Mieux dépister les cancers du poumon par une prise de sang ? | Fondation contre le Cancer

Mieux dépister les cancers du poumon par une prise de sang ?

une nouvelle méthode de détection du cancer du poumon par prise de sangLundi, 16 Juillet 2018

 

Des chercheurs du Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) ont découvert quatre protéines présentes dans le sang des personnes les plus à risque de développer un cancer du poumon avant même les premiers signes. Ces biomarqueurs semblent donc bien indiquer qu’un cancer du poumon est en phase très précoce de développement. Le dosage de ces protéines par une simple prise de sang pourrait faciliter le diagnostic, mais aussi le poser plus rapidement.

Actuellement, le risque d’un fumeur de développer un cancer du poumon est évalué en fonction de son âge et de ses habitudes tabagiques. Cette méthode d’évaluation permet ainsi d’identifier 42% de la population à risque. Par contre, lorsque la présence des quatre marqueurs protéiques découverts par les chercheurs du CIRC est recherchée dans le sang de ces fumeurs ou ex-fumeurs, 62% des personnes à risque sont détectées. Ainsi une simple prise de sang pourrait déterminer qui doit se voir conseiller un dépistage précoce avec une plus grande précision. 

Cette identification des patients à risque de cancer du poumon permet dès lors de les orienter plus rapidement vers des examens spécifiques (CT scanner à faible dose). Ils pourraient ainsi bénéficier d’un traitement alors que la tumeur en est encore à ses débuts, avec de plus grandes chances de succès.

Source : JAMA Oncol. Publié le 12 juillet 2018. Doi :10.1001/jamaoncol.2018.207
 

Commentaires de la Fondation contre le Cancer

La très grande majorité des cancers du poumon trouve son origine dans l’exposition au tabac. Des progrès thérapeutiques majeurs voient le jour actuellement. Néanmoins, les cancers du poumon restent souvent d’un pronostic assez sombre et ceci est dû en grande partie à des diagnostics tardifs. C’est pourquoi un dépistage à un stade précoce de la maladie joue un rôle majeur dans les chances de guérison. Cette importante découverte du CIRC permettrait de mieux cibler les personnes qui trouveraient un bénéfice important à effectuer ce dépistage.

C’est là qu’interviennent les examens spécifiques, comme par exemple le scanner thoracique à faible dose. Les lésions cancéreuses peuvent alors être détectées, augmentant les chances de guérison grâce à un traitement administré à temps. En 2011, une grande étude américaine, The National Lung Screening Trial (NLST), a prouvé que réaliser un CT scanner à faible dose des poumons chez des personnes avec un profil à risque permet de réduire la mortalité de 20%. Notons tout de même que cet examen n’est pas anodin, car il expose aussi à des radiations… Raison pour laquelle il est réservé aux gros fumeurs.

Selon les recommandations internationales (U.S. Preventive Services Task Force – USPSTF, un groupe d’experts américains indépendants), un dépistage annuel est recommandé :

  • aux personnes fumeuses ou ayant arrêté dans les 15 ans,
  • qui ont entre 55 à 80 ans
  • et qui cumulent 30 « paquets-années », c’est-à-dire :
    • 1 paquet par jour pendant 30 ans
    • OU 2 paquets par jour pendant 15 ans
    • OU 3 paquets par jour pendant 10 ans

Si vous remplissez ces conditions, parlez du dépistage à votre médecin.

Dans un avenir proche, il est probable qu’une prise de sang recherchant des biomarqueurs spécifiques viendra compléter ces critères afin de cibler encore mieux le dépistage, permettre ainsi plus de diagnostics précoces et donc augmenter les chances de guérison.

La première recommandation reste néanmoins de ne pas fumer ou, si vous êtes fumeur, de commencer un sevrage tabagique. Le service gratuit Tabacstop de la Fondation peut vous soutenir dans cette démarche. Contactez-les gratuitement au 0800 111 00.