Le vaccin anti-HPV pour lutter contre certains cancers de la peau ?

Mardi, 31 Juillet 2018

Les tumeurs cutanées inopérables d’une patiente âgée de 90 ans ont totalement disparu 11 mois après l’injection intra-tumorale d’un vaccin initialement destiné à protéger contre les infections par Papilloma virus (HPV, responsables du développement du cancer du col de l’utérus). Si ces résultats se confirment auprès d’autres patients, voilà peut-être une nouvelle piste de traitement  pour les malades qui ne sont pas de bons candidats pour la chirurgie.

Sources : JAMA Dermatol; 03-07-18; doi:10.1001/jamadermatol.2018.1748 ; Tempo Today ; 09-07-18

Commentaires de la Fondation contre le Cancer

L’équipe du Professeur Nichols (Université de Miami, Floride) a traité avec succès une malade âgée de 90 ans, atteinte de multiples tumeurs cutanées épidermoïdes inopérables, par l’injection intra-tumorale du vaccin anti-HPV 9-valent (Gardasil). 

Cette patiente a été traitée de mai 2016 à février 2017, puis a été suivie jusqu’en mai 2018. Toutes ses tumeurs cutanées ont disparu et aucune récidive n’est apparue depuis la fin des traitements. 

L’idée de ce type d’approche est née des observations réalisées par diverses équipes de recherche qui avaient constaté l’implication d’une infection par HPV dans le développement du carcinome épidermoïde et du carcinome basocellulaire. Le carcinome épidermoïde est la deuxième forme la plus fréquente de cancer de la peau. Son incidence augmente et les principaux facteurs de risque sont l’exposition solaire et l’utilisation des bancs solaires.

D’autres cas cliniques de ce type ont déjà montré que l’administration de ce vaccin aboutissait à une importante régression des carcinomes épidermoïdes et basocellulaires. Mais c’est la toute première fois, à notre connaissance, qu’une régression totale est décrite dans ce genre de situation médicale.

Si ces données se confirment, la vaccination contre le Papilloma virus pourrait prendre une place dans le traitement ou même la prévention  de certains cancers cutanés dans les populations à risque (travailleurs en milieu extérieur par exemple).