-Zélande et l’Australie), le nombre de cancers du col de l’utérus est généralement peu élevé en comparaison avec des pays semblables qui n’organisent pas les dépistages de manière effective.
 
“En Belgique, environ 1 % des femmes ont un cancer du col de l’utérus avant leur 75e anniversaire. De tous les types de cancers féminins dans notre pays, 2% sont des cancers du col utérin. Ce cancer se situe ainsi à la 14e place de tous les cancers féminins en Belgique. Chez les jeunes femmes de 25 à 44 ans, c’est toutefois le 4e cancer le plus important”, explique Marc Arbyn du Centre du cancer de Sciensano et premier auteur de cette étude.
 

L’étude est le point de référence mondial

 
Cette étude de Sciensano et de l’IARC donne une image du nombre de cas de cancer du col de l’utérus et du nombre de décès par suite de ce cancer dans le monde. Le virus du papillome humain (VPH) est la cause la plus importante de ce cancer. En 2018, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a lancé un appel mondial destiné à mettre un terme au cancer du col de l’utérus comme un problème de santé publique. Son ambition est d’améliorer la prévention de ce cancer d’ici 2030 en:
 
  • vaccinant 90% des jeunes filles avant l’âge de 15 ans,
  • dépistant deux fois 70% des femmes âgées de 35 à 45 ans, 
  • traitant directement 90% des lésions constatées et indiquant un précurseur du cancer du col utérin.
 
L’initiative de l’OMS peut faire en sorte que la cancer du col de l’utérus devienne une maladie rare dans le monde entier au cours de ce siècle. Par cette étude, nous soutenons l’appel de l’OMS à tous les pays du monde – donc aussi la Belgique – de développer des stratégies rentables pour la prévention du cancer du col utérin par le biais de la vaccination et du dépistage VPH », affirme Marc Arbyn, responsable du Centre du cancer de Sciensano.
 
Le Dr. Didier Vander Steichel, Directeur général de la Fondation contre le Cancer, explique: “ La Fondation contre le Cancer a consacré 20.000 euros pour apporter son soutien à l’étude “Impact of Human Papillomavirus vaccination on cervical cancer incidence” de Marc Arbyn et de ses collaborateurs. La Fondation investit dans la recherche pour que nous puissions enregistrer des progrès dans la lutte contre le cancer. Cette étude est importante pour la lutte contre le cancer du col de l’utérus et met en lumière la nécessité d’une approche intégrale de la prévention au moyen de la vaccination et du dépistage. "
 

La Belgique a besoin d’un programme uniformisé

 
En Belgique, les Régions sont responsables de la prévention organisée du cancer du col de l’utérus. La Flandre dispose ainsi:
 
  • d’un programme officiel de dépistage, qui encourage toutes les femmes de 25 à 64 ans inclus à faire un frottis tous les trois ans ;
  • d’une vaccination gratuite contre le VPH en 1re année de l’enseignement secondaire pour les filles, avec une couverture vaccinale de plus de 80%. Cette vaccination gratuite a récemment été étendue aux garçons.
 

La Wallonie et Bruxelles :

 
  • ne disposent actuellement pas encore d’un programme officiel de dépistage mais la demande en a été faite. Dans l’attente, des campagnes de sensibilisation sont toutefois organisées.
  • possèdent une vaccination gratuite contre le VPH en 2e année de l’enseignement secondaire pour les filles et les garçons, avec une couverture vaccinale de 30%. Cette vaccination gratuite a récemment été étendue aux garçons.
A côté de cela, il existe dans tout le pays une vaccination VPH opportuniste des jeunes filles de 12-18 ans n’ayant pas encore été vaccinées dans le cadre des programmes de vaccination régionaux. Opportuniste signifie que l’initiative vient de la jeune fille elle-même, de ses parents ou du médecin. Cette vaccination opportuniste est en grande partie remboursée  par le Gouvernement fédéral, mais elle exige encore un complément de la part des parents de la jeune fille. De plus,  le Gouvernement fédéral rembourse le frottis trisannuel (dépistage du cancer du col de l’utérus) et son analyse.
 
" Les différences entre les régions montrent que la Belgique a besoin d’une approche intégrée pour le dépistage et pour la vaccination VPH dans toutes les régions du pays. La Belgique connaît actuellement 3 scénarios de vaccination: la vaccination via les écoles en Flandre, la vaccination via les écoles en Wallonie et la vaccination opportuniste. A cela s’ajoutent des efforts asymétriques en matière de dépistage. Sciensano conseille de répondre à l’appel de l’OMS en collaboration avec toutes les parties concernées. Ce n’est que de cette façon que la Belgique pourra réaliser les objectifs de l’OMS ", explique Marc Arbyn de Sciensano.
 
 
la vaccination contre le cancer du col de l’utérus.
 
 
Pour plus d’information sur la Fondation contre le Cancer :

Sophie Adam, attaché de presse Fondation contre le Cancer  

TEL : 02 743 45 84, GSM : 0475 79 76 97 –  e-mail: sadam@fondationcontrelecancer.be – twitter: @FcontreleCancer