Octobre Rose: En Belgique, 8 femmes sur 9 n’auront jamais de cancer du sein. Quelles perspectives pour la 9ème?

Roze oktoberJeudi, 1 Octobre 2020

 

 

 

Le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez la femme. Une femme sur 9 fera partie des 11 000 personnes qui ont un cancer du sein chaque année en moyenne en Belgique. Elle développera sans doute sa maladie avant ses 75 ans. Elle aura 90,5 % de chances de survivre dans les 5 ans qui suivront le diagnostic.

Mais à côté de ces chiffres encourageants, le cancer du sein chez la femme reste un problème de santé majeur pour les femmes dont il cause le décès pour 2245 d’entre elles chaque année.

 

Un de nos objectifs à la Fondation contre le Cancer est de faire baisser ce chiffre en :

 

·         finançant la recherche scientifique,

·         menant des actions de sensibilisation et de prévention,

·         soutenant des projets en faveur de la qualité de vie des patients.

 

La Fondation contre le Cancer a également pour but de mettre son expertise au service de chacun afin de tordre le cou à certaines idées reçues.

 

 

Recherche scientifique

 

La Fondation contre le Cancer finance actuellement 11 projets de recherche axés sur le cancer du sein, portant sur des montants de 200 000 € à 400 000 € par projet.

Parmi ceux-ci, soulignons par exemple le projet du Pr Liv Veldeman. Le financement octroyé par la Fondation contre le Cancer à cette équipe de recherche a permis le développement d’une technique de positionnement de la patiente  pendant la radiothérapie. Cette technique innovante permet une irradiation très efficace de la tumeur et des ganglions lymphatiques tout en préservant au maximum les tissus environnants.

On peut également citer le projet du Pr Vincent Bours dont l’objectif vise à identifier, au départ d’une prise de sang, les patientes susceptibles de répondre à une chimiothérapie donnée. Cette approche prédictive permet de sélectionner la meilleure chimiothérapie pour chaque patiente mais aussi d’éviter des traitements inutiles et améliorer ainsi la qualité de vie.

 

Facteurs de risque, prévention par un mode de vie sain et par le dépistage

 

Certains facteurs génétiques augmentent le risque de cancers du sein et de l’ovaire et nécessitent une surveillance rapprochée. Il existe d’autres facteurs non modifiables comme les antécédents familiaux, l’âge de la puberté ou de la ménopause. Certains facteurs dépendent du parcours de vie comme le nombre de grossesses et l’âge à laquelle elles se déroulent.

Mais il existe aussi tout une série de facteurs qui modulent ce risque et sur lesquels chacun peut agir :

  • le surpoids
  • l’obésité
  • l’alcool dès qu’on dépasse un verre par jour,
  • le tabac,
  • le travail de nuit augmentent les risques

Tandis que l’allaitement maternel, l’activité physique régulière, une alimentation équilibrée le diminuent. Le rôle négatif des traitements hormonaux de substitution lors de la ménopause est actuellement débattu et à mettre en regard avec les effets bénéfiques attendus.

 

Dans tous les cas, un diagnostic précoce accroît les chances de guérison et allège les traitements à suivre. Les dépistages,  soit via les programmes tels que le  Mammotest en fédération Wallonie Bruxelles, soit éventuellement de manière individuelle, permettent de poser des diagnostics avant l’apparition des symptômes.

Ce dépistage évoluera dans les prochaines années vers des approches personnalisées en fonction des profils de risque des femmes. C’est l’objectif de l’étude internationale MyPeBS, pour laquelle la Fondation contre le Cancer intervient financièrement pour les patientes belges.

 

 « A l’heure actuelle, seuls 21% des Belges suivent les recommandations de l’OMS en matière d’activité physique. Or, il est reconnu que bouger permet d’éviter entre 21 et 27% des cancers du sein. Il est prouvé scientifiquement que la sédentarité, ainsi que l’obésité et le surpoids sont des facteurs de risque importants » commente Frédérique Bernard, programme lead Activité Physique à la Fondation contre le Cancer .

 

Beaucoup trop de « fake news » sur le cancer du sein !

 

La Fondation contre le Cancer appelle à la prudence face à des affirmations non fondées et anxiogènes qui circulent. Ainsi, par exemple, l’utilisation de déodorant, le port du soutien-gorge entraineraient un risque accru de cancer du sein. Pour remettre un peu d’ordre dans tout cela, la Fondation contre le Cancer a dressé un VRAI/FAUX sur le sujet.

 

Et les hommes ?

 

L'homme n'est pas épargné, mais le cancer du sein chez lui est néanmoins une maladie rare. En 2018, 104 cas ont été dénombrés en Belgique chez l'homme. Cela représente ± 1 % de l'ensemble des cancers du sein dans le pays. L'âge moyen de l'homme atteint d'un cancer du sein se situe entre 60 et 65 ans, soit 5 ans plus tard en moyenne que chez la femme.

Or les hommes n’ont toujours pas droit au remboursement de certains traitements, autorisés pour les femmes. La Fondation contre le Cancer, avec d’autres partenaires, plaide pour une accessibilité aux meilleurs soins pour tous sans discrimination.

Evolution et perspectives d’avenir

 

 

Attentive, oui. Anxieuse, non !

 

La Fondation contre le Cancer souhaite transmettre un message positif, axé sur l’espoir et les avancées scientifiques et médicales.

Elle invite toutes les femmes (9 femmes sur 9) à  prendre soin de leur santé en adoptant une mode de vie sain qui leur sera profitable pour la majorité des maladies chroniques, à être attentive à leur corps et aux signaux d’alarme, à participer au dépistage systématique dès l’âge de 50 ans ou plus tôt s’il y a des facteurs génétiques. 

Pour les femmes chez lesquelles un cancer du sein a été diagnostiqué, 1 femme sur 9, il est important de rappeler l’évolution très positive des chances de survie à 5 ans qui dépasse maintenant les 90%, grâce à un diagnostic précoce, aux découvertes thérapeutiques qu’apporte la recherche qu’il faut soutenir sans relâche, et à la qualité des soins prodigués par nos équipes médicales en Belgique.