Lindane et DDT : quels liens avec le cancer ?

Mercredi, 8 Juillet 2015

Le lindane était auparavant largement utilisé pour lutter contre les insectes sur les cultures, mais aussi pour le traitement des poux et de la gale chez l’homme. L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a confirmé le lien entre l’exposition au  lindane et risque de développer un  cancer, et plus précisément le lymphome non hodgkinien. Un autre insecticide, le DDT (dichlorodiphényltrichloroéthane), est quant à lui classé comme probablement cancérogène  (classe 2A). 

Source : communiqué de presse IARC 236, 23-06-15

Commentaire de la Fondation contre le Cancer

Les résidus persistent longtemps    

Selon de vastes études épidémiologiques menées aux Etats-Unis et au Canada, les agriculteurs verraient augmenter de 60 % leur risque de lymphome non hodgkinien suite à l’exposition au lindane. En Belgique, tous les produits contenant du lindane sont déjà interdits depuis 2001. Le communiqué de l’OMS ne fait que confirmer la pertinence de cette interdiction. Le lindane figure à présent dans la liste des cancérogènes pour l’homme (Groupe 1).

Le DDT est déjà interdit depuis les années 70 et l’on n’en fait plus aujourd’hui qu’un usage strictement limité, dans certaines régions d’Afrique, afin de lutter contre la malaria. Mais il est toujours possible aujourd’hui que nous soyons exposés au DDT, principalement par le biais de l'alimentation. En effet, le DDT et ses produits de dégradation peuvent persister pendant une très longue période dans les tissus animaux.

 La persistance des insecticides et herbicides ou de leurs produits de dégradation dans l’alimentation et l’environnement (dans les nappes phréatiques par exemple) constitue d’ailleurs un problème de santé publique pour beaucoup de ces produits. 

Privilégiez les alternatives, et limitez l’exposition

Dans la mesure du possible, il est toujours conseillé d’utiliser une alternative non chimique comme pesticide sur les cultures. Les enfants doivent éviter tout contact avec les pesticides car ils y sont plus sensibles. Ainsi, ne les laissez pas jouer sur une pelouse qui a été traitée aux herbicides. 

En avril 2015, nous avions déjà publié une actualité concernant 5 pesticides classés comme potentiellement cancérogènes pour l’homme par l’OMS.

D’autres études sur les conséquences nocives des pesticides seraient donc bien nécessaires, notamment sur « l’effet cocktail » : il est en effet possible qu’un pesticide ne soit pas ou peu dangereux lorsqu’il est utilisé seul, mais qu’il le devienne (encore plus) en combinaison avec un autre. 

Les recommandations de la Fondation contre le Cancer

  • Les pesticides les plus dangereux doivent être interdits. Ce sont en effet des substances toxiques qui peuvent causer le cancer ou d’autres maladies.
  • Afin de veiller à la santé des enfants, il est nécessaire de réduire la concentration en pesticides dans les écoles, les habitations et certains aliments.  
  • La réglementation relative à la fabrication et à l’utilisation de pesticides doit être régulièrement adaptée, en tenant compte de l’évolution des connaissances scientifiques. 
  • De nombreux professionnels, tels que les agriculteurs, doivent être informés des mesures de précaution possibles lors de l’utilisation ou de la pulvérisation  de pesticides sur leurs cultures.  
  • Il est nécessaire de promouvoir des techniques alternatives moins nocives.
  • Les études épidémiologiques sur le rôle des pesticides dans le développement de certains cancers doivent être poursuivies.