L'industrie du tabac ne recule devant rien pour faire des bénéfices plantureux aux dépens des fumeurs et les jeunes

10 ans d'interdiction de fumer dans l'HorecaJeudi, 19 Mai 2022

 

Ce week-end, la décision du club de football AA Gent de vendre des sachets de nicotine a provoqué un tollé. Plutôt que de permettre aux fumeurs de réfléchir à leur dépendance, le géant du tabac BAT leur "vient en aide" dans des endroits où il est désormais interdit de fumer, par exemple dans les stades, lors d’un match de football.   
 
L'arrêt tabagique demande des efforts. L’interdiction de fumer dans les stades de football ou sur les quais, à laquelle le Parlement fédéral a donné son feu vert la semaine passée , est une mesure qui contribue à faire pencher la balance décisionnelle d’un fumeur dans le bon sens, à savoir vers une tentative d’arrêt. Lorsque les endroits non-fumeurs deviennent plus nombreux, le fumeur ressent davantage les inconvénients de sa dépendance nicotinique. Et c’est précisément sur cet aspect que le cigarettier entend jouer.     
 
Dégager des bénéfices pour les actionnaires reste l’objectif primordial de cette entreprise. Et ce n’est pas le grand patron de BAT qui s’en plaindra. Au Royaume-Uni, les bonus que son PDG peut empocher s’il atteint les objectifs de l’entreprise ont été récemment épinglés  : ceux-ci peuvent atteindre jusqu’à 750 % de sa rémunération, soit un deal d’un montant de 11,8 millions de livres. On peut vraiment parler de bénéfices plantureux ! 
 
BAT est l'entreprise par excellence qui contourne systématiquement les dispositions de la publicité relatives à la législation sur le tabac. Jeudi dernier, le tribunal de première instance de Bruxelles a une nouvelle fois condamné le cigarettier pour publicité illégale sur le tabac. Malheureusement, le montant des amendes peut être qualifié de dérisoire et il peut s’écouler jusqu’à deux à six ans entre l'établissement du PV par les services de contrôle et le jugement, pour autant que le parquet ait instruit le PV. Le moins qu’on puisse dire, c’est que tout cela n’a rien de très dissuasif...    

Quelles sont alors nos recommandations, en tant que Fondation contre le Cancer ?

  • Avant toute chose, il faut s’attaquer au marketing grandissant de ces sachets de nicotine auprès les jeunes.
  • En plus, les cigarettes électroniques jetables, qui s’imposent également parmi les jeunes et qui ont un impact désastreux sur l’environnement, devraient être bannies.
  • Il faut aussi lutter contre la multiplication des arômes des e-liquides et interdire certains noms fun choisis pour conquérir le groupe cible des jeunes.
  • Pour aider les fumeurs à arrêter de fumer, nous n'avons pas besoin de cette énorme prolifération de produits alternatifs à base de nicotine que nous connaissons aujourd'hui. 
  • Nous estimons également qu’il est grand temps de faire payer aux grands fabricants de tabac qui engrangent des bénéfices plantureux les dommages qu’ils causent à la santé, afin de pouvoir utiliser ces sommes pour financer une meilleure prévention du tabagisme, l’accompagnement à l’arrêt du tabac et la prise en charge des patients.
  • Enfin, nous demandons à la conférence interministérielle qui finalisera la stratégie pour une génération sans tabac d’élaborer une stratégie claire et à long terme sur l’offre et la vente de la nicotine afin que nous puissions, en tant que société, regarder vers l'avenir et aller de l’avant au lieu d’être contraints de suivre et de rester à la merci des pratiques des multinationales à la recherche de profits. « Il n’y a pas de mal à faire des bénéfices, et même beaucoup de bénéfices. » Mais engranger des bénéfices plantureux et mettre à mal l'effet positif d'un stade sans fumée en y vendant des sachets de nicotine, c'est tout simplement scandaleux. Tout comme les distributeurs de sachets de nicotine dans les boîtes de nuit, juste à côté des canettes de Red Bull avec le slogan « Ready to party ». Le but n’est aucunement d’aider les fumeurs mais bien de trouver un nouveau public pour de nouveaux produits addictifs!