Le lien entre viande rouge, viande transformée et risque de cancer : réaction de la Fondation contre le Cancer | Fondation contre le Cancer

Le lien entre viande rouge, viande transformée et risque de cancer : réaction de la Fondation contre le Cancer

Mardi, 8 Octobre 2019

Depuis plusieurs années, l'OMS et l’IARC recommandent de limiter la consommation de viande rouge et de viande transformée. Pour la Fondation contre le Cancer, cette recommandation se justifie par l’augmentation du risque de cancer du gros intestin (cancer colorectal) chez les personnes qui consomment de la viande rouge et de la charcuterie (viande transformée). Mais un article récent publié dans Annals of Internal Medicin, un magazine scientifique renommé, conteste ces recommandations et conclut que nous pouvons manger autant de viande rouge et transformée que nous le souhaitons. La principale critique des auteurs de cet article à l'égard des recommandations actuelles est qu'elles sont fondées sur des preuves qualifiées de « faibles ». Toutefois, ces mêmes auteurs précisent que leurs propres conclusions, à savoir que nous n’aurions pas de raisons de changer quoi que ce soit à nos habitudes de consommation, sont-elles aussi basées sur des preuves « faibles ». Dans ces conditions, la Fondation va-t-elle revoir ses recommandations en la matière ?

Le lien entre consommation de viande rouge et surtout de viande transformée et le risque de cancer du gros intestin est bien établi. Pourquoi, dans ces conditions, l’article en question arrive-t-il à des conclusions contradictoires ? Tout simplement parce que la question y a été mal posée ! Les auteurs ont cherché à établir un lien entre la consommation de viande rouge et de viande transformée d’une part, et d’autre part le risque de cancer en général, tous types de cancers confondus. Dans ces conditions, l’impact de ces viandes sur le risque de cancer du gros intestin a été « dilué » par tous les autres types de cancers également pris en considération. Rien d’étonnant à ce qu’il n’ait pas été retrouvé dans ces conditions. Prenons un exemple dans un tout autre domaine : la pratique d’un sport violent augmente le risque de fracture. Mais si vous étudiez ce risque non pas chez les seuls sportifs, mais bien sur l’ensemble des personnes hospitalisées pour une fracture, vous risquez fort de ne pas « voir » le lien de cause à effet avec la pratique de ce sport. Ce facteur de risque bien réel a été « dilué » parmi toutes les autres causes possibles de fractures.

Pour le lien entre viande rouge, viande transformée et risque de cancer, c'est exactement la même chose. Si vous posez la question « tous les cancers seraient-ils moins fréquents si l’on mangeait moins de viande rouge et transformée » la réponse est non. En revanche, si l’on concentre l’attention sur les cancers du gros intestin, la réponse est clairement oui : la viande transformée augmente le risque de cancer colorectal, et la viande rouge également, en cas de consommation importante.

La Fondation contre le Cancer s’en tient donc aux recommandations du World Cancer Research Fund. Ces recommandations sont claires : pour diminuer le risque de cancer colorectal, il est conseillé de réduire la consommation de viande rouge à 350-500 g max par semaine et de consommer très peu ou pas du tout de viande transformée.

Pour la Fondation contre le Cancer, cette recommandation se justifie par son seul impact positif en termes de prévention des cancers du gros intestin. Rappelons que ces cancers sont parmi les plus fréquents dans nos populations, aussi bien chez la femme que chez l’homme. Par ailleurs, il existe également d’autres bonnes raisons de diminuer notre consommation de viande (notamment l’impact environnemental de l’élevage sur les changements climatiques). Mais il s’agit là de préoccupations qui sortent du domaine de compétence de la Fondation et que nous laissons aux organisations directement concernées.

Plus d'information sur la viande rouge